Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique.
Le 15/05/2026 à 13:01 par Nicolas Gary
32 Réactions | 589 Partages
Publié le :
15/05/2026 à 13:01
32
Commentaires
589
Partages
Il y a les détournements subtils, les hommages maladroits, les reprises enthousiastes (voire trop), les partages empressés. Et puis il y a cette petite merveille de confusion graphique : un article d’ActuaLitté, dûment identifiable, coiffé du logo de La France insoumise dans un visuel diffusé sur Facebook par les députés René Pilato et Hadrien Clouet, ainsi qu’on l’a signalé à la rédaction, médusée. Façon radeau.
L’article concerné, publié le 10 novembre 2025, “Scandale Agessa : les documents qui révèlent dix ans d’illégalité assumée”. Il porte sur les cotisations vieillesse non appelées auprès de nombreux artistes-auteurs et sur les documents internes de l’Agessa – obtenus et consultés par nos soins. Le texte, que signe votre serviteur, relève d’un travail journalistique autonome, indépendant. Et non politisé.
Que des élus partagent une enquête sur la situation sociale des artistes-auteurs ne pose évidemment aucune difficulté. Au contraire : qu’un article circule, qu’il nourrisse un débat public, et pourquoi pas, qu’il serve à éclairer une discussion parlementaire, voilà précisément l’une des raisons d’être de la presse. Encore qu’ils auraient pu avoir la décence d'ajouter le lien de l’article, mais quel député est tenu à respecter la netiquette ?

La fantaisie commence lorsque l’article cesse d’être simplement partagé pour prendre la matière première d’un visuel de campagne. Sur la capture, l’identité d’ActuaLitté apparaît dans l’image, aux côtés du logo de La France insoumise. L’effet produit n’appartient plus au registre du partage d’information. Il entre dans celui de l’habillage politique.
La nuance semble mince. Elle ne l’est pas. Un lien vers un article dit : « Lisez ceci. » Un montage graphique dit plutôt : « Ceci s’inscrit dans notre communication. » Et lorsqu’un média indépendant se retrouve ainsi accolé à un parti politique, même par enthousiasme pour une cause juste, le procédé manque singulièrement de délicatesse.
Qu’on retrouve d’ailleurs ce visuel sur d’autres pages — dont LFI Canal Historique — #JeSoutiensMelenchon — ne manque pas de faire sourire bien, bien jaune…
ActuaLitté suit depuis des années les dossiers sociaux, juridiques et économiques qui concernent les auteurs, les éditeurs, les libraires et les bibliothèques. Dans le cas Agessa, le sujet dépasse largement les appartenances partisanes : il engage l’histoire administrative du régime social des artistes-auteurs, les responsabilités des organismes concernés, les silences successifs et les demandes de réparation.
Le réduire, même involontairement, à un visuel estampillé par une formation politique constitue au mieux un raccourci malheureux, au pire... comment dire, les mots me manquent. La presse n’est pas un stock d’illustrations militantes. Un article n’est pas une affiche à laquelle on ajoute un logo, comme on pose une cocarde sur un cheval de bois.
Le problème ne réside donc pas dans le combat mené pour les artistes-auteurs, mais bien l’assimilation visuelle d’un média à une bannière politique. Dans une époque déjà fertile en soupçons, procès d’intention et accusations de connivence, l’ajout d’un logo partisan sur une reprise d’article offre un merveilleux carburant à la confusion.
Le droit n’interdit pas de citer un article, ni d’en discuter le contenu, ni de le recommander. Il encadre en revanche la reproduction et la transformation des œuvres. L’article L.122-4 du Code de la propriété intellectuelle prévoit qu’une reproduction, représentation ou transformation réalisée sans consentement de l’auteur ou de ses ayants droit constitue une atteinte aux droits protégés.
Le droit moral ajoute une autre dimension. L’article L.121-1 du même code reconnaît à l’auteur le droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. Une reprise qui modifie la présentation d’un article ou l’insère dans un dispositif partisan soulève donc une difficulté distincte du simple partage d’un lien.
À cela s’ajoute, au besoin, le terrain plus classique de la responsabilité civile : l’article 1240 du Code civil fonde la réparation d’un dommage causé par une faute. Une confusion sur l’indépendance éditoriale d’un média, lorsqu’elle résulte d’un montage ou d’une diffusion non autorisée, entre aisément dans le champ d’un préjudice d’image à faire cesser.
La solution tient pourtant en quelques secondes : supprimer le visuel et partager le lien original de l’article, sans ajout graphique, sans logo partisan, sans mise en scène susceptible de faire croire à une quelconque association éditoriale. Le débat y gagnerait en clarté. Les artistes-auteurs n’y perdraient rien. La presse indépendante y retrouverait simplement sa place : celle d’un observateur, d’un enquêteur, parfois d’un empêcheur de communiquer en rond.
Que des élus défendent une commission d’enquête parlementaire sur le scandale Agessa relève du débat démocratique. Qu’ils s’appuient sur les révélations de la presse pour le faire relève même d’un fonctionnement normal de la vie publique. Mais qu’un média se retrouve visuellement enrôlé sous un logo partisan relève d’un autre genre : moins l’action politique que la pantomime graphique.
Dans cette affaire, le plus simple consiste encore à ne pas confondre soutien à une cause et appropriation d’un travail. Les articles se citent. Les enquêtes se lisent. Les liens se partagent. Les logos, eux, ont leur place en meeting. Pas chez nous. Et ce, quel que soit le bord politique.
NdR : bien entendu, nous avons sollicité les députés en question.
Suite à cet article, la rédaction n'a reçu aucun message de la part des députés concernés, mais le post a été supprimé de Facebook.
Crédits photo : Splatstheclown, CC BY SA 4.0
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Plus d'articles sur le même thème
Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?
08/06/2026, 12:28
En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.
04/06/2026, 16:55
En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.
21/05/2026, 13:00
Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe.
18/05/2026, 13:09
Contrairement à une idée reçue, Hachette ne fait pas bouillir la marmite en vendant l’image d’Asterix à l’industrie agroalimentaire : elle était déjà sur le feu. En héritant d’un personnage compatible avec la consommation de masse, le groupe l’a simplement inscrit dans une exploitation plus systématique. Le banquet est devenu une stratégie de licensing qui cette année sert les intérêts d'une société spécialisée en préparations charcutières...
04/05/2026, 16:53
Le départ d’Olivier Nora éclaire une séquence de tensions anciennes entre pouvoir politique et direction éditoriale au sein du groupe Hachette. À travers les relations conflictuelles entretenues avec Nicolas Sarkozy, puis les recompositions imputées à Vincent Bolloré, se dessine un affrontement durable autour de l’indépendance des maisons d’édition, entre influence, gouvernance et liberté de publication.
15/04/2026, 11:22
Sauter des pages dans un livre papier relevait déjà d’une petite entorse à la lecture classique – bien que cautionnée par Daniel Pennac. Avec le livre audio, ce geste devient invisible, presque banal. Pourtant, avancer dans un récit, ignorer des passages ou accélérer l’écoute transforme profondément notre rapport au texte, entre liberté nouvelle et fragmentation de l’expérience narrative.
14/04/2026, 16:18
Face à l’érosion du temps de lecture et à la domination des écrans, la Fnac déploie une campagne nationale au slogan provocateur : « Une autre addiction est possible. » L’enseigne entend réhabiliter le plaisir de lire sans culpabiliser, en mobilisant ses librairies, ses événements et ses réseaux. Une offensive culturelle qui interroge : la lecture peut-elle encore reconquérir l’attention collective ?
09/04/2026, 15:59
Qu’importe le flacon, pourvu qu’il y ait l’IAvresse, dirait-on : à ce titre, le livre aura discrètement servi de socle pour la formation des modèles de langage. Le rapport du Conseil d’État remet un peu de gravité dans ce carnaval d’optimisme automatique : dans les machines se nichent des catalogues entiers des droits, des contrats, des revenus. Et surtout cette vieille question que la tech déteste : qui paie quoi, et à qui ?
24/03/2026, 15:42
Pourquoi la lecture résiste aux mots d’ordre ? Les politiques publiques ont toujours traqué la formule capable de faire lire. Campagnes nationales, prescriptions scolaires, slogans institutionnels : tous poursuivent le même objectif. Mais l’acte de lire résiste aux mots d’ordre.
10/03/2026, 10:16
Alors comme ça, Emmanuel Macron aime poser avec des livres de la maison Gallimard – et plus particulièrement l'édition Quarto, Résider sur la terre. Œuvres choisies de Pablo Neruda ? invité dans les bureaux de l’Élysée : manuel de survie poétique pour un président en fin de cycle
07/03/2026, 08:00
Un maire refuse l’acquisition d’un roman dans une médiathèque municipale. Le livre : Fille de pute, de Swann Dupont. Les motifs avancés sont connus. Pas de règlement voté, donc pas d’achats, considère le maire. Et puis, n'oublions pas la protection des mineurs, donc l'impérieuse prudence. D'ailleurs, le titre du livre lui-même, voyez-vous... même sans lire le bouquin, pas besoin d'aller trop loin. Pourtant, la lecture de ce récit fait assez mal à la réalité.
25/02/2026, 16:43
Il y a dans l’industrie du livre quelque chose d’un ballet étrange : une danse de bilans déficitaires, de discours vertueux, de concentrations “raisonnables” et de communiqués qui jurent, la main sur le cœur, que tout cela se fait au nom de la diversité. On fusionne pour mieux défendre la pluralité, on rationalise pour préserver la création, on licencie pour sauver la chaîne du livre — cette créature mythologique que tout le monde invoque mais que plus personne ne nourrit vraiment.
16/01/2026, 12:22
Allez savoir pour quelle raison les débuts d’année sont propices aux bilans des mois passés : un côté bicéphale janusien, probablement. Pas encore détachés de ce qui s’achève, on peine à se projeter dans l’avenir. Ou bien, puiser des forces dans les réussites qui insuffleront l’énergie indispensable. En ce mois de janvier, c’est bien le cas : notre média a explosé les compteurs.
07/01/2026, 16:53
Il est de ces mots qui n'ont l'air de ne rien demander, tout en exigeant beaucoup. “Concentration”, par exemple. Au hasard. Terme apparemment sage, presque scolaire, il convoque des réalités autrement plus explosives qu'en apparence. En ce début de 2026, c’est avec lui que l’on vous souhaite une bonne année. Bien concentrée. Très concentrée...
01/01/2026, 21:25
Un titre qui surgit hors de la longue nuit carcérale, et un emballement médiatico-économique qui s’ensuit... En ce dernier jour de l’année, invitons chacun à prendre de bonnes résolutions et ses responsabilités. ActuaLitté propose ici une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, l’enjoignant à la générosité.
31/12/2025, 10:56
Depuis plus de dix ans, la France tente de contenir l’influence des géants du commerce en ligne sur le marché du livre. Après la loi de 2014, puis la loi « Darcos » de 2021, un seuil minimal de facturation des frais de livraison a été instauré pour éviter que certains acteurs — Amazon en tête — ne pratiquent des tarifs quasi nuls.
22/12/2025, 17:59
Un monde qui s’effondre, un couple qui s’échappe, une carte qui déplie l’imaginaire, une France qui se raconte en images : quatre livres, quatre manières de voyager - sans forcément quitter sa chaise. Petit tour d’horizon, léger mais sérieux, pour remplir sa liste de beaux cadeaux… ou s’offrir une escapade de papier.
17/12/2025, 15:45
À l’approche de Noël, les bêtes sortent du bois. Pas forcément sages, rarement domestiquées, souvent étranges, elles traversent albums illustrés, bandes dessinées et récits graphiques sous des formes multiples. Pour un cadeau original ou une lecture à contre-courant des contes de fin d’année les plus attendus, voici cinq livres où la bête, réelle ou fantasmée, sert de motif, de décor ou de point de bascule narratif.
16/12/2025, 12:00
À l’approche des fêtes de fin d’année, certains livres s’invitent naturellement à la table de Noël. À offrir ou à s’offrir, ils accompagnent les moments passés en cuisine, ouvrent des fenêtres sur le monde et invitent à voyager sans quitter son salon. De la pâtisserie pour enfants aux grandes traditions culinaires, des vins insolites aux hôtels d’exception.
15/12/2025, 14:05
Quand le vieux monde revient : l’amendement des tutelles éternelles, ou du retour au protectariat. « On sait mieux que vous », semble dire le Sénat aux artistes-auteurs, affirmant par là même le grand retour du paternalisme culturel. Mais que certains sénateurs cherchent à remettre les créateurs sous le joug de structures qui ne les représentent pas, a des relents de colonialisme – pas forcément au figuré.
20/11/2025, 15:52
La lecture à voix haute, loin d'être une simple activité scolaire, est une véritable passerelle vers le développement cognitif, émotionnel et social des enfants. En France, des études ont démontré que cette pratique stimule l'acquisition du vocabulaire, améliore la compréhension orale et renforce les liens affectifs entre parents et enfants .
26/08/2025, 15:55
Il fut un temps – un gros demi-siècle – où dans le journal, se signaient des avis argumentés, par des journalistes dont la seule arme était une plume trempée dans l’encre et la conviction. Un texte parfois sévère, toujours nourri par une lecture attentive. Aujourd’hui ? Eh bien, il paraît que tout cela est un peu… daté, voire dépassé. Presque risible, si l’on en croit les grands décideurs de l’information culturelle.
15/08/2025, 10:30
Offrir un livre pour la Fête des Pères, c’est offrir une histoire où d’autres papas font écho au sien. C’est tendre un miroir, doux ou brut, drôle ou douloureux, mais toujours sincère. La littérature, en cela, sait dire ce que parfois on formuler difficilement : « Merci, papa. »
14/06/2025, 10:45
Rachida Dati marchant dans les pas d'Emmanuel Macron, voilà une image qu'on s'effacerait volontiers de l'esprit. Mais dans un secteur du livre qui se présente volontiers comme artisanal, alors que résolument industriel, dès qu'il se trouve quelques deniers à ramasser, on fait suivre la volonté politique.
12/04/2025, 22:54
Dans le cadre de la lutte contre la vente de tabac et d'alcool aux mineurs, plusieurs centaines de librairies en Belgique vont s'équiper d'une petite caméra, dite PASSage. Installée sur le comptoir, elle serait capable de déterminer rapidement l'âge des clients, grâce à l'IA. Une initiative portée par les fédérations de libraires du plat pays, dont les établissements, aux yeux français, s'apparentent étrangement à des bureaux de tabac…
19/03/2025, 15:33
Intenable plus qu’un enfant face aux cadeaux de Noël, le président de la République intervenait sur France 2 la veille du Sommet pour l'action sur l'Intelligence Artificielle. La bouche pleine des milliards d’euros que les partenaires mettront sur la table – sans traçabilité aucune –, Emmanuel Macron avait l’optimisme frénétique qu’on lui connait. Tristement.
09/02/2025, 23:46
Le livre jeunesse aura pesé en 2023 pour 385,4 millions €, troisième secteur éditorial en France, en croissance de 1,9 % en nombre d’exemplaires écoulés. Alors, chers bébés qui après nous vivez, comme l'écrivit presque Villon, bienvenue en ces premiers jours 2025. Bonne année, qui sera la vôtre.
01/01/2025, 19:37
Joyeux Noël ! Gloire au Grand Barbu coca-collé et de rouge-vêtu ! Hosanntah Claus In Excelsis... et j'en passe et j'en oublie, et les autres mieux vaut vous les épargner : l'année touche à sa fin, et je préfère éviter le calembour de trop qui me ferait toucher à la mienne, de fin.
24/12/2024, 16:46
Ses pages forment un rictus machiavélique, et pendant qu’il vous regarde avec insistance, vous grimacez quasi de douleur : il vous en veut... il SAIT ce que vous avez fait ! Tout plutôt que de revoir sa sale tranche et de supporter ses caractères de cochon. Il serait délectable, jouissif même, de l’abandonner sans autre forme de procès — car résolument il ne vous mérite pas. Vraiment ?
22/09/2024, 19:11
Le dramaturge Pierre Gringoire, originaire de ce qui n'était pas encore le Calvados, nous aura au moins légué un aimable proverbe : « Mieux vaut être seul que mal accompagné. » Fine observation applicable aux livres : plutôt ne rien bouquiner que de s'enquiller une sombre bouse. Or, un ami cher autant qu'un bon livre sont des perles précieuses.
11/08/2024, 18:18
En dépit du salutaire GPS accompagnant vers les destinations estivales, abandonnerait-on nos appareils technologiques durant les congés ? Taxez-moi de grand romantique, d’accord, mais les vacances restent ma période favorite pour remplir une bibliothèque déjà bien peuplée. Quelque chose lié au soleil, au rythme apaisé : l’été m'est propice au “tsundoku“, cette manie d’accumuler du papier.
29/07/2024, 16:45
Mesure phare du Front populaire, nouvelle version, le passage d’un Smic à 1600 € net relève du voeu pieux. Mais dans l’industrie du livre, et plus spécifiquement pour les librairies, une pareille mesure équivaut à la promesse d’une hécatombe. Chronique d’une mort imminente ?
18/06/2024, 12:55
En débarquant sur Twitter ce mois de janvier 2012, Bernard Pivot provoqua un ras de marée chez les gazouilleurs : près d’un million d’abonnés depuis ont suivi ses facéties verbales et autres joutes linguistiques. Fédérateur, le père Pivot, assurément : un monument national qui aura traversé les siècles — si fait. Et fait lire au point d’en devenir une icône.
07/05/2024, 16:20
Voilà plus de 30 ans que le sujet était plié : interdiction de faire de vendre de la publicité à la télévision pour les livres. Tout le monde s’était entendu sur le sujet, ou presque, mais l’arrivée d’un décret ouvrant la porte à une expérimentation de deux ans fait grincer des dents. Ou comment la ministre de la Culture, Rachida Dati, se met à dos les grands faiseurs de l’édition.
13/04/2024, 15:47
Dans quel monde une salariée dénigrerait publiquement l’une des sociétés de son employeur, sans se faire tirer l’oreille ? Mieux : présenterait comme plus brillante une entreprise concurrente, du même secteur d’activité ? Eh bien… soit les anti-Bolloré reverront leur copie quant aux “méthodes” (censure, liberté de parole brimée, etc.) chez Vivendi… Soit Isabelle Saporta prépare son départ de chez Fayard ?
29/02/2024, 15:42
Autres articles de la rubrique À la loupe
Elles forment un tandem sénatorial très actif sur les questions culturelles, et plus particulièrement les sujets relatifs au livre. Laure Darcos, sénatrice de l'Essonne (Les Indépendants - République et Territoires) et Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine (Socialiste, Écologiste et Républicain) et vice-présidente du Sénat, évoquent leur proposition de loi sur le contrat d'édition, la lutte contre la concentration du secteur, et dressent aussi un premier bilan du sort réservé à la culture sous les mandats d'Emmanuel Macron.
09/06/2026, 16:20
Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.
09/06/2026, 16:16
Avec son Découvrir Rimbaud aux Éditions sociales, Alix Stéphan relit le poète à travers l’histoire, la révolution et les lignes politiques de son œuvre. De l’opacité des textes aux héritages décoloniaux, du refus du travail aux rapports de domination, elle défend une lecture située de Rimbaud, attentive au contexte sans épuiser le mystère des poèmes. Propos recueillis par Vivian Petit.
09/06/2026, 12:28
Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.
08/06/2026, 17:01
Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.
08/06/2026, 14:36
Quatre ans après son lancement, le Paris Book Market s’impose comme un rendez-vous majeur du commerce international des droits. Pierre Astier et Laure Pécher saluent ce succès dans un texte adressé à ActuaLitté... Tout en appelant à ouvrir plus largement l’événement aux agents, scouts et professionnels étrangers qui gravitent déjà autour de la place parisienne.
08/06/2026, 11:47
Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.
07/06/2026, 19:26
Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».
07/06/2026, 09:30
Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.
06/06/2026, 19:46
Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.
06/06/2026, 13:00
À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.
05/06/2026, 18:41
Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.
05/06/2026, 16:57
À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.
05/06/2026, 15:32
Il y a des parcours qui avancent par bifurcations successives, mais toujours dans la même direction. Chez Fanny Destenay, l’énergie frappe d’abord : ancienne professionnelle de l’hôtellerie, passée, entre autres, par les pompiers volontaires, puis par la politique, l’écriture, les réseaux sociaux, les livres jeunesse et désormais l’édition, elle donne l’impression de transformer chaque expérience en terrain d’action.
05/06/2026, 15:10
Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.
04/06/2026, 18:11
Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.
04/06/2026, 16:30
La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-
elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.
04/06/2026, 11:47
La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.
02/06/2026, 17:37
Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.
02/06/2026, 12:24
Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.
02/06/2026, 11:10
Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.
02/06/2026, 10:39
Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.
02/06/2026, 06:25
Directeur artistique des Imaginales depuis quatre ans, et acteur de l'événement depuis toujours, Gilles Francescano dresse un premier bilan de cette édition consacrée au thème « Alter ego ». Entre affluence, chaleur exceptionnelle, place de l’autre, relation gémellaire, accessibilité et avenir du festival, il défend une ambition claire : faire des Imaginales un lieu de pensée libre, d’accueil et de circulation entre les auteurs, les publics et la ville.
01/06/2026, 16:07
Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.
31/05/2026, 18:45
Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.
31/05/2026, 14:00
Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.
31/05/2026, 10:48
La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?
30/05/2026, 16:10
C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.
29/05/2026, 11:12
Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.
26/05/2026, 17:16
La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.
22/05/2026, 09:06
Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.
21/05/2026, 10:21
Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.
20/05/2026, 14:48
Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.
19/05/2026, 17:29
À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.
19/05/2026, 12:13
Top Articles
“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres Erri De Luca : “Je suis sioniste”, “pas de génocide à Gaza”, parole contraire et géométrie variable ? Lionnel Astier : “Tout ce qui leur restait, c’était la parole” Partir à l'aventure en suivant l'itinéraire du livre de la première femme prix Nobel de littérature
32 Commentaires
Jean
15/05/2026 à 14:31
Ils vous forcent la main, c'est sûr, mais au lieu de monter sur vos grands chevaux, vous ne pourriez pas redescendre de votre "indépendance journalistique non-partisane", et soutenir LFI, pour le bien commun ? Parfois, c'est bien d'être un partisan, vous savez. En tant que journalistes indépendants, vous être dans l'armée irrégulière, vous n'être pas neutre. Ça va secouer en 2027, il va falloir vous demander où vous en êtes, politiquement. Ayez le courage de soutenir LFI, ce n'est pas une histoire de parti, du reste si vous vous intéressez un peu aux faits, vous devenez savoir qu'il n'y a pas d'écartement chez LFI, vous auriez pu mettre vous même le logo, c'est purement déclaratif.
Une bib'
15/05/2026 à 15:29
Au contraire, je trouve que c'est très bien qu'il reste des journaux et journalistes non affiliés politiquement. Peut-être que monsieur Gary et ses collègues voteraient tous LFI, quand bien même, le site se positionne en tant que "neutre" sur l'échiquier politique et ça me va très bien. Je viens sur ce site pour lire des infos sur le monde du livre, pas pour savoir qui ils soutiennent aux élections.
Ne trouvez-vous pas qu'il y a déjà un bon paquet de médias affiliés politiquement ? Je vous renvoie vers l'infographie du Monde Diplomatique, toujours utile ! monde-diplomatique.fr/cartes/PPA
Nicolas Gary - ActuaLitté
15/05/2026 à 15:31
Bonjour
A titre individuel, les personnes qui composent la rédaction apportent leur soutien dans le respect des affinités politiques personnelles.
Le média, lui, n'a pas à être pris en otage d'aucune manière que ce soit par qui que ce soit.
Être irrégulier, c'est avoir sa propre ligne de conduite. Et certainement pas être engagé de force.
Merci
Jeannot
15/05/2026 à 17:31
Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.
Matthieu
16/05/2026 à 08:58
Et la liberté vous connaissez à LFI ?
Si on soutient pas LFI on va en prison ?
Jean
16/05/2026 à 11:15
Si on ne soutient pas LFI, on ne soutient pas LFI, ce n'est pas un problème, chacun fait ses choix. Vous n'irez pas en prison, je vous tirerai peut-être un peu l'oreille si l'occasion se présente, mais rien de méchant, je n'irai même pas jusqu'au coup de pied dans le derrière, on aura d'autres chats à fouetter.
Le problème, c'est de soutenir LFI individuellement et de ne pas avoir le courage de le faire collectivement, par exemple en tant que rédaction d'un journal littéraire, de peur de déplaire au lectorat social-traître. L'engagement individuel, ça n'existe pas, c'est collectif par définition. Vous ne me croirez pas, camarade Matthieu, mais je ne suis pas "chez LFI", je veux juste que Mélenchon gagne en 2027, pour des raisons stratégiques qui sont celles de mon collectif, et j'agis en conséquence.
Nicolas Gary - ActuaLitté
16/05/2026 à 11:51
Bonjour,
Les sensibilités politiques individuelles des personnes qui composent une rédaction relèvent de leur liberté personnelle. Elles ne constituent ni une ligne éditoriale, ni un mandat collectif, ni une consigne de vote déguisée.
Un média littéraire n’a pas vocation à se ranger derrière un parti, un mouvement ou une stratégie présidentielle. Ce n’est pas une question de courage, encore moins de peur de déplaire : c’est simplement notre rôle. Informer, enquêter, critiquer, publier des points de vue, parfois contradictoires ; pas endosser une bannière.
Que certains souhaitent transformer tout engagement individuel en enrôlement collectif leur appartient. Mais cette confusion ne nous oblige pas. Une rédaction n’est pas une section locale, un article n’est pas un tract, et un média indépendant ne devient pas le porte-voix d’un camp parce qu’un lecteur aimerait y projeter ses propres catégories politiques.
Nous ne soutenons personne spécifiquement. Et c’est précisément pour cette raison que nous n’avons peur de déplaire à personne.
Jean
16/05/2026 à 13:13
L'engagement individuel ne peut pas être transformé en enrôlement collectif : l'engagement est collectif pas définition, "engagement individuel" est une notion strictement absurde. Vous êtes un collectif : soit vous vous engagez, soit vous ne ne vous engagez pas, mais ne refusez pas de vous engager sous le prétexte fallacieux et absurde que l'engagement devrait rester individuel.
Cela étant dit, il vous reste pleins de bonnes raisons pour ne pas vous engager. Il y a aussi plein de bonnes raisons de s'engager. Tout ce que je dis, à un an des élections, c'est que ça mérite au moins d'y réfléchir.
Nicolas Gary - ActuaLitté
16/05/2026 à 15:04
Bonjour,
Votre raisonnement repose sur une confusion que vous érigez en principe : une rédaction est bien un collectif de travail, pas un collectif militant par nature. Elle réunit des personnes, des sensibilités, des désaccords, des histoires politiques différentes. Prétendre que toute opinion individuelle devrait mécaniquement engager l’ensemble du média revient précisément à nier ce qui fonde une rédaction : l’indépendance, le pluralisme interne et la distinction entre convictions personnelles et ligne éditoriale.
Nous réfléchissons, évidemment. Nous débattons, aussi. Mais réfléchir n’impose pas de se ranger. Et refuser l’enrôlement ne relève ni d’un prétexte, ni d’une esquive, ni d’une lâcheté : cela relève d’un choix éditorial clair. Notre rôle consiste à traiter les sujets, à publier des analyses, à interroger les pouvoirs, les partis, les discours et les stratégies. Pas à devenir, par sommation extérieure, l’appendice culturel d’une organisation politique, qu’il s’agisse de LFI ou de n’importe quelle autre.
Libre à chacun, individuellement, de soutenir une candidature, une stratégie ou un camp. Libre à des collectifs militants de s’organiser en ce sens. Mais un média n’a pas à recevoir son ordre d’engagement de lecteurs, de militants ou de formations politiques qui estimeraient qu’à un an d’une élection, toute indépendance devient suspecte.
Vous appelez cela refuser de s’engager. Nous appelons cela refuser de se faire enrôler. La nuance est assez simple ; elle mérite, elle aussi, réflexion.
Jean
16/05/2026 à 17:16
Votre position se défend, vous faites un distingo entre collectifs politiques ou militants, et collectifs de travail, a priori apolitiques. Mais pour moi, la politique véritable, c'est justement quand un collectif de travail a priori apolitique ou non-militant s'engage dans une lutte sociale. Je me méfie infiniment des gens qui considèrent que leur travail est la politique, y compris ceux de LFI. Comme dit Ellul cité chez Godard : " Les démocraties modernes, en faisant de la politique un domaine de pensée séparé, ont prédisposé au totalitarisme."
Je trouve qu'on est dans une époque assez molle, où les "collectifs de travail" comme vous dites, ne sont pas assez engagés dans les luttes sociales, même quand une sensibilité de gauche existe. C'est vrai en art, c'est vrai dans le commerce, dans le journalisme, dans le sport, partout. C'est ça qui va faire la différence en 2027, l'engagement de la société civile. Peut-être que les députés LFI vous ont juste mis une petite tape dans le dos amicale, pour vous réveiller un peu. Vous réagissez un peu trop sérieusement, personne n'attaque votre indépendance.
Nicolas Gary - ActuaLitté
16/05/2026 à 20:01
Votre distinction mérite discussion, mais elle confirme précisément le point de désaccord. Qu’un collectif de travail puisse, dans certaines circonstances, entrer dans une lutte sociale, nul ne le conteste. L’histoire sociale, syndicale, intellectuelle, artistique ou journalistique en donne quantité d’exemples. Mais cette entrée dans la lutte suppose une décision propre, un motif identifié, un débat interne, une nécessité reconnue par celles et ceux qui composent ce collectif. Elle ne se décrète pas de l’extérieur, encore moins sous la forme d’une injonction politique enveloppée dans le vocabulaire du réveil moral.
C’est là que le raisonnement bute. Vous dites que personne n’attaque notre indépendance, tout en expliquant que des députés auraient eu raison de nous administrer une « tape dans le dos » pour nous « réveiller ». Mais un média n’est pas un corps assoupi qu’un parti, même amicalement, secoue à l’approche d’une échéance électorale. Ce paternalisme politique, fût-il de gauche, reste du paternalisme. Il suppose qu’une rédaction ne pense pas assez, ne lutte pas assez, ne comprend pas assez vite, tant qu’elle ne rejoint pas la cadence attendue par un camp.
Nous n’avons jamais soutenu que le travail serait hors du politique. Aucun travail ne l’est totalement, surtout dans la presse, la culture et l’édition. Choisir ses sujets, hiérarchiser l’information, enquêter, publier, donner la parole, critiquer les concentrations économiques, les censures, les précarisations, les attaques contre la création ou les bibliothèques : tout cela engage déjà une responsabilité. Mais cet engagement ne se confond pas avec l’alignement partisan. Une rédaction peut défendre des libertés publiques, documenter des violences sociales, refuser les pressions économiques ou idéologiques, sans transformer son indépendance en courroie de transmission électorale.
Votre citation d’Ellul est intéressante, justement parce qu’elle met en garde contre la politique séparée, spécialisée, confisquée. Mais la conclusion inverse s’impose peut-être : si tout espace de travail, de création ou d’information doit être sommé de s’ordonner autour d’une stratégie présidentielle, alors la politique ne se diffuse pas dans la société civile ; elle l’absorbe. Et l’on ne sort pas de la séparation du politique : on remplace seulement une autonomie par une discipline.
Il existe une mollesse d’époque, sans doute. Il existe aussi une autre mollesse, plus discrète : celle qui consiste à croire que l’engagement se mesure à la proximité avec une organisation, à la docilité envers ses mots d’ordre, ou à la vitesse avec laquelle chacun accepte de se placer dans le bon camp. Nous ne partageons pas cette conception.
Qu’un citoyen s’engage, qu’un collectif militant appelle, qu’un parti cherche des relais : rien de plus normal. Qu’un média refuse d’être enrôlé, même courtoisement, même « amicalement », rien de plus sain. L’indépendance n’est pas une posture de neutralité molle. C’est une condition de travail, parfois inconfortable, souvent mal comprise, mais indispensable pour continuer à regarder tous les pouvoirs — politiques, économiques, culturels ou militants — sans leur devoir allégeance.
EDOUARD BRASEY
16/05/2026 à 14:46
Bien dit.
adnstep
20/05/2026 à 23:45
"lectorat social-traître".
🤣🤣🤣
Bientôt le goulag, camarade.
adnstep
20/05/2026 à 23:43
Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.
CANTOBRE
15/05/2026 à 15:43
Bonjour,
Je vous remercie d'avoir écrit cet article avec beaucoup de clarté, d'intelligence et "d'élégance", élégance qui ne fait apparemment pas partie des qualités de ceux qui ont utilisé vos écrits, que je suis avec assiduité compte tenu de leur grande qualité.
Dans l'univers actuel, saturé d'informations et d'un "trop plein" de manipulations politiques, lire vos articles donne la sensation de respirer un air meilleur et de s'évader en découvrant un grand nombre de sujets intéressants. C'est un peu comme une balade vivifiante dans un beau paysage.
Alors, encore une fois, merci pour la qualité de vos articles et bon courage pour tous les obstacles à surmonter.
B. F.
Popi
15/05/2026 à 15:56
Le logo LFI en question apparaît sur toutes les communications de ce député, ce n'est a priori pas une spécificité qui vous a été réservée. Il ne fait donc que vous citer (titre de l'article complet, nom du site, auteur, tout y est...) pour défendre une proposition politique qui va dans le sens de vos révélations. Y a-t-il vraiment lieu de monter ainsi sur ses grands chevaux ? C'est dommage, l'idée semble pourtant être de s'emparer du sujet politique que vous révélez pour y apporter une réponse politique.
Nicolas Gary - ActuaLitté
15/05/2026 à 16:31
Bonjour
Peu importe la charte graphique des posts LFI sur les réseaux.
Associer le logo d'un parti politique à celui d'un média qui ne s'en revendique pas n'est pas quelque chose d'acceptable.
Un lien suffisait d'ailleurs pour attirer l'attention sur le sujet.
NAUWELAERS
15/05/2026 à 23:59
D'accord avec Nicolas Gary, bien entendu.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Marie
16/05/2026 à 08:38
Bien d'accord, en particulier sur "l'inacceptabilité". Comment se fait-ce qu'une demi année se soit passée entre votre article "encarté" et votre réaction?
Nicolas Gary - ActuaLitté
16/05/2026 à 10:54
Bonjour Marie
Le post remonte à mi-février 2026, pas vraiment une demie-année de réaction. :-)
Marie
16/05/2026 à 11:21
Exact veuillez m'excuser. Mais un quart d'année après ce que l'on peut nommer "opprobre" votre réaction absolument justifiée me semble un peu du..."réchauffé".
Nicolas Gary - ActuaLitté
16/05/2026 à 11:55
En réalité, nous avons réagi dès que nous avons pris connaissance, voilà quelques jours.
Vous vous basez sur la date de mise en ligne du post.
Problème, on ne peut pas surveiller tout ce qui se passe sur le web. Et la réaction aurait été identique si on l'avait découvert au moment de la parution.
En somme, un simple problème de référentiel.
Car 3 mois ou 3 jours, qu'importe : le procédé n'a pas lieu d'être. Et cela méritera toujours d'être rappelé.
Marie
16/05/2026 à 12:42
Globalement d'accord, et je retiens que "l'irrégularité " qualifie "sa propre ligne de conduite". De plus, le mutisme des députés concernés est éclairant...si il dure. En tous cas, grand merci pour votre article et vos commentaires.
Nicolas Gary - ActuaLitté
16/05/2026 à 13:04
Le fait qu'au lendemain de l'article, on constate que le lien a été supprimé de Fb montre que “qui se sent morveux se mouche”.
Quant au silence “qui ne dit mot consent” ?
1984
15/05/2026 à 16:14
Qu'en pensez-vous ?
Franchement ?
Extraordinairement rigolo.
Et après ?
Nous sommes en droit de nous poser la question et donc après cet article ,qui je crois a attiré l'attention endormie, la haut en ses appartements d'éternité, le sieur Pierre Dac ...
Marrant tout çà....
GG
16/05/2026 à 07:49
Scandale, les électeurs de LFI ont des accointances avec les lecteurs d'Actualitté !
Seb
16/05/2026 à 08:08
Quelle hypocrisie de votre part, c’est bien triste…Et un lecteur fidèle en moins.
BRIGITTE KOHL
16/05/2026 à 18:13
Artiste-auteur ex MDA (et pas AGESSA, quelle chance !), j'apprécie beaucoup vos articles sur les droits d'auteur … qui sont souvent plus pertinents que ceux postés par les syndicats d'AA. Alors OUI, je suis d'accord avec votre analyse et je confirme que ce genre de com n'aide vraiment pas les AA. Donc, MERCI ET BRAVO !
Arnaud
17/05/2026 à 14:48
Bonjour,
Comme d'autres l'ont fait remarquer, vous prenez je crois très à coeur ce qui s'apparente surtout à un procès d'intention. Le logo est présent sur tous leurs posts, qui sont simplement des signes distinctifs de leur communication sur leurs réseaux sociaux. Vous pouvez ne pas apprécier de voir un logo LFI à côté du logo de votre média, mais faire croire avec cette longue diatribe que LFI aurait *voulu* vous associer à leur combat politique ou vous aurait "encarté", on tombe dans un procès d'intention assez maladroit, pour rester poli.
Nicolas Gary - ActuaLitté
18/05/2026 à 08:28
Bonjour
Nous n’avons pas écrit que LFI nous aurait « encartés » au sens administratif du terme, ni que l’intention relevait d’une manœuvre centrale ou concertée. Nous avons dit qu’un média n’a pas à se retrouver intégré, même par maladresse, même par automatisme graphique, dans la communication politique d’un parti. La nuance est importante.
D’ailleurs, le post a depuis été supprimé, et l’un des députés concernés nous a contactés pour présenter des excuses. Cela ne transforme pas l’incident en affaire d’État, mais cela indique au moins que le malaise n’était pas totalement imaginaire, ni la réaction démesurée. Si tout cela n’avait relevé que d’une pure invention de notre part, il n’y aurait eu ni retrait, ni excuses.
Il reste un désaccord plus large : certains considèrent qu’un média culturel, parce qu’il traite de littérature, d’idées, de luttes symboliques ou de débats sociaux, devrait accepter plus volontiers les proximités politiques lorsqu’elles viennent du « bon » camp. Nous pensons l’inverse. Plus un média travaille sur des sujets sensibles, plus il doit préserver les conditions de son indépendance, y compris face à des forces politiques avec lesquelles certains de ses lecteurs, collaborateurs ou auteurs peuvent partager des préoccupations.
Ce n’est pas une diatribe. C’est une ligne. Elle vaut pour LFI comme pour tout autre parti : aucune formation politique ne dispose du nom d’un média indépendant pour habiller sa communication, même brièvement, même involontairement, même avec de bonnes intentions supposées. L’indépendance ne se défend pas seulement quand l’adversaire tente de l’entamer : elle se défend aussi quand l’ambiguïté vient d’un espace politique plus proche, plus familier ou plus sympathique à certains.
Hélène C
18/05/2026 à 18:16
Mais laisse tomber, Nicolas :-)
Sergio
19/05/2026 à 10:28
C'est une réaction très courageuse.
Peu de médias peuvent se vanter de brandir le drapeau de l'indépendance comme vous le faites.
Vous prenez le risque de vous entacher d'une soit disante "mauvaise réputation" auprès de certains lecteurs et de certaines personnalités publiques, mais vous le faites avec clairvoyance et en gardant votre ligne directrice.
Je ne peux vous encouragez qu'à continuer.