Léon XIV replace le livre au cœur du magistère culturel du Vatican. Reçu le 7 mai par les dirigeants et le personnel de la Librairie éditrice du Vatican, le pontife a célébré le centenaire de cette maison du Saint-Siège en défendant la lecture comme exercice critique, lieu de rencontre et support d’évangélisation. Le propos accompagne déjà une offre éditoriale internationale centrée sur ses premiers textes, dans l’espace catholique du livre.
Le 09/05/2026 à 09:35 par Nicolas Gary
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Publié le :
09/05/2026 à 09:35
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Le 7 mai, dans la salle du Consistoire, Léon XIV a reçu les équipes de la Libreria Editrice Vaticana pour les cent ans de l’institution. Le discours officiel publié par le Saint-Siège présente cet anniversaire comme un jalon éditorial et culturel. La maison, devenue autonome en 1926 de la Typographie du Vatican, fondée en 1587, a servi neuf papes en diffusant leur magistère.
Le passage central porte sur la lecture. Face à l’accélération numérique, Léon XIV associe la « matérialité du livre » à la pensée, à l’étude et à la réflexion. Il résume l’enjeu par une formule brève : « Lire, c’est nourrir l’esprit. » Le texte relie cet exercice à un sens critique « conscient et éclairé » et à la méfiance envers les fondamentalismes et les raccourcis idéologiques.
Le propos dépasse l’hommage institutionnel. Léon XIV décrit l’ouvrage imprimé comme un rempart contre la rigidité intellectuelle : il encourage chacun à lire « comme antidote à la fermeture d’esprit ». Alors, la lire, oui, mais pas n'importe quoi non plus : si la lecture possède une triple fonction selon le souverain pontife, c'est qu'elle permet de penser, rencontrer, annoncer le Christ. Une articulation entre culture, dialogue et transmission religieuse, en somme.
Le deuxième axe concerne la sociabilité du texte. Pour le pontife, un volume met le lecteur en relation avec l’auteur, mais aussi avec ceux qui l’ont lu, le lisent ou le liront. En reprenant l’héritage de François, il affirme que « le livre est un pont vers autrui ». Cette ligne inscrit l’édition vaticane dans une culture de l’échange plus que dans la seule conservation doctrinale.
Le 2 mai, Léon XIV avait d'ailleurs reçu le premier exemplaire de Libres sous la grâce, recueil de ses interventions comme prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin entre 2001 et 2013. L’ouvrage, disponible en Italie depuis le 4 mai, réunit discours, homélies, lettres et messages, avec une traduction en cours dans trente pays.
INSOLITE - Les derniers mots du Pape François après l'élection du Pape Léon XIV
ActuaLitté avait repéré, dès octobre 2025 à Francfort, l’intérêt stratégique de la Libreria Editrice Vaticana pour un volume inédit consacré aux écrits de Robert Francis Prevost avant son élection. Le média signalait aussi la parution française de Cette paix qui vient de Dieu chez Bayard et Salvator, issu d’un titre paru le 27 août au Vatican.
Le discours du 7 mai donne une fonction explicite à cette activité : produire, traduire et diffuser une pensée dans un temps saturé d’énoncés rapides. Pour la maison éditoriale du Saint-Siège, le centenaire ne marque pas un bilan patrimonial, mais une relance de sa mission autour de la lecture, du discernement et de la circulation internationale des textes pontificaux.
Que le message en faveur de la lecture soit orienté, finalement, qu'importe : lire est bon pour la santé, et qui sait si l'on ne basculera pas des Evangiles à des histoires de science-fiction ou de fantasy plus facilement avec cette idée ?
Crédits photo : Vatican News.
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
4 Commentaires
Edco
10/05/2026 à 12:42
Ça me rappelle ce sketch......formidab......🤭🤭🤭🤭
C est ça quej' dis ...
https://youtu.be/871rxWdLmoQ?is=YSB8qdnwPPfBcMjR
Marie
11/05/2026 à 08:58
La sagesse- chouette grecque -peut donc être papale.
Félix
12/05/2026 à 03:08
Le Pape ne s'y est pas trompé.
Si la lecture est primordiale pour la connaissance livresque - sociologiquement parlant - il y a quand même plusieurs conditions à respecter pour en tirer le plus grand profit.
Même s'il s'agit de textes liturgiques, comme le préconise Léon XIV.
Tout d'abord, l'offre de lecture n'explique jamais de manière satisfaisante le choix de lecture.
Puis, à cela se trouve confronté l'expérience esthétique de la lecture.
L'effet perturbateur de la nouveauté textuelle.
La lecture n'est donc pas simplement la transmission d'un message, idéologique ou pas.
Savoir-lire est donc opposé à pouvoir-lire.
Il y a surtout ce qu'on appelle couramment, chez les spécialistes de la pensée sociologique, "l'horizon d'attente du lecteur".
Tout ceci pour dire qu'il existe des doutes, notamment sur les hypothèses savantes quant a la capacité de la lecture à modifier potentiellement les habitudes mentales d'un lectorat très diversifié socialement, chaque classe y trouvant ce qu'il veut en retirer du même texte, interprétant à sa façon sa teneur.
Finalement, notons que le terme "lecture" provient étymologiquement du latin médiéval "lectura" (autour de 1350) et que le "fait de lire" renvoyait au XVIe siècle aux études, éruditions, aux commentaires juridiques, etc.
Le sens courant d'"action matérielle de lire à voix haute" n'est attesté lui que depuis 1445.
Et ce n'est qu'au XVIe siècle (vers 1561) qu'elle prit le sens d'"action de prendre connaissance d'un texte en le lisant pour soi", c'est-à-dire pour l'instruction, pour le plaisir.
(Article de Jacques Leenhardt, pages 466-468 in Dictionnaire de Sociologie, Édition Universalis 2010).
Jean Pompe
12/05/2026 à 19:57
On attend avec impatience son premier single. "Roma Roma la dolce" bientôt sur toutes les plateformes de streaming