L214 transforme la remise du Prix Landerneau Polar en scène de crime. À partir de 19h, rue des Archives, devant le restaurant Boubalé, les militants rejouent les codes du polar pour dénoncer les pratiques d’élevage porcin liées aux fournisseurs d’E.Leclerc, organisateur du prix littéraire.
Le 11/03/2026 à 19:00 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
11/03/2026 à 19:00
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Pour cette mobilisation, blouses blanches, masques chirurgicaux et rubalise délimiteront le périmètre de la scène. Au sol, des silhouettes de cochons tracées à la craie et marquées de faux sang symboliseront les animaux victimes des pratiques dénoncées.
Ces images renvoient aux enquêtes menées dans dix élevages porcins fournisseurs de l’enseigne, qui montrent l’enfermement des truies en cage et les mutilations pratiquées sur les porcelets.
Pour Marine Le Tallec, chargée des campagnes agroalimentaires de L214, « une scène de crime nous paraissait particulièrement appropriée puisque cela fait écho à l’univers du polar. Mais c’est aussi une manière de rappeler qu’il y a ici de véritables victimes : les cochons élevés dans ces conditions. »
Dans cette mise en scène, explique-t-elle, les militants jouent symboliquement le rôle d’enquêteurs et de défenseurs des animaux : « Les silhouettes tracées au sol représentent les victimes, tandis que ceux qui enquêtent et balisent la scène incarnent ceux qui cherchent à faire émerger la vérité. » Une quinzaine de bénévoles de l’antenne parisienne de L214 participent à l’opération.
L’objectif ? Rendre la mobilisation visible des participants à la cérémonie et des personnalités du monde littéraire présentes sur place. Autour de la « scène de crime », les bénévoles déploient également une banderole adressée aux finalistes du prix, au président du jury Bruce Toussaint et au dirigeant de l’enseigne Michel-Édouard Leclerc. « E.Leclerc nous raconte des histoires. »
Pour l’association, ce slogan vise à dénoncer l’écart entre l’image culturelle portée par le prix littéraire et la réalité des pratiques d’élevage dénoncées dans la chaîne d’approvisionnement de l’enseigne.
Depuis l’automne, L214 multiplie les actions lors des prix Landerneau : prix des lecteurs en octobre, prix BD quelques jours plus tard, puis prix de l’album jeunesse en février. « Nous essayons de saisir toutes les occasions possibles pour faire passer notre message. Malheureusement, si cette campagne s’inscrit dans la durée, c’est parce que l’enseigne n’a toujours pas pris les engagements que nous demandons », commente Marine Le Tallec.
L’association appelle toujours E.Leclerc à adopter le Pig Minimum Standards (PMS), un ensemble de critères visant à améliorer les conditions d’élevage des cochons, déjà adopté par plusieurs entreprises du secteur agroalimentaire, parmi lesquelles Waffle Factory, Maison Kayser, Big Fernand, Best Western, Pain Quotidien, Pizza Cosy ou encore la Boulangerie Marie Blachère.
Dans cette mobilisation, L214 bénéficie également du soutien de l’écrivaine Ingrid Desjours, psychologue spécialisée en psycho-criminologie et autrice de thrillers. Elle dénonce : « Mutiler à vif, priver d’espace et de lumière, traiter des êtres sensibles comme des objets, comme s’ils étaient déjà morts… Ce n’est pas de l’élevage, c’est de la torture. Derrière chaque achat, il y a une conscience. Et cette conscience refuse de plus en plus de fermer les yeux sur la souffrance au nom du prix le plus bas. »
En marge de la mobilisation, les passants et les participants à la soirée pourront signer une pétition appelant E.Leclerc à s’engager publiquement à respecter le Pig Minimum Standards. Pour l’association, cette action symbolique vise avant tout à provoquer une prise de conscience. En choisissant la forme d’un polar grandeur nature, L214 espère transformer la remise d’un prix littéraire en moment de réflexion sur les pratiques de l’élevage industriel.
À LIRE - "Derrière les belles histoires de Leclerc, il y a la souffrance des cochons"
« Dans les polars, il est question de faire respecter la loi », conclut Marine Le Tallec. « Il est donc particulièrement ironique que l’organisateur d’un prix consacré à ce genre littéraire ferme les yeux sur des pratiques que nous considérons comme cruelles et illégales. »
L214 explique cibler E.Leclerc en raison de son poids dans la grande distribution. Avec près d’un quart des parts de marché, l’enseigne disposerait, selon l’association, d’une capacité réelle à faire évoluer les pratiques d’élevage. Les ajustements ponctuels annoncés jusqu’ici ne sont pas jugés suffisants : L214 demande que ces changements soient intégrés directement à la politique d’approvisionnement du groupe.
Si la mobilisation se concentre aujourd’hui sur la filière porcine, l’association estime que des améliorations peuvent y être mises en œuvre rapidement dans un secteur qui concerne des millions d’animaux, tout en rappelant que la question de la souffrance animale dépasse largement cette seule filière.
Crédits photo : L214
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
2 Commentaires
Rose
12/03/2026 à 08:37
Soutien et pétition signée, L214 est bien courageux, bravo à vous.
Et aussi, blague : greffe cardiaque porcine - Le gars lui dit : "Avec toute la charcuterie que tu as mangé, il n'y a pas un cochon qui te donnera son cœur".
Laure
12/03/2026 à 11:57
Merci L214, je les soutiens complètement.