Après 27 ans chez Gallimard, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal s’apprête à changer d’éditeur. Selon La Lettre, le jeune académicien a informé Antoine Gallimard de son intention de publier son prochain livre chez Hachette Livre, groupe contrôlé par Vivendi, propriété de Vincent Bolloré.
Le 12/03/2026 à 13:02 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
12/03/2026 à 13:02
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L’écrivain de 81 ans aurait indiqué que ce futur ouvrage reviendrait sur son incarcération en Algérie, épisode qui a fortement marqué son parcours récent.
Hachette aurait mené un démarchage commercial soutenu auprès de l’auteur pour l’attirer dans son catalogue. Une première prise de contact aurait été facilitée par Nicolas Sarkozy, qui aurait lourdement suggéré ce rapprochement. D'après Le Monde, le Franco-Algérien rejoindrait Grasset, dirigée par Olivier Nora.
Boualem Sansal est publié chez Gallimard depuis 1999, année de parution de son premier roman, Le Serment des barbares. Depuis lors, son œuvre a été suivie éditorialement par Antoine Gallimard et Jean-Marie Laclavetine. Antoine Gallimard a confié être « très peiné » par cette décision, indiquant ne pas avoir eu la discussion qu’il aurait souhaité avoir avec l’auteur sur les raisons de ce choix.
Du côté de Boualem Sansal, aucune annonce officielle n’a encore été faite publiquement. L’écrivain reconnaît néanmoins l’existence de discussions concernant la publication de son prochain livre.
Contacté par ActuaLitté afin de savoir si Antoine Gallimard considérait le choix de son auteur comme une forme de trahison, l’éditeur n’a pas donné suite à nos sollicitations.
La question se pose d’autant plus que l’éditeur s’était personnellement engagé pour la libération de Boualem Sansal, à travers des soirées de soutien, des déplacements à Strasbourg ou à l'Institut, la recherche des avocats pendant sa détention - d’abord François Zimeray puis Pierre Cornut-Gentille -, ou encore la création d'une Société de soutien international à Boualem Sansal, présidée par l’éditeur.
Pour rappel, l'écrivain a été incarcéré en Algérie après des propos portant sur les frontières entre l’Algérie et le Maroc. Arrêté en novembre 2024, l’écrivain avait été condamné en mars 2025 à cinq ans de prison, avant d’être gracié en novembre 2025 par le président Abdelmadjid Tebboune.
Or, cette implication très visible de l’éditeur n’a pas toujours fait consensus dans l’entourage de l’écrivain. En septembre 2025, une polémique avait éclaté autour de la proposition de nomination de l’auteur au prix Sakharov du Parlement européen, faite par le groupe d’eurodéputés d'extrême droite Les Patriotes pour l’Europe, présidé par Jordan Bardella.
Antoine Gallimard avait alors publié un communiqué indiquant que l’écrivain, par la voix de son épouse, jugeait cette démarche « insidieusement partisane » et qu’il refuserait le prix s’il venait à lui être attribué dans ces conditions.
L’éditeur estimait qu’il n’était pas acceptable d’associer le nom et l’œuvre de Sansal à un mouvement dont la radicalité politique serait étrangère à l’esprit de tolérance qu’il défend.
Cette prise de position avait aussitôt provoqué des frictions avec le comité de soutien à Boualem Sansal, présidé par Noëlle Lenoir, qui avait contesté la légitimité de l'éditeur à parler au nom de l’écrivain alors détenu en Algérie. Le comité avait rappelé que l'auteur se trouvait dans l’impossibilité de s’exprimer librement et dénoncé une forme d’« instrumentalisation » de sa parole.
De retour en France après près d’un an de détention, Boualem Sansal a affirmé n’avoir jamais refusé cette nomination au prix Sakharov. Selon lui, la décision aurait été prise par Antoine Gallimard, sans qu’il ait été consulté directement. Finalement, le prix Sakharov 2025 a été attribué aux journalistes Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli, emprisonnés respectivement en Biélorussie et en Géorgie.
Outre la dimension financière, ce rapprochement avec le groupe Bolloré est-il à mettre en relation avec les affinités de Boualem Sansal avec certains cercles de l’extrême droite ?
Les poursuites engagées contre l’écrivain en Algérie faisaient notamment suite à des propos tenus dans le média d’extrême droite Frontières, dans lesquels il estimait que le tracé des frontières algériennes était défavorable au Maroc. L’auteur figure par ailleurs toujours parmi les membres du comité directeur du média, si l’on en croit la page « Qui sommes-nous » publiée sur son site.
Interrogé par Le Monde sur ses liens avec Frontières, Boualem Sansal assure qu’il ignorait la nature du média au moment de son implication, précisant avoir été approché par Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, qui lui avait proposé de rejoindre le comité stratégique du titre, alors appelé Livre noir. L’écrivain affirme n’avoir participé qu’à une réunion avant de découvrir l’orientation politique du média : « Je n’ai fait aucun scandale ; je n’y suis plus jamais retourné, c’est tout. » Xavier Driencourt, également membre de feu comité de soutien à Boualem Sansal.
ActuaLitté a contacté la rédaction de Frontières afin d’obtenir des précisions sur la présence de Boualem Sansal dans son comité stratégique et la mention de son nom sur le site, sans obtenir de réponse à ce jour.
Dans le même entretien, l’auteur assume pleinement la place centrale qu’occupe une question dans sa réflexion. « J’ai l’obsession de l’islamisme, oui. Je pense que c’est un danger suprême », affirme-t-il.
Boualem Sansal a par ailleurs collaboré avec des médias comme Valeurs actuelles ou Boulevard Voltaire, et certains observateurs considèrent que le débat public a parfois occulté ces engagements au profit d’une défense unanimiste de l’auteur. Dans ce contexte, son arrivée dans l’orbite éditoriale du groupe Bolloré n'étonne pas forcément.
Depuis sa libération, la vie de Boualem Sansal a profondément changé, marquée par une série de reconnaissances et d’honneurs dans le monde littéraire. L’écrivain franco-algérien a ainsi été élu à l’Académie française, dès le premier tour de scrutin, pour occuper le fauteuil numéro trois, laissé vacant depuis la disparition en 2021 de l’historien Jean-Denis Bredin. Âgé de 81 ans, l’auteur rejoint une institution qui compte actuellement 35 membres en exercice.
Peu auparavant, début décembre, Boualem Sansal s’était déjà rendu sous la Coupole afin de recevoir le Prix mondial Cino Del Duca, une distinction qui récompense une œuvre porteuse d’« un message d’humanisme moderne ». L’auteur a également été élu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, qui a salué une œuvre étroitement associée à la liberté de création. Naturalisé français en 2024, l'écrivain s’est également vu attribuer la Légion d’honneur.
À LIRE - Leïla Slimani rejoint Andrew Wylie, le redouté “chacal” de l’édition
Si son arrivée chez Hachette se confirme, elle pourrait constituer l’un des transferts éditoriaux les plus commentés de ces dernières années. D’une part en raison de la portée symbolique d’un départ de Gallimard, qui publiait l’écrivain depuis plus de vingt-cinq ans, d’autre part en raison du potentiel commercial du livre qu’il prépare, consacré à sa mésaventure algérienne...
Arnaud Lagardère a confirmé que Boualem Sansal publierait désormais chez Grasset, maison du groupe Hachette Livre. « C’est son choix. Il voulait changer de vie professionnelle », a déclaré le PDG du groupe lors des célébrations du 200ᵉ anniversaire de Hachette à Paris, relate l'AFP.
Le dirigeant a également insisté sur la nature de cette décision : « Ce n’est pas un choix idéologique qu’on a fait, c’est un choix littéraire. » Selon lui, l’écrivain, libéré en novembre 2025 après près d’un an de détention en Algérie, aurait souhaité tourner une page : « On est face à un homme qui a vécu probablement les pires choses qu’on puisse imaginer et qui donc vraiment a décidé de tirer un trait, si je puis dire, sur son passé. »
Arnaud Lagardère a par ailleurs assuré que le groupe n’avait pas cherché à attirer activement l’auteur : « Il avait une appétence pour Grasset. Jamais à aucun moment nous avons essayé de débaucher Boualem Sansal de sa maison historique. »
Dans une tribune publiée dans Le Monde, Boualem Sansal conteste d’abord les récits qui entourent son départ de Gallimard, rejetant toute idée de manœuvre extérieure : « Je n’ai été démarché par personne » et les rumeurs d’intervention politique « relèvent de la pure fiction ». Il insiste sur la qualité de sa relation passée avec son éditeur, évoquant « une relation d’amitié et de confiance sans nuage » et saluant l’estime qu’il porte à Antoine Gallimard.
L’écrivain situe l’origine de la rupture dans son incarcération en Algérie : « La divergence qui explique aujourd’hui mon départ est née pendant ma détention ». Face au régime, il affirme avoir adopté une ligne claire : « Dire les choses clairement, nommer la dictature et refuser toute logique de négociation ». Il oppose cette position à celle de son éditeur, fondée sur une « démarche diplomatique » qu’il dit « comprendre et respecter », mais qui ne correspondait pas à sa propre « ligne de résistance ».
Boualem Sansal insiste également sur la dimension personnelle et morale de cette décision. « C’est de ma vie qu’il s’agissait », écrit-il, revendiquant le droit de « conduire souverainement [sa] propre défense ». Il juge par ailleurs sa situation actuelle « moralement et juridiquement inacceptable », rappelant qu’il reste condamné malgré sa grâce et désormais empêché de retourner en Algérie.
Enfin, il relie son choix éditorial au contenu même de son prochain livre, qu’il décrit comme « un livre de combat ». Le publier chez Gallimard aurait, selon lui, « introduit une ambiguïté ». Il affirme avoir trouvé chez Grasset « une ligne de clarté et de combat », tout en refusant toute instrumentalisation politique : « Je ne suis pas une marchandise à vendre ou à acheter […] je ne suis l’otage de personne. »
Crédits photo : Antoine Gallimard - ActuaLitté, CC BY SA 2.0 / Boualem Sansal - ActuaLitté, CC BY-SA 2.0
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
31 Commentaires
Lectrice curieuse
12/03/2026 à 14:16
Est-ce que vous pourriez faire un article sur les chiffres de vente des livres de B.Sansal? Et notamment lorsqu'il était emprisonné. Cela permettrait de mieux comprendre les enjeux financiers de cette affaire.
Merci!
hubert laurent
12/03/2026 à 16:01
Bientôt sur Cnews. Logique. Implacable.
Judith BOUILLOC
12/03/2026 à 17:28
IL FAUT PARFOIS TRAHIR.
Ainsi s’intitule le dernier essai de Kamel Daoud, publié chez Gallimard. Tout un programme —presque une méthode.
Il faut croire que Boualem Sansal a appliqué avec zèle les préceptes de son ami et frère. Car dans son torchon, Daoud ne se contente pas de défendre la trahison : il en propose la théologie. Le véritable sauveur de l’humanité, explique-t-il en substance, ne serait pas Jésus, mais Judas .
« Très peiné », assure pour sa part Antoine Gallimard. On le serait à moins. Mais je crains que ce chagrin ne soit qu’un prologue.
Car publier le petit cercle d’écrivains algériens qui ont fait profession de vomir les Arabes n’est pas seulement une posture idéologique : c’est aussi un risque juridique. Lorsque l’éthique est sacrifiée sur l’autel du chiffre d’affaires, il arrive que la justice se charge de rappeler le prix des choses. Les dommages et intérêts pour Saada Arbane risquent bien d’être historiques.
En matière de trahison, après tout, chacun finit toujours par payer sa part.
Efsyw
12/03/2026 à 19:02
Il signe où il veut, non? C’est de plus en plus insupportable cette façon de coller des étiquettes sur le front des auteurs. Il ne vous a pas échappé, j’espère, qu’il part parce que Gallimard a menti en parlant à sa place, alors qu’il était en prison. Si un de vos journalistes était en lice pour le Pulitzer, poussé par un parti d’extrême gauche ou même d’extrême droite et que vous refusiez le prix, en son nom, en mentant, pendant qu’il est derrière les barreaux, pensez-vous qu’il resterait chez Actualitté? Peut-être d’ailleurs qu’il aurait refusé… Polariser sans cesse la littérature, la politiser à tout prix, au nom de l’idéologie n’est pas du journalisme mais du militantisme et c’est bien dommage car cela prépare le terrain pour ce qui se passe aux States et que vous n’avez de cesse de dénoncer. Vous nous y menez tout droit à force de politiser ce qui n’a pas à l’être …
NAUWELAERS
12/03/2026 à 22:06
Efsyw,
D'accord avec vous.
Rappel: Sansal est également publié par les éditions du Cerf, omises par l'article.
Sansal ne «vomit» pas les Arabes mais l'islamisme, une doctrine totalitaire et meurtrière.
Cette confusion volontaire est parfaitepment malhonnête.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Matthieu
14/03/2026 à 09:32
Désolé le groupe Bolloré ce n'est pas sérieux....il fait ce qu'il veut oui mais il trahi son éditeur....pour un un groupe qui publie Zemmour et Bardella....
Une lectrice
13/03/2026 à 07:27
Vous pouvez dire ce que vous voulez, Actualitté peut se regarder dans une glace, on voit bien qu'il a des belles valeurs ! Contrairement à cet auteur. Pour ma part je ne le lirai plus ! J'ai l'impression d'avoir été trahi. On ne part pas chez Bolloré comme ça, tout en sachant ses directions politiques, d'extrême droite !! Un éditeur qui s'est battu pour sa liberté et ensuite partir pour Hachette, il avait d'autres choix !!! Soit on a une moral ou soit on en n'a pas, on ne peut pas trouver n'importe quel prétexte et des excuses farfelues pour partir chez Hachette. Quand la moral est une question d'argent, c'est qu'il n'y a jamais eu de moral un point c'est tout. Pout moi cet auteur n'est pas respectueux et respectable. Au plaisir de ne plus le lire !
Efsyw
13/03/2026 à 10:25
Il ne part pas « chez Bolloré », il part chez Grasset qui publie Sorj Chalandon, Laure Adler et tant d’autres… Et pas pour des raisons politiques, comme la presse se plaît à le dire, par militantisme, mais parce que la confiance est rompu avec Gallimard. Les partisans du « oui, mais » quand il s’agissait de le faire libérer ont juste trouvé un moyen médiocre et malhonnête d’en faire un acte politique. Quelle est la suite? Tous les auteurs publiés par le groupe Hachette devraient eux aussi être étiquettés et boycottés?
Berloy
13/03/2026 à 12:47
Je rejoins cette lectrice...les dérives de Grasset vont se concrétiser dans les mois à venir puisque sous la férule d'Hachette... Au plaisir, également, de ne plus le lire.
Aurélien Terrassier
15/03/2026 à 13:23
Berloy d'accord avec vous. Boualem Sansal dont la proximité avec l'extrême droite (toujours dans le comité stratégique du torchon Frontieres) sait très bien ce qu'il fait en mettant un couteau dans le dos à Gallimard qui l'a tant soutenu pour sa libération. Un choix guère surprenant et en effet ce n'est pas parce-qu'on ne voit pas de dérives contre la liberté d'informer et d'expressiô chez Grasset que le pire n'est pas à venir de la même manière que l'émission Clique de Mouloud Achour que j'apprécie (avec Zapoi c'est le seul programme de Canal que j'aime bien) n'est pas non plus à l'abris d'un refus d'invités qui seraient trop dérangeant pour le milliardaire breton d'extrême droite.
Eric D.
13/03/2026 à 09:06
Au fond, c’est l’appât du gain qui semble guider l’énergumène : un chèque à sept chiffres signé par Bolloré qui sait parfaitement rémunérer ceux qui acceptent de rejoindre son écosystème idéologique. En infligeant ce coup de grâce à son éditeur historique, il vient surtout de prêter le flanc à tous ses détracteurs. Un beau cadeau pour Hachette… mais je doute fort que les libraires soient dupes et qu’ils se prêtent longtemps à cette mascarade.
NAUWELAERS
16/03/2026 à 00:16
Eric D.,
Un libraire n'est pas un directeur de conscience et refuser de vendre un livre qu'on désapprouve, c'est du militantisme intolérant et non du professionnalisme.
Quoi qu'on pense de Sansal, ses livres doivent être vendus sans censure et si des libraires sont assez stupides et intolérants pour refuser de le faire, je connais une plateforme mondiale qui n'a pas d'états d'âme (puisqu'elle n'a aucune âme et une seule religion: celle du profit) et qui sera ravie de fournir le livre à des acheteurs trahis par leur libraire (qui devrait se faire prédicateur ou autre).
N'oublions jamais que l'enfer est pavé de bonnes intentions !
Pour Sansal, je ne me prononce pas sur son transfert.
Je reste neutre et je note qu'il est également publié par les éditions du Cerf.
CHRISTIAN NAUWELAERS Sympathisant de l'extrême liberté, que ce soit clair même pour les plus obtus.
R
13/03/2026 à 09:18
"Polariser sans cesse la littérature, la politiser à tout prix, au nom de l’idéologie n’est pas du journalisme mais du militantisme et c’est bien dommage car cela prépare le terrain pour ce qui se passe aux States et que vous n’avez de cesse de dénoncer. Vous nous y menez tout droit à force de politiser ce qui n’a pas à l’être …"
J'en ai rien à battre de Sansal, Gallimard, ou Grasset, mais quand un écrivain a des engagements politiques, militants, ce n'est pas politiser la littérature que de dire qu'il a ses engagements. Surtout quand ces engagements se retrouvent justement dans le fond des romans qu'il écrit...
Surtout quand à côté de ça, on va nous expliquer qu'un roman qui parle de violences sexistes et sexuelles c'est faire de la politique et donc c'est mal, que mettre des personnages LGBTI dans un roman c'est faire de la politique et donc c'est mal... Bon.
Mais bon, ça me surprend pas vraiment votre intervention. Elle est assez typique.
Elle me fait penser à tous ceux, dans les commentaires d'Actualitté, qui hurlaient à la censure et à la cancel culture et qui se sont félicités quand Alice Coffin a été virée de l'ICP suite à la sortie de son livre "Le génie lesbien".
C'est même pas de l'hypocrisie en plus. C'est une volonté de vouloir contrôler qui est légitime à parler, à dire le vrai.
Un observateur
13/03/2026 à 08:10
Mouvement classique et financier d'un auteur qui reste libre de publier où il le veut. Atterrissage chez Grasset, belle maison, peu suspecte de dérive extrême droitière. Pas de quoi fouetter un chat.
MAtthieu
14/03/2026 à 09:33
On disait cela de Fayard...et voyez ce qu'est devenu Fayard...apparemment au même groupe Bolloré
Un observateur
16/03/2026 à 08:07
Si Olivier Nora, personnalité incontestable et qui n'a pas la réputation de se laisser dicter quoi que ce soit, y compris par d'anciens présidents de la République multi-condamnés, quitte Grasset un jour, je penserai comme vous. Pour le moment, non. Il tient ferme sa barre et rien n'indique un glissement droitier chez Grasset.
Aleph
13/03/2026 à 08:44
Donc en gros, Antoine s'est servi de la captivité douloureuse de Boualem pour avancer son propre agenda politique d'une façon absolument déloyale, confondante de malhonnêteté intellectuelle, et qui porte préjudice au prisonnier, mais quand ce dernier s'éloigne, c'est à cause de ses propres opinions.
Bel aveuglement, belle surenchère.
NAUWELAERS
13/03/2026 à 20:47
Aleph,
Et oui, si on arrêtait ces obsessions politiques omniprésentes et étouffantes pour se concentrer sur l'oeuvre et le message de Sansal ?
Moi, ces polémiques me soûlent et me donnent encore bien plus envie de lire Sansal, ce que je compte bien faire, loin des isoloirs et des cris d'orfraies de gens infoutus de le lire et qui ne raisonnent (ou déraisonnent) que par clichés.
Vive(nt) l'intelligence et l'honnêteté intellectuelle.
CHRISTIAN NAUWELAERS
seingelt
13/03/2026 à 11:30
Gallimard : la gauche caviar parisienne.
Depuis la mort de Sollers, de Jean d’O et l’ostracisme dont a fait l’objet Richard Millet, plus rien ne subsiste : ce n’est que du vent. La déchéance d’une si belle maison est bien triste.
Citez-moi donc un auteur Gallimard qui tienne véritablement la route aujourd’hui.
J.M.G. Le Clézio ? Annie Ernaux ? Patrick Modiano ? Que de vieilles gloires !
Éric Reinhardt ? Jean-Baptiste Del Amo ? Pas mal, certes. Sylvain Tesson ? On se demande pourquoi il reste encore là, mais l’essentiel se passe ailleurs.
Boualem Sansal ? La gauche caviar, et celle "passionnément antisémite", s’est ridiculisée à son sujet ; qu’il parte, c’est parfait. Qu’il secoue la poussière de ses souliers au seuil de leur porte (Lc 9,5) et qu’il aille de l’avant.
Ciel
13/03/2026 à 13:26
Un traître est un traître quelques que soient les Habits qu'il porte.
Gallipète
13/03/2026 à 14:15
Gallimard passe son temps à débaucher des auteurs chez ses concurents. Il est surprenant qu'Actualitté paraisse découvrir aujourd'hui une facette des métiers de l'édition ! Comme quoi on a toujours à apprendre...
Hocine Bouhadjera - ActuaLitté
14/03/2026 à 13:35
Message hors-sujet, puisque ce n'est justement pas le sujet de cet article. Mais il mérite en effet d'être traité, je le note pour la semaine prochaine.
Efsyw
15/03/2026 à 12:28
Cela me semble parfaitement dans le sujet, au contraire… Dire qu’il s’agit d’un acte courant entre un éditeur et un auteur me paraît éclairer le débat…
Money money
13/03/2026 à 18:55
Combien d'à valoir?
Ça va être drole de le voir en signatures entre Bardella et Sarkozy😂😂😂😂😂
AL Bastani
14/03/2026 à 01:49
Qui trahit deux fois (L'Algerie et Galimard) trahira une dernière fois (La France).
PASSANT
14/03/2026 à 08:53
" Fais du bien à Bertrand , il te le rend en cagant "... mais... " L ' argent n' a pas d ' odeur "...
La paille et la poutre
14/03/2026 à 12:21
Le problème est qu'opposé au groupe Bolloré, le groupe Madrigall remporte toujours le "beau rôle".
Regardons-y à deux fois pourtant.
Tout ceci n'est qu'illusion. Après tout, l'illusion n'est-elle pas le propre de la littérature ?
Chez Gallimard ou ailleurs, l'éditeur n'est rien sans les auteurs.
Chez Gallimard on trahit sans scrupule. On ment aussi souvent que nécessaire pour titrer son épingle du jeu trouble. On va chasser les gros poissons et les débaucher sur le terrain à la concurrence. C'est dans l'ADN du drôle de métier d'éditeur des groupes capitalistes. Pour le "coup éditorial à venir".
Or, l'auteur est et demeure libre de choisir son éditeur à chacun de ses contrats signés. Cette liberté lui coûte souvent cher. L'éditeur, lui, est libre d'accepter son manuscrit, de le refuser, de le laisser poireauter des mois sans lui répondre, et plus tard de le rééditer, ou le pilonner et lui renfermer ses portes au nez.
L'édition chez ces "gros-là", Bolloré, Madrigall..., n'est jamais tendre, ni fidèle, ni reconnaissante. Seulement stratégique et lucrative.
C'est la seule tristesse qui vaille.
Efsyw
15/03/2026 à 08:27
Bonjour la team Actualitté,
Votre analyse sur cette article serait très intéressante pour éclairer tout le monde de façon neutre. Merci
https://lavielitteraire.com/actualite/sansal-gallimard-les-dessous-dun-divorce/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAc3J0YwZhcHBfaWQPNDA5OTYyNjIzMDg1NjA5AAEePes94rckGXPWoIh0JoQLeduBinV0_t-lSBDOSHe2_qCaPbSZ8-87pwtgTkI_aem_uIUorTpusnsePTiJgY01LQ
Aurelien Terrassier
15/03/2026 à 13:11
Rien de très étonnant. Si soutenir la libération d'un écrivain neo-reac proche de l'extrême droite était plus que légitime, c'était trop beau de la part de Gallimard d'espérer le garder en essayant peut-être un peu de le ramener dans le giron dans les girons des valeurs républicaines. Non Boualem Sansal par sincérité a préféré rejoindre la bollosphere.
L'Opium des intellectuels
17/03/2026 à 13:54
La gauche qui abandonne les écrivains persécutés (Boualem Sansal, Salman Rushdie, etc.) et soutient les dictatures (Algérie, Iran, etc.). Un peu comme à l'époque du communisme, où la gauche soutenait les dictateurs soviétiques contre les écrivains dissidents (Soljenitsyne, Kravtchenko, Sakharov, etc.). Ce n'est malheureusement pas nouveau ! Une certaine gauche préfère avoir tort avec Sartre (et Mélenchon) que raison avec Aron (et Sansal). On se fait traiter de "fachos" par des gens qui noue vantent les "lumières de la charia" comme jadis ils nous ont chanté le "Kampuchéa démocratique" ? L'histoire a déjà tranché qui a tort et raison. Le temps se chargera de le montrer à tous. Il est grand temps que mes amis de gauche se ressaisissent.
Malo lexpairt
22/03/2026 à 12:41
"Il est grand temps que mes amis de gauche se ressaisissent. "
Vos amis de gauche de Franc-tireur ? du Point ? de l'Express ? Grand continent ?
Fossoyeurs de la pensée critique par passion.
Réactionnariat par nécessité.
L'instinct de survie des imposteurs.