Le Prix Victor Hugo 2026 a été remis ce 12 mars à la Galerie Kraemer à Samuel Fitoussi pour son essai Pourquoi les intellectuels se trompent (éditions de l’Observatoire). Créé en 2024 à l’initiative d’Angela Assouline-Yadgaroff et doté de 10.000 €, ce prix distingue des ouvrages qui s’inscrivent dans l’héritage intellectuel de Victor Hugo, notamment par la défense de la liberté de pensée et d’expression, de la justice impartiale et de l’accès universel à l’instruction.
Le Prix Victor Hugo distingue des essais, romans, pamphlets, biographies ou « choses vues » qui abordent ces thèmes ou s’inscrivent dans la tradition critique associée à l’auteur des Misérables. Il est placé sous le parrainage de Marie Hugo et de l’acteur Fabrice Luchini. Sir Michael Edwards, de l’Académie française, en est le président d’honneur, et l’écrivaine Françoise Chandernagor préside le jury.
Outre sa présidente, le jury réunit Jean-François Braunstein, Simon Bentolila, Nathan Devers, Éric Fottorino, Franz-Olivier Giesbert, Camille Pascal et Abnousse Shalmani. Le secrétariat général du prix est assuré par Angela Assouline-Yadgaroff. La lauréate de l’édition 2025 était Laura El Makki pour Adèle Hugo, ses écrits, son histoire (Seghers), tandis que Maryvonne de Saint-Pulgent avait été récompensée en 2024 pour La Gloire de Notre-Dame (Gallimard).
Dans Pourquoi les intellectuels se trompent, Samuel Fitoussi examine les facteurs qui peuvent conduire des intellectuels à soutenir des idées qu’il juge erronées. L’ouvrage s’appuie notamment sur cette observation de George Orwell : « Certaines idées sont tellement absurdes que seuls les intellectuels peuvent y croire ». L’auteur soutient que l’intelligence ne prémunit pas nécessairement contre l’erreur et peut parfois y conduire.
L’essai décrit plusieurs mécanismes susceptibles d’alimenter ces phénomènes. L’idéologie peut, selon l’auteur, entraver l’analyse critique, tandis que la maîtrise de l’argumentation permettrait parfois de justifier des positions fragiles. Le conformisme, la recherche d’approbation et l’excès de certitude sont également présentés comme des facteurs susceptibles d’influencer le débat intellectuel.
Samuel Fitoussi évoque également l’évolution du milieu universitaire. Il estime que l’université, « autrefois temple du savoir », pourrait devenir un espace refermé sur lui-même, dans lequel certaines idées circuleraient principalement à l’intérieur d’un même cadre intellectuel.
Pour étayer son analyse, l’auteur mobilise plusieurs références, parmi lesquelles George Orwell, Jean-François Revel, Thomas Sowell, Raymond Aron et Steven Pinker. Il s’appuie aussi sur des travaux scientifiques et sur des exemples historiques pour illustrer les formes d’aveuglement collectif qui peuvent affecter les milieux intellectuels.
L’ouvrage insiste sur la difficulté d’identifier ces mécanismes lorsqu’ils se produisent dans le présent. Selon Samuel Fitoussi, il est souvent plus simple de reconnaître les erreurs du passé une fois les événements réinterprétés à la lumière de l’histoire.
Cette réflexion constitue le point de départ de l’essai, qui interroge la manière dont certaines idées s’imposent dans l’espace public et les conditions dans lesquelles elles peuvent être contestées.
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Par Dépêche
Contact : depeche@actualitte.com
Paru le 09/04/2025
270 pages
Editions de l'Observatoire
22,00 €
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