« Plusieurs études récentes démontrent un net recul de la pratique de la lecture en France. Ce phénomène touche toutes les générations. Nous lisons moins chaque jour », rappelle Michaël Delafosse, maire de Montpellier, présent à la Comédie du livre. La manifestation montpelliéraine s'est ouverte le 15 mai, et fermera ses portes le 24. En attendant... travaillons à préparer la fin du monde.
Cette semaine, la 41e édition de la Comédie du Livre s’installe à Montpellier. Et pour cette édition, un invité supplémentaire plaît à tout le monde, surtout aux journalistes d’ActuaLitté enfin exfiltrés de leurs locaux parisiens : le soleil. Mince. D'ailleurs, le facétieux a aussi décidé de briller sur la capitale, pile quand on s'en enfuit.
Si le maire de Montpellier insiste sur l’importance de la lecture chez les jeunes, il n'oublie pas de rappeler qu'elle est cruciale chez les plus grands. Et de rappeler l'importance, même occasionnellement, de prendre juste un peu de temps pour soi, face aux pages d'un ouvrage – et pourquoi pas, soyons fous, lire quinze minutes par jour. Parce qu’aujourd’hui, les écrans, l’actualité, les réseaux sociaux nous accaparent de plus en plus, se substituant à la lecture, pourtant une saine activité – d'ailleurs, vous me lisez, non ?
Alors ces dix jours de festival dans la capitale occitane remettent l'église (ou le catharisme ?) au coeur du village et posent une question essentielle : celle du temps. Le temps de lire, de s’intéresser, de découvrir, mais aussi de se parler.
C'est aussi cela que portent les festivals, manifestations, salons et autres événements littéraires : parler. Et plus encore, parler pour résister. Cette année, la carte blanche confiée à Salomé Saqué réunira quatre artistes et auteurs autour de la place des femmes, de la politique, de la lecture comme outil d’apprentissage, mais aussi comme moyen de résister aux extrêmes. Lire pour comprendre ce qui nous entoure, pour déchiffrer ce qui nous échappe dans les discours politiques. Et surtout, pour toutes ces jeunes filles en nous qui, chaque jour, se battent pour faire leur place.
La lecture, activité essentielle et historique, a permis l’émancipation et l’éducation. Elle passe aussi par « la présence du livre dans toutes les écoles de Montpellier, dans chaque classe, dans la vie de chaque élève ».
Concernant la jeunesse, les études sont catégoriques : les jeunes lisent moins, souvent faute d’intérêt. Mais comment rendre la lecture plus attrayante ? Comment la rendre plus proche de leur époque ?
Ces questions sont au centre des préoccupations des adultes – parents, enseignants, professionnels du livre ou non, en fait de tout adulte responsable et soucieux du devenir des prochaines générations. Le festival propose dès lors une multitude d’ateliers, d’expositions, de moments de création et de partage pour les enfants comme pour les parents.
Parce que la lecture, dès le plus jeune âge, on le sait, nourrit une immense part de l’imagination des enfants. Elle crée des rêves, des envies, et surtout un moyen de s’échapper, tout en restant sous sa couette avec son doudou.
Retour en enfance, donc, pour m’accompagner à Montpellier : rien de mieux qu’un cahier de vacances. Cette seule expression me flingue : un cahier, en vacances, le summum du paradoxe, du biais cognitif, de l'imposture intellectuelle, de la marchandisation de l'intellect... pardon je m'égare.
Mais pas n’importe lequel : Cahier de vacances avant la fin du monde, publié aux éditions Tana pensé et réalisé par Yanis Chaigneau et Valentin Lemaire. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de réviser pour la rentrée des classes, mais de se préparer à sauver le monde : « partez en vacances avec une mission simple : sauvez le monde ! (et nous avec) »

Ludique et ingénieux, ce cahier de vacances (et je vous assure que cela me défrise littéralement que d'apposer cette expression pour désigner ce document) arrive à point nommé, au vu de la hausse actuelle des températures, de la sécheresse qui touche de nombreux territoires et des changements climatiques qui contraignent déjà certaines populations à quitter leur lieu de vie.
Pour commencer : quel climatosceptique êtes-vous ? Le cahier propose aussi un petit test de personnalité. Une question au hasard : « Que portez-vous actuellement ? »
• Un t-shirt « no pain, no gain »
• Une chemise à fleurs
• Un pull noué autour du cou
• Le poids du monde, qui chaque jour vous écrase un peu plus.
Lire c'est aussi prendre conscience. De ce que l'on souhaiterait nier, oublier ou ne pas voir. Que l'on apprend plus en lisant parce qu'on vit plusieurs vies en lisant un seul livre et qu'elles nous offriront peut-être plus que celle que nous avons nous propose. Lire, c'est vivre, j'ose ?
Ah, ben oui, j'ai osé. Et même si on ne vit pas dans les livres.
D'ailleurs, à la fin du festival, vous découvrirez peut-être qui vous êtes… cahier de vacances ou non. Dans tous les cas, ActuaLitté vous proposera une couverture complète de l'événement, comme chaque année. La plus complète possible.
Et je vous laisse, le temps que le TGV arrive en gare, j'aimerais comprendre comment on peut se revendiquer climatoscéptique.
Crédits images : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
DOSSIER - À Montpellier, la Comédie du livre 2026 bat son plein
Par Clotilde Martin
Contact : mc@actualitte.com
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