Le roman Ma mère arménienne de Jean-Pierre Fleury, publié par les Éditions marseillaises CHUM, a reçu le Prix Luigi Pirandello du roman 2026. La distinction sera remise officiellement le 29 mai 2026 au Sénat, sous le parrainage de Xavier Iacovelli, vice-président du Sénat, dans le cadre d’une cérémonie organisée par l’Alliance Italienne Universelle.
Le 20/05/2026 à 11:39 par Hocine Bouhadjera
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20/05/2026 à 11:39
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Créé pour distinguer des œuvres contemporaines explorant « le déracinement, la mémoire, la transmission, l’identité et la complexité de l’existence intérieure », le Prix Luigi Pirandello rend hommage à l’écrivain et dramaturge sicilien Luigi Pirandello (1867-1936), Prix Nobel de littérature en 1934. Le jury est présidé par Franck Senninger, également connu sous le nom de Franco Berneri-Croce, membre de l’Académie Littré.
Pour cette édition 2026, le jury a choisi de récompenser, dans la catégorie roman, un texte où l’histoire intime rejoint les fractures du XXe siècle.
Avec Ma mère arménienne, Jean-Pierre Fleury construit un récit autour des silences familiaux et de la découverte progressive d’une identité héritée. Le livre part d’une question simple : « Comment deviner, quand on est un gamin de Granville dans la Manche, les événements tragiques du passé derrière les silences de sa mère ? »
Le texte suit un chemin de mémoire qui mène de Granville à Beyrouth, d’Alep à Erevan, sur les traces d’Azadouï, la mère de l’auteur. Le récit mêle histoire familiale, mémoire arménienne et réflexion sur la transmission.
Dans sa présentation, le jury souligne que le roman « donne voix à une mémoire familiale traversée par l’exil, les transmissions silencieuses et la quête d’identité ». Il salue « une œuvre profondément humaine, attentive aux héritages visibles et invisibles, où la figure maternelle devient le lieu d’une reconquête intérieure et d’un dialogue avec les origines ».
Le communiqué insiste également sur la manière dont le livre fait dialoguer « mémoire personnelle et mémoire collective », dans l’esprit même du Prix Pirandello, qui entend distinguer « une littérature qui n’aplanit pas la complexité de l’être, mais l’éclaire de l’intérieur ». L’ouvrage se présente aussi comme une traversée de la mémoire arménienne face à l’effacement.
Né à Granville « un jour de marée d’équinoxe », Jean-Pierre Fleury a d’abord été marin pêcheur avant de travailler dans le journalisme et le documentaire télévisé. Il aime d’ailleurs se présenter comme « pêcheur en droit et étudiant en moules », renversant avec humour les formules convenues.
Sa trajectoire l’a ensuite conduit vers la télévision, où il a réalisé des documentaires historiques et scientifiques. Il a notamment participé, aux côtés d’Igor Barrère, à l’aventure des Histoires Naturelles.
Son œuvre, souvent traversée par les rapports entre les humains, la mémoire et la nature, comprend notamment Bestiaire insolite chez François Bourrin éditeur, Histoires de Saisons chez Grasset, écrit avec Georges Fleury, Le Roman de mes chemins buissonniers aux Éditions du Rocher, ou encore Si les Abeilles disparaissaient aux éditions Alphée/Jean Paul Bertrand.
Avec Ma mère arménienne, il revient à une matière plus personnelle, où l’enquête documentaire devient aussi une exploration identitaire.
Le Prix Luigi Pirandello distingue chaque année des œuvres publiées en langue française qui abordent les thèmes du déracinement, de l’exil, de la transmission, des expériences migratoires ou de la mémoire individuelle et collective.
Le règlement précise que peuvent concourir romans, récits, essais, biographies, témoignages ou beaux livres publiés entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2025. Le prix n’est pas doté financièrement, mais comprend une plaque de prestige, un trophée et un diplôme honorifique.
L’édition 2026 récompense également :
Patrick Min pour la nouvelle Racines ;
Robert Laurent pour le poème Réfugiés ;
Riccardo Ceriani pour la photographie Cinque Terre.
Le jury a expliqué avoir voulu distinguer des œuvres capables de dire « la fragilité des appartenances, la persistance des racines et la puissance des héritages ».
Les Éditions CHUM, maison marseillaise fondée en 2014, annoncent également quitter Hachette Livre Distribution pour rejoindre CED-CEDIF et DG Distribution à compter du 1er septembre 2026.
Le Prix Luigi Pirandello est attribué par un jury composé de personnalités issues des mondes littéraire, universitaire et culturel. La présidence est assurée par Franck Senninger, également présenté sous le nom de Franco Berneri-Croce, membre de l’Académie Littré. Le jury siège sous l’égide de l’Alliance Italienne Universelle, structure porteuse du prix présidée par Georges Orazio Spido.
Les délibérations se tiennent à huis clos et les décisions sont prises à la majorité simple. En cas d’égalité, la voix du président du jury devient prépondérante. Le prix revendique ainsi une approche humaniste et littéraire directement inspirée de l’univers de Luigi Pirandello.
Né en 1867 à Agrigente, en Sicile, Luigi Pirandello demeure l’une des grandes figures de la littérature italienne du XXe siècle. Dramaturge, romancier, nouvelliste et essayiste, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1934.
Son œuvre interroge constamment la fragilité de l’identité et le décalage entre l’image sociale et la vérité intérieure. Pirandello s’est particulièrement intéressé aux masques que chacun porte, aux rôles imposés par la société et à l’impossibilité d’atteindre une vérité stable sur soi-même ou sur les autres.
Des pièces comme Six personnages en quête d’auteur, Henri IV ou Comme ci (ou comme ça) ont profondément marqué le théâtre moderne par leur manière de brouiller les frontières entre fiction et réalité, auteur et personnage, vérité et illusion.
Le Prix Luigi Pirandello s’inscrit explicitement dans cet héritage. Son dossier de presse explique vouloir distinguer « des œuvres qui refusent la simplification, accueillent la complexité humaine et donnent forme, par la littérature ou l’image, à ce qui se transmet, se perd ou se transforme ».
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Crédits photo : Luigi Pirandello (Domaine public)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 10/02/2024
208 pages
Chum éditions
19,00 €
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