La question taraude de plus en plus de professionnels du livre, dans le monde entier : comment expliquer la baisse de l'intérêt pour lecture, souvent observée à travers l'ensemble de la population ? Une enquête de l'Ifop, consacrée aux pratiques culturelles des Français, suggère une absence d'envie pour la lecture, plus qu'un manque de temps ou d'argent.
Le 27/04/2026 à 16:05 par Antoine Oury
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27/04/2026 à 16:05
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Le premier trimestre de l'année 2026 annonce une année moribonde pour l'industrie du livre, avec un recul des ventes des livres neufs de 6,5 % en valeur sur l’ensemble du trimestre par rapport à l'année dernière. Du côté des librairies indépendantes, l'inquiétude est également de mise, avec un chiffre d'affaires en baisse de 5 à 6 % depuis janvier 2026, selon les données du Syndicat de la Librairie française.
Au-delà de ces préoccupations économiques, le recul des pratiques de lecture semble réel. Mi-avril, le Centre national du livre dévoilait les résultats d'une étude commandée à Ipsos/BVA, consacrée au rapport des jeunes Français, de 7 à 19 ans, avec la lecture.
Parmi ses points saillants, une appréciation générale de la lecture, mais, paradoxalement, un temps de plus en plus court qui lui est réellement consacré, chaque jour (18 minutes), face aux écrans (3h01). Cet éloignement de la lecture n'est pas circonscrit aux jeunes, puisque toutes les classes d'âge, en France, sont concernées par le phénomène : d'ailleurs, une partie des interrogés, dans le cadre du sondage Ipsos/BVA, indiquait qu'ils voyaient rarement leurs parents ouvrir un livre.
L'Ifop, cette fois, a mené une étude, pour la Fondation Art Explora en partenariat avec France Culture, centrée sur les pratiques culturelles de plus de 4000 Français et Françaises. Premier constat, et non des moindres : 86 % d'entre eux jugent la culture essentielle à la qualité de vie, juste après les moments en famille (93 %) et entre amis (89 %).
Sans surprise, les catégories de la population les plus diplômées, les plus aisées et dont l'accès à la culture est le plus facile ont tendance à juger la culture plus essentielle à la qualité de vie. Les 65 ans et plus ont également tendance à considérer la culture comme plus importante dans leur vie que le reste de la population.
Parmi les répondants, 72 % ont indiqué avoir lu au moins un livre au cours des douze derniers mois, un résultat en forte baisse par rapport aux réponses d'il y a près de 10 ans, en 2017 (85 %). Même punition pour les visites en bibliothèques ou médiathèques : ils sont 33 % à avoir franchi leurs portes au moins une fois l'année passée, contre 49 % en 2017.
La littérature reste pourtant un art jugé proche de soi (par 13 % des répondants, derrière le cinéma et la musique contemporaine), mais aussi peu hermétique (3 % s'en sentent éloignés, loin derrière l'opéra, le ballet classique ou la danse contemporaine).
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Par ailleurs, une bonne partie des répondants se dit désireuse de pratiquer plus d'activités culturelles (62 %), avant tout pour le bien-être physique et mental que cela procure, le côté divertissant ou l'acquisition de connaissances. Mais alors, pour quelle raison ne pas s'y mettre ?
Interrogés quant à la raison principale derrière la pratique moindre de telle ou telle occupation culturelle, pour la lecture de livre, les concernés évoquent, à 48 %, le fait de ne pas en « éprouver l'envie », devant le manque de temps (35 %), et très loin devant le manque d'argent (6 %) ou d'informations (4 %). Ainsi, la concurrence des autres loisirs, qui limiterait le temps disponible pour la lecture, ou encore les prix en hausse des ouvrages neufs ne seraient pas en cause dans l'éloignement de la lecture.
Les bibliothèques et médiathèques sont elles aussi victimes de cette apathie, puisque 55 % des répondants n'éprouvaient pas l'envie d'en pousser la porte au cours des douze derniers mois. 23 % pointent le manque de temps, et 10 % l'absence d'équipements de lecture publique à proximité.
Pour mieux comprendre cette « non-envie » de culture, et plus particulièrement de lecture, l'Ifop a complété son étude d'un volet qualitatif, constitué de 12 entretiens semi-directifs de 1h. Cet échantillon plus réduit réunissait des représentants du « public paradoxal », qui reconnait l'importance de la culture sans pour autant la pratiquer.
Les répondants étaient âgés de 18 à 70 ans, hommes ou femmes, mais relevaient de la catégorie des CSP+, résidents de grandes métropoles françaises et ayant reçu une éducation culturelle pendant l'enfance. Difficile, donc, d'établir des généralités à partir de ces profils.
Les réponses ont permis d'identifier trois types de freins à l'origine du manque d'envie. Les premiers sont des « freins de contexte », liés à l'inertie des routines quotidiennes ou à l'isolement culturel. Pour ce dernier, l'absence de recommandations de la part de proches, ou d'une possibilité de discuter des expériences culturelles avec l'entourage, peut dissuader.
La deuxième catégorie est celle des « freins cognitifs », où l'on trouve notamment la peur « de perdre son temps », de s'ennuyer ou d'être déçu : on se tourne alors vers des loisirs moins « risqués ». Y apparait aussi la notion d'« engagement », qui suppose une disponibilité mentale, un effort d'attention et une confrontation avec l'inconnu. Enfin, toutes les contrariétés et difficultés liées à l'organisation d'une sortie culturelle y figurent — ce qui peut concerner les visites en bibliothèque ou médiathèques, moins le fait d'ouvrir un livre.
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Enfin, des « freins d'expérience » complètent le tableau, lesquels détourneraient le public de la culture à cause de discours politiques et de thématiques idéologiques trop présents ou d'un sentiment d’obligation implicite à découvrir telle ou telle œuvre. Un sentiment qui croise parfois celui d'une standardisation des propositions.
La partie qualitative de l'enquête formule quelques recommandations pour susciter le désir, en mettant par exemple l'accent sur la spontanéité — dans le cas des visites et autres expériences culturelles, principalement.
L'Ifop suggère ainsi d'explorer la possibilité des pratiques culturelles « interstitielles », peu chronophages, qui peuvent se glisser entre le travail et le domicile ou pendant une pause déjeuner. Ou encore d'orienter les espaces culturels vers des « espaces multifonctions, dans lesquels on se rend facilement pour autre chose qu’une activité culturelle, avec un système de services permettant bar, ateliers découvertes, boutique, espaces de travail, dépôt de colis avec une réduction sur le billet d’entrée ».
Enfin, l'entreprise de sondages estime que le discours sur les pratiques culturelles peut être revu, pour insister sur les bénéfices en matière de santé mentale et de compétences sociales, par exemple. La lecture pourrait ainsi être valorisée en tant qu'activité utile pour renforcer sa discipline attentionnelle ou affiner son empathie.
Les résultats détaillés de l'étude sont accessibles à cette adresse.
Photographie : illustration, Ed Yourdon, CC BY-NC-SA 2.0
Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com
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02/05/2026, 09:52
Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.
30/04/2026, 12:52
La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.
29/04/2026, 12:54
Une proposition de loi visant à instaurer une présomption d’utilisation des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, dans un contexte de débats sur l’entraînement des IA à partir de contenus culturels protégés, doit encore être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le Syndicat national de l’édition (SNE) souscrit à une tribune collective appelant les députés à examiner sans délai ce texte, déjà adopté par le Sénat.
28/04/2026, 10:27
Au cœur d'une époque particulièrement anxiogène, la fermeture d'une librairie pourrait passer inaperçue. L'événement n'est toutefois pas anodin, parce que la librairie n'est pas un commerce comme les autres. À l'heure où les difficultés s'accumulent pour le secteur, le témoignage publié ci-dessous vient rappeler ce que ces commerces ont de si spécial, et ce que l'on perd, collectivement, avec l'abaissement définitif du rideau.
28/04/2026, 09:39
La crise ouverte chez Éditions Grasset, après l’éviction d’Olivier Nora dans un contexte de reprise par Vincent Bolloré, suscite une riposte politique et intellectuelle. Trois acteurs liés aux Éditions Syllepse et au Réseau Bastille avancent une hypothèse radicale : transformer l’éditeur en coopérative pour préserver le pluralisme.
27/04/2026, 16:41
Le licenciement d'Olivier Nora par Vincent Bolloré et le mouvement de départ de plusieurs centaines d'auteurs de la maison d'édition Grasset, en guise de protestation, a jeté la lumière sur la fragilité de l'indépendance éditoriale. La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse rappellent, dans un texte publié ci-dessous, que les créateurs restent bien peu protégés face à la puissance des groupes éditoriaux.
27/04/2026, 16:02
Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village.
26/04/2026, 19:03
L'industrie du livre deviendra-t-elle enfin un échosystème ? Un espace collectif, commun, en mesure de faire corps pour assurer sa pérennité. Jérôme Sion, président de L'Agence Unique, Occitanie Culture adresse à ActuaLitté une tribune exhortant les professionnels à « garantir leur liberté collective ». Une adresse autant qu'un espoir.
24/04/2026, 20:32
Ce 23 avril marque la journée mondiale du livre, l'occasion d'en ouvrir un et de profiter des bienfaits de la lecture. Mais cette activité reste très limitée pour les personnes atteintes d'une déficience visuelle, qui ne peuvent pas lire des ouvrages imprimés d'une manière standardisée. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rappelle, dans un texte reproduit ci-dessous, les obstacles auxquels ils font face, ainsi que le manque de volonté politique pour lever ces barrières.
23/04/2026, 15:56
Partir, oui, mais où ? La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) annonce son soutien aux nombreux auteurs et autrices souhaitant quitter leur maison pour rejoindre les « 4000 maisons d’édition indépendantes » et faire vivre autrement le livre et la création. Quitter les grandes maisons pour une édition plus indépendante : tel est le pari de la Fill.
22/04/2026, 12:08
En janvier, l’intersyndicale réunissant une trentaine d’organisations réagissait déjà à un courrier de l’URSSAF : « Artistes-auteurs : ce qui change pour votre protection sociale en 2026 ! ». Quelques mois plus tard, le ministère de la Culture présente un projet de décret d’application de la réforme, vivement contesté par les organisations, qui y voient un détournement du vote des députés. Le texte de l'organisation est reproduit en intégralité ci-dessous.
22/04/2026, 11:06
Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.
21/04/2026, 16:22
Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.
21/04/2026, 16:03
Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.
21/04/2026, 15:31
Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.
21/04/2026, 08:35
Les responsables de festivals et manifestations littéraires réunis au sein du réseau RELIEF prennent la parole après l’éviction d’Olivier Nora. Dans un texte collectif, ils expriment leur attachement au rôle des éditeurs dans la chaîne du livre et leur inquiétude face aux conséquences pour les équipes. Ils rappellent l’importance du lien construit avec les auteurs et le public, dans un contexte de fragilisation de la lecture. Une prise de position qui souligne aussi les équilibres du monde éditorial contemporain.
20/04/2026, 16:12
L'interventionnisme de Vincent Bolloré dans les entreprises dont il est le propriétaire n'est pas une nouveauté. Mais, en limogeant le PDG des éditions Grasset, le milliardaire réactionnaire a rendu plus visibles les risques que fait courir la financiarisation de l'édition sur l'organisation des maisons et leur production. Dans un texte reproduit ci-dessous, la CFDT Livre-Édition appelle le Syndicat national de l'Édition et les pouvoirs publics à agir, sans tarder.
20/04/2026, 11:52
Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.
19/04/2026, 14:34
13 Commentaires
nathalie
28/04/2026 à 08:02
Tout ceci pour cacher une évidence .
Clairement l'argument "prix du livre " n'en est pas un, on trouve partout des livres, boîtes à livres, circul-livres, bibliothèques, livres d'occasion en librairie et sur les brocantes . Le prix n'est pas un obstacle .
Le vrai obstacle c'est la difficulté maintenant pour les jeunes (cela va de 8 à 50 ans ) de se concentrer un minimum de temps sur une même activité.
Les gens prennent le métro tout aussi longtemps qu'avant, mais .. ils n'ont plus un livre dans la main comme avant! donc l'argument du "temps " ne tient pas non plus .
Le choix est imposé de fait par une pratique du smartphone qui privilégie la tenue de l'attention sur 1-3 minutes , le temps de lire une page pour les bons lecteurs, une demi page pour les moins rapides . Donc on avance très lentement dans un livre, et aujourd'hui il faut aller vite à la fin dl'histoire.
Conclusion : dans tous les navigateurs, on vous propose " cet article est long, voulez vous un résumé" ? qui va lire l'article en entier ? de même, qui va lire un livre de 150 pages ?
L'effort demandé est au delà de ce qui est devenu la norme, lire un livre suppose de la continuité, une certaine patience pour suivre le fil, tout le contraire du zapping - scrolling compulsif auquel les usagers de Tiktok et autres réseaux sont habitués.
Une dinosaure de la lecture.
Sandra
28/04/2026 à 08:06
Pour pallier au manque d’envie et a la timidité par rapport à la lecture., une solution utopique (ou pas) ne serait-elle pas d’envoyer des armada de librairies accoster les voyageurs dans les gares pour leur prodiguer un conseil de lecture personnalisé, et cerise sur le gateau, leur remettre un chèque lire ?
Rodolphe Bacquet
28/04/2026 à 08:58
"Interrogés quant à la raison principale derrière la pratique moindre de telle ou telle occupation culturelle, pour la lecture de livre, les concernés évoquent, à 48 %, le fait de ne pas en « éprouver l'envie », devant le manque de temps (35 %), et très loin devant le manque d'argent (6 %) ou d'informations (4 %). Ainsi, la concurrence des autres loisirs, qui limiterait le temps disponible pour la lecture, ou encore les prix en hausse des ouvrages neufs ne seraient pas en cause dans l'éloignement de la lecture."
La conclusion me paraît précipitée et naïve. Il suffit de prendre n'importe quel bus ou métro, à Paris ou ailleurs (et moi je vis ailleurs...) pour observer le ratio scrolleurs/lecteurs.
Conclure à l'innocence des "autres loisirs" est faire preuve d'aveuglement. Les activités sur écran, qui se sont non seulement démocratisées mais imposées, engendrent une production de dopamine, une récompense immédiate et fugace qui devient proprement addictive. Ce phénomène, qui n'est pas neuf, est surtout aggravé par le fait qu'aujourd'hui vous ne pouvez plus vivre normalement sans un smartphone en poche, pour payer, consulter des horaires, etc. ; autrement dit vous êtes obligé d'avoir votre smartphone avec vous, alors qu'un livre ne vous est pas indispensable en pratique. Bref, l'objet de diversion et dispersion mentale est (et DOIT être, impératif social contemporain) tout le temps là, à portée de main, et il est par conséquent en permanence prêt à vous distraire voire vous sidérer sans effort. Comment une activité intellectuelle, qui demande de la concentration, une forme de retrait des sollicitations extérieures, peut-elle raisonnablement concurrencer un tel hold-up de l'attention ?
Je reviens d'un voyage en Inde, avec mes trois enfants, dont le plus âgé a 14 ans. Ce dernier, qui était un grand lecteur, n'a durant tout le voyage réellement lu que lorsque nous avons passé 48 heures sur un bateau, sans wi-fi. Pour le reste, c'était la quête permanente de connexion. Ses deux jeunes soeurs n'ont pas de téléphone, et je retarde autant que possible le moment où elles en auront un, sous la pression de leurs copines de classe, car je sais pertinemment que leur goût de la lecture, transmis depuis qu'elles sont toutes petites, va s'éclipser à vitesse grand V dès qu'elles auront l'un de ses objets d'une accessibilité diabolique entre les mains. Il faut une grande force d'âme et une forte maîtrise de soi pour résister à cet appel d'une banalité totale ; pas étonnant que les plus jeunes, qui n'ont pas eu le temps de se former totalement (ni d'ailleurs de s'ennuyer) cèdent à ces sirènes et remisent les livres au rang des bibelots préhistoriques.
ninja
28/04/2026 à 09:25
Je vous remercie d'avoir fourni le lien vers l'étude de référence. Lisons avec attention.
Prenons d'abord l'exemple du cinéma :
"Entre 2017 et 2025, les pratiques culturelles reculent nettement...la fréquentation ... du cinéma
[est passée] de 77 % à 57 %"
"Dans un quotidien saturé, la culture entre en concurrence
directe avec des loisirs plus simples et immédiatement
accessibles. Le numérique accentue cette tendance :
65 % des Français ont regardé un film en ligne au cours
de l’année."
On voit assez facilement que pour les gens de l'Ifop, de France Culture et de Art Explora, aller au cinéma c'est de la "culture", regarder le même film chez soi c'est du "loisir".
Une fois que l'on a fini de rire, nous sommes bien obligés, au delà de la remarque que l'étude est bien faible, de noter que l'on achoppe de façon fondamentale sur la définition de ce que constitue "la culture" (définition que passe volontairement sous silence cette étude médiocre).
C'est une question à laquelle il va bien falloir répondre à l'heure où des maisons d'édition changent assez violemment de gouvernance et où les subventions tombent en miettes parfois au milieu des injures et des diffamations.
Ce qui est sûr c'est que le numérique en changeant les pratiques de façon profonde rend obsolète pour l'essentiel la part création de la culture d'état celle qui est subventionnée par les fonctionnaires, tout simplement parce que ceux-ci sont pour l'essentiel incapables, par structure, par formation et récemment par manque de moyens, d'opérer dans le numérique. (si vous en doutez, remplissez un CERFA 12156...). (On se souvient de l'étude de la Cour des comptes qui notait qu'un spectacle de théâtre subventionné était en moyenne joué deux (2) fois... [https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20220530-rapport-soutien-Etat-spectacle-vivant.pdf])
Pour reprendre le film en exemple, malgré tout l'argent dépensé à subventionner le cinéma et les salles, c'est bien dans les séries que cela se passe "culturellement" aujourd'hui et sans les fonctionnaires. (si vous préférez la musique remplacez cinéma par classique/rock/pop et séries par rap français ou rave parties (avec spectacle de gendarmes en clôture), si vous préférez la danse, remplacez compagnie de dance contemporaine par clip vidéo, etc).
Ce qui va être rude c'est la liquidation de cet appareil culturel d'état, mais bon comme on a déjà liquidé l'industrie (53 usines fermées en France l'en dernier), ça devrait le faire, voire même que ça a un lien...
Quant à "la non-envie" thème qui se veut central dans cette étude bien médiocre, il me semble quand même que si le public ne vient pas c'est juste que le spectacle n'est pas bon. (voir plus haut , "en moyenne joué deux (2) fois") parce que Céline ça s'arrache...
Edco
28/04/2026 à 10:42
Quel est le rapport ????
Le Mac Do , c est .... dégueu, simpliste .....et ça se vend très bien ......
Quand on veut se débarrasser de son ......pestacle ......on dit qu'il n est pas bon !!!!
Bref.....je retourne lire ......guerre et paix !!!!!
Edco
28/04/2026 à 09:49
La notion de temps a changé.... La dopamine générée par les écrans ( smart surtout...) est en concurrence dans le cerveau ...La lecture isole de la réalité ( espace/ temps ), alors que les écrans donnent l illusion de faire partie d un groupe et en plus .. ..d avoir une liberté d expression.....( voir le nombre de comment taire ......ici même....), et puis ..... certains diront .....c est trop cher ..... alors que .... bibliothèque, boîtes à livres, occasions .... L époque a changé, le visuel et l oral ont remplacé l écrit..... même les seniors...... rechignent....!
Si en plus on coupe les finances ..... entr autres , pour émissions littéraires..... sur le service public !!!!! ( rapport .....d enquête ....) .....
Bref , je pleure......Je retourne lire
Fahrenheit 451......et .....A la recherche du temps..... passé (!).....perdu ???😭😭😭😭😭
Rose
03/05/2026 à 07:52
Sans emballage, ce qui vient à l'esprit serait la qualité d'un livre avec le talent d'un auteur, ce n'est pas faute de chercher, d'essayer, de retourner à la librairie l'ouvrage mal traduit et/ou bricolé par l'IA, preuve à l'appui.
Au petit bonheur, la chance de découvrir un livre superbe qui enchante pendant des jours, fait rire, montre l'horizon.
Tout le reste n'est que de la mauvaise littérature sociologiquement fausse.
Edco
03/05/2026 à 10:04
Très bons podcasts 👍
"Celles qui lisent : un podcast à écouter en ligne | France Culture" https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-celles-qui-lisent?at_medium=ads&at_ad_platform=google&at_campaign=culture_search_podcasts&gad_source=1&gad_campaignid=23070550481&gbraid=0AAAAACne0eqxj7X97AfyOeXS33Ef8EhyP&gclid=CjwKCAjw5NvPBhAoEiwA_2egfhoOjnnfi9LZTDuSh52bxyu1P4m_EPX8sVet7aCFurPuLDLCOKLskxoCh84QAvD_BwE
Nadine monfils
04/05/2026 à 05:26
Le problème de mon point de vue écrivain et lectrice est aussi que les enseignants et les médias ne suscitent pas pour la plupart, la curiosite vers des œuvres plus étonnantes et atypiques, on parle toujours des mêmes avec un ronron soporifique. Si on compare le somnifère Trapenard avec le passionné et jouissif gerard collard... passer à la grande librairie fait plaisir à l’ego des écrivains mais ne leur fait pas vendre un bouquin, contrairement à gerard collard. Les petits libraires passionnés s’en sortent mieux que les grandes surfaces sans âme. Tant que le livre sera considéré comme une marchandise et que les éditeurs publieront n’importe quoi du moment que ça se vend, privilégiant les hamburgers aux bons petits plats, l’envie de découvrir n’existera qu’auprès de certains curieux de nature, tout est là. La passion est contagieuse et elle n’existe qu’en dehors des sentiers battus, sur les chemins de l’école buissonnière, pas sur les autoroutes.
Edco
04/05/2026 à 12:12
En tous cas, il faut vous lire , vous , grande autrice.....et tous vos livres magnifiquement déjantés au sens surréaliste du terme peuvent être achetés d occas chez Momox par exemple.....👍🙏
Edco
06/05/2026 à 10:22
En plus !
"Pourquoi lire des livres est indispensable à votre cerveau ? | France Musique" https://www.radiofrance.fr/francemusique/pourquoi-lire-des-livres-est-indispensable-a-votre-cerveau-8671150
jean brenle
09/05/2026 à 19:47
Au lieu de lire faites du sexe
c'était mon conseil sécurité routière slash amour du risque en altitude
Edco
09/05/2026 à 21:14
Pourtant le Cap d ' Agde , c est pas en altitude ...!!!!!..slash molo sur le .....ris ..car .... ça rend teubé !!!!!🤭🤭🤭🤭