Pour la première fois de son histoire, l'International Booker Prize, une des plus prestigieuses récompenses littéraires britanniques, a été décerné à une autrice taïwanaise, Yáng Shuāng-zǐ. La traductrice taïwano-américaine de Taiwan Travelogue (And Other Stories), Lin King, a aussi été saluée lors de la cérémonie organisée à Londres, ce 19 mai.
Le 20/05/2026 à 09:57 par Antoine Oury
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20/05/2026 à 09:57
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Yáng Shuāng-zǐ et Lin King, la traductrice de son texte, se partagent la dotation de 50.000 £ (soit 57.000 € environ) qui accompagne l'International Booker Prize. Pour la première fois, la distinction revient à un texte traduit du mandarin, sachant que la vocation de cette prestigieuse récompense est de saluer des œuvres de fiction traduites et publiées au Royaume-Uni ou en Irlande.
L'ouvrage lauréat, intitulé Taiwan Travelogue, est présenté comme un carnet de voyage japonais datant de la fin des années 1930. Sa redécouverte permet de revivre le périple de deux femmes, la jeune romancière japonaise Aoyama Chizuko et sa guide taïwanaise Chizuru, à travers Taïwan, alors sous contrôle japonais.
Revenant sur la genèse de son livre, Yáng Shuāng-zǐ souligne l'importance de la nourriture dans le récit, et les recherches associés, « qui ont allégé mon porte-monnaie et augmenté mon poids ». Elle poursuit : « La Corée et Taïwan ont tous deux été des colonies de l'empire japonais, mais les Coréens semblent unanimement hostiles vis-à-vis de ce passé, tandis que les Taïwanais l'observent avec un mélange de dégoût et de nostalgie. À partir d'un point de vue taïwanais contemporain, je voulais démêler les situations complexes des Taïwanais de l'époque, et explorer le futur que nous envisageons désormais. »
« Taiwan Travelogue accomplit un exploit à double titre, en tant que romance et en tant que roman postcolonial incisif. Les multiples facettes de cet ouvrage ont nourri de passionnantes discussions entre les membres du jury », assure Natasha Brown, qui présidait le jury de cette édition. « C’est un roman captivant, d’une subtile sophistication. »
Autrice d'œuvres de fiction, de mangas, d'essais, de critiques et de scénarios de jeux vidéo, Yáng Shuāng-zǐ a reçu un Golden Tripod Award, prestigieux prix littéraire taïwanais, pour Taiwan Travelogue en 2021, un an après sa publication à Taïwan.
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Six ouvrages traduits depuis cinq langues originales, portés par des auteurs et traducteurs issus de huit nationalités réparties sur quatre continents, figuraient dans la sélection finale de l'International Booker Prize 2026. L'autrice française Marie NDiaye en faisait partie, sélectionnée pour The Witch (La Sorcière), traduit par Jordan Stump et publié au Royaume-Uni par MacLehose Press.
L’édition précédente du prix avait distingué le recueil de nouvelles Heart Lamp de l’autrice indienne Banu Mushtaq, traduit du kannada par Deepa Bhasthi.
Photographie : Lin King, traductrice, et Yáng Shuāng-zǐ, autrice, au cours de la cérémonie de l'International Booker Prize 2026, au Tate Modern, à Londres, le 19 mai 2026 (© David Parry pour la Booker Prize Foundation)
Par Antoine Oury
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1 Commentaire
Félix
21/05/2026 à 14:00
Ce prix arrive à point nommé pour Île de Formose, ancienne appellation de Taïwan.
En effet, stratégiquement parlant, Taïwan est au centre de rapports de force actuellement entre la Chine, le Japon et les États-Unis, et ce depuis la fin de la 2e Guerre mondiale.
Ce qu'on oublie de rappeler, ce que plusieurs traités de paix depuis 1943, notamment ceux du Caire, puis de Potstam et de San Francisco martelaient que Taïwan devait être retourné à la Chine, puisqu'il avait été capture et occupé par l'Empire du Soleil Levant.
Or, l'actuelle première ministre japonaise - Sanae Taekeshi ainsi que son prédécesseur Shinzi Abe - ne l'entendent pasc de cette oreille.
Voulant utiliser Taïwan comme un pion dans les pourparlers politiquescet strategies surtout vis-à-vis de la Chine, disant que c'est une "raison existentielle" pour sa survie.
Et c'est pourquoi les Américains avaient permis aux grands conglomérats nipping, les fameux "kaizatsu", tels que Honda, Mitsubishi (fabrication d'avions de chasse Zéros) et Suzuki, de prospérer après la rendition inconditionnelle du Japon en 1945.
Finalement, l'article 9 de la Constitution Japonaise n'interdit pas au pays de "renoncer à la guerre" et de se réarmer, comme ses forces d'autodéfense actuelles?