Écrivain et poète syrien réfugié en France depuis 2012, Omar Youssef Souleimane s’est imposé dans le paysage littéraire francophone par une œuvre qui interroge l’exil, la langue et l’identité. Avec L'Arabe qui sourit, publié en 2022, il livre un récit à la première personne qui prolonge ce travail, après Le Petit Terroriste (2018) et Être français (2021).
Le livre adopte une forme brève, fragmentaire, où l’auteur met en scène une figure devenue familière : celle de « l’Arabe » assigné à résidence symbolique par les regards et les clichés. Le sourire du titre fonctionne comme un masque social, un outil de survie dans une société qui exige de l’exilé gratitude et discrétion.
Souleimane décrit les contrôles d’identité, les conversations embarrassées, les projections politiques. Il dissèque les injonctions contradictoires : s’intégrer sans se dissoudre, témoigner sans déranger.
Le texte puise dans l’expérience de la guerre en Syrie, de l’emprisonnement par le régime de Bachar el-Assad, puis de l’arrivée en France. L’auteur, formé à la littérature arabe classique, choisit d’écrire directement en français, langue d’adoption qui devient instrument critique. Cette position nourrit une réflexion sur la citoyenneté et sur la place accordée aux voix venues d’ailleurs dans le débat public.
Sans pathos, le récit alterne ironie et gravité. Souleimane met à nu la mécanique des stéréotypes et interroge la construction médiatique de « l’Arabe ». Le livre s’inscrit dans une tradition de littérature de l’exil, tout en revendiquant une parole singulière. Par son économie de moyens et sa lucidité, L’Arabe qui sourit confirme la place d’Omar Youssef Souleimane parmi les écrivains qui renouvellent, depuis la France, le récit contemporain des migrations.
Plus d'informations sur le Prix Frontières 2026
DOSSIER - Frontières 2026 : le prix qui repense les frontières du roman contemporain
Publiée le
07/03/2026 à 09:00
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Paru le 19/03/2025
227 pages
Flammarion
20,00 €
1 Commentaire
Aurélien Terrassier
09/03/2026 à 22:23
Je ne saurais oublier le brulot insultant et mensonger sur LFI "Les complices du mal" d'Omar Youssef Souleimane qui suit le même chemin que Michel Houellebecq, Boulem Sansal and co. Le talent n'excuse pas tout! https://orientxxi.info/les-complices-du-mal-ou-les-nouveaux-islamophobes,8586