Le jury du Prix Fragonard de littérature étrangère a rendu son verdict pour son édition 2026. L’autrice turco-britannique Elif Shafak s’impose avec son roman Les Fleuves du ciel, publié chez Flammarion et traduit par Dominique Goy-Blanquet. La remise du prix s’est tenue le 26 mars 2026, au Musée du Parfum Fragonard, à Paris.
Le 26/03/2026 à 18:30 par Hocine Bouhadjera
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26/03/2026 à 18:30
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Créé pour mettre en lumière des voix féminines venues d’ailleurs et accompagner leur réception en France, le Prix Fragonard distingue des œuvres initialement écrites dans une autre langue que le français. La récompense consacre cette année un texte qui s’inscrit dans une œuvre déjà reconnue à l’international, mais qui continue d’explorer, avec ampleur, les circulations entre les cultures, les récits et les mémoires.
Face à elle, trois autres finalistes figuraient dans la sélection : Carys Davies pour Éclaircie (La Table Ronde, traduction de David Fauquemberg), Virginia Evans pour La Correspondante (La Table Ronde, traduction de Leïla Colombier) et Isabella Hammad pour Hamlet le long du mur (Gallimard, traduction de Josée Kamoun).
Dans Les Fleuves du ciel, Elif Shafak déploie un vaste récit à travers le temps et les géographies, reliant trois destins séparés par les siècles mais unis par le motif de l’eau. Du Londres du XIXᵉ siècle aux rives du Tigre, jusqu’à l’Angleterre contemporaine, le roman suit Arthur, apprenti imprimeur à la mémoire prodigieuse, Naryn, enfant yézidie contrainte à l’exil, et Zaleekhah, hydrologue en quête de sens.
À travers ces trajectoires entrelacées, l’autrice explore les liens entre mémoire, déplacement et transmission, dans une fresque où les fleuves deviennent les vecteurs d’une histoire à la fois intime et collective.
À LIRE - L’eau-dyssée d’Elif Shafak
Figure majeure de la littérature contemporaine, Elif Shafak est l’autrice de nombreux romans salués par la critique, parmi lesquels L’architecte du Sultan, La Bâtarde d’Istanbul, Trois filles d’Ève ou encore 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange. Traduites dans de nombreuses langues, ses œuvres s’attachent à faire dialoguer les cultures et les récits. Engagée en faveur des droits des femmes, elle collabore régulièrement avec plusieurs grands titres de la presse internationale.
Le jury réunit Jakuta Alikavazovic, écrivaine et traductrice, Élise Boghossian, fondatrice de l’ONG Elise Care, Clara Dupont-Monod, écrivaine, éditrice et journaliste, Olivia de Lamberterie, écrivaine et journaliste, Maria Larrea, réalisatrice et scénariste, Mathieu Palain, écrivain et journaliste, ainsi que Danielle Cillien-Sabatier, Alina Gurdiel, directrice littéraire, Agnès Costa, PDG de Fragonard, et Charlotte Urbain, directrice culture et communication de la maison.
Lors de sa quatrième édition, le Prix Fragonard de littérature étrangère avait couronné Amira Ghenim pour Le désastre de la maison des notables, paru chez Barzakh/Philippe Rey, aux côtés de sa traductrice Souad Labbize. La récompense s’accompagnait d’une dotation de 5000 euros pour l’autrice et de 2000 euros pour la traduction.
Crédits photo : Elif Shafak ( © Ferhat Elik, Flammarion)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 20/08/2025
512 pages
Flammarion
24,00 €
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