À Angoulême, Maison Mains a pris la forme d’une structure mobile consacrée à la microédition et aux créations indépendantes. Portée par trois artistes locales, l’initiative, installée dans deux camions, associe diffusion de fanzines, images et objets, présence sur événements et fonctionnement associatif. Une formule légère, pensée pour faire circuler les œuvres au-delà des lieux de vente habituels.
À Angoulême, Maison Mains s’inscrit en marge des formats établis. Le projet repose sur une structure associative itinérante portée par trois artistes locales, organisée autour de deux camions et tournée vers la diffusion de créations indépendantes. L’initiative se construit dans un environnement déjà marqué par la bande dessinée, l’illustration et les pratiques d’autoédition, tout en s’en distinguant par son mode de circulation.
La structure ne correspond pas à une librairie au sens traditionnel. Déclarée en Charente le 13 janvier 2026, elle se déploie à travers différentes activités : création, édition, diffusion et promotion de fanzines, mais aussi d’objets graphiques et artisanaux, rapporte La Charente libre.
Cela inclut également l’impression, la mise en commun de moyens de production et une présence régulière sur des événements, marchés ou ateliers. La vente reste ponctuelle et s’inscrit dans une logique de financement associatif.
Maison Mains revendique une approche mobile. Le projet associe circulation des œuvres et implantation temporaire, avec une présence sur différents rendez-vous culturels. Leur organisation permet de s’adapter à des contextes variés, sans dépendre d’un lieu unique. L’itinérance devient ainsi un principe structurant, qui conditionne à la fois la visibilité et la rencontre avec les publics.
Le catalogue s’inscrit dans une logique élargie. Les fanzines occupent une place centrale, mais coexistent avec des images, des éditions graphiques et des objets. L’ensemble compose un espace de diffusion souple, proche des pratiques de la microédition et des scènes indépendantes. Ce positionnement privilégie les circuits courts et les formes éditoriales expérimentales.
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Les trois fondatrices — Jade Charlet, Moana Logique et Bianca, connue sous le nom de La Grottesque — s’inscrivent dans ces pratiques. Les éléments disponibles attestent d’un engagement dans des démarches artistiques liées à l’image et à l’édition. Le projet se structure ainsi à partir de compétences complémentaires, réunies autour d’un dispositif commun.
Elles se sont rencontrées à Angoulême, dans un environnement déjà structuré par les pratiques graphiques et l’édition indépendante. Jade Charlet développe un travail d’autrice de fanzines et d’illustratrice, tandis que Moana Brechoteau, qui signe sous le nom de Moana Logique, exerce comme photographe. Leur association repose sur des parcours distincts, réunis autour d’un intérêt commun pour les formes éditoriales et visuelles issues de la création indépendante.
Le projet revendique d’emblée une diversité des supports. « Le but, c’est d’avoir différents types d’arts; Du fanzine, des gravures, de l’illustration mais aussi des objets artisanaux, comme des vêtements ou des bijoux », poursuivent-elles dans la Charente libre. Cette orientation correspond à une logique déjà identifiée dans les circuits de microédition, où les publications imprimées coexistent avec des productions hybrides, à la frontière entre édition, art graphique et artisanat.
Le recours à deux véhicules renforce cette orientation. Il permet d’envisager des installations temporaires, une circulation entre plusieurs sites et une adaptation aux formats événementiels. Dans une ville comme Angoulême, où les manifestations liées à l’image et au livre structurent largement la vie culturelle, ce choix ouvre un espace de diffusion distinct de celui des points de vente fixes.
Les informations disponibles ne détaillent ni le calendrier ni l’ampleur du fonds proposé. « Les artistes membres de l’association nous laissent leurs objets et quand on les a vendus, on leur redonne 80 % de la vente. La commission nous permet de faire fonctionner l’association. Les artistes peuvent aussi être bénévoles sur les événements. L’idée, c’est vraiment d’avoir un stand ouvert, accueillant » assurent-elles.
Elles suffisent toutefois à situer l’initiative dans une évolution plus large : celle de structures légères, capables d’associer édition, exposition et déplacement. Maison Mains illustre cette dynamique en donnant au mouvement une fonction centrale, au service de la diffusion des productions indépendantes.
Elles seront à retrouver au Marché de Printemps de la Création Indépendante, ces 4 et 5 avril. (plus d'informations).
Crédits : camion de livres - photo d'illustration
Par Cécile Mazin
Contact : cm@actualitte.com
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