Au seuil de son essai, Tiphaine Samoyault pose une évidence partageable et la fissure aussitôt : « Tout le monde connaît Les Misérables de Victor Hugo et beaucoup s’en souviennent. » Elle resserre la question : que partage-t-on, quand une même œuvre circule entre éditions, films, séries, comédies musicales et jeux ? Sa réponse tient dans une thèse directrice : « Cette métamorphose sans fin du classique est la condition même de sa mémorabilité. »
Le 24/02/2026 à 16:00 par Victor De Sepausy
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24/02/2026 à 16:00
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Puis elle annonce le programme : « Le présent livre entend montrer que la variation définit le classique. » Dès lors, l’enquête décrit moins un monument qu’un organisme, vivant de ses reprises, de ses coupes, de ses usages.
Tiphaine Samoyault inscrit cette idée dans un climat polémique, celui des procès faits à une prétendue culture de l’annulation. Elle renverse l’angle : « Toute culture est, à sa manière, une “cancel culture”. » L’argument s’appuie sur l’histoire longue des transmissions : « Réécrire n’est pas effacer, mais faire jouer les ombres et les lumières d’une façon chaque fois différente. » Elle fixe aussi un principe : « Les œuvres ne sont pas immuables » et insiste sur la dynamique des lectures : « Les œuvres appellent aussi des usages, qui les transforment. »
Et elle resitue le vocabulaire : « La réécriture, en vérité, est l’envers de l’annulation » et note les effets du numérique : « La mémoire, alors, cesse d’être un travail. » L’essai distingue alors variation et censure, et refuse la confusion confortable entre les deux. Elle tranche sur l’horizon critique : « La censure est l’un des aspects de la question, mais elle n’est pas la seule. »
Le récit critique s’ancre dans une scène d’enfance. Ici se raconte une première rencontre avec Hugo par des volumes expurgés, abrégés, traduits, adaptés pour les enfants. Elle tranche : « J’ai aimé la littérature en dévorant des éditions expurgées et je ne laisserai personne dire que ce n’était pas la vraie vie que l’on m’offrait. » Cette mémoire personnelle devient un observatoire : la lecture abrégée produit un attachement durable, mais fabrique aussi une œuvre parallèle, centrée sur Cosette.
L’autrice suit la trace bibliographique du personnage devenu livre autonome. À la BnF, elle mesure la prolifération : « il y a mille et une versions de Cosette, ce livre apocryphe de Victor Hugo. » Elle formule un enjeu de partage : « Cosette appartient à tout le monde. »
L'essayiste persiste : « Les figures du patrimoine vivent dans le temps en étant infiniment transformées. » Elle précise encore : « Nous avons Cosette en commun et elle est différente et unique pour chacune et chacun. » L’histoire éditoriale glisse alors vers l’analyse des catégories : « Il faut pourtant distinguer entre abréviation et adaptation. »
La démonstration gagne en netteté lorsqu’elle cite les avertissements des collections jeunesse, jusqu’à cette promesse : « Ni adaptation, ni résumé, ce livre propose une version abrégée du texte original : les coupures y sont effectuées de manière à laisser intacts le ton et le style de l’auteur. » Plus loin, la formule condense la mécanique mémorielle : « plus Cosette est réécrite, plus elle devient mémorable. »
Le cœur du livre se joue dans la comparaison minutieuse d’extraits. Le texte s'appuie sur la fameuse scène du seau et montre comment l’ordre narratif change : l’original choral cède à une linéarité, et la coupe modifie l’effet. Dans une version, l’appel surgit : « Ô mon Dieu ! mon Dieu ! » Puis l’intervention : « Une main, qui lui parut énorme, venait de saisir l’anse et la soulevait vigoureusement. »
Dans une autre, l’exclamation disparaît ; le miracle se dégonfle. Samoyault résume l’opération : « Le texte n’est pas réécrit, simplement abrégé. » Samoyault en tire un constat contre-intuitif : « une simple lacune… défigure un texte plus qu’une transformation littérale. » La critique vise l’idéologie des dispositifs : public présupposé, registre émotionnel, neutralisation du religieux.
La chronique pointe ici une limite : l’exemplarité de Cosette domine le début au risque d’écraser d’autres lignes de force des Misérables, dont l’essai annonce pourtant l’exploration. Mais cette focalisation produit aussi sa puissance : elle rend visible le travail industriel des classiques, jusque dans les notes de vocabulaire jugées déconcertantes.
Tiphaine Samoyault reprend ensuite Hugo par la mémoire des relectures. Elle résume sa trajectoire : « J’ai lu trois fois Les Misérables. » Deux tomes, puis trois, puis un volume : à chaque fois, une autre œuvre se compose. La troisième lecture, dans la Pléiade, révèle un roman nourri de variantes et de fragments. Jean Valjean s’impose comme figure d’élargissement, et l’essai décrit une éthique de la compassion.
Et de citer Barthes : « ce sentiment qui doit animer l’œuvre est du côté de l’amour… : la pitié (ou la compassion). » La notion structure l’ensemble : le classique accueille toutes sortes de misérables, non par pure intangibilité, mais par plasticité.
Le livre convainc lorsqu’il relie transmission, marché et politique des mémoires, et lorsqu’il rappelle une règle simple : l’archive conserve, l’usage transforme. Il agace parfois par l’abondance de paratextes et de notices, qui ralentit le mouvement.
Parution le 6 mars.
Illustration : tableau de Léon Bonnat
Par Victor De Sepausy
Contact : vds@actualitte.com
Paru le 06/03/2026
252 pages
Seuil
21,00 €
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Qui aurait cru que, tout autour de Lille, la nature reprenait si bien ses droits ? Derrière les terrils, les zones industrielles ou les champs de houblon, se cachent des forêts profondes, des marais foisonnants, des bocages bruissants de vie et des prairies où s’ébattent chevreuils, putois ou hérons cendrés. Un guide disponible à partir du 16 avril.
10/04/2026, 06:30
« Il y a deux genres de profs, les profs à sacoches à bout de bras et les profs à sacoches sous le bras, ce ne sont pas les mêmes. Et puis : une invasion de profs avec des sacs à dos. » Dominique Fabre brosse le portrait de l’Éducation nationale à travers des histoires de profs, d’élèves, de parents d’élèves, de proviseurs et d’inspecteurs d’académie comme on passerait des diapos au retour de vacances.
09/04/2026, 17:19
Entre mer et montagnes, l’arrière-pays niçois dévoile une nature à couper le souffle, sauvage et multiple. Ici, les gorges succèdent aux forêts profondes, les crêtes s’élèvent au-dessus des vallées d’oliviers, et les senteurs du maquis se mêlent à l’air vif des Alpes. Publication annoncée pour le 16 avril.
09/04/2026, 17:00
Entre mer et montagne, la Corse concentre à elle seule une richesse naturelle et humaine sans égale. Des aiguilles de Bavella aux criques secrètes du Cap, des forêts de chênes verts du Niolu aux étangs miroitants de Biguglia, chaque sentier raconte une île à la fois farouche et accueillante, sauvage et raffinée, où chaque pas devient une découverte. Disponible dès le 16 avril.
09/04/2026, 16:30
Au cœur du Val de Loire, classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, le territoire de Blois-Chambord réunit tout ce qui fait la magie ligérienne : la lumière sur le fleuve, la majesté des châteaux, la quiétude des forêts et la richesse d’une faune omniprésente. Ici, l’eau, la pierre et le vent s’unissent pour dessiner des paysages d’une beauté intemporelle.
09/04/2026, 16:00
Des vallées verdoyantes du piémont jusqu’aux cirques vertigineux de Gavarnie, les Hautes-Pyrénées offrent un condensé de nature sauvage et de beauté pure. Entre torrents, forêts et lacs d’altitude, ce guide collectif vous invite à parcourir l’un des plus beaux territoires de montagne d’Europe. Parution prévue le 16 avril 2026.
09/04/2026, 15:00
Voici un atlas… qui n’en fait qu’à sa tête. L’Atlas culotté de la France est un grand voyage sans GPS ni langue de bois : 500 et quelques pages pour voir le pays tel qu’on le vit, le cuisine et le raconte. Un guide impertinent « pour ceux qui ont tout à (re)voir », avec des cartes qui claquent, des trouvailles et des piques bien senties. En librairie à partir du 16 avril.
09/04/2026, 12:00
Et si la nature la plus sauvage se cachait aux portes de la ville ? Cet ouvrage collectif entraîne le promeneur, à quelques kilomètres de la presqu’île, dans un monde insoupçonné de vallées secrètes, de coteaux couverts de vignes, de forêts profondes, de marais paisibles et de sommets aux panoramas grandioses. À découvrir en librairie le 16 avril.
09/04/2026, 11:59
En Bretagne, rien n’est jamais tout à fait fixe : la terre se fond dans la mer, la lande devient tourbière, le granit se couvre d’ajoncs et de bruyères. Cet ouvrage collectif entraîne le lecteur dans un monde de nuances, où les frontières s’effacent et où chaque sentier ouvre une fenêtre sur l’infini. Le livre paraîtra le 16 avril.
09/04/2026, 11:59
18 décembre, 14 heures, l’arrivée Porte Maillot. Désiré, clandestin venu du Burkina Faso, foule enfin le pavé parisien. Il lui reste dix kilomètres pour rallier Pantin où l’attend son cousin. C’est la dernière étape de son odyssée, une délivrance doublée d’une heureuse surprise : il neige. Chemin faisant, les émotions s’entrecroisent.
09/04/2026, 08:00
À Liverpool, Anaïs Berg est professeure d’université et spécialiste reconnue des Beatles. Dans une belle maison victorienne, elle mène avec Joe une vie si sereine qu’elle en oublierait presque un passé qu’elle préfère taire. Tout bascule lorsqu’elle aperçoit, dans une foule, une silhouette qui ravive brutalement de vieux souvenirs.
09/04/2026, 07:00
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