Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.
Le 21/05/2026 à 10:21 par Auteur invité
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21/05/2026 à 10:21
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La librairie indépendante peut-elle encore être indépendante ? C’est la question qui se pose devant la situation d’extrême-droitisation de la société et donc de l’édition par l’entremise du groupe Bolloré. Dans ce contexte, la parole est rarement donnée, si ce n’est de manière anecdotique, aux libraires. Est-ce étrange ? Pas tant que cela.
Le libraire ne reste peut-être, inconsciemment, pour certains, qu’un commerçant, un boutiquier soumis au devoir de rentabilité. Mais si ce devoir est bien réel pour le libraire, en est-il vraiment autrement des auteurs, des éditeurs et même d’une certaine manière des journalistes qui, en revanche, n’hésitent pas à donner abondamment leur avis sur la situation ?
Pour faire vite, ce qui est reproché aux librairies indépendantes oscille d’un excès à l’autre : les libraires sont tantôt jugés trop passifs (la journaliste Clémentine Godszal s’étonnait par exemple dans C Ce Soir du 15 avril 2026 que « les libraires » n’aient « rien à dire » lors de la première rentrée littéraire Hachette version Bolloré), tantôt trop engagés alors que leur rôle ne consisterait qu’à vendre (boutiquier disions-nous ?). Afin d’illustrer cette dernière position, citons l’oubliable déclaration de Muriel Beyer, directrice des Éditions de l’Observatoire dans Le Figaro du 12 février 2026 : « [Les librairies] doivent être apolitiques. Sinon c’est comme si ma superette ne vendait pas de chips en affirmant qu’elle a entendu que c’est mauvais pour la santé. »
Faudrait-il déduire de cette saillie que les livres des Éditions de l’Observatoire seraient « mauvais pour la santé » ? Au-delà de cette déclaration qui, nous l’espérons, n’est pas à prendre au pied de la lettre, nous voudrions ici rapidement remettre la librairie au milieu de la chaîne du livre pour clarifier quelques points.
TRIBUNE - Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”
Pour commencer, il semble utile de le rappeler : une librairie indépendante est, par définition, indépendante. En 2025 selon Livres Hebdo/Electre Data Services, 63.396 nouveautés et nouvelles éditions ont été publiées. Il est compréhensible qu’un choix nécessaire s’opère parmi ces milliers d’ouvrages, y compris dans les grands établissements car si des nouveautés arrivent, il reste toujours et fort heureusement des livres de fonds.
La sélection des ouvrages qui seront sur les tables est opérée par le/la libraire : chaque livre sur chacune de ses tables a été choisi par lui/elle. Cette sélection s’opère en fonction des habitudes de ses clients.e.s — car oui il y a bien des impératifs économiques — et aussi, ce n’est pas négligeable, de ce que le libraire a envie de leur faire découvrir, de ce qu’il a envie de partager avec eux/elles.
C’est par exemple que des ouvrages de grands groupes côtoient, en fonction de la volonté des libraires, ceux de maisons indépendantes : Gallimard ou Stock peuvent de cette manière voisiner avec Le Ver à soie ou L’Atelier des Noyers. C’est cette différence dans les choix qui fait la personnalité de chaque librairie indépendante. C’est comme cela que ces librairies concourent au pluralisme éditorial, pluralisme qui ne consiste pas à tout avoir en stock indistinctement, mais à proposer des livres que le client ne verrait pas et auxquels il n’aurait pas accès sans librairie indépendante.
Ce rappel étant fait, que faire des livres du groupe Bolloré ?
Première réponse, rarement apportée compte tenu du poids de ce mastodonte de l’édition et de la diffusion : le boycott pur et simple. Le/la libraire — pro-boycott fait ainsi l’impasse sur l’écologisme passionné de Gabrielle Filteau-Chiba, sur l’analyse touchante et à fleur de poil de Cédric Sapin-Dufour, édité.e.s tous deux chez Stock, ou encore sur les sagas de Pierre Lemaitre que publie Calman-Lévy…
Cette manière d’agir semble littérairement (il y a évidemment d’excellents auteurs dans les grands groupes, il y en a encore quelques-uns encore chez Bolloré) et économiquement contestables (nous arrivons en bout de chaîne : nos clients ont entendu parler de ces ouvrages dans tous les médias) tout en étant difficile à tenir : quel.le libraire, aussi indépendant.e qu’il/elle soit, pourrait se passer du dernier Pierre Lemaitre ? Plus que de la responsabilité des libraires, nous aurions envie ici de nous tourner vers les auteurs.rices qui ont déjà une certaine notoriété : ce sont certainement à eux.elles de prendre leur responsabilité. Est-ce à dire que le libraire doit s’en exempter ?
Deuxième réponse souvent mise en avant : ne rien faire, ce n’est pas au libraire de décider. Nous sommes ici face au libraire-nous-ne-sommes-pas-là-pour-ça qui nous ramène à la position du boutiquier et, au passage, oublie la spécificité du bien qu’il vend : le livre en tant qu’il met en jeu, entre autres, nos représentations comme hommes et femmes, notre fonctionnement collectif, notre communauté citoyenne, notre rapport au monde, aux autres, au vivant, en tant qu’il interroge les récits, ne peut pas, sérieusement, être comparé à un paquet de chips.
ENTRETIEN - “Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”
Face à Italo Calvino qui, dans Pourquoi lire les classiques, écrivait : « Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire », la chips, elle, se tait à tout jamais. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains industriels d’extrême-droite investissent massivement dans le monde des médias et de l’édition : leurs idées font ainsi haro sur la parole, imposent leurs voix, prétendent fièrement (c’est assumé par quelques-uns) à ce qu’un marxiste peu orthodoxe appelait l’hégémonie culturelle.
Face à cela, le/la libraire démocrate ne peut que réagir : encore une fois, le/la libraire décide toujours de ce qu’il propose. Ne pas vouloir s’engager, c’est faire fi d’un adage existentialiste (et logique) qui veut que ne pas choisir, c’est déjà faire un choix. Est-ce un bon choix que de poser sur les tables des livres destinés à diffuser des idées d’extrême-droite ? Que l’auteur de ces quelques lignes, enfant des années 80 et de la lutte contre le racisme, doive répondre à cette question en 2026 semble irréel. Et pourtant, il paraît utile aujourd’hui de revenir très rapidement sur qui semblait naguère évident. Revenons donc un instant en arrière...
Le FN est fondé en 1972, entre autres par les anciens Waffen-SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier. Quelques années plus tard, en 1980 le secrétaire général du FN se nomme Pierre Gérard. Cet homme a été numéro deux sous Vichy de la Direction générale de l’aryanisation économique et de la Propagande à la question juive.
Durant les années 70, 80 et 90, les Français éprouvent une certaine gêne devant ceux qui incarnent leurs vieux démons. Il faut dire que Jean-Marie Le Pen ne fait rien pour être dédiabolisé : jeux de mots antisémites, révisionnisme, homophobie et xénophobie affirmées...
Cette haine qui rappelle aux résistants encore vivants à cette époque de mauvais souvenirs, rend l’extrême-droite plus ou moins infréquentable. Anne Sinclair refuse d’interviewer le leader d’extrême-droite. Dans son édition du 19 juillet 1995, Charlie Hebdo demande même l’interdiction du FN en s’appuyant sur les articles 1, 2, 4, 6 et de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen placé en préambule à notre constitution. À juste titre, le FN n’était pas considéré comme un parti comme les autres.
En 2011 arrive le ripolinage « social » de Marine Le Pen. En 2018, le FN se mue en RN comme si d’une chrysalide fasciste qui fait Front contre la diversité pouvait sortir un papillon démocrate né pour faire Rassemblement. Malgré toutes les stratégies électorales possibles, changer le nom d’un parti n’a jamais changé son logiciel. Pour s’en convaincre, on peut lire par exemple l’article d’Alexandre Berteau, Donatien Huet, et Youmni Kezzouf paru dans Médiapart le 4 mars 2026 intitulé « Racisme, antisémitisme, homophobie : le RN n’a toujours pas fait le ménage dans ses rangs » qui liste les dérives des candidats RN aux municipales. Le problème était le même aux dernières élections législatives.
On peut d’ailleurs évoquer, entre autres, la députée RN Caroline Parmentier élue lors de ces élections, journaliste puis rédactrice en chef du journal d’extrême-droite raciste et antisémite Présent, qui non contente d’insulter Simone Veil et de faire une référence « subtile » et de « bon goût » à son passage dans les camps (« la grosse, celle de la loi qui porte son nom et qui génocide 220 000 petits innocents par an ») se dit admiratrice de Pétain et de Brasillach (rédacteur en chef pro-nazi de Je suis partout et auteur de la célèbre phrase : « Il faut se séparer des Juifs en bloc et ne pas garder de petits. »). Des exemples inspirants en effet rappelés dans de nombreux articles par les journalistes de Médiapart, Fabrice Arfi et Antton Rouget.
Cette petite liste qui pourrait se poursuivre ad libitum montre suffisamment que le FN d’avant a un arrière-goût du RN d’aujourd’hui : de nos jours comme par le passé, le FN/RN n’est pas un parti comme les autres, l’extrême-droite n’est pas moins extrême parce qu’elle change de nom.
Face à la montée des intolérances et de la haine, face aux attaques contre l’état de droit qui défend chacun de nous, même s’il faut malheureusement reconnaître que ces attaques ne sont pas l’apanage du RN, la librairie indépendante, en tant qu’elle est indépendante, a un rôle à jouer : entre le simple boycott d’un pan entier de l’édition et une posture de refus de choisir, s’ouvre à elle une troisième option : faire ce qu’elle est en mesure de faire, mais le faire assurément.
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Certains libraires ont voulu faire « dialoguer » les couvertures en posant le livre de Jordan Bardella à côté d’une étude de Johann Chapoutot, pourquoi pas ? D’autres n’ont pas mis le premier sur les tables, mais dans les rayons ou sous leur comptoir afin qu’ils soient moins visibles, soit. D’autres le font seulement à la commande : la loi l’exige. Dans tous les cas, il est important que les librairies ne participent pas à la banalisation de ces idées délétères, nocives pour la démocratie et in fine pour les librairies elles-mêmes. Peut-être que dans un an, il sera trop tard…
L’année qui arrive sera pour les librairies l’occasion de contribuer encore davantage à faire vivre le pluralisme, le débat démocratique, la confrontation des représentations, les conceptions et les analyses de gauche comme de droite, mais nous ne pouvons pas contribuer pas à la banalisation d’idées qui stigmatisent des populations, des croyances religieuses, des orientations sexuelles, et piétinent ainsi notre socle commun : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » Ce passage d’Un Nom sur le mur (Gallimard)d’Hervé Le Tellier résume tout à fait cette position :
« On ne débat pas de telles idées, on les combat. Parce que la démocratie est une conversation entre gens civilisés, la tolérance prend fin avec l’intolérable. Quiconque sème la haine de l’autre ne mérite pas l’hospitalité d’une discussion. Quiconque veut l’inégalité des hommes n’a pas droit à l’égalité dans l’échange. La formule lapidaire de l’historien et résistant Jean-Pierre Vernant me convient : “On ne discute pas recettes de cuisine avec des anthropophages”. »
Crédits photo : librairie Au saut du livre
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Par Auteur invité
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12 Commentaires
A.
21/05/2026 à 16:47
Je voudrais surtout que les librairies soient plus neutres et moins militants (sauf dans certaines librairies spécialisées).
Étudiant, j'avais acheté des livres pour mes cours de physique qui parlaient entre autres du nucléaire. Le jeune vendeur, un militant anti-nucléaire, ne m'a pas lâché la grappe car il me bassinait sur le danger du nucléaire. Il voulait que je prenne un livre sur le danger du nucléaire. Durant 4 mois, il m'en parlait à chacun de mes passages. J'avais beau lui dire que c'était pour mes cours, il voulait juste me parler du danger du nucléaire, des OGM... J'ai fini par aller commander mes livres sur Internet du temps d'Alapage et ne plus retourner dans cette librairie.
Mais le probleme est aussi présent chez les marchands de presse. On peut plus acheter un quotidien ou un magazine sans que les gens y voient une adhésion politique
GERMANAUD Marie-Claire
21/05/2026 à 17:45
Très bonne analyse de la situation, j'espère qu'elle aura l'approbation de nombreux libraires. Et que leurs clients les soutiendront.
Bon courage, mais le Saut du Livre n'en manque pas...
Cadet de Gascogne
21/05/2026 à 19:01
Avis bien partagé.
Cela dit, je conçois que votre profession soit partagée sur le traitement à décider par rapport à plusieurs fronts(les affaires Grasset/Bardella, Bolloré, l'extrême droite et "ses" auteurs, Etc). Pas simple. Un libraire n'est pas un conservateur de bibliothèque. L'un a des impératifs économiques là où l'autre bénéficie d'une autre latitude, d'une liberté plus large, en tout cas différente.
Moi, je suis de l'autre côté, lecteur et électeur. Mais pas irresponsable de mes choix. Et ce dans les 2 cas.
A ce titre là, j'ai bien apprécié votre conclusion avec Le Tellier et Vernant.
Le problème c'est que les anthropophages ont pris des cours depuis Vernant, ils font tout maintenant pour qu'on les croit diplômés d'une école hôtelière, bien propres sur eux, service impeccable, au moins dans l'hémicycle.
Et que bientôt Le Tellier devra proposer un autre livre: Un mur sous le nom.
C'est une boutade, quoique...
Cela étant, un fait, une personnalité littéraire, sa décision. Et mon avis.
Mazarine Pingeot, ou M.Pingeot, c'est selon, a refusé de se rendre à une manifestation littéraire à La Flèche (Sarthe). Au prétexte que cette commune est désormais gérée par le RN.
Je suis très gêné avec ça.
En fait, il se trouve que j'ai vécu, à l'époque de JM. Le Pen, dans une commune gérée par l'extrême droite.
Dans les années 90. Sous Mitterrand père, si je puis le dire ainsi.
Du coup, du jour au lendemain, les bonnes âmes, souvent parisiennes voire germanopratines, nous ont snobé, alors que nous étions beaucoup, mais certes minoritaires, même de peu, à n'avoir pas voulu de ce choix. Nous aurions bien aimé à l'époque recevoir des visites de soutien.
Non, on nous fuyait comme si l'ensemble de la population était à stigmatiser. Nous étions la peste, avec l'eau du bain à changer.
Du coup, j'ai de la sympathie pour la population ostracisée de la Flèche, celle qui n'y est pour rien. C'est la double peine, avoir des élus extremistes, et avoir une partie de l'intellitgensia bien pensante qui se detourne de vous.
Certes, au cas d'espèce je suppose que Mazarine M. Pingeot a cru bien faire. Mais quand même, certaines décisions peuvent avoir des effets secondaires insoupçonnés de leur auteur.
J'aurais bien aimer le faire savoir à l'intérêssée, mais je n'ai aucune idée de la façon dont on peut joindre un auteur. Surtout celle-ci, elle ne doit pas être facile à atteindre.
En tout cas, on me dit qu'elle a récemment passé un agréable séjour à L'Isle-sur-la- Sorgue (Vaucluse), au salon Lire sur la Sorgue. Nous en sommes ravis pour elle.
Marie
22/05/2026 à 17:02
Bien d'accord avec vous sur l'attitude de la fille du Président boycottant ( pour que les médias se ruent)une manifestation littéraire dans une ville gérée RN. Le boycott ne fait pas réfléchir...Il "assène"...
Serge Tadier
22/05/2026 à 07:20
Bravo pour ce engagement. Je souscris tout a fait à cette analyse.
Il faut soutenir les librairies indépendantes qui sont parmi les derniers remparts contre les idées nauséabondes de racisme, d'exclusion et d'extrême droite
Une libraire bien partagée
22/05/2026 à 07:56
Comme l’as dit une personne dans les commentaires, un libraire n’est pas un conservateur de bibliothèque… Vu la conjoncture du marché du livre en 2026… je pense que nous aimerons effectivement augmenter le pluralisme mais qui va payer nos factures de gaz, d’électricité et de transport (hausse de 2% depuis le début de l’année et doublement de la majoration gasoil !)
Alors oui le libraire est un commerçant et chef d’entreprise parfois bénévolement, si on ne voit que le pluralisme je pense que nous serons nombreux à ne pas voir la fin de l’année ! Et pourtant on aimerait !
Alex
22/05/2026 à 09:33
Alors votre article est une immense fiente !
En premier lieu le sujet de départ, c'est les librairies indépendantes pas vos convictions politiques ! A partir du moment où ils diffusent les ouvrages politiques d'un bord, les ouvrages de tous bords doivent être présentés . Point barre.
Ensuite, il revient à chaque individu de faire , LIBREMENT, son opinion, en se basant sur une base documentaire, à laquelle il a accès via les librairies mais aussi les bibliothèques municipales, ainsi que que la bibliothèque provenant des ses parents, les échanges de livres entre copains, étudiants, passionnés, associations de lecteurs, et j'en passe.
Ce que cet article préconise, c'est rien de moins que l'autodafé, (ref. Au SS de Hitler, qui ont brûlé des livres provenant d'auteurs juifs et aussi d'auteurs qui critiquaient le régime nazi) et le boycott. Alors comme posture anti- tyrannie, on fait beaucoup mieux.
Cet article est exclusivement à charge contre le RN, mais pas du tout contre LFI , qui disposait jusqu'à récemment d'une milice, la Jeune Garde, ayant pour objectif de terroriser jusqu'à tuer le jeune Quentin Deranque. Pas pendant 1939-1945, en 2026 ! Oui, pardon de vous le dire mais nous avons bien changé d'époque.
Vous revisitez l'histoire du RN, sans aborder celle du communisme, et de tyrannies toujours en cours dans d'autres pays, par ex : la Chine, la Russie, l'Iran et l'Algérie, tout aussi extrêmes, sans non plus critiquer les choix du parti socialiste français qui s'est compromis avec LFI, tout comme les écolos. Là encore . Pas pendant 1939-1945, en 2026 !
Tout ce que vous dites, c'est n'importe quoi. Vous n'êtes vous -même pas indépendant. Vous voudriez imposer aux libraires ce qu'ils doivent déposer sur leurs étagères ? Ou appeler à boycotter untel ou untel ? Pour mieux influencer le vote des citoyens conformément à vos croyances ? C'est non !
Les gens viennent dans les librairies pour assouvir une curiosité sur un sujet. Il revient aux libraires et c'est un métier très noble de leur indiquer, les ouvrages d'auteurs aux points de vues contradictoires, détaillant les thèses et antithèses sur ce sujet. Sur un sujet donné, grâce au conseils avisés de mon libraire, je ressors avec plusieurs ouvrages. Pas qu'un seul !
Je refuse en bloc votre télescopage de fientes. Votre militantisme anti RN/ FN fait l'effet d'un disque rayé tellement il est usé. À force de frotter une ficelle, elle finit par rompre ! C'est assez ! Ça suffit ! Stop ! Vous n' impressionnez personne ! Vous n' influencez personne !
Vive les librairies indépendantes ! Et vive le savoir, le partage et la transmission des connaissances ! Vive la liberté ! La liberté de tous ! La liberté d'expression ! La liberté d'entreprendre ! La liberté de penser par soi - même sans aucune influence ! Vous n'avez pas à dicter à autrui ce qu'il ou elle doit penser ! Arrête de vous bercer d'illusions !
A bas le boycott des idées ! A bas l'autodafé ! A bas la tyrannie de la pensée unique ! A bas toutes les dictatures !
Urviall
22/05/2026 à 10:46
Il y a des erreurs dans l article. Si le FN a été créé comme décrit, c est mitterand qui l a propulsé à ce niveau en transférant la lutte des classes en lutte des races (de marchais à le pen). Ce qui permet un meilleur contrôle en divisant la population entre prolo et bourgeois d un coté et maghrebins et racistes de l autres avec une unique regle : ne jamais participer aux forum/interview/débat avec le pen. Regle valable pour la gauche et la droite (franck lepage).
Aujourd'hui les fondateurs du FN sont pour la plupart decedé, hitler est mort, et pour ce qu on peut voir partout dans le monde et dans les villes ou des maires RN ont été élus, bah visiblement 39/45 n est pas pres de revenir. Pour le moment on a poutine (un gauchiste), et netanyahu (on a failli croire à de l extreme droite mais le terme de nazi sans prépuce a été condamné, donc non) qui mènent des guerres ouvertes.
Au final, il est ici décrit comme un groupe raciste, antisemite et homophobe, ce qui au final est la définition par essence du groupement gauchiste LFi. Antisemite n est plus à démontrer, ce sont des tweets quotidiens de rima hassan, thomas portes, aymeric caron... on se demande qui paye ces gens pour faire autant de propagande quotidienne (l Amérique du sud ? Le hamas ? Putin ? Les pistes de l ingerence sont nombreuses, quel capital finance ce parti anticapitaliste? Certainement pas les gilets jaunes qui le composent. Je vois mal chikirou voler 67000 euros en pieces jaunes!!!!
Quant aux racistes ? Bah oui il en reste au RN (environ 6% , la vieille garde).mais en 2026, ils ont surtout a coeur de défendre leur pays contre les vagues de migrants sorossiennes que l argent de l etat ne cesse de financer sans regarder. Et on voit la meme chose en angleterre et ses conséquences nationalistes. Idem aux pays bas. Et en Italie. La belgique s est islamisée et nos pays d Europe apres des siècles de lumières s assombrissent dans l obscurantisme de la religion. (Qui je le rappelle est juste le fait de donner du pouvoir à un ami imaginaire qui peut tout faire, mais qui n est interessé que par une chose : votre pognon).
Tristesse.
Alors oui le RN defend des bastions de joie, de liberté, en refusant des obscurantistes. Cela aurait du etre la bataille de la gauche sociale, mais eux préfèrent se réunir autour d un join ou. D'un rail, en financant ces narcotraficants... chose que la societe permet par son laxisme en justice, et qui du récréatif va etre la source de drame de demain..chose que le RN par sa discipline annonce vouloir combattre (annonce, parce que quand ils seront aux commandes, je doute que cela avance ici aussi).
Et dernier point, selon les chiffres les homo votent desormais à droite de la droite. Et abandonnent lfi. (Ce qui est un signe assez inquietant).
Voilà en preambule votre menace... quand le RN veut vous montrer l avenir, vous regardez la main tendue. Et au lieu d utiliser votre cerveau pour vous projeter vous ne faites que fonctionner votre mémoire pour y voir des saluts nazi. Rattappés par un souvenir des annees 68-70 d une liberté qui n existe plus.
Posez vous la questions de nos migrants qui viennent par bateau par centaine avec uniquement des hommes pour marins. Où sont les femmes ? Quand les rejoindront elles ? Y a t il des pays avec 80% de femmes ? Vu que les hommes les délaissent pour partir en europe? Et en manque, il ne faut pas etre surpris de voir les agressions sur des jeunes femmes et filles, vos filles (ah non! Le gauchiste ne fait pas d enfant, il en prend soin en créant des lois pour éduquer ceux des autres ).
Quid de la gauche et du systeme économique maintenant!
La gauche s accapare l argent de l etat en masse, la culture par exemple, les aides sociales... sur le principe je trouve ca bien. Sauf quil faut les financer et avec les hausses de chômage, le maintien des salaires quand tout augmente, c est difficile d y contribuer. Alors ils viennent critiquer les aides sociales aux grosses entreprises, qui payent encore des salaires, qui maintiennent les prélèvements pour payer le salaire des fonctionnaires en plus de toutes les aides sociales. Mais plus le temps passe plus je vois des boites fermer et plus je m inquiète pour les prélavements qui paieront nos deputés racistes antisemites homophobes qui continuent de cracher sur l etat (je parle de LFI et des RN et des autres aussi) mais egalement des profs, des flics, des pompiers, des agents hospitaliers... de ce qui fait tourner la france que l on vend aux étrangers.
Et l afrique ? Celle qui nous les envoie. Situation risible que l afrique. Selon eux, on ne cesse de piller leur ressources !! Mais qu ont ils fait de ces ressources ? Est que l afrique a un taux de développement similaire à la chine et aux usa ? Les usa ont mis 200 ans à se développer comme on la connait aujourd'hui et probablement pareil pour la chine. Mais l afrique ? Le berceau de l humanité et ils ont encore des routes en terre....
Quant aux islamistes que nous récupérons, ce sont des gens qui ont fuit la violence et les charias de leur pays pour les appliquer chez nous !!!
Voilà la gauche que les libraires défendent (hey les amis, les rebeu ne lisent que le coran, vous ne les eclairerez pas avec les voyages de Sylvain tesson).
Continuez de refuser que la france, l europe se développent comme ils le faisaient avant et le surplus d immigration vous enlèvera tous les clients potentiels. Vous voulez continuer d exister ? Il faut repenser votre espace de vente ! Une pile de coran et une librairie de manga.. oubliez grasset stock plon et tous les autres. La majeure partie de vos futurs acheteurs n existe pas.
Vous critiquez les achats de bolloré ? Un milliardaire a acheté une boite en vente, ce que les autres milliardaires de gauche (niel, kretinski...) n ont pas fait. Alors oui il y aura des ouvrages de droite. Mais à quel moment ne vous etes vous pas inquiété de savoir que 100% des livres etaient de gauche avant bolloré ?
On vous a biberonné à la gauche, eduqué à la gauche, et vous ne vous etes jamais remis en question!! Le principe meme défendu par un (et plusieurs de fait) homme de gauche : Charb !! Le principe de l auto defense intellectuelle.
À quel moment vous êtes vous remis en cause ? Jamais. Lisez watchmen d alan moore. Ozymandias regarde une groupe de tele pour savoir comment repartir son fric pour demain. Mais vous libraires vous pensez développer votre commerce comme dans les annees 80. Avec moins de lecteurs (pas la meme cultute), moins d acheteur (pas les memes moyens) et votre probleme c est la droite? Mais comment allez vous faire
Ca fait 40 ans que vous faites la meme chose, et en 20 ans Amazon est arrivé, a vendu, a dématérialisé vos livres.... et vous, vous continuez de raler et de demander l argent de l etat pour vous soutenir. Vous etes tels des africains pleurant sur le fait de vous faire voler, et vous lancez un cri de désespoir : c est la faute de l extreme droite et des fachos...
Non c est de votre faute !!! Vous avez refusé d ouvrir les yeux, vous connaissez vos livres mais pas vos clients (preuve aussi que vos livres ne vous ont pas instruits, ou n étaient ce que des contes ?) Vous êtes responsables de votre echec. Les prix sont les memes qu Amazon. Vous etes la librairie de la ville mais les gens vont sur Amazon ? Comment pouvez vous pleurer sur la droite ? Vous êtes les fautifs de vos échecs.
Les librairies comme les cinémas n ont pas essayé de franchir internet en utilisant le courant. Ils ont voulu faire barrage aux nouvelles forces..
Et aujourd'hui la guerre recommence avec l intelligence artificielle. Vous l accuser de pillage, mais pire que ca, vous ne vous inquiétez pas pour votre taf parce que vous etes des professionnels et que cela ne vous touchera pas....
Toto
22/05/2026 à 12:51
Article très intéressant mais trop généralisé à mon goût. Un libraire à la chance de faire un métier passion à mon sens. Et au delà de l'aspect financier de son commerce (un bon libraire est un libraire qui vend des livres), il y a l'importance de ses choix, dans la mesure où il est en capacité de les faire.
Car parmi toutes les librairies, il y a des librairies spécialisées, et pour certaines, la majorité de leur fond provient du groupe Bolloré. Comment ces librairies pourraient survivre, en conservant leur spécificités avec un fond ridicule, parce que les ouvrages dépendent de Bolloré?
Le rôle des éditeurs en désaccord avec les idées de Bolloré pourraient-elles envisager de changer de structure? Est-ce économiquement viable?
Dans cette attente, je fermerais les yeux sur bon nombre de principe pour continuer de défendre des auteurs choisis, et répondre aux demandes d'évasions des lectrices et lecteurs.
Liberté j'écris ton nom
22/05/2026 à 13:01
D'après moi, un libraire EST un commerçant, il propose ce qu'il sait pouvoir vendre.
Ensuite, j'ai aimé Solana, Celine, Drieu, Demoule, Le Bon, Bernays, Bukowsky, Attali, Tosche, Burgess, Bauer, et beaucoup d'autres, en tant que lecteur je n'ai pas de choix politique, sauf pour les biographies encore que "il faut connaître son ennemi".
Le RN/FN, fait 40% dans notre pays ce ne sont pas tous des bas du front, stupides et sans culture, de même certains partisans de la gauche et de l'extréme gauche ne sont pas de grands intellectuels.
Le libraire est un passeur et tant qu'il n'est pas bloqué financièrement par les "offices" ses choix sont respectables et surtout concients de sa "zone de chalandise".
Les censeurs de touts bords sont basiquement des "peine à jouir", fichez nous la paix!
Marianne L.
22/05/2026 à 15:13
Merci pour cet article engagé, évidemment, mais que je trouve réconfortant : le besoin de créer du profit (nécessaire quand on est commerçant), ne supplante pas encore partout l'esprit critique et la défense de valeurs humanistes ...
Juste une petite réponse à beaucoup de commentaires : alors, oui, un libraire indépendant n'est pas un bibliothécaire (ou conservateur de bibliothèque), car lui, il est libre ... le bibliothécaire, pour sa part, a un devoir de neutralité, de pluralité, et de réserve.
Donc un libraire a le droit de boycotter qui il veut (auteur, maison d'édition, courant de pensée), comme n'importe quel commerçant a le droit de choisir la marque de paquets de chips qu'il veut vendre dans son magasin ... ou pas ...
Et d'ailleurs, en parlant de ça, les supermarchés, ils ne devraient pas être obligés de vendre des livres d'éditeurs indépendants ? ça équilibrerait la balance ...
vertigo123@club-internet.fr
22/05/2026 à 21:26
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