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Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

Le 10/05/2026 à 09:04 par Les ensablés

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10/05/2026 à 09:04

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Ce premier succès lui ouvrit les portes de « La revue de Paris » qui publia en 1905 le roman Près du sol. Dans sa préface à une édition ultérieure, Suzanne Souchon, fille de l’auteur, indique que Guillaumin conservait «à titre de curiosité » les feuillets du roman «couverts d’inextricables ratures » faites par le redoutable directeur littéraire de la revue, Ganderax, « un puriste excessif» (sur la sévérité de Ganderax avec Boylesve, voir ici), qui n’hésitait pas à corriger Loti ou France, alors au faîte de leur gloire.

Cet épisode n’empêcha pas toutefois Guillaumin de remanier son roman en 1926 et c’est cette dernière version, préfacée par sa fille qui a été depuis rééditée.

Le roman suit le destin d’une jeune fille du monde paysan et donne un témoignage marquant (mais sans pathos) des rudes conditions de vie dans les campagnes au début du XXe siècle. Ce n’est pas, pour autant, un roman social ou naturaliste, mais plutôt l’histoire poignante d’une petite enfant sage devenue une jeune fille à marier. Ce thème très classique, largement abordé par la littérature (on pense à Balzac, Flaubert, Jane Austen...) s’inscrit dans le décor plus inattendu d’un hameau où voisinent petits propriétaires, fermiers et journaliers, à l’ombre du château dont le propriétaire, maire de la bourgade, fait de rares apparitions, préférant, le plus souvent, se faire représenter par son homme de confiance ou ses nombreux employés. Voilà pour le décor !

Maria, bien née pour son malheur

La situation sociale de Maria, notre héroïne, est apparemment des plus enviables. Fille unique d’un petit propriétaire, elle peut prétendre à un beau mariage, ce qui, dans la fruste réalité de son milieu, signifie un mariage avec un fils de fermier ou, mieux encore, avec le fils d’un petit propriétaire voisin.

Comme Emma Bovary, Maria est mise en pension pendant deux ans pour recevoir une bonne éducation supposée la placer au-dessus de ses petits camarades d’enfance, fils et filles de journaliers. Le père de Maria admire l’homme de confiance du château qui a lui-même mis ses filles en pension et qui lui promulgue ses conseils, lors de parties de cartes au café. Car le père adore tout ce qui touche de près ou de loin au château, recherche la compagnie de ses employés, furent-ils gardes-chasses ou simples domestiques, et regarde de haut les travailleurs journaliers.

Mais à la différence d’Emma Bovary, Maria ne va pas se monter la tête. Ses deux ans de pension ont ouvert son esprit, l’ont confrontée aux jeunes filles de la ville dont l’une est devenue son amie. Elle revient, emplie de bonne volonté et d’affection, dans la maison familiale constituée d’une seule pièce enfumée où son lit fait face à celui des parents, encrassé par la suie de la cheminée et la graisse de la cuisine toute proche. Le lecteur d’aujourd’hui jugerait ces lieux misérables et insalubres, mais les apparences sont trompeuses. Les parents de Maria sont des travailleurs acharnés, obnubilés par l’accroissement de leurs propriétés. Ils se refusent un confort qu’ils pourraient se permettre.

Une ferme entre splendeur et suie

Et si la maison apparaît misérable, il n’en est rien de ses alentours constitués de dépendances, greniers, étables, champs admirablement cultivés et d’un jardin d’une folle exubérance, empli au printemps de roses, œillets, églantines, chèvrefeuille, papillons et oiseaux. Les descriptions de cette campagne bucolique alternent avec des scènes plus sombres où règnent la souffrance animale, les humiliations faites aux paysans sous des cieux ténébreux, sous des averses cinglantes et les pieds dans la boue.

Ces alternances, rythmées par les saisons, sont aussi celles qui envahissent les pensées de Maria. La jeune-fille est beaucoup trop lucide et raisonnable pour s’exalter ou se désespérer comme le fait Emma Bovary. Elle est néanmoins tiraillée entre la joie du retour au foyer familial et le constat amer d’avoir perdu tout ce qui avait contribué à élever son esprit.

#[pub-4] 

La lucidité contre le rêve

Elle accueille avec plaisir les bons moments et revoit avec la même simplicité qu’avant, ses amis d’enfance et ses vieux voisins. Elle aide activement ses parents dans les rudes travaux de la ferme auxquels sa constitution fragile n’est pas adaptée. Toutefois, elle ne peut s’empêcher de regretter la compagnie de son amie de pension, de comparer l’aisance de langage et l’affection qui règnent dans la famille de son amie à la rudesse et la mesquinerie de son père, à la passivité de sa mère qui travaille comme une bête de somme. Ces moments-là sont envahis par la tristesse.

Cette alternance des saisons et des états de Maria, se manifeste aussi au travers de deux personnages, prétendants potentiels (bien qu’improbables) sur lesquels notre héroïne exerce son jugement. L’un est son ami d’enfance, Jacques, un fils de journalier, qui a été lui-même « placé » dès l’âge de douze ans, dans une ferme. Jacques, c’est l’ami, le protecteur, « un grand géant timide », mais c’est aussi le voisin pauvre. Jacques sait tout de même lire et écrire et s’informe dans le journal. Il se déclarera en bonne et due forme dans une lettre, mais sera vite éconduit sur les ordres du père.

Paul, ou la promesse d’un autre monde

Maria aurait-elle pu l’aimer ? Rien de moins sûr, mais la sincérité et la probité de Jacques, son amour respectueux et inconditionnel pour Maria laisse un goût de regret quand on connaît la suite. L’autre candidat potentiel est sans doute l’élu de Maria qui, sans toutefois s’enflammer, s’autorise à se rêver en épouse d’instituteur, aidant son mari, accueillant les petits élèves.

Paul est le frère aîné de Lucie, sa meilleure amie de pension. Fils d’un petit entrepreneur et d’une couturière, Paul se destine au métier d’instituteur. C’est un jeune homme cultivé, intelligent, un « beau parleur ». Il recherche la compagnie de Maria, va lui rendre visite chez ses parents, lui prête des livres. Maria est réconfortée par les longues conversations avec Paul dans lesquelles sont commentées les lectures partagées. Mais Paul ne se déclarera pas et sera happé par une autre jeune fille dont la description, peu flatteuse, laisse également un goût de regret pour le couple bien mieux assorti qu’auraient formé Paul et Maria.

Au bal des désillusions

Comme dans « Madame Bovary», il y aura un bal ou plutôt une fête de village qui accueillera deux bals dans ses deux auberges : le bal Grenier et le bal Rambert, « beaucoup plus distingué ». « Au bal Rambert, il y avait plus d’orgueil et d’ostentation, moins de laisser-aller, moins de sauvagerie primitive, beaucoup plus de malice et pas plus de morale », nous indique l’auteur. Ce dernier bal reçoit la visite de jeunes employés de commerce de la ville. Paul y fera même une brève apparition au bras de sa nouvelle conquête. Maria y fera le triste constat de la vanité et de la misère.

Ce bal, qui était son premier et dont elle se faisait une grande joie, est le sommet de toutes ses désillusions. Le brave Jacques viendra à son secours. Son évocation, qui semble surgie des pensées de Maria, n’est pas sans rappeler les réflexions d’Emma Bovary sur Charles, son époux : « Ce qu’il était fier, le brave Jacques, de figurer dans le cortège avec Maria (…). Mais ses allures de “pas dégourdi” et son costume de coutil déjà passé le faisaient remarquer ».

Le mariage comme sentence

Dans ce funeste bal, apparaît aussi un troisième personnage, un triste individu, d’une épouvantable bêtise et porté sur la boisson. Ce fils de fermier sera appelé à jouer un rôle déterminant dans le destin de Maria, car le hasard voudra que ses parents, fermiers aisés dans un village éloigné, se portent acquéreurs d’une propriété jouxtant celle des parents de Maria. Il est aisé de deviner la suite. Promise à un mariage indigne, Maria tentera vainement de résister sous la pression des deux familles. La fin du roman, que je ne dévoilerai pas, est digne d’un opéra, avec un ultime rebondissement parfaitement orchestré.

Ce très beau roman, dont l’histoire est, somme toute, assez classique, trouve son caractère unique dans les correspondances qu’il établit entre les états de la Nature (si bien décrite !), le for intérieur agité de son adorable héroïne et un commun destin entre les animaux et les hommes. De mon point de vue, les plus belles pages du roman sont celles qui décrivent les foires de Caurs et d’Herson. Ce n’est pas un hasard si Guillaumin y décrit la souffrance animale, bien avant les prises de conscience de notre époque.

Quand on relit ces pages, après avoir achevé le roman, le destin de Maria apparaît identique à celui de ces animaux d’élevage qu’on a soignés et nourris, sur lesquels on s’est attendris quand ils étaient tout jeunes, auxquels on a donné des noms et qui ont été livrés sans pitié, car il faut bien régler ses dettes et continuer à travailler. Guillaumin parle d’expérience quand il évoque « les plaintes des pauvres bêtes acceptant avec un air de tranquille résignation ce nouveau supplice ».

Isabelle Luciat, mai 2026

 
 

Par Les ensablés
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À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Tous les jardins du monde

16/06/2026, 17:54

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Sauf la frontière

16/06/2026, 11:30

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Résister quand l’histoire accélère : une boussole face au fascisme

À Perm-36, ancien camp du Goulag, Catherine Dorion découvre une mémoire nue : des cellules, du froid, du silence, des morts, et la sensation physique d’un avertissement. De cette visite à l’année 2025, Le courage et la joie relie les récits du totalitarisme, la montée des autoritarismes contemporains et les mécanismes psychiques qui désarment les sociétés démocratiques. À paraître le 21 août.

16/06/2026, 11:26

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Ibtisam Azem imagine un matin sans Palestiniens

Au réveil, les Palestiniens ont disparu. Mais les maisons, les téléphones, les rues, les noms anciens et les cahiers restent là. Dans Le Livre de la disparition, Ibtisam Azem transforme cette hypothèse sidérante en roman de mémoire et d’effacement. Entre le cahier rouge d’Alaa, Palestinien de Jaffa, et le regard d’Ariel, journaliste israélien, l’absence devient une présence impossible à contenir. Apparition, le 26 août.

16/06/2026, 10:36

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Le pacte des Héritières de Lucie Castel : la saga des femmes du clan des Rochefort

Tout est réuni dans cette saga familiale pour captiver les lecteurs et lectrices : un clan familial très riche gère ses affaires au sein d’un conseil d’administration exclusivement constitué d’hommes. À la mort du patriarche, le testament comporte une énigme et celui qui saura la résoudre prendra la place du défunt.

16/06/2026, 09:41

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Landru, Barbe-Bleue passé au noir et blanc

Chabouté s'empare du mythe « Landru » et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.

16/06/2026, 09:23

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La maîtresse juive de Mussolini

En 1947, Margherita Sarfatti est de retour dans sa villa du lac de Côme après la guerre et son exil provoqué par les lois raciales. Elle retrouve un décor presque intact, mais hanté par les fantômes du fascisme, de son fils mort au front et de son ancien amant, Benito Mussolini.

16/06/2026, 09:00

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Comme un bon roman, l’entretien auto se lit à l’avance : tout ce que vous ignorez sur le remplacement des amortisseurs

Un récit bien construit sème ses indices longtemps avant le dénouement. Une voiture procède de la même manière : elle parle, elle prévient, elle laisse des traces, mais encore faut-il savoir les lire. 

16/06/2026, 08:17

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Une vie en caravane, loin de la maison promise

Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d’une soixantaine d’années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu’à l’épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit, ce qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’est qu’une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu’elle a sacrifié – argent, temps, présence – s’est effondré.

16/06/2026, 08:00

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Une famille portoricaine prise entre deux pays

1968, Porto Rico. En épousant Peter, un séduisant Américain d’origine irlandaise, Rafaela s’efforce d’étouffer les doutes qui l’assaillent. Pour cette jeune femme hantée par la faillite financière de ses parents et par son amour caché envers le fils de sa gouvernante, quitter son île natale apparaît comme un possible renouveau. 

16/06/2026, 07:00

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Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

Christine Jordis est une figure peu commune du Prix Femina - elle est présidente du jury cette année -, et de l'érudition littéraire. La meilleure des collections, Bouquins, réunit deux de ses ouvrages majeurs : Gens de la Tamise et d’autres rivages et Promenades anglaises. Fidèle comme on en rêve, aux lettres anglaises, impériales puis post-impériales, et aux paysages britanniques, elle tient ensemble l'effort, le goût et l'attention.

15/06/2026, 18:22

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Quartier des fantômes

15/06/2026, 12:00

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Quand l’enfance à la ferme se change en cauchemar, Lait cru

Rien ne se dépose vraiment dans Lait cru : ni le froid, ni la faim, ni les odeurs, ni les bêtes. Depuis une chambre de soin où l’écriture le ramène vers son passé, le narrateur de Steve Poutré rouvre son enfance dans une ferme des Cantons-de-l’Est. Le roman avance par fragments sensoriels, entre rudesse agricole, vertige mental et violence familiale, sans folklore ni nostalgie. À surveiller, dès le 20 août.

15/06/2026, 10:51

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Ceux qui nous frappent : la violence invisible mise au procès

Un procès inventé, mais nécessaire, ouvre Ceux qui nous frappent sur une question que le droit peine à saisir : comment juger une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles ? Dans la salle 403 du tribunal de Rennes, Anaïs Llobet confronte la mort de Sara Messina, boxeuse disparue, aux récits de ceux qui prétendent la comprendre, l’aimer, la défendre ou l’expliquer. Un roman judiciaire tendu, précis, traversé par la colère et le doute. Ouverture, le 26 août.

15/06/2026, 10:45

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L’affaire Violette Nozière, entre crime et patriarcat

Avec ce portrait de la célèbre parricide, le texte de Jérôme Leroy, éclairé par une prose lumineuse et très documentée, nous offre une immersion glaçante dans la société patriarcale des années 30.

15/06/2026, 10:40

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André Velter, le galop libre de la poésie

Avec Où se risque la chance, André Velter poursuit ce qu’il fait depuis des décennies : transformer la poésie en manière d’habiter le monde intensément, sans hiérarchie entre les cultures, les paysages, les musiques, les colères et les émerveillements. Mais ce nouveau livre, publié dans la collection Blanche de Gallimard, possède quelque chose de plus libre encore, presque dionysiaque : une écriture qui refuse toute ligne droite et préfère les surgissements, les éclats, les bifurcations de la mémoire et du désir.

15/06/2026, 10:38

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Reconnaître le fascisme avant qu’il ne soit trop tard

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. 

15/06/2026, 08:00

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Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

14/06/2026, 09:00

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Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

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Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00

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Deux disparitions, un meurtre, vingt-cinq ans de silence

Pierric Bailly livre un roman noir d’aventures, entre le Vercors et le Jura, mais aussi le Mexique et l’Afrique. Tout commence à la fin des années 1980, par l’amitié entre deux couples de frères et sœurs, dès l’école primaire. Un coup de feu retentit une nuit d’avril 1998. Pascal, le père de Paloma et Leo, est retrouvé mort avec une balle dans la tête. Les enfants, eux, se sont volatilisés. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont bouleversés. 

13/06/2026, 09:00

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Constable, Spinoza, guerre mondiale : la Booksletter fête son 100e numéro

Pour son 100e numéro, la Booksletter réunit peinture, géopolitique, essai littéraire, philosophie religieuse et mémoire politique. De Constable à Spinoza, de la Première Guerre mondiale au Bund, cette livraison éclaire des livres récents qui interrogent notre rapport au réel, au désir, à l’histoire, aux croyances et aux appartenances, tout en prolongeant la veille d’ActuaLitté sur les tensions actuelles du monde du livre et de la lecture contemporaine.

13/06/2026, 08:27

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La violence ordinaire du droit d’asile

Dans Ainsi la Cour décide, Caroline Knecht propose le décorticage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile, là où s’expriment chaque jour des récits d’exil et de survie. Par courts chapitres où se mêlent narration et collage, il met au jour la mécanique judiciaire, révélant comment l’institution écoute, classe – et ce qu’elle ne peut entendre. Le texte fait ainsi apparaître la géométrie politique du droit d’asile et sa sourde violence.

13/06/2026, 08:00

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Comprendre le passé eugéniste Américain

Avant « Make America Great Again », il y a eu « Make America Great » ou tout comme : c’est en effet pour rendre le pays plus puissant et son peuple plus performant que certains États ont, durant la première moitié du XXe siècle, encouragé des recherches en vue « d’améliorer la race » et promulgué des lois eugénistes..

13/06/2026, 07:00

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Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22

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Meilleures ventes : La prof reste en tête devant Mortelle Adèle et Boualem Sansal

La prof, de Freida McFadden, traduit de l’anglais par Karine Forestier, conserve la première place des meilleures ventes en France, avec 19.866 exemplaires écoulés et 178.238 exemplaires cumulés en six semaines. Le titre publié chez J’ai lu devance Mortelle Adèle tome 23 : Nazebrocadabra !, qui gagne quatre places, et La légende, de Boualem Sansal, entrée directe sur le podium. Le haut du tableau associe un leader stable, une bande dessinée en progression et une nouveauté de littérature hors poche.

12/06/2026, 15:56

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Jeanne, une papesse au Vatican

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Rimbaud, ce dieu aux yeux vides

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Dortmunder, pour faire sauter la banque, il doit voler un mobile home géant...

Avec Dortmunder : Bank Shot, Dupuis poursuit l’exploration du polar américain dans sa collection Aire Noire. Doug Headline adapte Donald Westlake, accompagné au dessin par Jesús Alonso Iglesias et à la couleur par Isabelle Merlet.

11/06/2026, 17:37

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Archive de Berthe Bendler

11/06/2026, 14:02

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“Avalanche, veux-tu l’emporter dans ta chute ?”

« Le goût du néant » : c’est avec un vers de ce poème de Baudelaire que Carole Martinez a choisi d’intituler son dernier roman, Dors ton sommeil de brute (Gallimard, août 2024). Après un roman, Les roses fauves (Gallimard, 2020) que nombre de ses lecteurs ont jugé (peut-être sévèrement) trop métafictionnel, C. Martinez nous offre avec onirisme un texte qui s’attache autant à l’inutile beauté de la prose qu’à celle de la question de la maternité. 

11/06/2026, 10:56

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Lèvres bleu ciel de Coralie Akiyama : Big in Japan

La jeunesse est ouverte à l’inconnu, au plaisir de la découverte, et aux charmes de l’exotisme. Clément et Solène sont deux étudiants français qui débarquent à Tokyo pour une année d’Erasmus. Aidés par un étudiant japonais, Noboru, ils prennent leurs marques à l’université. Mais ces deux étudiants ont une autre idée en tête : collectionner les aventures d’un soir et vivre pleinement cette année de parenthèse.

11/06/2026, 10:55

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Servitude(s) d'Arnaud Garnier : une charge trop lourde à porter

Il y a autant de récits que de personnages dans ce roman qui débute à Paris et qui se termine sur une petite île du Pacifique en Polynésie. Servitude(s) avec ou sans « s » est une charge, un droit, souvent utilisé aux dépens d’un propriétaire : comment être pleinement libre de sa propre destinée quand le monde extérieur tente de vous imposer sa façon de vivre ou sa vision des choses ?

11/06/2026, 10:54

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Marylise Léon ou l’éthique du réel

Dans son premier ouvrage, la secrétaire générale de la CFDT ne livre ni manifeste idéologique ni mémoires anticipés. Avec S’engager, elle propose une réflexion pragmatique sur le travail, la démocratie sociale et la nécessité du compromis dans une époque fascinée par les postures et les affrontements.

11/06/2026, 10:54

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Les Fantômes de Shearwater

10/06/2026, 19:30