Si méconnue, le haut Moyen Âge laisse dans son sillage des figures féminines à peine esquissées, souvent réduites à quelques noms ou à des légendes. C’est à ces femmes que s’attache Laurent Theis dans Reines carolingiennes. Berthe, Hildegarde, Judith et les autres (751-987), en proposant de faire émerger celles qui, pendant près de deux siècles et demi, ont pourtant pesé sur le destin des royaumes francs.
De Berthe « au grand pied », épouse de Pépin le Bref, à Adélaïde, liée au dernier Carolingien Louis V, l’ouvrage traverse neuf générations et exhume une trentaine de reines dont beaucoup demeurent inconnues. Loin de simples figures d’apparat, certaines apparaissent à travers des sources étonnamment riches : Hildegarde, Judith ou Ermentrude laissent entrevoir des fragments de vie, suffisamment pour saisir leur rôle.
Car ces reines ne furent pas de simples épouses. Elles interviennent dans les affaires religieuses, soutiennent les églises, participent à la diplomatie, entretiennent des liens avec la papauté et prennent part à l’essor culturel carolingien. Surtout, elles occupent une place centrale dans la transmission dynastique : mères des héritiers, garantes de la continuité, parfois au cœur de conflits, d’accusations ou de violences.
Laurent Theis ne prétend pas lever tous les voiles, mais il restitue avec précision ce que l’on peut saisir : des voix, des trajectoires, des influences.
Publiée le
08/04/2026 à 18:14
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Paru le 19/03/2026
224 pages
Librairie Académique Perrin
19,90 €
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