La Société des Gens de Lettres (SGDL) a dévoilé plusieurs lauréats de ses Grands Prix 2025, distinguant des œuvres de fiction, de non-fiction et de littératures de l’imaginaire.
Le 21/05/2026 à 18:11 par Hocine Bouhadjera
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21/05/2026 à 18:11
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Le Grand Prix SGDL de la fiction revient à Jean-Yves Jouannais pour Une forêt, publié chez Albin Michel.
Le roman se déroule en Allemagne en 1947, dans l’immédiat après-guerre. Jacob Michael Lenz, avocat et capitaine dans l’US Army, se retrouve chargé d’une affaire singulière : des oiseaux continueraient à chanter des hymnes nazis dans une forêt. Le récit mêle ainsi mémoire du nazisme, atmosphère fantastique et interrogation sur la persistance des idéologies.
Le jury, par la voix d’Aram Kebabdjian, évoque « un roman court et saisissant », où « Jean-Yves Jouannais fait éclore au lendemain de la deuxième guerre, dans une sublime forêt où un ornithologue découvre la persistance d’un hymne nazi dans une colonie de mainates ». Il poursuit : « Avec une langue empreinte des plus belles pages du romantisme allemand, ce livre, à l’atmosphère envoûtante, interroge la persistance de nos vieux démons. Un geste plus que nécessaire. »
Critique d’art, essayiste et romancier, Jean-Yves Jouannais a dirigé la revue art press de 1991 à 1999. Il a également organisé plusieurs expositions importantes, parmi lesquelles Histoire de l’infamie à la Biennale de Venise en 1995 et La Force de l’art au Grand Palais en 2009 avec Jean-Louis Froment et Didier Ottinger.
Auteur de plusieurs essais, dont Artistes sans œuvres publié chez Hazan en 1997 puis réédité chez Verticales en 2009, il s’est aussi consacré entre 2008 et 2024 au cycle de conférences L’Encyclopédie des guerres au Centre Pompidou. Il enseigne aujourd’hui à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
La remise du prix se tiendra le 27 juin à l’Hôtel de Massa, dans le cadre du festival SGDL « Espèces d’auteurs ».
Le Grand Prix SGDL de la non-fiction distingue Didier da Silva pour Trois Socrates, publié aux éditions MF.
L’ouvrage explore à la fois une œuvre musicale, une amitié et tout un pan de la modernité artistique du XXe siècle à travers trois figures : le compositeur français Erik Satie et les Américains John Cage et Morton Feldman.
Le livre décrit leurs liens esthétiques, leurs influences mutuelles et la relation complexe — réelle ou fantasmée — qui les unit. Le texte adopte une construction polyphonique à trois voix, où musique, biographie et invention littéraire s’entremêlent. Les chapitres sont séparés par des hexagrammes du Yi Jing, utilisés par John Cage dans la composition de Music of Change.
Le jury, par la voix de Christophe Fiat, lauréat 2025, salue un livre « aussi bref qu’une partition, et surprenant comme une pièce de théâtre dont les personnages sont John Cage, Morton Feldman, et bien entendu, Socrate ». Il ajoute : « La langue de Da Silva toujours belle réinvente le goût de lire et le désir de savoir dans un rythme endiablé. »
Né à Marseille en 1973, où il vit toujours, Didier da Silva a publié depuis 2007 une quinzaine d’ouvrages à la frontière du roman et de la biographie, souvent nourris par son intérêt pour la musique et le cinéma. Après un passage par la critique théâtrale, il partage aujourd’hui son temps entre l’écriture, la lecture et la pratique quotidienne du piano.
Comme pour les autres distinctions SGDL, la remise du prix aura lieu le 27 juin pendant le festival « Espèces d’auteurs », à l’Hôtel de Massa.

Le prix SGDL / Yves & Ada Rémy des littératures de l’imaginaire revient à Céline Minard pour Tovangaar, publié chez Rivages. La remise du prix aura lieu le 26 septembre lors du festival Hypermondes, partenaire de la distinction.
Autrice de plusieurs romans marquants, Céline Minard s’est imposée comme une figure singulière de la littérature contemporaine française. Parmi ses ouvrages figurent notamment Le Dernier Monde (2007), Bastard Battle (2008), So long, Luise (2011) et Faillir être flingué, récompensé par le prix du Livre Inter en 2014.
Avec Tovangaar, l’écrivaine imagine un monde situé après l’effondrement des civilisations humaines. Les vestiges du passé subsistent, mais de nouveaux rapports au vivant apparaissent. Le texte décrit une ville renommée Hidden, autour de laquelle se déploient déserts, canyons, forêts et cours d’eau. Les personnages y découvrent une faune, une flore et des sociétés ayant développé un lien inédit avec leur environnement.
La SGDL présente le roman comme « une fable philosophique et écologique sur le réenchantement du monde », portée par « une écriture à la croisée des genres ».

Crédits photo : SGDL
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 02/01/2026
112 pages
Albin Michel
16,90 €
Paru le 07/10/2025
108 pages
MF éditions
16,00 €
Paru le 20/08/2025
688 pages
Rivages
23,50 €
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