Avec le retour du soleil, les librairies françaises sortent aussi de l’ombre. Ouvertures, agrandissements, cafés-librairies, clubs de lecture ou collectes solidaires : partout, le livre cherche de nouveaux chemins vers ses lecteurs. Mais derrière ces élans, d’autres enseignes affrontent dettes, sinistres, fermetures ou passages de relais douloureux. Tour de France d’un réseau fragile, inventif, et toujours essentiel.
Le 22/05/2026 à 16:28 par Hocine Bouhadjera
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22/05/2026 à 16:28
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De Carentan à Corte, de Nîmes à Bernay, plusieurs librairies viennent d’ouvrir ou s’apprêtent à accueillir leurs premiers lecteurs, avec des formats très différents : librairie-café, commerce solidaire, livres anciens, boutique itinérante ou concept mêlant livres et chats.
À Carentan, dans la Manche, la librairie Rayon a ouvert le 13 mai 2026 place de la République. Installée dans l’ancienne maison de la presse rénovée, elle est dirigée par Véronique Boyer et Morgane Grégoire. Le lieu propose des milliers de livres, de la littérature aux romans, en passant par la science-fiction, les mangas, le régionalisme, la jeunesse ou la cuisine. Papeterie, beaux-arts, carterie et service de photocopie complètent l’offre. Les titres absents peuvent être commandés par les deux libraires, tandis qu’un coin café, en partenariat avec MamaBarista, permet de lire ou de se retrouver sur place. La presse locale reste également disponible.
À Corte, en Haute-Corse, la librairie-café Les Contes infusés ouvrira le 27 mai prochain au 7 cours Paoli, près de la fontaine de la Riccia. Le projet est porté par Laure Pelgris, 30 ans, passée par le Pôle Pépite de l’Université de Corse. Formée en histoire, titulaire d’un master de guide-conférencière, elle souhaite créer un lieu de partage mêlant livres, boissons de saison et pâtisseries. La librairie proposera notamment littérature générale, imaginaire, biographies et livres en anglais. Laure Pelgris veut en faire un espace cocooning pour les étudiants et habitants de Corte. Parmi ses coups de cœur figurent Jane Eyre, Les Deux Tours et Pachinko.
Autre concept hybride, une nouvelle « ronron-librairie » Mon Chat Pitre doit ouvrir prochainement à Albi, dans le Tarn. Lancée à Aix-en-Provence en 2021, l’enseigne associe librairie et présence de chats. Déjà implantée à Colmar, Bordeaux et Versailles, elle doit aussi arriver à Toulouse. À Albi, la boutique s’installera rue Timbal, dans l’ancien magasin One Step. Le projet est porté par Emmanuelle Lagrue-Bellanger, 46 ans, installée à Albi depuis fin 2023. La librairie devrait proposer environ 8000 livres et accueillir six chats.
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À Nîmes, la Librairie des Deux Places a ouvert le 17 mars 2026 au 12 boulevard Alphonse-Daudet. Elle remplace Aux Lettres de mon moulin, tenue pendant 25 ans par Lydie et Patrick Baillie. Jean-François Camilleri et Vincent Barbare prennent la suite. Le nom fait référence à sa situation entre la place d’Assas et la Maison Carrée. Après un mois de travaux, la librairie propose plus de 15.000 ouvrages sur deux étages. L’espace de plus de 100 m² accueille nouveautés, BD, jeunesse, régionalisme et beaux livres. Des rencontres, dédicaces, clubs de lecture et balades littéraires seront organisés avec l’association Place aux livres.
Dans la même ville du Gard, Lavinia, 28 ans, et Jordan, 33 ans, ont ouvert L’Agora, un café-librairie installé au 3 rue Crémieux, près des Halles. Le lieu, encore sans enseigne définitive, occupe une boutique fermée depuis trois ans, auparavant connue pour L’Arbre bleu de Van Gogh et Arnaud cuirs et peaux. Le couple veut en faire un tiers-lieu culturel « comme à la maison », mêlant livres neufs et d’occasion, sélectionnés avec soin, avec une attention particulière aux petites maisons d’édition locales. L’offre couvre notamment romans, policier, fantasy et titres « hors catégorie », enrichie par des dons de livres d’occasion de qualité.
À l’étage, L’Agora propose café de sélection, matcha importé du Japon, boisson à l’ube des Philippines, thés bios, smoothies et pâtisseries maison inspirées de la littérature. Au sous-sol, une salle retrogaming réunit d’anciennes consoles, de la Nintendo 64 à la PS2, en passant par la DS, la Wii et la PS One. Lancé fin 2024, le projet a connu une année 2025 difficile, entre refus de financements, travaux rallongés, normes électriques, plomberie, accessibilité PMR, dossier ERP et contraintes des Bâtiments de France. Malgré ces obstacles, les premiers lecteurs et curieux ont déjà commencé à pousser la porte.
À Carpentras, dans le Vaucluse, la librairie solidaire Le Maquis a ouvert ses portes au 2 rue Galonne. Porté par Florian Collet, ancien agent territorial, ce nouveau commerce de centre-ville veut rendre le livre plus accessible. On y trouve des ouvrages à prix réduits, de 1 à 15 €, mais aussi des bandes dessinées et des vinyles de seconde main. Pensé comme une librairie solidaire, Le Maquis s’adresse notamment aux ménages modestes, tout en participant à la redynamisation du centre-ville.
Dans l’agglomération de Caen, l’association Saperlotte poursuit elle aussi son développement. Déjà présente rue d’Hérouville à Caen et à Hérouville-Saint-Clair, cette librairie solidaire a ouvert son troisième point de vente le 13 mai 2026 aux Rives de l’Orne, près de l’aile du cinéma Pathé. La boutique propose des milliers de livres d’occasion à prix solidaires. Le projet vise à favoriser le réemploi des livres et l’accès à la lecture pour tous les budgets. Saperlotte accompagne aussi des personnes éloignées de l’emploi ou en situation de handicap, avec l’appui de bénévoles et l’accueil régulier de stagiaires. L’association souhaite faire de ses boutiques des lieux d’animations, d’ateliers et de rencontres culturelles.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, Le Moment Librairie, installé depuis 2019 à Salies-de-Béarn, prend la route. La librairie indépendante lance une unité mobile destinée à aller au-devant des lecteurs entre le Béarn et le Pays d’Orthe. Cette librairie itinérante circulera avec une sélection d’environ 450 références. Des rendez-vous hebdomadaires sont prévus à Orthez, Peyrehorade et Navarrenx, afin de faciliter l’accès au livre dans plusieurs communes du territoire et de prolonger l’activité culturelle de la librairie salisienne.
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À Bernay, dans l’Eure, la librairie Livres au choix a ouvert au 56 bis rue Thiers. Tenue par Jocelyn Leseur, bouquiniste depuis 36 ans, et son employé Loïc, elle se spécialise dans les livres anciens, rares ou aux reliures soignées. La boutique propose notamment encyclopédies, ouvrages de géographie, botanique, livres contemporains, BD, manuscrits et objets liés au livre ou au cinéma. Jocelyn Leseur, déjà propriétaire d’une boutique à Guérande et d’un site marchand, dispose aussi d’un entrepôt de 1600 m² contenant plus de 500.000 ouvrages. La librairie est ouverte les après-midi du mardi au vendredi et toute la journée le samedi.
À Metz, la librairie ésotérique Univers cherche un nouveau souffle après plus de 30 ans d’existence. Portée par Nicole Wehr, 87 ans, la librairie, fragilisée comme beaucoup de commerces indépendants, lance une collecte Ulule pour réunir 20.000 €. La campagne affiche pour l’instant 175 € collectés, avec 3 contributions et 39 jours restants. L’objectif est double : préserver l’activité et préparer la transmission du lieu.
Dans le détail, 15.000 € serviraient à stabiliser la situation financière, 3000 € aux premières démarches vers un modèle coopératif de type SCIC, et 2000 € à la communication et à l’animation de la campagne. Des paliers supplémentaires sont prévus jusqu’à 40.000 €, afin de renforcer la librairie, améliorer l’accueil, développer les événements et engager pleinement la transformation coopérative. Autour de Nicole Wehr, la collecte veut mobiliser auteurs, lecteurs, intervenants, habitués et curieux attachés à ce lieu messin, appelé à devenir un espace plus ouvert, vivant et fédérateur.
Ailleurs, certaines librairies choisissent plutôt l’agrandissement. À Coutances, dans la Manche, la librairie historique OCEP s’étend avec un nouvel espace de 60 m² consacré aux jeux de société, puzzles et loisirs créatifs. Mûri depuis trois ans et mené après six mois de travaux, le projet répond à la disparition des boutiques spécialisées du centre-ville. Porté notamment par Leslie Hervieux et Léa Penisson, le rayon proposera smart games, casse-tête, jeux de mémoire, coloriage, peinture, accessoires, Lego et puzzles en bois Michele Wilson. De nouveaux fournisseurs comme Opla, Oya ou Vertellis enrichissent également l’offre en jeux de société. Une inauguration est prévue le 23 mai, avec découvertes, puzzle collaboratif et lots à gagner.
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À Charlieu, dans la Loire, c’est une librairie indépendante en milieu rural qui vient de rouvrir après travaux. Installée au 3 place de la Bouverie, Le Carnet à spirales a repris son activité le 15 mai après trois mois et demi de chantier. Pendant cette période, l’équipe avait accueilli ses clients dans une librairie éphémère, fermée le 30 avril avant le déménagement et la réinstallation du 1er au 14 mai. Le service de commandes a été maintenu durant toute la transition, avec retrait possible dès la réouverture. L’équipe promet désormais une librairie « rajeunie et embellie », inaugurée le 15 mai, tout en présentant avec humour son nouveau concept de « librairie-piscine ».
À Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, la situation est plus fragile. La Librairie Occitane lance une cagnotte solidaire avant sa reprise prévue cet été par Corentine Pradier, 26 ans. Créée le 6 avril 2026, elle vise 4500 € et affiche déjà 4121 € collectés, à neuf jours de son terme. Malgré une activité correcte, avec des écoles, bibliothèques et clients fidèles, la librairie reste fragilisée par d’anciennes dettes et les suites des émeutes de 2023.
Plusieurs fournisseurs sont aujourd’hui bloqués, empêchant l’arrivée de nombreux livres commandés. Corentine Pradier présente cette cagnotte comme une solution transitoire pour honorer les commandes et tenir jusqu’à la création de sa propre entreprise. Elle souhaite ensuite moderniser la librairie, renforcer les rayons manga, imaginaire et romance, puis envisager un espace café et un déménagement proche du centre-ville.
À Decazeville, dans l’Aveyron, la librairie généraliste La Mine à Feuilles, créée il y a deux ans place Wilson par Moumini Ouedraogo, a finalement évité une fermeture annoncée pour le 30 juin. Malgré un chiffre d’affaires en progression, le commerce reste fragilisé par l’inflation, les frais de livraison, l’électricité, le loyer, le comptable à 600 € par mois et un prêt bancaire de 800 €. Une collecte Ulule, terminée le 14 juillet 2025, a réuni 2125 € sur les 3500 € espérés grâce à 65 contributions.
La librairie propose plus de 6000 titres, entre romans, BD, développement personnel, mangas, nouveautés et coups de cœur. Elle joue aussi un rôle culturel local avec signatures, concerts, conférences, contes musicaux, rencontres « agri-culture » et même un défilé de mode. Seule librairie des environs, elle veut continuer à faire vivre la lecture dans le bassin decazevillois. Moumini Ouedraogo, ancien éducateur spécialisé, présente ce projet comme une librairie-passion, pensée pour créer du lien social autour des livres.
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À Bergerac, en Dordogne, le changement prend la forme d’un passage de relais. Baptiste Gros et Caroline Dieny quitteront début juin La Colline aux livres, qu’ils dirigeaient depuis 2018. Le couple, qui avait succédé à Coline Hugel, partira pour Châteaudun, en Eure-et-Loir, après huit années marquées par les crises, les travaux de la place Louis-de-la-Bardonnie, les rencontres d’auteurs, les sorties hors les murs et le développement des sciences humaines. Les clients ont réagi massivement à l’annonce, certains envoyant des messages émus, d’autres venant « en pleurs » ou leur faisant « un peu la tête ».
« On sent que nous avons créé quelque chose d’intime avec les clients », confie Caroline Dieny. Dans leur message d’adieu, les libraires disent avoir aimé « ouvrir la porte, allumer les lumières de la vitrine, réceptionner les livres » et faire de la librairie un lieu où « parler de la vie ». Trois jeunes femmes doivent reprendre la librairie. Les clients sont invités à utiliser leur carte de fidélité avant la fin mai, afin que la nouvelle équipe reparte sur de bonnes bases.
À Tulle, en Corrèze, la librairie Trarieux connaît une situation bien plus lourde. Elle subit depuis plusieurs mois d’importantes infiltrations liées au chantier de démolition de l’ancien cinéma voisin, commencé le 26 mai 2025. Dans le local de l’avenue Victor-Hugo, l’eau a ruisselé sur les murs, les plafonds, les bibliothèques et le sol, touchant une grande partie des 290 m² de surface. « Dès qu’il pleut, on se retrouve avec beaucoup d’eau », déplore le gérant Jean-Baptiste Combe, contraint d’écoper et de protéger un stock de plus de 20.000 ouvrages.
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Fermée pour raisons de sécurité, la librairie a rouvert provisoirement le 14 avril 2026 au 55 avenue Victor-Hugo, juste en face, afin de maintenir une activité minimale. Le sinistre aurait endommagé près de la moitié de la marchandise, soit 49.150 € de livres et fournitures sur 101.000 € de stock. Jean-Baptiste Combe évoque environ 170.000 € de pertes et une liquidation prévue en juin, avec une fermeture définitive annoncée au 1er août 2026. Une cagnotte a été ouverte pour aider à payer dettes et fournisseurs. Pour Frédérique Vergne, salariée depuis 34 ans, c’est « toute une page » qui s’arrête pour cette librairie historique présente depuis les années 1940.
Enfin, à Porto-Vecchio, en Corse-du-Sud, le constat est particulièrement sombre : trois points de vente de livres ont fermé en six mois, réduisant fortement l’offre locale. La Clairière, lieu hybride mêlant restaurant, salon de thé et librairie, a fermé le 24 décembre, rattrapé par des charges trop lourdes et une rentabilité insuffisante. Sa gérante, Sandrine Coveliers, a transféré les invendus dans son commerce Biodélice, avec une remise de 30 %, mais ne commandera plus de romans une fois le stock écoulé.
En décembre également, la librairie-presse-papeterie Grand Sud, située dans la galerie d’Hyper U Portivechju, a cessé la vente de livres au profit d’une boutique Cigaverte, jugée plus rentable. Fin avril, la maison de la presse de la galerie Auchan a aussi fermé, son gérant Cyril Cesari évoquant des loyers trop élevés et des problèmes récurrents de livraison. Pour le président des commerçants, Meir Halewa, Internet, loyers et charges fragilisent le commerce local. Il ne reste plus aujourd’hui qu’une librairie à Porto-Vecchio : Le Verbe du Soleil.
Plus généralement, après l’embellie post-Covid, la situation des librairies indépendantes se tend de nouveau. En 2021, les ventes de livres avaient progressé de 19 % par rapport à 2019, notamment grâce à la bande dessinée. Entre 2019 et 2023, 574 nouvelles librairies indépendantes ont ouvert, souvent portées par des reconversions professionnelles. Leur nombre atteint désormais environ 3500 points de vente, dont 400 à Paris. Mais les fermetures repartent à la hausse : 60 en 2023, puis 72 en 2024, contre 30 à 40 par an auparavant, selon le CNL, cité par Les Échos. La marge moyenne est d’environ 1 %. Les chiffres définitifs pour l’année 2025 doivent être publiés début juin.
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Après les fermetures, les difficultés de trésorerie et les déménagements contraints, d’autres librairies racontent une histoire plus lumineuse : celle de lieux qui durent, inventent des rendez-vous et continuent de fabriquer du lien autour des livres.
À Rouen, la librairie spécialisée Lumière d’août s’apprête, de son côté, à fêter ses 50 ans. Créée en 1976 par Florence Le Trévidic, elle fait partie des premières librairies BD spécialisées en France. Reprise en 2011 par Matthieu Colé, elle reste une référence nationale pour les amateurs du neuvième art. Installée rue de l’École, la boutique proposait dès ses débuts des ouvrages rares, de la science-fiction américaine non traduite et des mangas en version originale.
Aujourd’hui, dans un marché qui compte entre 5000 et 5500 nouveautés par an, Matthieu Colé observe des lecteurs plus sélectifs, qui achètent moins mais choisissent davantage. Il note aussi le retour du western, le succès des adaptations littéraires et la montée de récits personnels portés par des autrices.
À Tournay, dans les Hautes-Pyrénées, la librairie de l’abbaye, seule librairie indépendante de la commune, mise sur l’accueil et le temps long. Le 6 juin, les moines y organiseront « Samedi, je lis à l’abbaye », une journée durant laquelle les lecteurs seront invités à s’installer dans le parc monastique, au bord de l’Arros, avec plaid ou siège pliant. L’initiative prolonge leur participation au quart d’heure de lecture national, avec la volonté d’ouvrir davantage le jardin aux visiteurs. On pourra y lire, échanger autour des livres, pique-niquer, mais aussi méditer, prier ou observer les offices. Une lecture de contes pour les enfants est prévue à 13 h, en profitant de l’acoustique des lieux.
Même longévité, autre territoire : à Brest, la librairie Dialogues fête ses 50 ans en 2026, avec des célébrations prévues jusqu’en juin. Fondée en 1976 par Marie-Paul et Charles Kermarec, elle célèbre un demi-siècle de lectures, de rencontres et de vie culturelle. Toutes les enseignes Dialogues proposeront animations, balades contées, rencontres littéraires et dictée géante, y compris hors les murs, à l’abri Sadi Carnot ou au Comoedia. Le point d’orgue viendra plus tard, avec le premier festival du livre de Brest, prévu les 28 et 29 novembre aux Ateliers des Capucins.
Dans des librairies plus récentes, l’énergie passe aussi par de nouveaux formats collectifs. À Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, Les Contemplations a lancé son premier book club le 8 mai. Une dizaine de lecteurs se sont réunis dans la boutique pour présenter leur lecture préférée depuis le début de l’année. La libraire Émeline Dony, qui a ouvert l’établissement en février, dit avoir reçu une trentaine de demandes pour seulement dix places. Le club se réunira désormais une fois par mois, autour de thématiques ou de nouveautés. La librairie prévoit aussi des dédicaces d’auteurs LGBT, avant la création souhaitée, en septembre, d’un club d’écriture avec des intervenants.
À Toulouse, la librairie Série B rappelle, elle, que l’indépendance se construit aussi entre professionnels. Renaud y dirige une boutique spécialisée dans les littératures de genre. Lors de son installation, il a bénéficié de l’aide d’autres libraires toulousains. Il souligne aujourd’hui cette solidarité professionnelle, qu’il décrit comme joyeuse et singulière.
Enfin, à Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées, la librairie Le Vent des mots a organisé début mai sa première Nuit à la librairie, de 19 h à minuit. Coorganisée avec l’association des Ami.e.s du Vent des mots, la soirée a mêlé lectures, ateliers d’écriture, débats et échanges autour du métier de libraire. Elle s’est ouverte avec un extrait de La Petite Robe de fête de Christian Bobin, avant des lectures à voix haute par la poétesse Véronique Delord et des membres de l’association.
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Les jeunes y avaient aussi leur place, notamment avec la plaidoirie de Joao sur la fast fashion. Les participants ont pu imaginer des débuts de romans, partager leurs coups de cœur et discuter de ce qu’une première page révèle d’un livre. Boissons, gâteaux, dessins et échanges ont contribué à une ambiance conviviale, donnant déjà envie aux organisateurs de renouveler l’expérience.
Crédits photo : ActuaLitté (CC BY-SA 2.0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
3 Commentaires
Hippohappy
23/05/2026 à 09:48
Bravo à toutes ces initiatives !
Courrez chez votre libraire !
Edco
23/05/2026 à 14:23
Oui ... Librairie Le Neuf à St Dié des Vosges, et M' Lire à Laval .....2 vraies librairies .....Lisez bien 🙏🙏🙏🙏🙏
yacinelicia
23/05/2026 à 20:02
C'est vraiment fabuleux, toute cette liste de librairies. Dommage pour celles qui rencontrent des difficultes Car la culture et les livres sont trop precieux pour les laisser sans defense. Les autorites publiques doivent les aider en leur allouant des subventions.