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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

Le 29/05/2026 à 11:12 par Auteur invité

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29/05/2026 à 11:12

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Dans Division Eidola, François Richard retrouve ses êtres qui ont oublié qu’exister est un choix. L’auteur, lui, s’en souvient ; il sait qu’écrire, c’est rejoindre un corps. Pas seulement un corps, son corps. Le titre du livre est énigmatique : « Eidola » renvoie en grec aux images, aux apparitions, aux formes idéales ; « Division » suggère une fracture du réel. Et l’on peut comprendre ce tome comme une conclusion de l’exploration déroutante des représentations mentales, symboliques, spirituelles du réel, du monde, du temps, du Verbe.

Le triptyque met en scène des jeunes gens orphelins et amnésiques, réveillés à leur sortie de l’adolescence dans un squat de ruines et vestiges oublié en haut d’une butte hors d’atteinte. Ils y rencontrèrent au début un homme « bâti de récits et langues » qu’il est le dernier à connaître. Celui-ci leur transmet une lignée vers le secret de toute chose et de l’univers manifesté. Cette petite dizaine de personnages forme à eux seuls un peuple, qui a dû former un atome uni à l’énigmatique squat de Ribardy, puis qui a été atomisé, diffracté dans des directions différentes, et qui ici d’entrée de jeu est en train de se rejoindre, pour certains d’entre eux.

Dans L’Asquatation en 2021, le point de départ était une forme de chute dans le monde. Dans Ycra percer à nuit le monde en 2023, celui-ci était perçu comme fragmenté, nocturne, aux repères disparus et qui commençaient à faire jour. Dans Division Eidola, en face d’eux, le dit « Visange » a le rôle de l’antagoniste et draine à son sillage des dizaines d’autres jeunes, issus d’un squat noir. Dans ce livre de la convergence, les trajectoires trop longtemps satellisées et exilées les unes des autres, à mesure qu’elles se rapprochent, surmontent le péril croissant par la lucidité du sujet qui « voit à travers » le monde.

Le livre tient plus de l’épopée poétique, du voyage dans les profondeurs de l’histoire et de l’Histoire où le langage agit comme une force transformatrice, que du roman classique à intrigue linéaire. Au bout du voyage, tout y est un et un y est tout.

Entretien avec François Richard qui, avec Division Eidola, emmène l’horizontalité du récit vers la verticalité de l’éclair poétique.

Olivier Stroh : Vous vous dites « rescapé le jour d’un poème ». Est-ce que vous fermez ce cycle parce qu’il y a culmination de la poésie et que celle-ci agit comme culmination du récit ? Il y a une dimension initiatique et alchimique très forte dans Division Eidola. Est-ce que le roman s’y dépasse par la poésie ?

François Richard : D’un poème il rescapa le jour. Vous citez l’exergue d’un livre de poésie enchaînée et fiévreuse que j’avais publié en 2007, Esteria, et qui reflétait parfaitement le stade où dans le travail, si longtemps besogneux, tout s’accélère et où les miracles deviennent fluides, dans le passage à une certaine connivence à son propre art (je contourne la notion d’« excellence »), ce que les danseurs à un point d’intensité dans leur pratique appellent l’entrée dans le Cercle.

C’est bien vu, ce rappel du poème du bout des heures, qui en sauve la substance. À l’époque en 2007, il s’agissait d’un mouvement de poésie enchaînée, et la poésie enchaînée n’était pas encore le récit poétique, la chanson de geste. Or l’atteinte du seuil où la logique temporelle est hissée chaque instant au logos de la fulgurance poétique constitue mon aspiration continue depuis mes années d’initiation, celles d’une jeunesse en lambeaux.

C’est assez simple, la logique du récit représente le mode existentiel chronologique (et bien nommé « prosaïque »), quand l’éclair de la poésie représente l’intensité rêvée qui relèverait et condenserait ce mode étiré ; les instants de vie qui ne sont que quelques-uns à la fin d’une journée et que l’on voudrait rapprocher, et surtout démultiplier, jusqu’à une sensation de sortie du temps et du corps qui prolongée pourrait, qui sait, oblitérer ce temps meurtrier et carcéral dans une cage limitée à cinq sens.

Peut-être que seule la synesthésie, par un instant permanent de syndrome de Stendhal et de « grand dérèglement des sens », pourrait désillusionner la projection où nous sommes plongés, briser le quatrième mur en même temps que nos limitations. En miroir (au sens propre, car il y a une réflexion mutuelle entre l’art et le vécu), le projet de fusion littéraire absolue entre le roman et la poésie va opérer, réaliser en elle cette aspiration de la vie à accéder à un stade supérieur d’intensité, telle qu’en elle-même en puissance.

Après Esteria et même bien après, à un point de mon parcours, je me suis senti proche de la capacité de ce projet (pas moins que de refonder le temps, passant par la chambre noire de l’art littéraire), mais j’avais senti là aussi très nettement qu’il faudrait mettre en jachère quelque part en moi ce stade en frémissement, et passer par l’incarnation. Passant par chez Calypso, le travail, la condition humaine !.., je suis resté dix ans sans écrire un texte avant de commencer le cycle V I E. Et c’était là. Davantage là.

Des archipels, une structure, des passages, avaient formé psychiquement leurs positions au cours de ces dix ans, mais l’écriture-reliance finale des trois livres s’est matérialisée de 2020 à 2025. Il est important pour moi de repréciser, à présent que j’en sors et que je m’adresse aux gens, que ces trois livres se lisent parfaitement indépendamment. Chacun est voué à changer en soi l’expérience de lire.

Pour des raisons biographiques, et je précise que je ne parle pas de drogues, le chamanisme intégré dans ma bio a précédé la rencontre réelle des livres et de l’écriture, l’entrée réelle dans les livres et l’écrit a été la conséquence d’avoir été familiarisé tôt (à seize ans) à des états perceptifs altérés ou augmentés, comme on voudra, principalement par sept ans d’anorexie, mais pas seulement.

D’une certaine manière, l’écriture magnétique de Division Eidola a terminé de répondre à cette ouverture de faille dans le corps de celui que j’étais à seize ans, et à qui je parle souvent, que j’essaie de consoler, et je pense que c’est ce murmure pressenti qui m’a prévenu du pire à l’époque. De ce point de vue, pour vous répondre, ce n’est pas le roman qui dépasse la poésie, ce serait plutôt l’atteinte de l’inverse, mais c’est surtout la vie qui est rejointe, directement reliée à sa trace, doublant l’existence, dans un doux crescendo de jours étranges que je vis en ce moment, à travers une âpreté qui croît comme en répons.

Le cycle met en scène des jeunes gens orphelins et amnésiques, réveillés dans un squat de ruines en haut d’une butte hors d’atteinte par une figure bâtie de récits et de langues. Dans le titre du dernier tome, vous mentionnez les « eidola », ces images, ces doubles, ces simulacres. Est-ce que Division Eidola explore le moment où ces images laissent place à la langue et à l’histoire, où l’on voit enfin qu’exister à travers celles-ci est un choix dont les personnages dépassent l’oubli ?

François Richard : J’utilise aussi, pour décrire cette stase qui fait que l’on croit dur comme fer à la matérialité quotidienne et que l’on s’y enferme tragiquement (en s’y asséchant), le terme d’« agent réel », emprunté au groupe Programme ; un peu comme un agent d’entrée en hypnose sans cesse réitéré pour nous y maintenir. La division Eidola représente la radicalisation-accélération de cela, menée par des sorciers voleurs de Dieu : une fraction cellulaire dans le temps et dans le sang humain que cette stase « réalistolique » est venue investir et où elle va terminer le siège de l’humanité.

L’impression de déréalisation cauchemardesque que l’on peut parfois éprouver dans le quotidien s’en accentue et de ce point de vue, les figures des jeunes gens dans le livre, qui sont des anamorphoses des rencontres les plus fortes de mon existence, sont beaucoup plus « réelles » et substantielles que tous ces tristes masques dévitalisés. Des grappes d’instants de vie d’une vie attaquent la déréalisation continue de toute la vie pour se rejoindre elles-mêmes. Le rêveur terminal, condamné, doit toujours remonter à la source de ses songes et par là devient le plus féroce, et le plus sous-estimé, des traceurs perçant le courant du réel et du temps.

Ici je convoque en chaque personne qui nous lit le souvenir des grandes pages qui ont fait son amour de la littérature, ces pages où rien d’autre ne doit exister que tourner vers la suivante et où l’on pressent, à travers l’émotion partagée décuplée, quelque chose d’autre et d’encore plus fort derrière — une transcendance, une imminence proche de ce que l’on appellerait le sacré. Pour moi le surgissement du dernier mot dans mus de Maurice Regnaut, la tirade finale hallucinante de L’étranger, les ultimes pages de Méridien de sang, la conférence sur Artaud de Medhi Belhaj Kacem… Quand je dis qu’il doit y avoir autre chose, c’est une certitude. Une obligation. Et les signes dans la vie de s’affoler au même rythme.

Est-ce qu’on peut dire que vos jeunes, René-Hans, Chriscent, Imogen et les autres, sans souvenirs au début du cycle, sont innocents (du latin in-nocere, ne pas nuire) et perdent cette innocence en comprenant la réalité ?

François Richard : En fait ils sont préservés par un serment dans leur langue déposé par Thiam dans le squat, qui savait qu’ils auraient besoin de cette protection pour traverser le monde — lequel, pour lui, n’est nul autre que la mort, la vraie mort au sens commun. La quotidienneté et la durée, la séparation et « l’enfer neutre », sont le pire des charniers. C’est ce serment que l’antagoniste, le Visange, cherche à reconstituer simultanément à la formule de la division Eidola pour pénétrer la formule commune du sang et du temps. Mais même Attuen, renégat de Ribardy et qui a rejoint ses rangs, ne le lui donne pas.

Dans Ycra percer à nuit le monde, les personnages étaient partis, chacune, chacun, sur leur chemin propre pour comprendre les secrets de l’univers. Est-ce que ce livre, c’est celui de la réunion et de la révélation ?

François Richard : C’est le très grand rapprochement oui. Dans la trame il y a une forme de course entre le péril et ce qui sauve, pour paraphraser Hölderlin, à savoir entre cette rapprochée des jeunes de Ribardy entre eux et les interceptions par le Visange qui doit empêcher cette retrouvaille, éviter que les particules de l’atome qu’ils formeraient, maintenant qu’ils sont initiés, ne s’assemblent en une nucléarité résolutoire, en une réponse à tout et justificatrice de l’être.

La révélation a lieu, mais au terme d’un terrible nadir. Je ne peux révéler l’escalade dans la lecture et ses implications (dont l’accès sensitif est lié au fait d’avoir tout lu, sans aller directement vers les dernières pages), mais j’aimerais inverser la sentence formidable de Jim Morrisson avant ses concerts, « personne ne sortira d’ici vivant » : ici chacun soit ne sortira plus vraiment de ces pages, soit en sortira pour une première fois Vivant.

Qui sont les jeunes du squat noir, « presque tous photophobes » (page 38), qui ont vécu presque toute leur vie dans l’obscurité d’une barre d’immeubles labyrinthiques et qui escortent Chriscent ?

François Richard : Ils le cernent, au début du livre, dans une scène odysséenne. Chriscent se retrouve au milieu d’eux sur une grande esplanade qui ressemble à un échiquier. Il leur fait face, comme protégé à distance respectable par les paroles qu’il dirige vers eux sans discontinuer, de la même envergure que la nuit.

Si je prends la comparaison avec La trilogie des Tripodes de John Christopher, où les jeunes se font emmener dans un vaisseau pour subir le conditionnement lorsqu’ils passent de l’adolescence à l’âge adulte, il s’agirait d’une délégation spéciale de certains de ces « abductés à la sortie de l’enfance », pressentis pour être mis dans une chambre noire afin de travailler leurs capacités psi et leurs missions, comme les enfants Monarch ou Montauk.

Je resitue cela dans une ville inachevée près d’Asnières, où serait né le projet d’une ville entière uniquement dans des barres d’immeubles enchaînées, enchevêtrées, reliées par des façades en commun et des passerelles, sans séparation et sans dehors. Quelque part au plus obscur, dans un étage de ce haut dédale d’immeubles déserté, désaffecté et sans doute hanté, cette sorte de palais d’immeubles se cacherait un roi et le secret de toute l’apparition.

Vos jeunes personnages retrouvent-ils la mémoire ? Ont-ils de nouveau conscience qu’« exister est un choix », ce qu’ils avaient oublié ?

François Richard : Exister est le choix coché par défaut et vivre est le seul vrai choix, cela ils le comprennent très vite lors de leur transpercée du monde en quittant Ribardy et après s’être tous quittés pour aller rencontrer la civilisation ; la mémoire ne leur revient pas consciemment, mais dans leur chair, oui. Ils portent un savoir et une prescience très forte de leur expérience cellulaire antémémoriale, l’urgence collatérale d’y naturaliser le ténu voile du monde, l’étoffe sablée de l’illusion réaliste, grain à grain, me relayant.

D’un poème rescaper le jour, cela raconte combien l’écriture de cette trilogie a été l’enjeu de chaque nuit à la fin du jour, l’enjeu vital des quelques instants à sauver d’un jour. Insensiblement à chaque fois, cela marque le franchissement d’un seuil ; et une vie à l’art littéraire est le dragon de ces seuils imperceptibles annelés des nuits enchaînées et qui finit par s’en cabrer en une figure singulière au sens de tous, fortement et durablement impressive.

Le cycle V I E est le symposium de ces grappes d’instants des nuits successives d’une vie, une vie dans les ans où celle-ci touche à son acmé biologique, dans un « récit foudroyé » (le mot est de Sylvain Nicolino), une scansion d’aède qui se muent en accélérateurs de particules, et dont Division Eidola marque la culmination physique, transie, dans une mise en abyme synchrone où le vertige de l’action dite correspond à l’atteinte de la praxis poétique de Catatumbo, une forêt d’éclairs au-dessus du lac vénézuélien la nuit. La mise en abyme est triple puisqu’elle engage aussi le corps vertigé du lecteur, invité à s’y confondre, à son corps résistant.

Le sujet n’est plus une unité chez vous : c’est un ensemble de fragments qui font sens à travers la perception et le symbole. Page 92, vous écrivez : « Naître, n’être, nous qui serions bien dans la mort. » Est-ce que le personnage disparaît dans votre livre, devient poreux, traversé ? Y a-t-il encore un « je » ?

François Richard : La citation que vous évoquez renvoie à l’équivalence entre le monde et la mort en tant qu’existence non-vivante, équivalence que je suggérais plus haut. La projection dans l’art, passant par les ombres et les nuits de cette mort-néant (le noir mat), correspond à traverser l’autre mort, mitoyenne en miroir inversé, celle de la disparition dans la nuit, dans la lisière irisée et crépusculaire de l’essence infinie. J’ai vécu cette bascule d’une mort à l’autre mort dans ma vie, du noir mat au noir moite, j’ai vu qu’elles étaient en course et que la double polarité comme principe moteur d’ici n’est pas une légende.

Je me suis projeté-dédoublé en plus d’une dizaine de personnages dans cette lisière d’encre frémissante, peut-être celle de la parole que certains prennent pour ne plus la lâcher, toute leur vie. Chacun de ces personnages, en tant que porteur de toute ma parole et de ma mémoire anamorphosée, devient un peu davantage ce que je suis en puissance, donc un peu davantage que moi dans ce « je ».

Que reste-t-il de l’être humain quand la réalité, le langage et la mémoire se désagrègent ?

François Richard : La déréalisation de l’être humain en cours ressemble à son enfouissement sous toujours davantage de strates de bruit dévitalisé, d’affaissement du psychisme chez la foule des contemporains qui pourtant le portent tous au centre d’eux, et sous la distance de la surface le plus loin de cette initiale (lettre humaine) qui demeure notre origine nodale.

Cet assourdissement, c’est la perte du sens du langage qui nous avait dit. La perte de « la forme qu’a emprunté la parole pour dessiner notre corps » dirait Hubert Haddad. La cécité qui se dessine lorsque la préhension sensorielle du film du voile est absorbée par une caméra restée calée à ce point d’origination (au centre du corps de l’un de nous), est une descente en rappel vers Eurydice pour chacune des personnes en présence. À cela, qui se joue réellement ces temps où nous sommes — je pense que nous vivons une finale secrète des temps qui nous ont menés jusqu’ici —, par grâce, il n’y a pas de sinon.

Quels sont les motifs récurrents de votre cycle ? Errance, voix-âmes, oblitération des sens pour atteindre une lumière, voyage vertical, alchimie du verbe ?

François Richard : Vous amenez presque davantage une observation — intéressante pour moi — qu’une question. Il est vrai qu’il y a des thèmes obsessionnels sous formes de notions itérées, ce sont autant de rivières qui rejoignent un torrent axial : celui de la vie qui vient dépasser la vitesse de la lumière, la lumière de la projection du moins, la doubler.

Je focalise un instant sur la notion de motifs, qui est fondamentale dans ma scansion-noosodie, proche de l’aphorisme, et équivalente exacte de la notion de riff en guitare. L’avancée par éclairs c’est chaque pas un motif saisissant, un tatouage mental mélancolique térébrant, longtemps bien qu’enchainé au suivant. C’est le virage de vertige, chaque virage qui fonde le vertige. Lequel ouvre la seule issue.

On suit vos personnages, vos « instances », dans un monde instable où le réel se fissure, où l’identité n’est pas fixe, où le langage lui-même devient expérimentation. Et malgré cela, est-ce qu’on peut dire que V I E veut rendre « vivant », davantage conscient de ce qui est, de ce qui n’est pas encore, de ce qui ne peut être ?

François Richard : Le monde est un affleurement réfléchissant un langage et cherchant à s’en affranchir, or à l’aide de quelques-uns ce langage, sauvagement, revendique sa toute-puissance en reprenant les rênes de ce stade hypnagogique où les corps humains vont révéler leur nature de chrysalides, puis d’exuvies. Mais ce n’est pas là l’issue d’une expérimentation, plutôt le retour à des structuration et spatialisation infra-phénoménales, à tous les temps, depuis chacun des mille plateaux, dix-mille fois désirées et mûries.

Je vous cite pages 209-210 : « La théorie de “tout est un” […] Très peu vont au bout de cette logique pour affirmer que un est tout. » Est-ce que la réalité, construction fragile, trouve une recomposition, une unification par le seul langage ?

François Richard : Parce qu’elle est originairement ce même langage, voir réponse précédente. Et ce qui est une véritable fenêtre d’air et de lumière, et qui est le seul espoir possible peut-être, est qu’un seul être peut être tout s’il s’empare de cette totalité, un seul pourrait chanter toute la parole, une nuit après le quai des heures.

Est-ce que vous vous inscrivez dans ce grand courant du XXe siècle qui remet en cause le roman flaubertien, son illusion mimétique (troisième personne, passé simple…), où le lecteur voit les faits se dérouler d’eux-mêmes et vit ce qu’il lit ? Est-ce que votre œuvre met en crise la possibilité même de raconter ?

François Richard : Le simultanéisme produit une synchronisation d’impulsions-shoots lucidogènes distincts et quasiment tressés ensemble, mais ces fasciculations tressées, créolisées en un seul laser crée aussi une perspective d’aspiration immense. En se laissant porter (et il faut se laisser porter), on vit l’entrée de l’autre côté des caractères du livre comme vers le centre de la Terre ; se laissant porter oui par les éclairs descensionnels.

Le sens supérieur s’imprime en soi dans les résonances en nuées charnelles, dans le ressac et les répliques de cet électrisme calqué à la constitution même du lecteur à un stade de tournoiement. Le lecteur se pressent soudain déplacé en murmures partagés (via leurs souffles partagés, intersticiels), déplacé dans un grand secret, cette dimension de grimoire dès lors définitivement atteinte dans la constitution, la soma, même des jours après en être ressorti.

L’absence de fondement stable pour l’expérience du réel peut être perçue comme nihiliste ? Est-ce une lecture que vous acceptez ?

François Richard : Il s’agit d’abstraire grain à grain le monde jusqu’à recouvrer l’abstraction synesthésique (où chaque sens du corps évoque un kaléidoscope — un kaléidesthesis —) et là résolutoire où ce gel que l’on appelle l’incarnation, la matière, s’y oblitérera. Donc une résolution en termes de dissolution de contrat et libération de l’être, donc la démarche est nihiliste pour le monde si l’on veut, mais il s’agit par là de recouvrer une infinité sortie de sa paradoxale incomplétude, donc la démarche est surtout totalisatrice, sommatrice.

Poétiquement et philosophiquement, vous citez Mehdi Belhaj Kacem, Paul Virilio, on pourrait penser aux poètes du Grand Jeu, à Gilles Deleuze. Est-ce que ce qui vous intéresse, ce sont ces moments où la cohérence des phénomènes se fissurent, où ceux-ci se diffractent ?

François Richard : Peut-être le moment où ce que vous appelez les phénomènes éclosent littéralement en chaîne en miracles, oui. Hubert Haddad a magnifiquement théorisé ce passage des phosphènes, Paul Virilio parlait de l’atteinte de la dromoscopie pour passer la tragédie de l’évènement, lequel aurait satellisé le centre quelque part dans la vitesse subliminale, et je ne sais plus quel pourtant magnifique critique d’art émettait l’idée que l’on ne pouvait réappréhender l’icône devinée au cœur des vraies œuvres d’art qu’à travers les larmes qu’elles maculent à notre rétine.

Ce que dit aussi l’abasourdissant morceau Cry de Monster Magnet où il s’adresse directement à Dieu, « pourquoi les seuls moments où je peux Te voir sont ceux où Tu pleures ? /pourquoi les seuls moments où je peux Te voir sont eux où Tu cries ? »

Je crois que chaque nuit quelques-uns vont atteindre la source de ce pleur et de ce cri de la Déesse.

Cette diffraction, vous la mettez en œuvre formellement dans votre écriture. Les sujets sont traversés de lignes hétérogènes donc votre écriture renonce à la continuité du récit. Quelle est votre voix ?

François Richard : Spontanément j’ai trouvé beau et fort comme une éclaircie après l’orage que la voix des personnages, la voix du chœur qui les voit, et même parfois la voix de l’auteur s’enchevêtre dans la relation de l’opéra en cours, sans se connaître entre elles, mais s’alternant dans le tissage d’une étoffe de souffles.

À travers cette alternance de tons et de fûts mitoyens le récit avance bien vers sa destination, qui est sa propre prise de vitesse et sa propre intensification.

Page 253, vous écrivez que la parole et la danse sont les expressions « les plus proches de la synesthésie ». Vous êtes aussi musicien. Est-ce qu’on peut comparer votre livre à un chant qui accompagnerait la danse des derviches tourneurs ?

François Richard : À un stade de tournage dans ce que le Poète appelait « le lieu et la formule » la lecture devient cantation incorporée et fait entrer les vertiges, qui sont les véritables portes d’Hadès. Mais il s’agit d’une expérience profondément intime. À un point entre les deux pages que le lecteur a sous les yeux, il ne reste plus dans le monde que le lecteur, l’auteur et l’un des personnages. Chacun impactera ce passage un peu différemment. Mais le chant et la danse sont déjà confondus dans ces instants de seuils, dans la syncope rayée adventice de cœur, de respiration et les ondes cérébrales. Il y a un point précis où le récit devient un grimoire, comme il y a un point où la danse chamanique devient la transe.

D’un point de vue plus global sur la trilogie, cet ostinato pour moi de « juste venir chanter ma chanson », que je redis souvent comme pour m’excuser, est la seule chose à retenir de ma démarche. C’est une phrase qui reste d’un tube non enregistré que nous avions composé avec mon frère Mathias en 1994 et qui s’appelle Alice goes. Je me retourne souvent murmurer le refrain I juste wanna come and sing my song/ sing ma song and die / I just wanna comme and sing my song / sing my song and fly... Je crois que c’est l’une des seules justifications d’être né, l’une des seules paroles que l’on peut décemment apporter une fois plongé dans l’humanité, moi je suis juste là pour chanter ma chanson, et pour partir.

Fut-ce une chanson de geste de mille cent pages, et par là faire de la vie juste ce temps de se dire au revoir, le seul temps justifiable qui est celui de se dire au revoir sur une gare déserte au bout de la nuit.

Vous citez page 240 une sentence d’Höderlin : « Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve » pour envisager ce premier quart de XXIe siècle, une « course entre ceux, qui par triomphe de la peur de vivre la plénitude, achèvent l’épuisement du vivant, et les derniers vivants ». Êtes-vous vivant ?

François Richard : Juste au moment où je me retrouve à l’écrire, et dans le temps court où cela résonne. C’est pour cela qu’en amputé du sommeil j’ai traduit cet eidos-daimon sous tous les jours, tous les carats du diamant de nuit, pour que ça résonne ensuite tout le jour jusqu’à la prochaine nuit de la retrouver. Et encore celle d’après. Et ainsi jusqu’au ressouvenir étrange, ces temps-ci, de l’avoir connu, un sentiment pour les quelques pas sortant de là. Un sentiment pour les cent derniers mètres et après. 

Le secret de Division Eidola de François Richard, c’est qu’il n’y a pas de fin. C’est un point de retournement. Il vous rebutera si vous cherchez une histoire linéaire, des personnages stéréotypés, une progression narrative. Il vous passionnera si vous aimez Maurice Blanchot, Antonin Artaud, Gilles Deleuze. Si vous voulez faire de l’acte de lire un acte de résistance, une expérience de remise en cause des évidences.

Propos recueillis par Olivier Stroh

Crédits photo © Laurent B. 

 
 
 
 
 
 

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Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12

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“Le Prix Lumière d’août est né d’une amitié — et d’un refus”

À l’heure où les distinctions littéraires cherchent à se renouveler, l’écrivain et psychanalyste Vincent Hein lance, avec le photographe Sylvain Holtermann, le Prix Lumière d’août. Un projet singulier, à la croisée de la littérature et de l’image, nourri par une histoire commune, mais aussi par une prise de position face aux mutations du monde éditorial.

08/05/2026, 13:54

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Quitter Grasset ? Pour Gilles Ascaride, “on reste, on occupe le terrain et on se bagarre”

Alors que le licenciement d’Olivier Nora accaparait l’attention médiatique, l’auteur Gilles Ascaride adressait un email entre désinvolture et bravade, intitulé “Je quitte Grasset.”. Curieux ? Non, enfin, un peu tout de même. ActuaLitté est allé à la rencontre de l’écrivain qui revendiquait déjà d’avoir « tué Maurice Thorez (Maurice qui ?) ». 

05/05/2026, 16:11

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La Mutinerie : former les lecteurs d’aujourd’hui à devenir les citoyens de demain

Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.

30/04/2026, 12:52

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Accessibilité numérique : “Les bibliothèques des collectivités territoriales sont en retard”

La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

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IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

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La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

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Un chef-d’œuvre oublié d’une survivante d’Auschwitz enfin publié en France

Le 6 mars paraîtra aux éditions des Syrtes La Promenade de Mária Földes, « une véritable découverte littéraire », traduit du hongrois (Transylvanie) par Catherine Fay. Un roman autobiographique publié en 1974, écrit par une autrice de langue hongroise en Roumanie, survivante de la Shoah, oubliée ensuite par les vagues de l’histoire. 

02/03/2026, 12:04

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

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L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

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Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25

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Les catalogues de bibliothèque ont-ils déjà perdu face à l’IA ?

Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.

31/05/2026, 10:48

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Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

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Narbonne fait vibrer les livres, les voix et les idées

Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.

 

26/05/2026, 17:16

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Époque, le festival des livres qui éclairent notre temps

Cette 12e édition d’Époque, festival et salon du livre de Caen, fera la part belle au voyage et à l’ailleurs, sans se départir de son identité : éclairer les grands sujets de notre temps.

26/05/2026, 17:02

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En librairie, la profusion de nouveautés rend-elle le fonds invisible ?

La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.

22/05/2026, 09:06

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

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Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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La crise Grasset “exige du discernement : chaque contrat est différent, chaque situation unique”

La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques. 

15/05/2026, 17:33

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“Un enfant ne regarde pas une saison. Il la vit”

Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.

15/05/2026, 15:19

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Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

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L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

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Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38

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“Pas de liberté de création sans indépendance éditoriale”

La fronde des auteurs et autrices des éditions Grasset choqués par le limogeage du PDG Olivier Nora, ordonné par l'actionnaire Vincent Bolloré, a ouvert tout un champ de réflexion et d'interrogations quant au manque de protections des écrivains face aux maisons d'édition et leurs propriétaires. Les membres de la Scam et les lauréats et lauréates du Prix Albert Londres affirment leur solidarité, dans un texte reproduit ci-dessous.

07/05/2026, 13:13

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Affaire Grasset : pourquoi 617 artistes-auteurs réclament une “nouvelle loi Jean Zay” ?

ENQUÊTE — La crise qui secoue Grasset a déclenché un mouvement inédit d’auteurs. Mais elle révèle surtout une histoire plus longue : celle d’un rendez-vous manqué pour les auteurs, depuis 1936, avec des droits sociaux et professionnels que les éditeurs ont contribué à empêcher.

07/05/2026, 11:41

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Écrire un roman ? Je n'attendais que ça

9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.

06/05/2026, 11:07

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Éditeur “référent”, cession de 10 ans maximum... Comment éviter une nouvelle affaire Grasset

Le limogeage d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, par Vincent Bolloré a mis en lumière la puissance de l'actionnaire, mais aussi la faiblesse de l'auteur dans la relation contractuelle avec une maison ou un groupe d'édition. Dans un texte reproduit ci-dessous, le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) appelle les pouvoirs publics à agir pour renforcer le droit d'auteur, via plusieurs mesures.

05/05/2026, 12:14