Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.
Le 08/05/2026 à 14:12 par Vincent Hein
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Publié le :
08/05/2026 à 14:12
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Son parcours ne la destinait pas nécessairement à devenir l’une des voix les plus suivies et les plus libres de la prescription littéraire en ligne. Formée très tôt par la musique, après dix années de violon, elle s’oriente vers des études de droit, jusqu’au droit fiscal, qu’elle quitte sans regret. Elle travaille ensuite en cabinets ministériels, avant de s’éloigner d’un monde trop vertical, trop lointain, trop coupé « des autres ». C’est peut-être de là que vient son désir de proximité : parler aux lecteurs directement, sans estrade, sans jargon, sans l’appareil un peu solennel des prescripteurs installés.
En janvier 2020, elle quitte Instagram, qu’elle juge alors abêtissant, avant d’y revenir au moment du confinement. Elle repart de zéro, avec l’idée simple d’un journal de bord littéraire. Lire, noter, partager, garder trace de ce qui autrement s’efface. Puis quelques mots deviennent des textes, les textes des recommandations, les recommandations une ligne éditoriale. Une voix naît ainsi, au fil des livres, avec ses fidélités, ses refus, ses audaces.
Ce que l’on qualifierait aujourd’hui de “phénomène Estelle Derouen” tient sans doute à cela : une manière directe, sincère, souvent drôle, parfois abrasive, de parler des livres comme d’expériences vécues. Dans un paysage saturé de tendances, de couvertures répétées et de discours promotionnels, elle défend une forme d’indépendance fragile mais réelle, attentive aux textes qui dérangent, aux corps qui parlent, aux livres oubliés, aux marges où la littérature respire encore.
Cette conversation avec Vincent Hein revient sur son parcours, sa relation aux lecteurs, son rapport au monde éditorial, la place des réseaux sociaux dans la vie du livre, mais aussi sur cette question plus vaste : comment transmettre aujourd’hui le désir de lire, lorsque tout conspire à détourner l’attention, à accélérer les goûts et à transformer les livres eux-mêmes en simples objets de passage.
Vincent Hein : Votre présence aujourd’hui sur Instagram s’est imposée avec une force réelle. Avez-vous eu, dès le départ, le sentiment de répondre à un manque dans le paysage littéraire ?
Estelle Derouen : Lorsque j’ai créé mon compte, qui s’appelait alors @lecture.et.demesure, je n’avais pas du tout l’impression de partir à la conquête d’une communauté. Je ne savais même pas très bien qu’elle existait, cette communauté. Je suis arrivée là un peu naïvement, avec mes livres, mes enthousiasmes, mes agacements, et cette envie très simple de parler de ce que je lisais.
J’ai rapidement découvert que beaucoup d’autres avaient eu la même idée, parfois bien avant moi. Mais j’ai aussi vu que les mêmes titres revenaient souvent, qu’un phénomène de tendance s’installait, comme partout ailleurs, et que la littérature qui m’intéressait vraiment était assez peu représentée. Il y avait beaucoup de livres mis en avant, certes, mais assez peu de ceux vers lesquels je me dirige spontanément.
Cela dit, je ne veux pas caricaturer les choses. Instagram m’a aussi permis de découvrir des textes, des auteurs, des maisons d’édition, et cela fait partie de ses vertus. Mais, de nature, je n’aime pas suivre le troupeau. J’ai toujours eu besoin d’un léger pas de côté. Si je réponds à un manque, c’est d’abord au mien. Au départ, la démarche était donc assez égoïste : il s’agissait de me fabriquer un endroit où parler des livres que j’avais envie de défendre.
On parle beaucoup d’indépendance à votre sujet. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous, dans votre manière de lire et de parler des livres ?
Estelle Derouen : Je ne pense pas beaucoup à cette question. Je ne sais pas exactement ce que l’on dit de moi, ni même si l’on dit grand-chose. Il y a des lecteurs qui suivent sincèrement mes recommandations, d’autres que j’indiffère totalement, et c’est très bien ainsi.
Mon indépendance tient peut-être simplement à cela : je vais vers les livres qui m’attirent, sans trop me demander s’ils sont attendus, stratégiques ou dans l’air du temps. Cela peut être un roman contemporain, un classique, un texte oublié, un livre dont presque personne ne parle. Ces derniers temps, par exemple, je suis très attirée par une littérature qui s’intéresse au corps. Je cherche le corps dans les livres, sa présence, ses failles, ses désirs, ses maladies, ses violences, ses métamorphoses.

J’aime que l’on m’associe à cette idée d’indépendance, je dois l’avouer. Cela me flatte. Mais je crois qu’elle vient moins d’une posture que d’un tempérament. Je ne cherche pas à être indépendante : je lis comme je suis.
Avez-vous le sentiment que les lecteurs se détournent aujourd’hui des prescripteurs traditionnels, comme la presse culturelle ou certaines maisons d’édition ?
Estelle Derouen : Je ne suis pas certaine que le lecteur ordinaire accorde beaucoup d’importance au nom de la maison d’édition. S’il trouve le livre trop cher, il l’achètera d’occasion ou attendra la sortie en poche. Le rapport au livre est souvent plus concret, plus économique aussi, qu’on ne le dit.
Pour ce qui est des prescripteurs traditionnels, la situation est plus nuancée. On sait que la presse culturelle est moins lue qu’autrefois, même si elle conserve ses fidèles. Pour ma part, j’écoute encore des émissions installées depuis longtemps, comme Le Masque et la Plume, dont je ne rate aucun épisode. En revanche, je lis assez peu la presse littéraire, et je ne vois pas aujourd’hui d’émission de télévision qui donne réellement envie de lire. La Grande Librairie m’ennuie. À une époque, On n’est pas couché pouvait m’amuser, parce qu’il s’y passait quelque chose de plus vif, de plus imprévisible.
Aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, une grande partie de la prescription se joue sur les réseaux sociaux. Et pas seulement pour les jeunes générations. On y cherche une idée pour décorer son salon, une recette de quiche, une paire de chaussures, et aussi un livre. C’est ainsi. Il y a donc, oui, un déplacement global de la prescription. Mais cela ne veut pas dire que les nouveaux espaces soient nécessairement plus libres ou plus intéressants. Ils ont simplement pris une place considérable.
Comment vous situez-vous face au monde éditorial : en marge, en dialogue, ou en résistance ?
Estelle Derouen : Un peu les trois, je crois. En marge, d’abord, parce que je ne fais pas partie de ces très gros influenceurs que l’on voit partout, qui sont très bien rémunérés, très sollicités, parfois même appelés par des maisons d’édition pour écrire des livres.
En dialogue, ensuite, parce que je travaille avec certaines maisons d’édition, et que cela se passe souvent très bien. J’aime ces échanges lorsqu’ils sont intelligents, respectueux, cohérents avec ma ligne. Il ne s’agit pas de jouer à la pureté absolue depuis une tour d’ivoire.
En résistance, enfin, parce que je n’ai pas l’impression d’alimenter docilement la machine. Je ne vais pas forcément vers les livres attendus, ceux que les équipes marketing aimeraient voir partout au même moment. J’aime fouiller les catalogues, aller chercher des textes oubliés par les médias, remettre en lumière un livre discret s’il me paraît le mériter. Tant de bons livres sont mis de côté pendant que d’autres, parfois très médiocres, occupent toute la lumière. C’est agaçant.
Mais il faut être honnête : lorsque je suis rémunérée pour parler d’un livre, je n’entre plus exactement dans cette logique de marge ou de résistance. Il s’agit alors d’une relation de travail, avec un engagement, et je tiens à cette clarté. Cela fait aussi partie de mon activité, et j’en suis très heureuse.
Comme pour les rouges à lèvres, les vêtements ou les parfums, il faut simplement que les utilisateurs gardent à l’esprit qu’un produit est parfois mis en avant contre rémunération, surtout lorsqu’un compte est très suivi. C’est à la fois triste et normal, au regard du travail que cela demande, y compris lorsqu’il s’agit de littérature. Je fais des collaborations commerciales, mais elles restent loin de représenter la majorité des livres que je défends. Et lorsque c’est le cas, les maisons me proposent généralement des ouvrages cohérents avec ma ligne éditoriale. Si le livre ne me plaît pas, je n’en parle pas.
Le mot « influenceur » — que je n’aime pas beaucoup en ce qui me concerne — vous semble-t-il adapté à ce que vous faites, ou vous paraît-il réducteur, voire trompeur ?
Estelle Derouen : Paradoxalement, c’est sans doute le mot le plus juste, puisqu’il faut bien admettre que nous influençons. Nous suscitons parfois l’achat, nous orientons des curiosités, nous faisons circuler des titres. Le mot est donc exact, mais il est devenu presque imprononçable tant il est mal connoté. On l’associe aussitôt à Nabilla, à Maeva Ghennam, à tout un imaginaire de placement de produits criard, de télé-réalité et de bruit numérique.
Je préfère parler de « créateur de contenu ». C’est un terme plus neutre, presque dévitalisé, mais il a l’avantage de décrire une partie réelle du travail : fabriquer des images, des vidéos, des supports, trouver une manière de faire exister visuellement un livre, de lui donner une chance dans ce grand flux où tout disparaît très vite.
Votre succès semble reposer sur une forme de confiance très forte avec vos lecteurs. Comment se construit, selon vous, cette relation si particulière ?
Estelle Derouen : Je crois que je suis sincère, et j’ose espérer que c’est cela qui plaît. Je ne cherche pas à séduire tout le monde. D’ailleurs, la littérature que je mets en avant n’intéresse pas toujours un très large public.
Lorsque je parle de littérature érotique, par exemple, je perds beaucoup de monde. En choisissant de ne pas parler de romance, je me prive aussi d’un public considérable. Lorsque je parle de Céline, je me mets à dos à la fois les puristes et ceux qui rejettent absolument son œuvre. Mais c’est cela qui m’intéresse : ne pas chercher le consensus, ne pas courir après le chiffre pour le chiffre.
Ce qui me plaît, c’est l’honnêteté de la démarche. Je parle naturellement de ce qui m’intéresse, de ce qui me trouble, de ce qui me plaît. À force, cela finit par dessiner une ligne éditoriale. Les lecteurs m’associent à certaines littératures, à certains territoires, à certaines obsessions. La confiance naît peut-être de là : d’une fidélité à soi-même.
Votre manière de parler des livres est souvent décrite comme simple, directe, mais profondément incarnée. Est-ce une recherche consciente ou quelque chose de plus instinctif ?
Estelle Derouen : C’est complètement instinctif. Je ne cherche pas à être ce que je ne suis pas. Je n’ai pas fait d’études de lettres, et je crois que c’est justement ce qui rend mon contenu intéressant. Il échappe à une approche trop scolaire, trop universitaire, trop estudiantine.
Je ne répète pas ce que j’aurais appris dans un amphithéâtre. Je ne cherche pas à produire un discours savant sur les livres. En revanche, je sais pourquoi un texte mérite d’être lu, pourquoi il m’a saisie, pourquoi il peut toucher quelqu’un. Et c’est cela que j’essaie de transmettre, avec des arguments simples, accessibles, compréhensibles par tous.
Vous donnez le sentiment de parler des livres comme d’expériences vécues. Est-ce une façon de redonner à la lecture une dimension plus intime, plus vivante ?
Estelle Derouen : Mais les livres sont des expériences vécues. La lecture est une affaire intime, profondément personnelle. Chaque lecteur a son propre rapport aux livres, mais pour moi, la littérature est un prolongement de la vie. On lit pour compenser, pour vivre ce qu’on ne vivra jamais, pour approcher ce que l’on s’interdit, pour se reconnaître parfois, pour apprendre, pour souffrir, pour rire, pour déplacer quelque chose en soi.
Un livre n’est pas seulement un objet culturel. C’est une traversée. On en sort parfois indemne, parfois pas. On peut y trouver une phrase qui nous accompagne pendant des années, une scène qui revient sans prévenir, un personnage qui prend place dans notre vie intérieure. C’est cette intensité-là que j’essaie de transmettre.
Vous semblez transmettre un véritable désir de lecture. Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un livre « se transmet » réellement ?
Estelle Derouen : Je crois qu’un livre se transmet lorsqu’un lecteur reconnaît, dans la personne qui en parle, une sensibilité proche de la sienne. Cela rejoint la question de la confiance. On va parfois acheter un livre parce que l’on sait ce que j’aime, parce que l’on connaît mon goût, mes fidélités, mes obsessions. On devient alors une sorte de label, en plus d’être un diffuseur. C’est très flatteur d’être, pour certains lecteurs, le dernier rempart avant l’achat. Certains attendent mon avis avant de se procurer un livre qu’ils avaient déjà repéré.
Mais les formats comptent aussi beaucoup. Selon la nature du livre et ce que j’en pense, je peux privilégier la vidéo ou le carrousel d’images avec des extraits. Tout cela joue dans la transmission. Il ne suffit pas de dire qu’un livre est bon. Il faut créer une atmosphère, une envie, un petit espace de curiosité.
Je crois qu’un créateur de contenu doit avoir une personnalité. Son compte doit dégager quelque chose : une ligne, une humeur, un regard, une manière de tenir les livres. Sinon, qu’est-ce qui nous différencie d’un média classique ? À part, peut-être, l’amateurisme — et encore, il a parfois du charme.
Que pensez-vous de cette idée, parfois entendue dans le milieu éditorial, selon laquelle l’essentiel serait de vendre un livre, indépendamment du fait qu’il soit lu ?
Estelle Derouen : C’est bête à dire, mais les maisons d’édition vivent parce qu’elles vendent des livres. Dire que l’économie a rattrapé la passion du livre n’a rien de très original. Je ne vais pas me lancer dans un grand discours anticapitaliste et manichéen : ce serait trop facile et assez inutile. Il faut vendre pour faire du profit, parfois simplement pour survivre. Beaucoup de maisons indépendantes sont aujourd’hui dans une situation très difficile.
Mais assumer que l’essentiel soit seulement de vendre, sans se soucier que le livre soit lu, c’est tout de même assez désolant. C’est peu considérer le portefeuille des lecteurs, mais aussi leur temps, leur attention, leur désir. Acheter un livre, ce n’est pas acheter n’importe quel objet. C’est faire entrer chez soi une promesse de lecture, de silence, de présence. Si cette promesse est vide, si l’on ne cherche qu’à déplacer du papier, alors quelque chose se perd.
Votre succès dit-il quelque chose, selon vous, d’un besoin plus large de notre époque ? Une forme de fatigue face à certains discours dominants ?
Estelle Derouen : Oui, je le crois. Il y a une envie d’approches plus personnelles, plus libres, plus indépendantes — même si nous sommes nous aussi très vite rattrapés, absorbés, parfois corrompus par le système. Le jour où l’on lasse, les gens cessent de nous suivre. C’est brutal, mais assez sain.
Ce qui m’ennuie, c’est que l’on fuit parfois les médias traditionnels parce qu’ils mettent toujours en avant les mêmes livres, mais les réseaux sociaux finissent par reproduire les mêmes schémas. Les mêmes titres circulent, les mêmes couvertures apparaissent, les mêmes formats se répètent. Je me demande souvent si les comptes les plus intéressants ne sont pas les plus petits, ceux qui restent réellement indépendants, ceux qui n’en font pas leur métier, qui achètent leurs livres en librairie et en parlent à leur manière.
À force de professionnalisation, les réseaux sociaux ont perdu une partie de leur spontanéité. Les relations sont devenues plus commerciales, plus intéressées. On joue la fraîcheur, mais on ne l’est plus toujours. On se retrouve avec des créateurs de contenu qui parlent des mêmes livres, sous les mêmes formats, parce qu’il faut s’adapter aux changements algorithmiques. La réalité est là. Moi-même, je me suis mise à la vidéo pour m’adapter, alors que ce n’était pas prévu.
Est-il difficile aujourd’hui de conserver une parole libre dans un espace public, même numérique ?
Estelle Derouen : Bien sûr. Les réseaux sociaux censurent certains contenus, notamment lorsqu’ils touchent à la sexualité. Parler de littérature érotique n’est donc pas toujours évident. Et puis, dès qu’un compte commence à être suivi, on devient vite la cible de critiques, parfois de harcèlement. Les gens se lâchent derrière leur écran, mais ce n’est pas nouveau.
Je pense que cela crée une forme de crainte. Certains hésitent à parler de certains livres, à prendre position, à défendre des textes plus clivants. Personnellement, je n’en ai pas grand-chose à faire. Je me fais plaisir en mettant en avant les livres que je veux.
Au-delà de cela, il y a aussi une question stratégique. Si l’on veut être visible, il vaut mieux parler de livres populaires ou de classiques, si possible pas trop clivants. Parler de littérature contemporaine exigeante, moins connue, pas forcément très vendeuse, c’est un pari. Mais c’est précisément ce qui m’intéresse.
Vous évoquez souvent, implicitement, la nécessité du risque. Quel rôle joue-t-il dans vos choix de lecture et de recommandation ?
Estelle Derouen : J’aime le risque. Je n’en prends pas énormément dans ma vie quotidienne, sauf peut-être dans mes lectures et dans la manière dont je les partage. Je ne veux pas d’un monde lisse, où tout le monde lirait la même chose, penserait la même chose, aimerait les mêmes livres au même moment.
Je vais donc volontiers vers des écrivains audacieux, francs, parfois violents. J’ai un certain goût pour la violence en littérature. Cela ne veut évidemment pas dire que j’aime la violence dans la vie, mais son traitement littéraire me fascine. La littérature permet de regarder ce que l’on évite ailleurs. Elle ouvre des zones dangereuses, inconfortables, mais nécessaires.
Avez-vous le sentiment d’avoir créé une communauté, ou plutôt une forme de compagnonnage autour des livres ?
Estelle Derouen : Un peu les deux, mais j’aime beaucoup l’idée de compagnonnage. Le mot est moins froid, moins commercial, moins numérique aussi. Il dit quelque chose de plus humain.
J’échange beaucoup avec mes lecteurs. Nous nous écrivons en messages privés, nous partageons nos avis, nos désaccords, nos enthousiasmes. Certains viennent me voir lorsque j’anime des rencontres. Ils me suivent, mais pas seulement au sens technique du terme. Ils m’accompagnent, d’une certaine manière. En tout cas, c’est ainsi que je le ressens.
Si vous deviez résumer en une phrase ce que vous cherchez à transmettre à travers votre travail, que diriez-vous ?
Estelle Derouen : Je dirais que j’essaie de transmettre une passion pour la lecture, mais aussi une forme de révélation très simple : la littérature apporte beaucoup plus qu’on ne le croit. Elle éclaire, elle console, elle trouble, elle dérange, elle accompagne. Elle est parfois une chambre secrète, parfois une fenêtre ouverte, parfois une gifle. Et c’est tout cela que j’aimerais donner envie d’aller chercher dans les livres.
Crédits photo : Estelle Derouen
Par Vincent Hein
Contact : contact@actualitte.com
1 Commentaire
NAUWELAERS
11/05/2026 à 21:55
Je ne fais partie d'aucune communauté Instagram ni autre, je lis toujours la critique établie (et j'écoute «Le Masque et la Plume» chaque dimanche -pas seulement les livres donc).
Eh bien je suis intéressé et séduit par le discours de cette personne que je découvre grâce à ce site.
Bravo.
CHRISTIAN NAUWELAERS