#Essais

Raymonde Vincent, Albert Béguin, Nous vivons côte à côte d'une existence toute mêlée. Correspondance 1927-1957

Oui, oui, je sais, le livre fait près de 900 pages, et cela peut effrayer celui qui ne connaîtrait ni Raymonde Vincent (prix Femina pour « Campagne », et « Elisabeth » récemment réédités par Le Passeur), ni Albert Béguin. Mais ce serait une grave erreur de passer à côté. Il faut en effet lire cet incroyable échange de lettres qui s’échelonne de 1927 à 1957, entre deux êtres d’exception : c'est un document précieux sur la vie littéraire française, mais aussi et surtout une espèce de roman épistolaire qui raconte dans la durée la vie périlleuse d’un amour que traversent la guerre et la débâcle de 40. Comme tout roman, il comporte des ellipses que le lecteur doit combler avec son imagination... C’est ainsi que je l’ai lu, moi qui sors bouleversé par ma lecture  rendue possible  grâce à l’immense travail critique de Renan Prévot qui a rassemblé ici 451 lettres, pas moins ! Par Hervé BEL

Le 24/05/2026 à 09:00 par Les ensablés

| 235 Partages

Publié le :

24/05/2026 à 09:00

Les ensablés

235

Partages

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

Un jour de l’automne 1926, il y a une jolie fille de dix-sept ans qui boit un café au Dôme, à Montparnasse. Elle a faim. Pour gagner sa vie, elle pose pour les peintres (Caillard, Giacometti…) mais les temps sont durs. Elle craint l’avenir, le « ruisseau «, comme on disait alors. Elle a quitté son Berry natal, après avoir été bergère, puis couturière aux « 100000 chemises » de Châteauroux. Elle est « montée » à Paris, parce qu’elle n’en pouvait plus de sa vie terne, malheureuse, entre son père sec, brutal, et sa belle-mère. Peut-être que ce jour-là de 1926, elle est découragée, malgré sa foi chrétienne. On le supposera. 
 
Soudain, un jeune homme brun, un peu gauche, lunettes rondes cerclées d’écaille noire, s’approche d’elle. Albert Béguin entre dans sa vie et ne la quittera plus. Sans doute est-il séduit par la beauté de Raymonde, mais bien vite, il distingue une volonté peu commune en cette jeune fille curieuse de tout, et qui voudrait apprendre. Elle couche avec lui assez rapidement. Dans une lettre datée de juin 1927, elle lui écrit d’ailleurs : « Si je me trouve sans argent à Paris, je dois aller dormir avec un homme, vous le savez Bonhomme, puisque c’est avec vous que c’est arrivé ».

Albert Béguin travaille dans une librairie parisienne et traduit des romans allemands. Il vient de Suisse où il a achevé ses études de lettres. Le couple s’installe au-dessus de la boutique. Puis Raymonde s’en va à Monthoux, habiter dans la maison d’une des amies de Albert Béguin, la peintre Claire-Lise Monnier, pour laquelle elle va poser. Béguin reste à Paris.
 
Ainsi commence leur correspondance qui ne cessera plus pendant trente ans.
 
C’est le début de l’amour et de l’éducation de Raymonde. Béguin corrige ses fautes, oriente ses lectures. Les lettres de Raymonde sont encore malhabiles, mais elle progresse, elle lit, elle lit toujours plus, et l’on ne peut qu’être frappé par la justesse de ses raisonnements. Très vite, elle pense par elle-même.

Il l’appelle « chère petite amie », « ma chère petite ». Il l’embrasse « mille fois ». Elle l’appelle « Bonhomme », conclut par « Je vous aime ». Ce sont les débuts de l’amour, quand l’autre est encore un mystère fascinant, où tout est beau et gentil… Mais déjà, à certaines de ses réflexions, on devine que Raymonde a du caractère :
 
« Oui, cher petit Bonhomme, vous avez été très bon pour moi, et c’est à cause de ça que je suis arrivée à vous aimer – Pourtant j’ai été très souvent méchante. J’espère petit ami que vous avez oublié toutes mes méchancetés pour ne plus penser qu’à mes rares bonnes douceurs, et mes moments de petit bébé. » (10 mai 1927).
 
De quelles méchancetés parle-t-elle ? On ne le saura pas. On ne peut que les deviner par la suite de cette histoire où Raymonde, d’une sincérité affolante, ne ment jamais et dit son fait, parfois injustement, à Béguin, beaucoup plus souple (mou ?).

A Paris, Béguin sort beaucoup. Cela inquiète Raymonde, d’autant que le jeune homme (il a 26 ans en 1927) n’a pas hésité à lui montrer :

« Ce qui traîne dans mes tiroirs ; j’aurais dû peut-être refuser de vous mettre sous les yeux ces tristes documents. Et pourtant, petite, cela me faisait tant de bien, parce que je voyais mieux la différence entre le passé et le présent, entre ces « amies » et vous. (28 juillet 1927).

Il ne le sait pas encore, mais il a commis une erreur. Raymonde n’oubliera pas cette vie passée qui, pour elle, femme entière, révèle le besoin de séduire de Béguin. Dans un premier temps, elle en souffrira, avant de se faire une raison, et adopter vis-à-vis de lui une attitude distante.

Dès 1928, les lettres de Béguin ne laissent aucun doute quant à l’attitude réservée de Raymonde. Le 23 juillet, il lui écrit (elle est alors en vacances sans lui en Bretagne) :

« Êtes-vous bien ma Raymonde à tous les instants ? N’oubliez-vous jamais que j’existe, que vous êtes loin de moi mais mienne ? (…) Je sais, Raymonde, que je vous donne peu de choses, à votre goût, et que vous êtes toujours prête à me faire des reproches ; je sais que vous estimez que certaines choses, beaucoup de choses sont dues à une femme, c’est vrai d’ailleurs… »

De quelle femme parle-t-il ? là aussi, on ne sait pas. Mais une impression se dégage : Béguin est certes très amoureux de Raymonde, mais pas aussi net que cela.
 
Elle épouse Béguin en 1929, et le suit en Allemagne, à l’université de Halle, où il enseigne le français. Et c’est là qu’Albert entretient une liaison avec une certaine demoiselle Busse. Raymonde s’en va seule à Berlin. Plus rien ne sera comme avant, ce qui n’empêche pas qu’ils vont continuer à s’écrire et se voir.

Amour étrange si on y songe. Raymonde est blessée, mais tient à lui. Elle sait ce qu’elle lui doit et pendant longtemps lui sera fidèle. Le ton a changé : « Mon cher Béguin » « Affection » ont remplacé les appellations plus tendres du passé. Béguin est malheureux, il le lui dit. Elle reste distante, lui demande des livres, de l’argent. Et conclut (Juin 1932) : « Je crois aussi que pour la réussite, il faut faire le chemin seul. »
 
Elle le fera seule, mais toujours, près d’elle, l’œil vigilant de Béguin qui l’encourage à écrire Campagne. Il y croit et n’a pas tort. C’est un livre exceptionnel, qui n’a rien de régionaliste, et parle du bonheur, des souffrances, de la vie, sur un ton simple et éloquent, où l’ellipse est la règle. Grâce à Béguin via Edmond Jaloux, le manuscrit est soumis aux éditions Stock, à Delamain et Chardonne.

On suit les péripéties de l’enfantement. C’est passionnant. Leurs lettres racontent leurs travaux respectifs, car Béguin, lui aussi, progresse. Il a quitté l’Allemagne, inquiet de ce qui s’y déroule, a terminé et publié sa thèse « Le romantisme et le rêve » (loué par Thérive qui sera moins tendre avec « Campagne »), publie un « Nerval », et écrit de nombreux articles que Raymonde, désormais apte à le faire, lit et commente.

En 1937, Campagne paraît, récompensé par le prix Femina en fin d’année. Enfin, Raymonde gagne de l’argent et se fait plaisir, s’installe dans un château du Berry. Elle est souvent fatiguée (elle vivra jusqu’en 1985, Béguin 1957…), et le répète, ce qui pourrait devenir un peu lassant pour un mari exténué par la tâche. « Je viens de traverser, dit-elle, une période de fatigue intense et c’est pourquoi je suis restée longtemps sans écrire » (juin 1939)
 
Leur amour s’est décanté. Ils s’estiment, s’admirent, surtout de loin. Est-ce encore de l’amour ? Oui, à leur façon, car ils ne peuvent se passer l’un de l’autre. Ils s’écrivent très régulièrement (à cette époque, la poste fonctionnait bien mieux que maintenant). Peu avant la guerre, Raymonde, heureuse dans sa solitude, se laisse aller à des mots tendres « Mon chéri » (14 août 1936), mais jamais le ton du début ne reviendra. Ensemble, ils adopteront deux enfants de la sœur de Raymonde, qu’ils éduqueront chacun leur tour, ce qui n’ira pas sans problème pour eux (et pour les enfants aussi…)

La guerre éclate, ils sont séparés par plusieurs centaines de kilomètres. Ils s’écrivent sans être certains d’être lus. Béguin, le 11 mai 1940, se déclare confiant : « Je crois que les Allemands ont fait une énorme faute en déclenchant l’attaque contre le front français et qu’ils le paieront cher. » Il serait absurde de nous moquer : avec cette correspondance, nous, les lecteurs du XXIème siècle, sommes plongés dans le passé, et l’on mesure soudain le peu d’informations dont les gens disposaient, et de la formidable réputation militaire que les Français avaient encore.

Sans nouvelles, ils ont peur de se perdre, et Raymonde ose un « Je vous aime et vous embrasse de tout mon cœur » (16 mai 1940), sans doute parce que les êtres redeviennent précieux dès lors que l’on craint de les perdre ! Au même moment, Béguin, athée convaincu, va se convertir, encouragé à distance par Raymonde. Il découvre Bloy, Claudel qu’il rencontrera, Bernanos sur lequel il écrira beaucoup, faisant partager à Raymonde le récit de ces rencontres qui valent le détour. Avec lui et Raymonde Vincent, c’est tout un monde littéraire qui ressurgit, par le biais de la Suisse francophone, et qu’on ne connaît pas forcément. 
 
La guerre est perdue. Le 3 juillet 1940, Raymonde Vincent écrit : « La grande tristesse, les jours de désespoir sont passés. J’ai compris que cette douleur était nécessaire à la France. Tout ce qui est en train de mourir autour de nous lui ressemble si peu ». Précisons, car ces propos peuvent en rappeler d’autres, qu’elle ne sera jamais dans la collaboration. Au contraire. Elle soutient son mari dans la création des Cahiers du Rhône qui publie les auteurs peu suspects de collaboration : Aragon, Elsa Triolet, Sadoul, etc.

Mais rien ne pourra les faire revivre ensemble de manière définitive :

« Nous avons peur l’un de l’autre, écrit-elle, nous savons d’avance qu’il ne faut pas compter sur la tendresse de l’autre, dans tout ce qui touche à notre vie, notre façon de voir, de réagir, nous nous affrontons en adversaire (…) Je sais que vous ne m’avez jamais méprisée et que vous avez toujours su ce que je voulais en cette vie. Pourquoi cela n’a-t-il jamais rien changé à votre comportement humain envers moi. Vous n’avez jamais pitié de moi, vous ne sentez pas ma présence, je vous l’inflige toujours et encore, pour que l’affreuse vie que nous menons ensemble soit possible, je suis obligée de me cacher (…) je souhaitais l’intimité parfaite avec vous » (7 décembre 1943)

Albert Béguin espère, proteste de son amour, mais on le sent gêné aux entournures : il n’est plus le Pygmalion, Raymonde rayonne de toute sa force et de sa douleur de femme trompée. Alors qu’elle tient a des propos clairs, ceux d’Albert sont filandreux.

Comme toujours, le malentendu est là, insurmontable pour ces deux êtres à vif.

« J’accepte, écrit-il en réponse, de vivre dans une zone morne, sans vie, de m’accommoder de la tristesse. Certes je suis contraint, par des nécessités auxquelles vous échappez en grande partie de continuer à vivre, à travailler, à tenir le coup et des engagements sans lesquels nous tomberions dans l’abîme (…) le souci de vous, de ce qui vous arrive, de votre souffrance, de toutes vos souffrances, ne me quitte pas (…) mais je sais que ne vous en persuaderai jamais. »

Et en marge de la feuille, impitoyable, Raymonde Vincent écrit : « C’est que vous ne regardez pas d’assez près. Quand vous parlez de moi, vous vous laissez aller à la certitude rassurante que vous m’aimez. »

Albert, touché, écrit encore : « Je sais bien que vous allez m’accuser d’être ignoble, comme vous l’avez fait souvent dans nos discussions en tête-à-tête. »
 
Eternel malentendu, disais-je, plus haut : l’amour absolu, vrai, désirable est impossible, empêché par les faiblesses de l’autre, ses trahisons ou sa mauvaise foi, et les deux époux en souffrent à leur manière, preuve qu’ils s’aiment malgré tout.
 
Après la guerre, les lettres se raréfient et se résument souvent à ce que font les enfants. Raymonde s’occupe moins d’eux qu’Albert, et il lui faudra le constater avec amertume lorsqu’elle se rendra compte qu’ils sont plus proches de leur père que d’elle. Albert a pris la tête de la revue Esprit et devient éditeur au Seuil.

Début des année 1950 Raymonde commence une liaison avec un jeune homme de vingt ans plus jeune qu’elle, qui durera la décennie. Preuve qu’elle aime encore Béguin, elle est bourrelée de remords. Renan Prévot cite ce qu’elle en dit dans ses mémoires :

« Par cette aventure que je n’avais pas cherchée, sous laquelle ne me lâchait pas mon amour pour Albert Béguin, amour vivant, torturant, amour vrai, impérissable, m’ouvrant parfois des abîmes de douleur, de honte, de remords ; par cette pauvre aventure, Albert Béguin connut à son tour l’horreur de la trahison (…) Un rideau de glace transparente tomba entre nous. »

Le 3 mai 1957, Albert Béguin meurt, la tête de son épouse contre son bras. Elle avait accouru dès qu’elle l’avait su malade. Comme quoi, ai-je envie de conclure, certaines vies peuvent s’écrire, à leur insu, comme des romans. Cette correspondance vaut bien « La nouvelle Héloïse » autre fameux roman épistolaire.
 
Remercions ici le travail de Renan Prévot dont l’introduction et les notes en bas de pages apportent un éclairage indispensable à la compréhension.

Je n’ai qu’une réserve : il est dommage que cette énorme somme qui embrasse trente années de vie littéraire n’ait pas été assortie d’un index avec les noms des personnes et le numéro des pages où elles sont citées.

PS. Raymonde Vincent a publié des mémoires "Le temps d'apprendre à vivre" chez Julliard, que je vais lire pour remplir "les vides" que laisse cette correspondance.

 

 
 
 
 
 
 
 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

Commenter cet article

 

Nous vivons côte à côte d'une existence toute mêlée

Raymonde Vincent, Albert Béguin

Paru le 05/02/2026

870 pages

Le Passeur Editeur

25,00 €

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Les Ensablés - Journal d'un salaud d'Henri Queffélec

Avant de devenir l'inépuisable romancier de la mer et de la Bretagne, Henri Queffélec (1910-1992) a commencé sa carrière par un roman noir dans les eaux troublées de l’Occupation : c’est le Journal d’un Salaud, publié à la Libération en 1944 chez Stock. Par Nicolas Acker

07/06/2026, 09:03

ActuaLitté

Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

ActuaLitté

Les Ensablés - L'animale, de Rachilde, une réédition bienvenue

Il y a les Ensablés que nous connaissons bien, cohorte d’auteurs jouets du ressac des modes et de la gloire. Il y a les Oubliés, perdus au fond des mers.  Et il y a aussi quelques miraculés sauvés des eaux. Rachilde est de ceux-là. Célèbre et célébrée en son temps, cette grande scandaleuse aurait fini par disparaitre complétement de l’histoire littéraire qui ne retient guère que George Sand comme grande figure féminine pour la littérature au XIXème et Germaine de Staël pour la pensée, si quelques universitaires et éditeurs ne s’étaient acharnés à la faire reconnaître. Par Denis Gombert

26/04/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Faux-passeports, de Charles Plisnier

« Le personnage qui dit “je” dans ce livre, souhaiterait garder quelque mystère. » La première phrase de cet vrai-faux roman Faux-passeports (1937), qui se compose en fait de cinq nouvelles reliées entre elles par un même narrateur, pose d’emblée la véritable nature de ce livre, un savant mélange d’autobiographie, de romanesque et d’essai sur ce qu’est l’engagement pour une cause. Par Carl Aderhold.

12/04/2026, 09:55

ActuaLitté

Les Ensablés - Le bouquet de Henri Calet

Cela fait 70 ans qu’Henri Calet (1904-1956) a quitté le monde des vivants. Mais un certain nombre de lecteurs, dont les Ensablés, travaille régulièrement à sa résurrection. Pas étonnant, puisque ce chroniqueur des vies fragiles, à commencer par la sienne, est un auteur des plus attachants. La poisse toujours en bandoulière, son humour caustique semble vouloir excuser une mélancolie persistante. Le Bouquet (1945) revient sur l’expérience de la débâcle de 1940, de la captivité à l’évasion de son auteur. Fidèle à son style, Calet déroule avec une simplicité désarmante le récit doux-amer de ce moment de bascule pour l’écrivain comme pour le pays. Par Nicolas Acker. 

29/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Ma petite Yvette, d'André Dumas

En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

ActuaLitté

Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

ActuaLitté

Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

ActuaLitté

Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

ActuaLitté

Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

ActuaLitté

Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

ActuaLitté

Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

ActuaLitté

Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

ActuaLitté

Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

ActuaLitté

Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

ActuaLitté

Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Tous les jardins du monde

16/06/2026, 17:54

ActuaLitté

Sauf la frontière

16/06/2026, 11:30

ActuaLitté

Résister quand l’histoire accélère : une boussole face au fascisme

À Perm-36, ancien camp du Goulag, Catherine Dorion découvre une mémoire nue : des cellules, du froid, du silence, des morts, et la sensation physique d’un avertissement. De cette visite à l’année 2025, Le courage et la joie relie les récits du totalitarisme, la montée des autoritarismes contemporains et les mécanismes psychiques qui désarment les sociétés démocratiques. À paraître le 21 août.

16/06/2026, 11:26

ActuaLitté

Ibtisam Azem imagine un matin sans Palestiniens

Au réveil, les Palestiniens ont disparu. Mais les maisons, les téléphones, les rues, les noms anciens et les cahiers restent là. Dans Le Livre de la disparition, Ibtisam Azem transforme cette hypothèse sidérante en roman de mémoire et d’effacement. Entre le cahier rouge d’Alaa, Palestinien de Jaffa, et le regard d’Ariel, journaliste israélien, l’absence devient une présence impossible à contenir. Apparition, le 26 août.

16/06/2026, 10:36

ActuaLitté

Le pacte des Héritières de Lucie Castel : la saga des femmes du clan des Rochefort

Tout est réuni dans cette saga familiale pour captiver les lecteurs et lectrices : un clan familial très riche gère ses affaires au sein d’un conseil d’administration exclusivement constitué d’hommes. À la mort du patriarche, le testament comporte une énigme et celui qui saura la résoudre prendra la place du défunt.

16/06/2026, 09:41

ActuaLitté

Landru, Barbe-Bleue passé au noir et blanc

Chabouté s'empare du mythe « Landru » et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.

16/06/2026, 09:23

ActuaLitté

La maîtresse juive de Mussolini

En 1947, Margherita Sarfatti est de retour dans sa villa du lac de Côme après la guerre et son exil provoqué par les lois raciales. Elle retrouve un décor presque intact, mais hanté par les fantômes du fascisme, de son fils mort au front et de son ancien amant, Benito Mussolini.

16/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Comme un bon roman, l’entretien auto se lit à l’avance : tout ce que vous ignorez sur le remplacement des amortisseurs

Un récit bien construit sème ses indices longtemps avant le dénouement. Une voiture procède de la même manière : elle parle, elle prévient, elle laisse des traces, mais encore faut-il savoir les lire. 

16/06/2026, 08:17

ActuaLitté

Une vie en caravane, loin de la maison promise

Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d’une soixantaine d’années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu’à l’épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit, ce qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’est qu’une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu’elle a sacrifié – argent, temps, présence – s’est effondré.

16/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Une famille portoricaine prise entre deux pays

1968, Porto Rico. En épousant Peter, un séduisant Américain d’origine irlandaise, Rafaela s’efforce d’étouffer les doutes qui l’assaillent. Pour cette jeune femme hantée par la faillite financière de ses parents et par son amour caché envers le fils de sa gouvernante, quitter son île natale apparaît comme un possible renouveau. 

16/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

Christine Jordis est une figure peu commune du Prix Femina - elle est présidente du jury cette année -, et de l'érudition littéraire. La meilleure des collections, Bouquins, réunit deux de ses ouvrages majeurs : Gens de la Tamise et d’autres rivages et Promenades anglaises. Fidèle comme on en rêve, aux lettres anglaises, impériales puis post-impériales, et aux paysages britanniques, elle tient ensemble l'effort, le goût et l'attention.

15/06/2026, 18:22

ActuaLitté

Quartier des fantômes

15/06/2026, 12:00

ActuaLitté

Quand l’enfance à la ferme se change en cauchemar, Lait cru

Rien ne se dépose vraiment dans Lait cru : ni le froid, ni la faim, ni les odeurs, ni les bêtes. Depuis une chambre de soin où l’écriture le ramène vers son passé, le narrateur de Steve Poutré rouvre son enfance dans une ferme des Cantons-de-l’Est. Le roman avance par fragments sensoriels, entre rudesse agricole, vertige mental et violence familiale, sans folklore ni nostalgie. À surveiller, dès le 20 août.

15/06/2026, 10:51

ActuaLitté

Ceux qui nous frappent : la violence invisible mise au procès

Un procès inventé, mais nécessaire, ouvre Ceux qui nous frappent sur une question que le droit peine à saisir : comment juger une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles ? Dans la salle 403 du tribunal de Rennes, Anaïs Llobet confronte la mort de Sara Messina, boxeuse disparue, aux récits de ceux qui prétendent la comprendre, l’aimer, la défendre ou l’expliquer. Un roman judiciaire tendu, précis, traversé par la colère et le doute. Ouverture, le 26 août.

15/06/2026, 10:45

ActuaLitté

L’affaire Violette Nozière, entre crime et patriarcat

Avec ce portrait de la célèbre parricide, le texte de Jérôme Leroy, éclairé par une prose lumineuse et très documentée, nous offre une immersion glaçante dans la société patriarcale des années 30.

15/06/2026, 10:40

ActuaLitté

André Velter, le galop libre de la poésie

Avec Où se risque la chance, André Velter poursuit ce qu’il fait depuis des décennies : transformer la poésie en manière d’habiter le monde intensément, sans hiérarchie entre les cultures, les paysages, les musiques, les colères et les émerveillements. Mais ce nouveau livre, publié dans la collection Blanche de Gallimard, possède quelque chose de plus libre encore, presque dionysiaque : une écriture qui refuse toute ligne droite et préfère les surgissements, les éclats, les bifurcations de la mémoire et du désir.

15/06/2026, 10:38

ActuaLitté

Reconnaître le fascisme avant qu’il ne soit trop tard

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. 

15/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

14/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Deux disparitions, un meurtre, vingt-cinq ans de silence

Pierric Bailly livre un roman noir d’aventures, entre le Vercors et le Jura, mais aussi le Mexique et l’Afrique. Tout commence à la fin des années 1980, par l’amitié entre deux couples de frères et sœurs, dès l’école primaire. Un coup de feu retentit une nuit d’avril 1998. Pascal, le père de Paloma et Leo, est retrouvé mort avec une balle dans la tête. Les enfants, eux, se sont volatilisés. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont bouleversés. 

13/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Constable, Spinoza, guerre mondiale : la Booksletter fête son 100e numéro

Pour son 100e numéro, la Booksletter réunit peinture, géopolitique, essai littéraire, philosophie religieuse et mémoire politique. De Constable à Spinoza, de la Première Guerre mondiale au Bund, cette livraison éclaire des livres récents qui interrogent notre rapport au réel, au désir, à l’histoire, aux croyances et aux appartenances, tout en prolongeant la veille d’ActuaLitté sur les tensions actuelles du monde du livre et de la lecture contemporaine.

13/06/2026, 08:27

ActuaLitté

La violence ordinaire du droit d’asile

Dans Ainsi la Cour décide, Caroline Knecht propose le décorticage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile, là où s’expriment chaque jour des récits d’exil et de survie. Par courts chapitres où se mêlent narration et collage, il met au jour la mécanique judiciaire, révélant comment l’institution écoute, classe – et ce qu’elle ne peut entendre. Le texte fait ainsi apparaître la géométrie politique du droit d’asile et sa sourde violence.

13/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Comprendre le passé eugéniste Américain

Avant « Make America Great Again », il y a eu « Make America Great » ou tout comme : c’est en effet pour rendre le pays plus puissant et son peuple plus performant que certains États ont, durant la première moitié du XXe siècle, encouragé des recherches en vue « d’améliorer la race » et promulgué des lois eugénistes..

13/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22

ActuaLitté

Meilleures ventes : La prof reste en tête devant Mortelle Adèle et Boualem Sansal

La prof, de Freida McFadden, traduit de l’anglais par Karine Forestier, conserve la première place des meilleures ventes en France, avec 19.866 exemplaires écoulés et 178.238 exemplaires cumulés en six semaines. Le titre publié chez J’ai lu devance Mortelle Adèle tome 23 : Nazebrocadabra !, qui gagne quatre places, et La légende, de Boualem Sansal, entrée directe sur le podium. Le haut du tableau associe un leader stable, une bande dessinée en progression et une nouveauté de littérature hors poche.

12/06/2026, 15:56

ActuaLitté

Jeanne, une papesse au Vatican

12/06/2026, 13:47

ActuaLitté

Le lotissement

12/06/2026, 11:30

ActuaLitté

Rimbaud, ce dieu aux yeux vides

11/06/2026, 18:33

ActuaLitté

Dortmunder, pour faire sauter la banque, il doit voler un mobile home géant...

Avec Dortmunder : Bank Shot, Dupuis poursuit l’exploration du polar américain dans sa collection Aire Noire. Doug Headline adapte Donald Westlake, accompagné au dessin par Jesús Alonso Iglesias et à la couleur par Isabelle Merlet.

11/06/2026, 17:37

ActuaLitté

Archive de Berthe Bendler

11/06/2026, 14:02

ActuaLitté

“Avalanche, veux-tu l’emporter dans ta chute ?”

« Le goût du néant » : c’est avec un vers de ce poème de Baudelaire que Carole Martinez a choisi d’intituler son dernier roman, Dors ton sommeil de brute (Gallimard, août 2024). Après un roman, Les roses fauves (Gallimard, 2020) que nombre de ses lecteurs ont jugé (peut-être sévèrement) trop métafictionnel, C. Martinez nous offre avec onirisme un texte qui s’attache autant à l’inutile beauté de la prose qu’à celle de la question de la maternité. 

11/06/2026, 10:56

ActuaLitté

Lèvres bleu ciel de Coralie Akiyama : Big in Japan

La jeunesse est ouverte à l’inconnu, au plaisir de la découverte, et aux charmes de l’exotisme. Clément et Solène sont deux étudiants français qui débarquent à Tokyo pour une année d’Erasmus. Aidés par un étudiant japonais, Noboru, ils prennent leurs marques à l’université. Mais ces deux étudiants ont une autre idée en tête : collectionner les aventures d’un soir et vivre pleinement cette année de parenthèse.

11/06/2026, 10:55

ActuaLitté

Servitude(s) d'Arnaud Garnier : une charge trop lourde à porter

Il y a autant de récits que de personnages dans ce roman qui débute à Paris et qui se termine sur une petite île du Pacifique en Polynésie. Servitude(s) avec ou sans « s » est une charge, un droit, souvent utilisé aux dépens d’un propriétaire : comment être pleinement libre de sa propre destinée quand le monde extérieur tente de vous imposer sa façon de vivre ou sa vision des choses ?

11/06/2026, 10:54

ActuaLitté

Marylise Léon ou l’éthique du réel

Dans son premier ouvrage, la secrétaire générale de la CFDT ne livre ni manifeste idéologique ni mémoires anticipés. Avec S’engager, elle propose une réflexion pragmatique sur le travail, la démocratie sociale et la nécessité du compromis dans une époque fascinée par les postures et les affrontements.

11/06/2026, 10:54

ActuaLitté

Les Fantômes de Shearwater

10/06/2026, 19:30