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La bataille de Persepolis : faut-il brûler la BD culte de Marjane Satrapi ?

Plus de 20 ans après sa publication, la bande dessinée de Marjane Satrapi, Persepolis, et son adaptation animée, reviennent au centre du débat, dans le sillage de la guerre menée par les États-Unis et Israël à l’Iran. Ce week-end, des planches ont largement circulé sur les réseaux sociaux, engendrant un âpre débat : représentations problématiques ou oeuvre universelle, dont le vrai sujet est la liberté. Faut-il brûler Persepolis ?

Le 09/03/2026 à 14:15 par Hocine Bouhadjera

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Publié le :

09/03/2026 à 14:15

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Le 5 mars dernier, France 4 annonçait bouleverser sa programmation, pour diffuser Persepolis, film d’animation coréalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud en 2007, adapté de la bande dessinée de la première. L’œuvre retrace la chute du Shah et l’instauration de la République islamique à travers le regard de l’autrice, enfant puis adolescente.

Une oeuvre devenue champ de bataille

Une nouvelle mise en lumière qui lança un débat sur X, après que plusieurs comptes militants aient vivement critiqué l’œuvre, accusée de véhiculer une représentation jugée islamophobe de l’Iran post-révolutionnaire et des femmes voilées. Un post, vu plus de 3 millions de fois, partage des captures d’écran du film - montrant des silhouettes de femmes entièrement vêtues de noir, aux visages sévères et aux formes stylisées - pour appuyer leurs accusations.

Un utilisateur affirme ainsi que l’œuvre utiliserait « les codes des caricatures islamophobes », évoquant des « silhouettes fantomatiques, déshumanisées, aux mouvements glissants » ou encore des figures aux « nez crochus ». Un autre estime que la programmation du film « à ce moment » participerait d’une « propagande de guerre contre l’Iran en instrumentalisant la cause féministe ». Le film est décrit comme « un beau film d’animation qui a toujours fait le jeu de la réaction ».

Certains reprochent également à l’œuvre de raconter la révolution depuis le regard d’une bourgeoisie iranienne qualifiée de « pro-Shah », « dessinée normalement hein. Même super beaux gosses. » Et face à elle, une vision où « les musulmans sont tous fous sanguinaires ». Un autre internaute se demande : « Reprogrammer maintenant "en raison de l'actualité", c'est imposer un cadrage et une compréhension bien précise de cette "actualité". Pense-t-on vraiment qu'un documentaire sur l'oppression des femmes en Iran aide à comprendre l'agression et les bombardements israélo-américains ? »

Une critique plus large a également été portée contre Marjane Satrapi, notamment autour de son adhésion au Printemps républicain, un courant politique et intellectuel attaché à une défense stricte de la laïcité et souvent accusé par ses détracteurs d’entretenir une vision hostile à l’islam. Aurélien Bellanger en a proposé la chronique romancée, en se plaçant dans la tête de Laurent Bouvet, figure du Printemps républicain aujourd’hui disparue. 

D’autres ont simplement profité de l'occasion pour critiquer la qualité de la bande dessinée elle-même, comme de son adaptation animée.

L'islam, prétexte à une dictature

Face à ses critiques, portées par une certaine gauche radicale - que ses adversaires à droite qualifient volontiers d’« islamo-gauchiste » - une autre gauche, celle de Marjane Satrapi en somme, a vigoureusement pris la défense du film, estimant que les critiques reposaient sur une lecture partielle, voire erronée de l’œuvre

Un internaute rappelle que l’histoire suit « une famille communiste qui milite contre le régime du Shah », loin de l’image d’une bourgeoisie nostalgique de la monarchie. Sur la question de l’islam, l’internaute nuance également les accusations d’islamophobie : dans le film, écrit-il, l’islam « n’est pas qu’une simple “religion” parmi tant d’autres, mais un cadre normatif utilisé par l’État comme un rouleau compresseur qui surveille, oppresse, persécute et tue ».

À LIRE - Merci, mais non merci : Marjane Satrapi refuse la Légion d'honneur

Il souligne par ailleurs que Persepolis ne propose pas pour autant une vision idéalisée de l’Occident, rappelant que le séjour de l’héroïne à Vienne se solde par l’isolement et la précarité : « L’image de l’Occident est très loin d’être idyllique. »

Un libraire, de son côté, raconte son expérience d’adolescent découvrant Persepolis au cinéma avec sa grand-mère, survivante de la Shoah, émue aux larmes par le film. Dans ce fil très partagé, il relate le parcours de cette dernière, qui avait « passé toute son adolescence sous la menace de Vichy et des nazis, fui les rafles » et perdu plusieurs membres de sa famille pendant la guerre.

Pour lui, Persepolis n’est « ni un livre ni un film islamophobe ou impérialiste », mais « une œuvre sur une jeunesse gâchée par l’oppression et la haine », dont la portée est « universelle ».

Un débat qui a débordé de la France : la journaliste et écrivaine espagnole Elisa Beni a, par exemple, pris la défense de l’œuvre de Marjane Satrapi. « En France, les faux féministes se retournent contre cette œuvre. C’est de la folie. J’encourage ceux qui ne l’ont pas lue à le faire, pour comprendre la souffrance des Iraniennes. »

« Professeur Carré » rappelle par ailleurs, afin de sortir de la caricature Occident contre Orient : « C'est peu connu, mais le film Persepolis, qui fait actuellement polémique, a obtenu un prix du public à Abu Dhabi, lors du festival international du film du Moyen-Orient en 2007. »

Le film préféré des profs

Depuis sa publication au début des années 2000, l’œuvre est régulièrement saluée comme un témoignage autobiographique marquant sur la révolution iranienne et l’exil, au point que son adaptation animée est devenue un film très diffusé dans les classes françaises. « L’ultime carré des films de profs », aux côtés de La Vague, La Journée de la jupe, La Controverse de Valladolid, ou encore Goodbye Lenin, la spéciale des professeurs d'allemand.

Sur X, un professeur de philosophie avance une théorie : « Le film se prend surtout un backlash (ndr : retour de bâton) pour vingt ans à être un des films préférés des profs, que quasi la moitié des élèves de France se sont vu diffuser en classe. »

Souvent, ajoute-t-il, la projection ne s’inscrivait pas dans « une séquence pédagogique sur la situation des droits humains en Iran », mais dans « un vague slop (ndr : discours confus et fourre-tout) “valeurs de la République” sur fond de crises-passions continuelles sur la laïcité et le voile ».

Dans ce contexte, poursuit-il, Persepolis aurait parfois été vécu par certains élèves musulmans comme « encore une occasion pour l’Éducation nationale de leur dire, au nom de la République, que leurs daronnes étaient des harpies bigotes arriérées ».

Plus de 20 ans après la publication de la bande dessinée, l’œuvre continue ainsi de cristalliser des lectures opposées : pour certains, elle participerait d’un imaginaire occidental problématique sur l’Iran ; pour d’autres, elle demeure avant tout un récit autobiographique sur l’oppression, l’exil et la quête de liberté.

À LIRE - Iran : une mère perd quatre enfants dans la répression des mollahs

À l’image de nombreuses œuvres devenues symboliques, Persepolis semble désormais dépasser son statut de bande dessinée ou de film d’animation pour devenir un objet politique à part entière - un miroir des tensions contemporaines, alors que Téhéran se retrouve sous les bombes, autant qu’un témoignage sur une révolution passée, avec son lot de morts et de souffrances, jusqu'à encore très récemment.

Crédits illustration : Persepolis

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

17 Commentaires

 

Un observateur

09/03/2026 à 17:37

Un livre essentiel. Les polémiques ne salissent que ceux qui les lancent. Les mêmes sans doute qui expliquent que le voile peut être un choix de liberté pour les femmes.

Marie

10/03/2026 à 09:08

++++++++++++++

Anjo

10/03/2026 à 16:40

Pendant deux ans j'ai tenté d'apprendre le français à des Marocaines, Tunisiennes...de religion musulmane...relativement "intégrées" dans ma petite ville. Voilées bien sur et visiblement gênées à l'arrivée en cours de deux Iraniens...Elles se débrouillaient toutes à peu près à l'oral, mais l'écrit et surtout la compréhension ont peu évolué...en deux ans. Age: de 35 à 60 ans. Pendant le Ramadan, à la question : "si le Coran vous autorisait à ne plus porter le voile, que feriez-vous?" A l'unanimité : "on le garderait".
Evitons de juger à l'aune de nos propres valeurs. Les cultures sont, on ne les hiérarchise pas.

Muray

09/03/2026 à 18:23

Se poser la question, en soi, est une honte.

Donny "The Bear Jew" Donowitz

09/03/2026 à 21:29

Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.

klariss vers Denfert

09/03/2026 à 22:25

Le centre du débat ce sont plutôt les bombes sur la tronche en ce moment pour les iraniens le régime lui peut aller se faire enfiler gratos sans tva sur la muerte

Catochka

10/03/2026 à 06:11

Merci pour ce commentaire ouvert.
Aujourd’hui plus que jamais il faut ouvrir et respecter les points de vue différents, c’est avoir une certaine maturité d’esprit pour élargir la bonne façon de vivre ensemble librement…
Vu ce qui se passe en France pour les élections et les menaces qui pèsent sur ceux qui osent s’opposer 🤔 c’est pas gagné ! Mais il faut y croire toujours…
J’ai vu le film à sa sortie et l’ai retrouvé avec intérêt à la télé pour permettre à mon compagnon de le découvrir.
Je respecte l’autrice pour son courage car elle n’omet et n’idéalise pas les événements. Je trouvais cette diffusion pertinente au vu des dernières lois Afghanes contre les femmes. Je suis chrétienne et réalise depuis longtemps qu’on ne doit pas se servir de la religion pour opprimer les êtres ce que les hommes malheureusement font souvent.
La religion sert à ouvrir le regard sur plus large que le monde matériel et développer notre responsabilité… je ne pense pas que la répression quel qu’elle soit ouvre l’intelligence du cœur et je plains tous ceux qui sont dans l’enfermement de doctrines religieuses ou politiques. Pour moi tout dogme est une barrière pour empêcher de réfléchir et avilir l’intelligence .
Des règles de vivre ensemble sont nécessaires mais pas sans réflexion.
Bravo et courage à tous ceux qui essaient d’être plutôt que rester des moutons sans conscience.

Blob

10/03/2026 à 07:38

Argh !! C'est comme ça que ça s'exprime un prof de philo en 2026 ?! (à la fin de l'article)
Lol Ça fait peur là !!

Laurent

11/03/2026 à 16:00

Ça m'a beaucoup surpris également.

Honoré de Musso

14/03/2026 à 11:28

Jouer avec la langue, ce n'est pas ne pas la maîtriser, c'est même souvent l'inverse.

Marie

10/03/2026 à 08:08

Marjane Satrapi appartient à cette culture iranienne toute empreinte de cette "finesse" intelligente et nuancée qui "colle" à "Persépolis". J'ai visité l'Iran en 1999, après la mort de Khomeiny , à la veille d'élections (municipales?). Vie normale, foulard pour toutes les femmes, discussions sans problème à Téhéran, Chiraz et Ispahan. Qom par contre nous a paru hostile. Pour moi M. Satrapi représente ce que souhaitent une majorité d'Iraniens

Laurence

10/03/2026 à 12:28

Le lien donné dans l'article, "voire erronée de l’œuvre.", aboutit à ça :
404 : ne restez pas seul...
Moment de solitude ?
Manifestement, ce que vous cherchez n'existe pas...
profitez-en pour consulter nos dernières chroniques...

adnstep

10/03/2026 à 15:14

Ils sont gentils, les fréristes, avec leur renversement des valeurs. Mais ça ne prend plus, les gars. Vous devriez avancer voilés.

Metaldemort

13/03/2026 à 13:09

Je ne renie ni ma sympathie pour l'autrice de Persépolis lu à l'époque de sa parution
Ni mon mépris et mon dégoût profond pour le racisme fanatique, bien mal maquillé en laïcité dévoyée, d'un "Printemps Républicain" qui n’est qu’un sordide hiver de la liberté.

L’antithéiste

20/03/2026 à 05:13

Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.

Stéphane Rosière

16/03/2026 à 11:51

Aujourd'hui, plus le droit de critiquer, même la dictature la plus éhontée. Si les islamistes tendance fasciste existent, ce n'est pas à cause de Marjane Satrapi.

Claude Marx

19/03/2026 à 17:15

"un courant politique et intellectuel attaché à une défense stricte de la laïcité"

On appelle ça également un Flan de pensée.

Le flan de pensée se situe au niveau (très) inférieur d'un début de pensée critique.

Les adeptes du flan de pensée parfois appelés chiens de garde des classes dominantes se caractérisent par un assèchement de l'intuition et une incapacité à se mouvoir dans d'autres espaces mentaux que leur idéologie réactionnaire. Biotope sec et mordant. Donc ministrable.

Le flan de pensée peut aussi gagner une élection présidentielle.

Il se déguisera alors en républicain.

Bon teint.

« 100 % des gagnants ont tenté leur chance »

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Nous pensions combattre des mensonges venus d’ailleurs, empaquetés par les réseaux, servis par des machines et relayés par des foules plus crédules que nous. L’étude de l’Arcom raconte une vérité moins confortable. Le faux n’attaque pas de l’extérieur : il trouve déjà, en chacun, une brèche ouverte. À ce point précis, Philip K. Dick cesse d’être un romancier de science-fiction pour redevenir un anatomiste du réel qui vacille.

24/03/2026, 17:23

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Un timbre dédié au Discours de la servitude volontaire de La Boétie

Le 18 mai 2026, La Poste met en circulation un timbre consacré à Étienne de La Boétie, auteur du Discours de la servitude volontaire. Conçu par Pierre Bara et tiré à 702.000 exemplaires, il sera proposé en avant-première les 15 et 16 mai à Paris, Sarlat-la-Canéda et Le Taillan-Médoc, avant une diffusion nationale dans les bureaux de poste et en ligne. Cette émission s’inscrit dans le programme philatélique dédié aux grandes figures et œuvres du patrimoine.

24/03/2026, 12:02

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Le cabinet de curiosités d'Atlantide, musée des imaginaires et mémoire du festival

Au cœur du festival Atlantide, organisé du 19 au 22 mars dernier à Nantes, se trouve un cabinet de curiosités, réunissant des objets légués par les invités de l'événement à l'occasion de leur passage. Laisser un peu de soi-même, de son imaginaire, afin d'interroger, de susciter les conversations : toute la démarche d'Atlantide s'incarne dans cette collection constituée depuis l'origine, et qui abrite aujourd'hui plus de 400 objets.

24/03/2026, 11:59

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Une bibliothèque accueille les manuscrits qu’ont refusés les éditeurs

Aux Pays-Bas, à Utrecht, la bibliothèque publique lance Jouw Boek, un dispositif ouvert à tous les textes non publiés. Sans sélection, sans filtre éditorial, l’initiative entend offrir un lectorat à des écrits restés dans les tiroirs. Une manière de repenser le rôle des bibliothèques, à l’heure où les manuscrits se multiplient bien au-delà des capacités de publication.

23/03/2026, 16:52