La poétesse et écrivaine Paloma Hermina Hidalgo a annoncé avoir reçu le prix international de poésie Yvan Goll 2026 pour son recueil Féerie, ma perte, publié aux éditions de Corlevour. Elle a adressé sa « gratitude » au jury, à son éditeur Réginald Gaillard et à celles et ceux qui accompagnent son écriture.
Le 28/04/2026 à 17:43 par Hocine Bouhadjera
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Décerné chaque année par la Fondation Yvan et Claire Goll, ce prix distingue des poètes francophones contemporains, en mettant particulièrement en lumière des œuvres récentes. Il est remis à l’occasion du Marché de la Poésie à Paris et s’accompagne d’une dotation de 4000 euros.
Avec Féerie, ma perte, Paloma Hermina Hidalgo propose un texte singulier, à la croisée de la poésie, du théâtre et de la mythologie. Le recueil met en scène un univers de marionnettes et de figures maternelles toute-puissantes, où une fille sacrifiée — Pupa — évolue dans un monde de doubles, de corps fragmentés et de rituels.
Le livre s’inscrit dans une esthétique baroque et transgressive, mêlant érotisme, mystique et violence symbolique. Il détourne les récits fondateurs — de la Genèse au mythe du Golem — pour proposer une relecture du sacré, où « Dieu s’est retiré » au profit d’une figure maternelle démiurgique. Les poèmes y apparaissent comme des formes d’exorcisme, dans une langue volontairement radicale, traversée par des images corporelles et une théologie déviée.
À LIRE - Féerie, ma perte : mise en scène du délice et de l’effroi
Paloma Hermina Hidalgo développe depuis plusieurs années une œuvre à la croisée des disciplines. Formée à l’École normale supérieure (Ulm) et à HEC Paris, elle s’est d’abord fait connaître par des essais et des textes critiques publiés dans la presse culturelle européenne, avant de s’imposer comme autrice. Son travail mêle poésie, prose, philosophie et performance.
Elle est notamment l’autrice de Cristina (2020), Rien, le ciel peut-être (2023), ainsi que du roman Matériau Maman (2024). En 2024, elle reçoit le prix Méditerranée pour ce dernier recueil, distinction qu’elle choisit de refuser pour des raisons politiques.
Engagée dans le paysage littéraire, elle est élue la même année secrétaire générale du Printemps des Poètes, et participe régulièrement à des projets institutionnels, notamment autour des enjeux éthiques de l’intelligence artificielle.
Créée en 1991 sous l’égide de la Fondation de France, la Fondation Yvan et Claire Goll rend hommage à deux figures majeures de la poésie du XXe siècle. Le prix qu’elle attribue chaque année vise à promouvoir des voix contemporaines, dans l’esprit d’ouverture qui caractérisait le couple Goll, marqué par les mouvements d’avant-garde européens, de l’expressionnisme au surréalisme.
Au-delà de la distinction, la fondation poursuit un travail de conservation et de valorisation du patrimoine littéraire laissé par les deux écrivains, notamment à Saint-Dié-des-Vosges, où sont conservés leurs manuscrits, leur bibliothèque et leur collection d’œuvres d’art.
Le prix international de poésie Yvan-Goll 2025 avait été attribué à Alexis Bernaut pour Passage au marbre, publié aux éditions L’herbe qui tremble.
Crédits photo : Paloma Hermina Hidalgo (CC0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 12/06/2025
61 pages
Editions de Corlevour
15,00 €
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