#Réseaux sociaux

Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

Le 08/05/2026 à 14:12 par Vincent Hein

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Publié le :

08/05/2026 à 14:12

Vincent Hein

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Son parcours ne la destinait pas nécessairement à devenir l’une des voix les plus suivies et les plus libres de la prescription littéraire en ligne. Formée très tôt par la musique, après dix années de violon, elle s’oriente vers des études de droit, jusqu’au droit fiscal, qu’elle quitte sans regret. Elle travaille ensuite en cabinets ministériels, avant de s’éloigner d’un monde trop vertical, trop lointain, trop coupé « des autres ». C’est peut-être de là que vient son désir de proximité : parler aux lecteurs directement, sans estrade, sans jargon, sans l’appareil un peu solennel des prescripteurs installés.

En janvier 2020, elle quitte Instagram, qu’elle juge alors abêtissant, avant d’y revenir au moment du confinement. Elle repart de zéro, avec l’idée simple d’un journal de bord littéraire. Lire, noter, partager, garder trace de ce qui autrement s’efface. Puis quelques mots deviennent des textes, les textes des recommandations, les recommandations une ligne éditoriale. Une voix naît ainsi, au fil des livres, avec ses fidélités, ses refus, ses audaces.

Ce que l’on qualifierait aujourd’hui de “phénomène Estelle Derouen” tient sans doute à cela : une manière directe, sincère, souvent drôle, parfois abrasive, de parler des livres comme d’expériences vécues. Dans un paysage saturé de tendances, de couvertures répétées et de discours promotionnels, elle défend une forme d’indépendance fragile mais réelle, attentive aux textes qui dérangent, aux corps qui parlent, aux livres oubliés, aux marges où la littérature respire encore.

Cette conversation avec Vincent Hein revient sur son parcours, sa relation aux lecteurs, son rapport au monde éditorial, la place des réseaux sociaux dans la vie du livre, mais aussi sur cette question plus vaste : comment transmettre aujourd’hui le désir de lire, lorsque tout conspire à détourner l’attention, à accélérer les goûts et à transformer les livres eux-mêmes en simples objets de passage.

Vincent Hein : Votre présence aujourd’hui sur Instagram s’est imposée avec une force réelle. Avez-vous eu, dès le départ, le sentiment de répondre à un manque dans le paysage littéraire?

Estelle Derouen : Lorsque j’ai créé mon compte, qui s’appelait alors @lecture.et.demesure, je n’avais pas du tout l’impression de partir à la conquête d’une communauté. Je ne savais même pas très bien qu’elle existait, cette communauté. Je suis arrivée là un peu naïvement, avec mes livres, mes enthousiasmes, mes agacements, et cette envie très simple de parler de ce que je lisais.

J’ai rapidement découvert que beaucoup d’autres avaient eu la même idée, parfois bien avant moi. Mais j’ai aussi vu que les mêmes titres revenaient souvent, qu’un phénomène de tendance s’installait, comme partout ailleurs, et que la littérature qui m’intéressait vraiment était assez peu représentée. Il y avait beaucoup de livres mis en avant, certes, mais assez peu de ceux vers lesquels je me dirige spontanément.

Cela dit, je ne veux pas caricaturer les choses. Instagram m’a aussi permis de découvrir des textes, des auteurs, des maisons d’édition, et cela fait partie de ses vertus. Mais, de nature, je n’aime pas suivre le troupeau. J’ai toujours eu besoin d’un léger pas de côté. Si je réponds à un manque, c’est d’abord au mien. Au départ, la démarche était donc assez égoïste : il s’agissait de me fabriquer un endroit où parler des livres que j’avais envie de défendre.

On parle beaucoup d’indépendance à votre sujet. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour vous, dans votre manière de lire et de parler des livres?

Estelle Derouen : Je ne pense pas beaucoup à cette question. Je ne sais pas exactement ce que l’on dit de moi, ni même si l’on dit grand-chose. Il y a des lecteurs qui suivent sincèrement mes recommandations, d’autres que j’indiffère totalement, et c’est très bien ainsi.

Mon indépendance tient peut-être simplement à cela : je vais vers les livres qui m’attirent, sans trop me demander s’ils sont attendus, stratégiques ou dans l’air du temps. Cela peut être un roman contemporain, un classique, un texte oublié, un livre dont presque personne ne parle. Ces derniers temps, par exemple, je suis très attirée par une littérature qui s’intéresse au corps. Je cherche le corps dans les livres, sa présence, ses failles, ses désirs, ses maladies, ses violences, ses métamorphoses.

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J’aime que l’on m’associe à cette idée d’indépendance, je dois l’avouer. Cela me flatte. Mais je crois qu’elle vient moins d’une posture que d’un tempérament. Je ne cherche pas à être indépendante : je lis comme je suis.

Avez-vous le sentiment que les lecteurs se détournent aujourd’hui des prescripteurs traditionnels, comme la presse culturelle ou certaines maisons d’édition?

Estelle Derouen : Je ne suis pas certaine que le lecteur ordinaire accorde beaucoup d’importance au nom de la maison d’édition. S’il trouve le livre trop cher, il l’achètera d’occasion ou attendra la sortie en poche. Le rapport au livre est souvent plus concret, plus économique aussi, qu’on ne le dit.

Pour ce qui est des prescripteurs traditionnels, la situation est plus nuancée. On sait que la presse culturelle est moins lue qu’autrefois, même si elle conserve ses fidèles. Pour ma part, j’écoute encore des émissions installées depuis longtemps, comme Le Masque et la Plume, dont je ne rate aucun épisode. En revanche, je lis assez peu la presse littéraire, et je ne vois pas aujourd’hui d’émission de télévision qui donne réellement envie de lire. La Grande Librairie m’ennuie. À une époque, On n’est pas couché pouvait m’amuser, parce qu’il s’y passait quelque chose de plus vif, de plus imprévisible.

Aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, une grande partie de la prescription se joue sur les réseaux sociaux. Et pas seulement pour les jeunes générations. On y cherche une idée pour décorer son salon, une recette de quiche, une paire de chaussures, et aussi un livre. C’est ainsi. Il y a donc, oui, un déplacement global de la prescription. Mais cela ne veut pas dire que les nouveaux espaces soient nécessairement plus libres ou plus intéressants. Ils ont simplement pris une place considérable.

 Comment vous situez-vous face au monde éditorial : en marge, en dialogue, ou en résistance?

Estelle Derouen : Un peu les trois, je crois. En marge, d’abord, parce que je ne fais pas partie de ces très gros influenceurs que l’on voit partout, qui sont très bien rémunérés, très sollicités, parfois même appelés par des maisons d’édition pour écrire des livres.

En dialogue, ensuite, parce que je travaille avec certaines maisons d’édition, et que cela se passe souvent très bien. J’aime ces échanges lorsqu’ils sont intelligents, respectueux, cohérents avec ma ligne. Il ne s’agit pas de jouer à la pureté absolue depuis une tour d’ivoire.

En résistance, enfin, parce que je n’ai pas l’impression d’alimenter docilement la machine. Je ne vais pas forcément vers les livres attendus, ceux que les équipes marketing aimeraient voir partout au même moment. J’aime fouiller les catalogues, aller chercher des textes oubliés par les médias, remettre en lumière un livre discret s’il me paraît le mériter. Tant de bons livres sont mis de côté pendant que d’autres, parfois très médiocres, occupent toute la lumière. C’est agaçant.

Mais il faut être honnête : lorsque je suis rémunérée pour parler d’un livre, je n’entre plus exactement dans cette logique de marge ou de résistance. Il s’agit alors d’une relation de travail, avec un engagement, et je tiens à cette clarté. Cela fait aussi partie de mon activité, et j’en suis très heureuse.

Comme pour les rouges à lèvres, les vêtements ou les parfums, il faut simplement que les utilisateurs gardent à l’esprit qu’un produit est parfois mis en avant contre rémunération, surtout lorsqu’un compte est très suivi. C’est à la fois triste et normal, au regard du travail que cela demande, y compris lorsqu’il s’agit de littérature. Je fais des collaborations commerciales, mais elles restent loin de représenter la majorité des livres que je défends. Et lorsque c’est le cas, les maisons me proposent généralement des ouvrages cohérents avec ma ligne éditoriale. Si le livre ne me plaît pas, je n’en parle pas.

Le mot «influenceur» — que je n’aime pas beaucoup en ce qui me concerne — vous semble-t-il adapté à ce que vous faites, ou vous paraît-il réducteur, voire trompeur?

Estelle Derouen : Paradoxalement, c’est sans doute le mot le plus juste, puisqu’il faut bien admettre que nous influençons. Nous suscitons parfois l’achat, nous orientons des curiosités, nous faisons circuler des titres. Le mot est donc exact, mais il est devenu presque imprononçable tant il est mal connoté. On l’associe aussitôt à Nabilla, à Maeva Ghennam, à tout un imaginaire de placement de produits criard, de télé-réalité et de bruit numérique.

Je préfère parler de « créateur de contenu ». C’est un terme plus neutre, presque dévitalisé, mais il a l’avantage de décrire une partie réelle du travail : fabriquer des images, des vidéos, des supports, trouver une manière de faire exister visuellement un livre, de lui donner une chance dans ce grand flux où tout disparaît très vite.

Votre succès semble reposer sur une forme de confiance très forte avec vos lecteurs. Comment se construit, selon vous, cette relation si particulière?

Estelle Derouen : Je crois que je suis sincère, et j’ose espérer que c’est cela qui plaît. Je ne cherche pas à séduire tout le monde. D’ailleurs, la littérature que je mets en avant n’intéresse pas toujours un très large public.

Lorsque je parle de littérature érotique, par exemple, je perds beaucoup de monde. En choisissant de ne pas parler de romance, je me prive aussi d’un public considérable. Lorsque je parle de Céline, je me mets à dos à la fois les puristes et ceux qui rejettent absolument son œuvre. Mais c’est cela qui m’intéresse : ne pas chercher le consensus, ne pas courir après le chiffre pour le chiffre.

Ce qui me plaît, c’est l’honnêteté de la démarche. Je parle naturellement de ce qui m’intéresse, de ce qui me trouble, de ce qui me plaît. À force, cela finit par dessiner une ligne éditoriale. Les lecteurs m’associent à certaines littératures, à certains territoires, à certaines obsessions. La confiance naît peut-être de là : d’une fidélité à soi-même.

Votre manière de parler des livres est souvent décrite comme simple, directe, mais profondément incarnée. Est-ce une recherche consciente ou quelque chose de plus instinctif?

Estelle Derouen : C’est complètement instinctif. Je ne cherche pas à être ce que je ne suis pas. Je n’ai pas fait d’études de lettres, et je crois que c’est justement ce qui rend mon contenu intéressant. Il échappe à une approche trop scolaire, trop universitaire, trop estudiantine.

Je ne répète pas ce que j’aurais appris dans un amphithéâtre. Je ne cherche pas à produire un discours savant sur les livres. En revanche, je sais pourquoi un texte mérite d’être lu, pourquoi il m’a saisie, pourquoi il peut toucher quelqu’un. Et c’est cela que j’essaie de transmettre, avec des arguments simples, accessibles, compréhensibles par tous.

Vous donnez le sentiment de parler des livres comme d’expériences vécues. Est-ce une façon de redonner à la lecture une dimension plus intime, plus vivante?

Estelle Derouen : Mais les livres sont des expériences vécues. La lecture est une affaire intime, profondément personnelle. Chaque lecteur a son propre rapport aux livres, mais pour moi, la littérature est un prolongement de la vie. On lit pour compenser, pour vivre ce qu’on ne vivra jamais, pour approcher ce que l’on s’interdit, pour se reconnaître parfois, pour apprendre, pour souffrir, pour rire, pour déplacer quelque chose en soi.

Un livre n’est pas seulement un objet culturel. C’est une traversée. On en sort parfois indemne, parfois pas. On peut y trouver une phrase qui nous accompagne pendant des années, une scène qui revient sans prévenir, un personnage qui prend place dans notre vie intérieure. C’est cette intensité-là que j’essaie de transmettre.

Vous semblez transmettre un véritable désir de lecture. Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un livre «se transmet» réellement?

Estelle Derouen : Je crois qu’un livre se transmet lorsqu’un lecteur reconnaît, dans la personne qui en parle, une sensibilité proche de la sienne. Cela rejoint la question de la confiance. On va parfois acheter un livre parce que l’on sait ce que j’aime, parce que l’on connaît mon goût, mes fidélités, mes obsessions. On devient alors une sorte de label, en plus d’être un diffuseur. C’est très flatteur d’être, pour certains lecteurs, le dernier rempart avant l’achat. Certains attendent mon avis avant de se procurer un livre qu’ils avaient déjà repéré.

Mais les formats comptent aussi beaucoup. Selon la nature du livre et ce que j’en pense, je peux privilégier la vidéo ou le carrousel d’images avec des extraits. Tout cela joue dans la transmission. Il ne suffit pas de dire qu’un livre est bon. Il faut créer une atmosphère, une envie, un petit espace de curiosité.

Je crois qu’un créateur de contenu doit avoir une personnalité. Son compte doit dégager quelque chose : une ligne, une humeur, un regard, une manière de tenir les livres. Sinon, qu’est-ce qui nous différencie d’un média classique ? À part, peut-être, l’amateurisme — et encore, il a parfois du charme.

Que pensez-vous de cette idée, parfois entendue dans le milieu éditorial, selon laquelle l’essentiel serait de vendre un livre, indépendamment du fait qu’il soit lu?

Estelle Derouen : C’est bête à dire, mais les maisons d’édition vivent parce qu’elles vendent des livres. Dire que l’économie a rattrapé la passion du livre n’a rien de très original. Je ne vais pas me lancer dans un grand discours anticapitaliste et manichéen : ce serait trop facile et assez inutile. Il faut vendre pour faire du profit, parfois simplement pour survivre. Beaucoup de maisons indépendantes sont aujourd’hui dans une situation très difficile.

Mais assumer que l’essentiel soit seulement de vendre, sans se soucier que le livre soit lu, c’est tout de même assez désolant. C’est peu considérer le portefeuille des lecteurs, mais aussi leur temps, leur attention, leur désir. Acheter un livre, ce n’est pas acheter n’importe quel objet. C’est faire entrer chez soi une promesse de lecture, de silence, de présence. Si cette promesse est vide, si l’on ne cherche qu’à déplacer du papier, alors quelque chose se perd.

Votre succès dit-il quelque chose, selon vous, d’un besoin plus large de notre époque? Une forme de fatigue face à certains discours dominants?

Estelle Derouen : Oui, je le crois. Il y a une envie d’approches plus personnelles, plus libres, plus indépendantes — même si nous sommes nous aussi très vite rattrapés, absorbés, parfois corrompus par le système. Le jour où l’on lasse, les gens cessent de nous suivre. C’est brutal, mais assez sain.

Ce qui m’ennuie, c’est que l’on fuit parfois les médias traditionnels parce qu’ils mettent toujours en avant les mêmes livres, mais les réseaux sociaux finissent par reproduire les mêmes schémas. Les mêmes titres circulent, les mêmes couvertures apparaissent, les mêmes formats se répètent. Je me demande souvent si les comptes les plus intéressants ne sont pas les plus petits, ceux qui restent réellement indépendants, ceux qui n’en font pas leur métier, qui achètent leurs livres en librairie et en parlent à leur manière.

À force de professionnalisation, les réseaux sociaux ont perdu une partie de leur spontanéité. Les relations sont devenues plus commerciales, plus intéressées. On joue la fraîcheur, mais on ne l’est plus toujours. On se retrouve avec des créateurs de contenu qui parlent des mêmes livres, sous les mêmes formats, parce qu’il faut s’adapter aux changements algorithmiques. La réalité est là. Moi-même, je me suis mise à la vidéo pour m’adapter, alors que ce n’était pas prévu.

Est-il difficile aujourd’hui de conserver une parole libre dans un espace public, même numérique?

Estelle Derouen : Bien sûr. Les réseaux sociaux censurent certains contenus, notamment lorsqu’ils touchent à la sexualité. Parler de littérature érotique n’est donc pas toujours évident. Et puis, dès qu’un compte commence à être suivi, on devient vite la cible de critiques, parfois de harcèlement. Les gens se lâchent derrière leur écran, mais ce n’est pas nouveau.

Je pense que cela crée une forme de crainte. Certains hésitent à parler de certains livres, à prendre position, à défendre des textes plus clivants. Personnellement, je n’en ai pas grand-chose à faire. Je me fais plaisir en mettant en avant les livres que je veux.

Au-delà de cela, il y a aussi une question stratégique. Si l’on veut être visible, il vaut mieux parler de livres populaires ou de classiques, si possible pas trop clivants. Parler de littérature contemporaine exigeante, moins connue, pas forcément très vendeuse, c’est un pari. Mais c’est précisément ce qui m’intéresse.

Vous évoquez souvent, implicitement, la nécessité du risque. Quel rôle joue-t-il dans vos choix de lecture et de recommandation?

Estelle Derouen : J’aime le risque. Je n’en prends pas énormément dans ma vie quotidienne, sauf peut-être dans mes lectures et dans la manière dont je les partage. Je ne veux pas d’un monde lisse, où tout le monde lirait la même chose, penserait la même chose, aimerait les mêmes livres au même moment.

Je vais donc volontiers vers des écrivains audacieux, francs, parfois violents. J’ai un certain goût pour la violence en littérature. Cela ne veut évidemment pas dire que j’aime la violence dans la vie, mais son traitement littéraire me fascine. La littérature permet de regarder ce que l’on évite ailleurs. Elle ouvre des zones dangereuses, inconfortables, mais nécessaires.

Avez-vous le sentiment d’avoir créé une communauté, ou plutôt une forme de compagnonnage autour des livres?

Estelle Derouen : Un peu les deux, mais j’aime beaucoup l’idée de compagnonnage. Le mot est moins froid, moins commercial, moins numérique aussi. Il dit quelque chose de plus humain.

J’échange beaucoup avec mes lecteurs. Nous nous écrivons en messages privés, nous partageons nos avis, nos désaccords, nos enthousiasmes. Certains viennent me voir lorsque j’anime des rencontres. Ils me suivent, mais pas seulement au sens technique du terme. Ils m’accompagnent, d’une certaine manière. En tout cas, c’est ainsi que je le ressens.

Si vous deviez résumer en une phrase ce que vous cherchez à transmettre à travers votre travail, que diriez-vous?

Estelle Derouen : Je dirais que j’essaie de transmettre une passion pour la lecture, mais aussi une forme de révélation très simple : la littérature apporte beaucoup plus qu’on ne le croit. Elle éclaire, elle console, elle trouble, elle dérange, elle accompagne. Elle est parfois une chambre secrète, parfois une fenêtre ouverte, parfois une gifle. Et c’est tout cela que j’aimerais donner envie d’aller chercher dans les livres.

Crédits photo : Estelle Derouen 

 
 
 

Par Vincent Hein
Contact : contact@actualitte.com

1 Commentaire

 

NAUWELAERS

11/05/2026 à 21:55

Je ne fais partie d'aucune communauté Instagram ni autre, je lis toujours la critique établie (et j'écoute «Le Masque et la Plume» chaque dimanche -pas seulement les livres donc).
Eh bien je suis intéressé et séduit par le discours de cette personne que je découvre grâce à ce site.
Bravo.
CHRISTIAN NAUWELAERS

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Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.

30/04/2026, 12:52

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Accessibilité numérique : “Les bibliothèques des collectivités territoriales sont en retard”

La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

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IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

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La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

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Une taxe pour aider l'édition : le blanc-sain très sélectif du SNE

Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?

08/06/2026, 12:28

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“Paris, place forte du commerce des droits internationaux”

Quatre ans après son lancement, le Paris Book Market s’impose comme un rendez-vous majeur du commerce international des droits. Pierre Astier et Laure Pécher saluent ce succès dans un texte adressé à ActuaLitté... Tout en appelant à ouvrir plus largement l’événement aux agents, scouts et professionnels étrangers qui gravitent déjà autour de la place parisienne.

08/06/2026, 11:47

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres

Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».

07/06/2026, 09:30

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

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L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

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Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25

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Les catalogues de bibliothèque ont-ils déjà perdu face à l’IA ?

Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.

31/05/2026, 10:48

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Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

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Narbonne fait vibrer les livres, les voix et les idées

Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.

 

26/05/2026, 17:16

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Époque, le festival des livres qui éclairent notre temps

Cette 12e édition d’Époque, festival et salon du livre de Caen, fera la part belle au voyage et à l’ailleurs, sans se départir de son identité : éclairer les grands sujets de notre temps.

26/05/2026, 17:02

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En librairie, la profusion de nouveautés rend-elle le fonds invisible ?

La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.

22/05/2026, 09:06

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

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Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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La crise Grasset “exige du discernement : chaque contrat est différent, chaque situation unique”

La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques. 

15/05/2026, 17:33

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“Un enfant ne regarde pas une saison. Il la vit”

Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.

15/05/2026, 15:19

ActuaLitté

Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

ActuaLitté

L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

ActuaLitté

Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38