Avec Le ciel est immense, Feurat Alani poursuit un travail entamé avec son roman graphique Le Parfum d’Irak (Les Arènes, 2018), adaptation de son podcast pour France Inter. Journaliste franco-irakien, ancien grand reporter pour France 24, il ancre une nouvelle fois son récit dans la mémoire intime et l’histoire contemporaine de l’Irak.
Le livre s’inscrit dans une veine autobiographique : l’enfance entre la France et Bagdad, la figure du père opposant à Saddam Hussein, l’expérience de l’exil et la fragmentation identitaire. Le texte restitue une mémoire familiale traversée par la dictature, l’embargo des années 1990 et la guerre.
Alani ne se contente pas d’un témoignage : il organise son récit autour d’images sensorielles et de souvenirs précis, déjà perceptibles dans ses travaux précédents, pour dire l’arrachement et la transmission.
Le ciel du titre, immense, renvoie autant à l’horizon oriental qu’à une promesse de liberté. Cette métaphore irrigue un texte qui explore la double appartenance, sans folklore ni pathos. L’auteur observe l’histoire récente de l’Irak à hauteur d’enfant puis d’adulte, mêlant regard journalistique et écriture littéraire. La grande Histoire – guerre Iran-Irak, régime baasiste, chute de Bagdad en 2003 – affleure dans les scènes domestiques.
Feurat Alani confirme ainsi une œuvre cohérente, centrée sur la mémoire diasporique et le récit des conflits contemporains. Après le succès critique de Le Parfum d’Irak, salué pour sa capacité à rendre accessible une histoire complexe, Le ciel est immense prolonge cette exigence : transmettre, documenter et inscrire l’intime dans le tumulte du monde.
Plus d'informations sur le Prix Frontières 2026
DOSSIER - Frontières 2026 : le prix qui repense les frontières du roman contemporain
Publiée le
27/02/2026 à 09:00
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Paru le 20/08/2025
272 pages
Jean-Claude Lattès
20,90 €
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