Déjà récompensé par quatre prix littéraires, Aatea, le deuxième roman d’Anouck Faure, publié aux éditions Argyll, reçoit le Grand Prix de l’Imaginaire dans la catégorie roman francophone. Le prix sera remis le samedi 23 mai, pendant la Comédie du livre de Montpellier, où l’autrice sera présente en dédicace tout le week-end.
Avec Aatea, Anouck Faure ajoute une nouvelle distinction à un parcours déjà remarqué. Le roman, paru en 2025 chez Argyll, obtient le Grand Prix de l’Imaginaire, dans la catégorie roman francophone.
Le livre arrive après La Cité diaphane, également publié par la même maison d’édition. Pour ce second roman, l’autrice explore plusieurs lignes de force : les racines, le désir de liberté, mais aussi les attaches que chacun construit au fil de son existence. Des liens que l’on garde, que l’on invente parfois — ou dont il faut savoir se défaire.
Anouck Faure n’est pas seulement romancière. Originaire de Nouvelle-Calédonie, elle est aussi artiste plasticienne et illustratrice. Une dimension que l’on retrouve dans Aatea, pour lequel elle a réalisé 15 illustrations intérieures ainsi qu’une carte, intégrées au fil du récit.
Navigateur capable de diriger son voilier solaire sur les océans en suspension de la Nuée, Aatea n’en demeure pas moins un paria aux yeux de son peuple : né en mer, il ne possède pas le filament, cet organe symbiotique qui permet aux siens de coexister avec de gigantesques îles vivantes. Seules ses expéditions maritimes l’aident à endurer la servitude à laquelle le contraint le système des castes.
Or, après une attaque de pirates qui coûte la vie à tous ses passagers, Aatea perd le droit de naviguer. Il choisit alors l’impensable : fuir la sécurité des îles, tout abandonner et suivre les traces de sa grand-mère, une exploratrice dont les récits ont bercé son enfance.
Tandis qu’un froid inhabituel s’abat sur le monde, Aatea part seul sur les flots instables, déterminé à voyager plus loin que quiconque. Cependant, dans la Nuée, où tout se dévore et se déchire, de nombreux dangers guettent le navigateur ; des dangers mais aussi des rencontres, de celles qui ancrent une vie et lui donnent un sens.
- Présentation du roman lauréat
Elle avait déjà reçu un Grand Prix de l’Imaginaire en 2024, cette fois pour son travail graphique. Avec cette nouvelle récompense, son nom s’inscrit donc une deuxième fois au palmarès du prix, dans un registre différent.
Pour les éditions Argyll, lancées en 2021 et diffusées-distribuées en librairie par Harmonia Mundi, cette récompense marque un troisième prix national. Avant Aatea, la maison avait déjà été distinguée avec le Prix Julia Verlanger pour Re:Start, de Katia Lanero Zamora, puis le Prix Libr’à Nous pour Briser les os, de Cassandra Khaw.
Le palmarès 2026 distingue également plusieurs autres ouvrages et créateurs. En roman étranger, le prix revient au Livre des passages d’Alex Landragin, publié au Cherche-Midi. Côté formats courts, L’Âge des tempêtes de Thomas Day, paru dans Bifrost n° 117 chez Le Bélial, est récompensé en nouvelle ou novella francophone, tandis que La Migration annuelle des nuages et Ce qui se dit par la montagne de Premee Mohamed, publiés à L’Atalante, l’emportent dans la catégorie étrangère.
En jeunesse, le jury distingue Station Symbiose de Noëmie Lemos chez Critic, ainsi que Le Voleur et La reine d’Attolie de Megan Whalen Turner, chez Monsieur Toussaint Louverture. Le prix Jacques Chambon de la traduction est attribué à Sylvie Bérard et Suzanne Grenier pour Les Sœurs de la Muée de Larissa Lai, publié au Quartanier. Le prix Wojtek Siudmak du graphisme revient à Yvan Belikov pour les cinq tomes de la série The Bone Season de Samantha Shannon, chez De Saxus. L’essai est représenté par Petites histoires de la science-fiction française d’Alain Grousset, paru chez ActuSF, tandis que le prix spécial distingue Demain commence hier de George W. Barlow, publié chez Flatland.
L’an dernier, le Grand Prix de l’Imaginaire avait distingué L’Ost céleste d’Olivier Paquet, publié chez L’Atalante, en roman francophone. Le prix du roman étranger était revenu à La Maison des soleils d’Alastair Reynolds, paru au Bélial’ dans une traduction de Pierre-Paul Durastanti. Les formats courts avaient également été récompensés, avec Les Essaims de Chloé Chevalier chez Robert Laffont, côté francophone, et Mieux vivre grâce aux algorithmes de Naomi Kritzer, publié dans Galaxies, pour la catégorie étrangère.
La jeunesse avait salué De délicieux enfants de Flore Vesco, à L’École des loisirs. Le prix Jacques Chambon de la traduction avait été attribué à Mikaël Cabon pour Les Beaux et les Élus de Nghi Vo, tandis que le prix Wojtek Siudmak du graphisme récompensait Kévin Deneufchatel pour Les Nefs de Pangée et l’identité graphique du label Mu chez Mnémos. Le jury avait aussi distingué Scientifiction. La physique de l’impossible de Roland Lehoucq, publié au Bélial’, dans la catégorie essai, et remis un prix spécial aux éditions Au Diable Vauvert pour leur travail autour de l’œuvre d’Octavia E. Butler.
Créé dans le cadre des conventions nationales de science-fiction, le Grand Prix de l’Imaginaire s’est peu à peu détaché de ce premier ancrage pour élargir son champ. D’abord consacré à la science-fiction française, il a progressivement intégré d’autres formes et catégories : jeunesse, essais, œuvres étrangères, traduction, puis graphisme. Cette ouverture a accompagné son changement de nom, du Grand Prix de la Science-Fiction Française au Grand Prix de l’Imaginaire.
Le prix a aussi voyagé. Après avoir été remis au Futuroscope, puis accueilli par les Utopiales de Nantes, il s’est installé pendant treize ans à Saint-Malo, dans le cadre d’Étonnants Voyageurs. Depuis 2024, année de son cinquantenaire, il est remis à Montpellier, pendant la Comédie du Livre – dix jours en mai.
À LIRE - Le Prix des Libraires 2026 distingue Laurine Roux et Charlotte McConaghy
La remise du Grand Prix de l’Imaginaire aura lieu le samedi 23 mai, lors de la Comédie du livre de Montpellier. Anouck Faure y dédicacera ses ouvrages pendant tout le week-end.
Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones
Crédit Image : Anouck Faure / Argyll
DOSSIER - À Montpellier, la Comédie du livre 2026 bat son plein
Par Clotilde Martin
Contact : mc@actualitte.com
Paru le 10/01/2025
432 pages
Argyll Editions
24,90 €
Paru le 17/04/2025
464 pages
Le Cherche Midi
26,00 €
Paru le 30/01/2025
199 pages
Belial'
11,90 €
Paru le 09/01/2025
176 pages
L'Atalante Editions
12,50 €
Paru le 06/03/2025
156 pages
L'Atalante Editions
12,50 €
Paru le 21/05/2025
312 pages
Editions Critic
19,50 €
Paru le 03/10/2025
256 pages
Monsieur Toussaint Louverture
18,50 €
Paru le 03/10/2025
288 pages
Monsieur Toussaint Louverture
18,50 €
Paru le 03/10/2025
417 pages
Le Quartanier
24,00 €
Paru le 28/11/2024
667 pages
De Saxus
27,90 €
Paru le 09/01/2025
608 pages
De Saxus
27,90 €
Paru le 27/02/2025
544 pages
De Saxus
26,90 €
Paru le 03/04/2025
608 pages
De Saxus
27,90 €
Paru le 15/05/2025
623 pages
De Saxus
27,90 €
Paru le 10/07/2025
504 pages
ActuSF
22,90 €
Paru le 01/04/2025
200 pages
Flatland
12,00 €
Commenter cet article