Le Prix Ahmadou Kourouma 2026 a été attribué à l’unanimité à l’écrivain franco-guinéen Libar M. Fofana pour son roman La prière du cochon, publié chez Gallimard dans la collection Continents Noirs. La distinction lui a été remise le vendredi 20 mars à 18h, sur la scène La fenêtre sur le monde du Salon du livre de Genève, qui se tient jusqu'au 22 mars.
Le 20/03/2026 à 17:58 par Hocine Bouhadjera
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20/03/2026 à 17:58
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Créé en hommage à l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma, ce prix littéraire récompense chaque année une œuvre de fiction d’expression française écrite par un auteur ou une autrice africain·e ou d’origine africaine d’Afrique subsaharienne.
Dans La prière du cochon, Libar M. Fofana entraîne le lecteur à Limyana, en banlieue de Conakry. L’histoire suit l’imam Ladji Harouna, récemment marié à une très jeune épouse et toujours sans enfant, victime d’un infarctus en pleine prière. Envoyé en France pour subir une greffe, il se retrouve confronté à un choix médical qui entre en conflit avec ses convictions religieuses.
À travers ce dilemme, le roman déploie un récit mêlant satire et profondeur humaine, ancré dans la Guinée de l’après Sékou Touré. Le jury du Prix Kourouma a salué un texte qui, par son ironie tendre et son regard lucide, interroge les tensions entre foi, pouvoir et modernité.
Né à Conakry, Libar M. Fofana est un écrivain franco-guinéen dont le parcours personnel a profondément nourri l’œuvre. À 17 ans, il quitte la Guinée pour rejoindre l’Europe. Diplômé en informatique à Aix-en-Provence, il travaille pendant dix ans à la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Devenu malentendant à la suite d’un concert, il décide alors de se tourner entièrement vers la littérature.
Son œuvre explore régulièrement les thèmes de l’exil, de la mémoire et des fractures politiques. Il a notamment publié chez Gallimard, dans la collection Continents Noirs, plusieurs romans marquants : Le cri des feuilles qui meurent (2007), L’Étrange Rêve d’une femme inachevée — récompensé par le Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en 2012 —, Comme la nuit se fait lorsque le jour s’en va (2016) ou encore Un arc-en-ciel dans les ténèbres (2023).
Créé en 2004 dans le cadre du Salon du livre de Genève, le Prix Ahmadou Kourouma rend hommage à l’auteur ivoirien dont l’œuvre a profondément marqué la littérature francophone contemporaine. Il distingue chaque année un roman, un récit ou un recueil de nouvelles dont l’esprit d’indépendance, de lucidité et de clairvoyance s’inscrit dans l’héritage littéraire et humaniste du romancier.
Au-delà de la reconnaissance critique et de la visibilité médiatique, la distinction est dotée d’un montant de 5000 francs suisses.
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L’année précédente, en 2025, le prix avait été attribué à l’écrivaine Véronique Tadjo pour son roman Je remercie la nuit, publié chez Mémoire d’encrier.
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Crédits photo : Libar M. Fofana (© J. Sassier, Prix Ahmadou Kourouma)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 08/05/2025
174 pages
Editions Gallimard
20,00 €
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