Le statut d’Amazon, partenaire du Festival du livre de Paris 2026, organisé du 17 au 19 avril 2026 au Grand Palais, provoque une rupture nette au sein de la profession. Le Syndicat de la librairie française (SLF) annonce son retrait de la manifestation et appelle les libraires à en faire de même.
Le 02/03/2026 à 15:50 par Hocine Bouhadjera
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02/03/2026 à 15:50
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Le partenariat, établi entre le Festival — filiale du Syndicat national de l’édition (SNE) — et le géant américain, est jugé incompatible avec la défense de l’écosystème du livre. « Comment associer à la grande fête nationale du livre un acteur dont la stratégie conduit à déstabiliser l’écosystème du livre en attaquant le prix unique du livre et le réseau des librairies indépendantes ? », se demande le SLF.
Il va plus loin, accusant la plateforme de chercher à « inonder le marché de faux livres générés par IA, promus par de faux commentaires, rédigés par de faux lecteurs et remontant en tête de faux palmarès ».
Dans sa prise de position, le Syndicat adopte un ton sans ambiguïté : « Amazon n’est pas un ami du livre. Il constitue, par sa puissance et ses visées prédatrices et hégémoniques, un risque majeur pour les auteurs et autrices, les éditeurs, éditrices et les libraires. » L’organisation estime qu’offrir à Amazon une visibilité institutionnelle dans un événement présenté comme « la vitrine de la création et de l’édition françaises » relève d’une contradiction majeure.
« Il paraît irresponsable, au nom d’intérêts financiers de court terme, d’offrir à Amazon une telle visibilité et honorabilité. »
Le communiqué ajoute une dimension politique : « Si la multinationale américaine, soutien de premier plan de Donald Trump, a de l’argent à dépenser, qu’elle commence par payer ses impôts en France comme le font tous les auteurs, les éditeurs et les libraires. »
Conséquence directe : le Syndicat de la librairie française « a décidé de ne pas participer à l’édition 2026 du Festival du livre de Paris ». Il « incite tous les libraires, professionnels du livre et lecteurs sensibles à la préservation du livre et de son économie à en faire de même ».
Historiquement, la vente sur certains stands du Salon était assurée par des libraires indépendants parisiens. Dans la nouvelle configuration du Festival, marquée par ce partenariat avec Amazon, le SLF estime qu’une participation serait en contradiction avec la défense du réseau indépendant.
Amazon n’en est pas à sa première apparition au Salon du livre de Paris. En 2012, la firme avait pour la première fois pris un stand - 80 m2 consacrés exclusivement à la promotion de son Kindle. À l’époque, Antoine Gallimard, président du Syndicat national de l’édition, estimait qu’« Amazon est une réalité, c’est normal qu’il soit sur le salon », tout en pointant déjà la question sensible de sa fiscalité.
L’année suivante, malgré un stand encore prévu, l’entreprise avait finalement renoncé à sa participation, dans un contexte de tensions croissantes autour des accusations de... « concurrence déloyale ».
Mais la situation actuelle change d’échelle. Il ne s’agit plus seulement pour Amazon de louer un espace d’exposition parmi d’autres acteurs du numérique : devenir partenaire officiel du Festival du Livre lui confère une visibilité institutionnelle et symbolique d’un tout autre ordre. Là où un stand relevait d’une présence commerciale, le partenariat inscrit désormais la plateforme au cœur même de l’événement, comme acteur reconnu de la filière.
Amazon, de son côté, justifie sa présence par un engagement ancien en faveur de la lecture. L’entreprise rappelle que « la toute première commande réalisée sur Amazon.fr en 2000 était un livre » et affirme que, 25 ans plus tard, son objectif reste de « garantir à tous les Français, quel que soit leur lieu de résidence, de pouvoir accéder à la lecture ».
La plateforme met en avant « des millions de livres en français » disponibles sur son site et indique que « plus de 300.000 titres différents sont commandés chaque mois », soulignant également que « près d’un livre sur deux vendu sur Amazon.fr est acheté par un habitant de petite ville ou zone rurale ». Amazon insiste aussi sur l’évolution des usages, avec « la lecture numérique grâce aux appareils Kindle », l’abonnement Kindle Unlimited et le développement des livres audio via Audible.
Cette ligne de défense intervient alors que les tensions entre Amazon et les librairies indépendantes se sont ravivées ces derniers mois. En octobre dernier, la multinationale a annoncé l’application d’une remise de 5 % sur le prix des livres neufs récupérés dans certains points de retrait situés dans des commerces vendant des ouvrages, en plus de la livraison gratuite.
Une décision que le Syndicat de la librairie française (SLF) considère comme un contournement de l’esprit de la loi sur le prix unique du livre, modifiée en 2014 pour encadrer la vente à distance et réserver cette remise aux détaillants disposant d’un véritable point de vente.
Pour le SLF, cette initiative renforce un « caractère illégal » déjà pointé par le Médiateur du livre concernant la gratuité de la livraison dans certains casiers automatisés. L’organisation estime que ces pratiques « confortent l’idée selon laquelle la multinationale américaine se considère au-dessus de la loi française ». Une saisine du Médiateur est en cours.
Dans ce contexte de méfiance durable, la présence institutionnelle d’Amazon au Festival apparaît, pour les libraires, comme un symbole supplémentaire d’un déséquilibre dénoncé depuis plusieurs années.
En 2020, plus de 80 maisons d’édition avaient signé la tribune « Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon », dénonçant déjà le poids croissant du distributeur dans la chaîne du livre et les déséquilibres créés par sa position dominante. À l’époque, les signataires alertaient sur les conditions commerciales imposées par la plateforme et sur les effets de concentration qu’elle induit.
Aux yeux du Syndicat de la Librairie française, nouer un partenariat avec la multinationale américaine relève d'une forme d’incohérence, ouvrant grand la bergerie au loup : comment défendre publiquement le prix unique, la diversité éditoriale et le réseau indépendant tout en offrant une visibilité institutionnelle à un acteur régulièrement accusé d’en fragiliser les équilibres ?
À LIRE - La présence d'Amazon à Livre Paris, “comme une capitulation”
Si en 2012, la présence de l’Américain fit sensation - et les publicités pour le Kindle partout dans Paris tout autant -, le SLF n’avait semble-t-il pas réagi avec autant d’ardeur. Peut-être parce que, précisément, le stand était consacré à l’autoédition et aux outils Kindle Direct Publishing, lors de cette grande première. Absent l’année suivante, le cybermarchand mit plusieurs années à renouer avec l’événement.
Ainsi, le SLF s’exprima, en revanche, plus crûment par la suite - notamment lors de salons ultérieurs - sur l’implantation plus générale d’Amazon en France, dénonçant : la « concurrence déloyale » du géant américain, qualifié d’« inexorable machine de guerre » qui, selon le SLF, « étrangle la concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes ». Et ce, notamment à l’occasion du Salon Livre Paris de 2018.
Le SLF, qui regroupe près de 850 librairies indépendantes sur l’ensemble du territoire, rappelle pour terminer sa mission : défendre la diversité culturelle, soutenir la lecture et valoriser les librairies comme lieux de médiation.
L’Association internationale des libraires francophones (AILF) dénonce le partenariat entre le Festival du Livre de Paris et Amazon, jugé contraire aux intérêts des librairies indépendantes. Elle estime que les pratiques de la plateforme fragilisent l’économie des librairies, en France comme à l’international, notamment faute de régulation du prix du livre hors de France.
Aux côtés du Syndicat de la librairie française, l’AILF évoque un risque pour la bibliodiversité et l’équilibre de la chaîne du livre.
Crédits photo : la verrière du Grand Palais, qui accueillera le Festival du Livre
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
29 Commentaires
Edco
02/03/2026 à 18:05
Bravo👏👏👏👏
Ben oui .... Est-ce qu ' on imagine un festival de chants dans une bergerie.....avec un loup qui tient la buvette ????🤭
Ou une réunion citoyenne dans un poulailler, avec un renard qui note sur le paperboard..????
À ma zone est à la lecture, ce que Mac Do est à la gastronomie.....!!!!
Le pied-dans-la-porte..!!!!! Après, on s' en mord les doigts... ( de pied..)...🫣🫣🫣🤭🤭🤭🤭
adnstep
04/03/2026 à 12:33
Ben justement, il faudrait demander aux bergers ce qu'ils pensent de la réintroduction du loup dans nos montagnes et nos collines, imposée par des gens qui n'y vivent pas.
JC B
05/03/2026 à 07:51
Y'a qu'à installer des lockers Amazon à la place des bergeries et le problème est réglé. Je peux le suggérer, je vis sur une colline.
Edco
07/03/2026 à 12:01
Dans la montagne , c est une chose !!!!!
Pas dans Paris !!!!!🫣
https://youtu.be/LX813tJdCH8?is=UltbAcuAAXX5ft8F
François-Xavier Robert
02/03/2026 à 18:21
Il y a une ambiguïté très forte du côté des éditeurs qui prétendent défendre la librairie indépendante et en avoir besoin… tout en déroulant le tapis rouge à Amazon dont certains dépendent fortement pour assurer leur chiffre d’affaires.
Amazon n’est pas un ami du livre. Amazon a utilisé le livre et les millions de références dans le monde pour attirer des clients sur sa plate-forme. Pendant des années, Amazon a vendu des livres à perte. Ils pouvaient se le permettre grâce à la manne financière et l’argent qui ruisselait depuis la silicon valley.
Leur concurrence déloyale (quel libraire indépendant peut se permettre de vendre à perte ? Aucun !) a fait des ravages aux États-Unis d’abord, dans le monde entier ensuite. La France a mieux résisté grâce à sa loi sur le prix unique et son écosystème incroyablement dense. Mais le rouleau compresseur Amazon a nuit aussi aux libraires indépendants.
Parlons clairement : aucun libraire indépendant peut s’affranchir des taxes et des impôts comme le font les GAFAM. Aucun libraire indépendant ne peut s’affranchir des tarifs postaux ou des frais de livraison sans risquer de mettre la clé sous la porte.
La volonté clairement affichée d’annihiler la concurrence et de se substituer à tous les commerces de proximité d’Amazon devraient tous nous faire réfléchir.
Theude
02/03/2026 à 19:56
Je soutiens à 100%. Bravo et merci !
adnstep
02/03/2026 à 21:14
Si Amazon ne paye pas ses impôts en France, c'est qu'elle les paye en Irlande.
Pourquoi ? Parce que les règles de l'union européenne le permettent.
Pourquoi ? Parce qu'une majorité des européens ont voté en ce sens. Dont, sans doute, bon nombre de ces libraires.
En attendant, l'Irlande, qui était une zone économiquement sinistrée, se permet désormais de faire jeu égal avec le Luxembourg au titre des régions les plus riches d'Europe.
JC B
03/03/2026 à 18:58
"Pourquoi ? Parce qu'une majorité des européens ont voté en ce sens. Dont, sans doute, bon nombre de ces libraires."
Le type est trop fort, il a la vision de Superman, pour distinguer les votes dans les urnes. D'ailleurs, c'est bien connu qu'une majorité d'Européens, mais surtout de Français ont voté pour l'Europe actuelle, souvenons nous du OUI écrasant du dernier référendum où on les a consultés... Ah... non ? Zut.
adnstep
04/03/2026 à 12:44
L'UE étant une démocratie, les lois y sont prises à la majorité. Et avant 2024, et depuis longtemps, la majorité etait un compromis à l'Allemande. Comme l'écrit l'institut Jacques Delors : "[La majorité actuelle a basculé à droite] la majorité progressiste d’antan, qui frôlait la majorité absolue (S&D, Renew, Verts, le groupe de la gauche européenne) n’existe plus."
Et oui, on vient de sortir de lustres de social-démocratie.
JC B
05/03/2026 à 07:45
La Commission européenne à la tête de votre UE " démocratique" n'est qu'une coterie non élue au service intégral (avec finition) des lobbies pendant que les bouffe-galette du Parlement s'amusent à faire semblant d'avoir de l'importance dans leur hémicycle, ce qui, de suite, relativise les équipes et les couleurs rose pâle, verdâtre ou bleu, des différents partis.
Camélia
02/03/2026 à 21:54
J'aime le livre papier et j'aime les librairies ce sont des lieux où je perds toute notion du temps....pour autant il m'arrive d'acheter des livres sur Amazon...parce que je n'ai pas de librairie proche de chez moi, parce que je ne trouve pas le livre en magasin, parce que les circuits de livre d'occasion sont encore trop peu présent sur le marché....pour autant la mort des librairies est aussi la faute aux municipalités, qui n'y mettent pas du leur...plus d'un an que je cherche un local pour ouvrir....une librairie sur ma commune...quand un de surface raisonnable se libère, c'est pris d'assaut par des resto rapide...et celui dont je rêve qui me permettait d'ouvrir la librairie de mes rêves que je vois comme un tiers-lieu culturel....ben il est à l'abandon depuis 2020...et la mairie ne me donne pas les coordonnées du propriétaire alors qu'ils les ont....
Je crois que plutôt que de boycotter Amazon et juste demander son retrait du système il faudrait demander à ce qu'il participe à des projets d'ouverture de librairie, en soutien, financier et autres avec par exemple la possibilité en contrepartie de vendre les kindle sur place ou les productions Amazon 🤔
Quand aux maisons d'édition ben les petites j'arrive à comprendre leurs problématiques mais les grosses, comme dans tous les milieux, c'est elles qui mènent la cadence alors franchement ce ne sont pas elles qui sont à plaindre mais ...les librairies et les libraires qui dépendent de leur bon vouloir...
Le monde évolue, plutôt que se monter les uns contre les autres, il faudrait plutôt travailler ensemble à trouver des compromis valables....
Michel
03/03/2026 à 09:29
1 : vous pouvez donner le nom de la commune dont il est question ?
2 : Pour trouver le nom d'un propriétaire il suffit de se rendre au service du cadastre qui se trouve en principe aux services des impôts
3 : Vous êtes naïve de penser qu'il suffit de s'entendre avec des gens comme Amazon pour régler les problèmes. Le patron d'Amazon est aussi le financier et ami de Trump et donc son seul comportement avec les autres : le canon comme Trump.
Edco
03/03/2026 à 10:32
Je commande parfois sur Momox et recyclivre .....entr' autre......et je trouve... Courage ..
Lise
03/03/2026 à 13:49
Qu'amazon participe aux projets d'ouverture de librairie ? Non, amazon n'est pas l'ami du livre et encore moins des librairies françaises !
Vous rêvez d'ouvrir votre librairie ? Sans la loi Lang, qu'amazon essaie tant bien que mal de torpiller, vous ne tiendriez pas 1 semaine..
On ne peut à ce jour pas être libraire indépendant et valider amazon. Notre métier est d'une fragilité extrême et amazon nous tue.
adnstep
02/03/2026 à 22:06
"En 2020, plus de 80 maisons d’édition avaient signé la tribune «Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon»"
Que sont-elles devenues ? Continuent-elles à boycotter Amazon ?
George T. Diller
02/03/2026 à 23:04
Malheusement pour l'édition classique - sur papier et à l'encre - l'évolution électronique vient lui sonner le glas. En plus des maisons de la famille Amazon, l'adversaire le plus menaçant et incontournable, c'est Anna's Archive.
Rose
03/03/2026 à 08:42
Bravo le SLF de ne pas se soumettre à l'ectoplasme amazon qui n'a aucune intelligence (IA), aucune valeur (multinationale) et veut détruire le talent et l'économie de nos librairies indépendantes, qui seules, peuvent permettre la liberté littéraire, ouf, le souffle .
JP
03/03/2026 à 13:50
Se retirer de la manifestation n'est pas la chose la plus intelligente à faire. Il vaut mieux y aller et montrer une vraie différence. Montrer la valeur ajoutée du libraire par rapport à Amazon. Ce sont les lecteurs qui décident, mais si on laisse toute la place à Amazon pour bouder, forcément cela renforce la plateforme. Il y a aussi une forme de jalousie, pourquoi la France n'a pas une plateforme aussi puissante ? (réponse à la fin de mon commentaire)
Il ne faut pas se plaindre, il faut agir. Que disent les maisons d'édition indépendantes refusées par les libraires, parce que c'est plus compliqué que de passer par les grands groupes ? Les livres de ME indépendantes sont mis en valeur dans les librairies ? Non. Elles peuvent avoir leur place sur Amazon ? Oui. Dans quel camp est la diversité ?
Pour ce qui est des livres IA, puisque personne ne fait quoi que ce soit, ils peuvent se multiplier. Si les lecteurs sont satisfaits avec ces livres, c'est tout le monde de l'édition qui doit se remettre en question, car cela veut dire que l'on ne propose plus une littérature plus qualitative que celle générée par une machine.
Il y a beaucoup de débats, qu'il faudrait un jour vraiment poser avec toute la chaîne du livre, donc sans oublier les maisons d'édition indépendantes et les autoédités. Dans ces dossiers, rester binaire avec Amazon méchant / libraires gentils ne sert absolument à rien. Seulement, dans l'édition, chacun marche pour sa part du gâteau, impossible de s'unir et de discuter. Amazon a le champ libre.
Dodododo
04/03/2026 à 09:14
En tant que maison d'édition indépendante, nous avons fait le choix de refuser les conditions commerciales d'Amazon et de la Fnac, qui nous obligeraient à vendre à perte. Néanmoins ces plateformes récupèrent nos métadonnées, et quand le lecteur veut commander par elles, elles affichent un "ouvrage indisponible" comme si l'ouvrage était épuisé, alors qu'il s'agit souvent de nouveautés. C'est une pratique déloyale, signalée par d'autres éditeurs, et nous ne pouvons rien y faire, sauf mettre un avis sur notre site pour signaler la chose. Là où je vous rejoins, c'est que les tables des libraires nous sont inaccessibles, notamment en région, où nous nous trouvons. Le soutien à l'édition indépendante est dans toutes les bouches, mais quand il s'agit d'organiser une signature pour une nouveauté, il n'y a jamais de créneau disponible. La plupart des libraires de notre région accueillent sur leurs tables les mêmes ouvrages que les tables de la FNAC : les livres des grands groupes, qui bénéficient d'importantes campagnes publicitaires. Ici, seul un libraire, dans un village, voit son métier autrement. Et je suis persuadée qu'à terme il s'en sortira mieux, il propose un vrai conseil, et surtout une offre qui lui ressemble. Il s'en sort déjà mieux : il n'est pas épuisé par la manutention des offices, et il adore accueillir dans son lieu minuscule. Le syndicat des libraires dénonce un système entièrement dévolu au profit, mais il n'utilise pas d'autres méthodes. Si le libraire ne se démarque pas, s'il ne propose pas autre chose que les géants comme Cultura ou Fnac, il est évident qu'il disparaîtra.
adnstep
04/03/2026 à 13:00
Avec quoi fait-il son chiffre d'affaires ?
Avec la vente de livres, ou avec les "à-côtés" (papeterie, cadeaux, ateliers, autres services, ...)
FredEx
03/03/2026 à 14:16
Sous Sarkozy, les instances professionnelles ont touché des fortunes pour "inventer" un Amazon à la française. Ils n'ont rien inventé, tout dépensé en conneries et maintenant, ils pleurent.
Claude Marx
03/03/2026 à 16:39
Amazon fout la zone ? bah, c'est le ruissellement camarade, l'ivresse capitalistique... l'actionnariat brutaliste couplé aux ressources humaines séquencées par L'I.A. Un état-empire comme les U.S.A. en régime MAGA c'est que l'Europe est en train de devenir. Pas la faute des américains. Nous plagions son potentiel destructeur. Ruissellement qui devrait se conclure par une noyade d'ici à la fin du siècle.
adnstep
04/03/2026 à 12:54
T'inquiètes, ça ruisselle. Déjà 12,7 millions de PER ouverts (25% des 24-29 ans en on ouvert un), des versements record sur les assurances -vies en unités de compte, et la RAFP pour les fonctionnaires d'État et hospitaliers depuis 2004. Il doit bien y avoir quelques kopeks investis sur le nasdaq là-dedans.
PPK
03/03/2026 à 21:16
Comme si des grands groupes comme Hachette, Editis ou Madrigall étaient plus vertueux qu'Amazon.
Comme s'ils ne faisaient pas tout pour écarter ou avaler la concurrence (nous avons vu par exemple comment ils ont fait barrage à la diffusion de l'édition québécoise en France tout en s'imposant sur le marché canadien). Comme s'ils étaient les preux mousquetaires de la Littérature !
Au moins, le méchant Amazon offre sa chance à quiconque souhaite proposer son livre. Et le tout fonctionne parce que l'offre répond à la demande — et qu'est-ce que la demande si ce n'est ce que souhaite le grand public ?
Ce n'est certes pas un gage de qualité, mais n'est-ce pas ainsi qu'a commencé la trop fameuse Femme de ménage, laquelle remplit aujourd'hui les poches d'un "indépendant" et en conduit un autre d'y aller de sa Femme de chambre ?
Les Rimbaud d'aujourd'hui qui se voient refuser leurs recueils de poésie (quand par chance ils trouvent des éditeurs qui daignent accepter la poésie), ils font comme Rimbaud, ils s'auto-publient chez qui le leur permet.
Quant aux libraires, il est temps qu'ils réalisent que le monde change et qu'eux aussi doivent suivre le mouvement s'ils ne veulent pas tout simplement disparaître à moyen terme.
Il est clair que les nouvelles générations ne liront plus de la même façon que celles qui les ont précédées. Tout comme ce qui a été autrefois le médium de la grande lecture populaire, soit les feuilletons dans les quotidiens, n'existe plus aujourd'hui.
Anne
04/03/2026 à 13:52
Je suis d'accord pour dire que plutôt que de se retirer, il vaut peut être mieux être présent et se battre.
Amazon ne remplacera jamais un libraire, mais fait partie du paysage, et c'est vrai quelque soit le secteur d'activité.
Le plus important est sans doute d'avoir le choix, choisir une librairie indépendante plutôt qu'une Fnac, un Cultura ou Amazon, choisir d'acheter un livre neuf plutôt que d'occasion (qui ne rapporte rien à l'auteur, à la ME...), choisir d'offrir des livres, de lire des histoires aux enfants plutôt que de les laisser aux bons soins de leur conteuse, bref on a tous quelque chose à défendre, une parole à faire entendre mais se retirer, c'est se priver de cette parole.
Rémi Vincent
06/03/2026 à 17:44
Des attaques de drones Shahed iraniens, sur des centres Amazon, aux Émirats et à Barheïn, dixit presse, p-j.
Amazon est implanté dans les monarchies du golfe, zéro impôt.
https://sana.sy/en/economic/2300057/
Rose
07/03/2026 à 08:57
Merci pour l'info.
felix henri
07/03/2026 à 09:21
Des nouvelles de la porte du Grand palais ?
jean-luc chazerand
08/03/2026 à 21:40
Bravo! Je ne commande jamais rien sur Amazon. Soutenons l'exigence afin de continuer à lire des écrits qui soient autre chose que des leurres.