Six titres ont été sélectionnés pour concourir à la 7e édition du Prix du Livre Nohée. Cette sélection rassemble des romans et récits en langue française, parus en 2025 et lors de la rentrée de janvier 2026, inscrits dans le thème « famille et transmission ».
À travers ces ouvrages, les résidentes et résidents sont invités à voyager dans le temps et au cœur de cultures multiples, parfois lointaines. Des rives du Mékong à l’univers des diamantaires d’Anvers, les récits explorent des histoires familiales traversées par des secrets, des origines et des filiations enfouies. La sélection se veut exigeante, pensée pour le plaisir de lire et le partage au sein du Club de Lecture.
Une mère en fuite, de Michka Assayas, Grasset
L’auteur raconte l’histoire de sa mère, d’origine hongroise, réfugiée en France après la Seconde Guerre mondiale, naturalisée française après son mariage avec son père. Dessinatrice de mode et créatrice de la première collection de prêt-à-porter de la maison Hermès, elle est peu présente pour son fils. À travers son journal intime, il découvre une femme amoureuse, rêveuse et romanesque.
Nourrices, de Séverine Cressan, Dalva
Dans un village où l’on tire des corps des femmes l’argent qui fait vivre les familles, le lait maternel devient une denrée précieuse. Sylvaine, son garçon à peine sevré, accueille chez elle une « petite de la ville ». Une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné et un carnet qui raconte son histoire. Elle recueille le nourrisson, avec lequel elle tisse un lien fusionnel. Lorsque la petite dont elle a la garde meurt, Sylvaine décide d’échanger les bébés. L’enfant mystérieuse se substitue à Gladie, l’enfant de la ville qui lui a été confiée.
Avec ce premier roman, Séverine Cressan explore les rouages d’une industrie méconnue, dans un univers où la nature et l’enchantement ne sont jamais loin.
On l’appelait Bennie Diamond, de Michaël Dichter, Éditions des Léonides
À Anvers, dans les années 70, le jeune Bennie Goodman sait que son père Moshé préférerait le voir à la synagogue plutôt que dans les ruelles du quartier des diamantaires. Mais la prière l’ennuie, tandis que le diamant le fascine. Son grand-père Yéhuda a fait fortune dans ce secteur, bien qu’il ait coupé les ponts avec son fils et son petit-fils.
Des ateliers de taille aux vastes salles de négoce de la Bourse, Bennie entend se faire une place et un nom. Son ascension dérange les puissants de la ville, qui voient d’un mauvais œil ce jeune homme sans pedigree s’imposer dans un univers fermé.
L’enfant à la tête baissée, d’Alexis Salatko, Denoël
Victime de dépnophobie, Alio est incapable de manger devant autrui. Si frêle qu’il ne peut tenir sa tête droite, cible de quolibets à l’école et fardeau pour ses parents, il dépérit à Cherbourg. Sa mère, incapable de nourrir son corps, le gave de lecture. Entouré d’êtres de papier, il grandit en marge du monde et devient écrivain. La rencontre avec une jeune femme, « professeure de réalité », l’amène à remonter aux racines de son mal, au risque d’ébranler l’univers imaginaire qu’il s’est construit.
Loin du Mékong, de Louis Raymond, Calmann-Lévy
Un jeune Français cherche la tombe de sa grand-mère dans le cimetière d’un village du delta du Mékong. Un siècle plus tôt, une Vietnamienne de dix-huit ans, enceinte, fuyait sa belle-famille pour retrouver son mari parti travailler dans une plantation au Cambodge.
Ces deux trajectoires sont liées par une histoire qui n’a pu se transmettre. Entre enquête autobiographique et saga familiale, le roman explore une page méconnue de l’histoire de l’ex-Indochine et propose une réflexion sur le métissage.
Haute-Folie, d’Antoine Wauters, Gallimard
À la naissance de Josef, sa famille est frappée par une série de drames qui ne lui seront jamais racontés. Plus tard, mû par le besoin de comprendre, il quitte son village et ceux qu’il aime, entame une vie vagabonde et tourne le dos à son avenir.
De cette existence en marge, il tire une forme de sagesse et la force de revenir à la ferme de la Haute-Folie, là où tout a commencé. Le roman explore les malédictions qui frappent ceux dont l’histoire demeure ensevelie sous le silence.
Le vote des trois titres finalistes est prévu pour le 30 juin. Le jury procédera ensuite à la lecture des ouvrages au mois d’août. En septembre, la délibération sera enregistrée et le lauréat dévoilé à l’issue du vote du jury. Enfin, en octobre, la vidéo de la cérémonie de remise du Prix du Livre Nohée sera diffusée dans toutes les résidences.
Le jury, présidé par Brigitte Fossey, est composé d’Éric Bouhier, d’Élodie Fondacci, de Philippe Grimbert et de Pascale Senk.
Le Prix du Livre Nohée 2025 a récompensé Sandrine Collette pour son roman Madelaine avant l’aube, paru en août 2024 aux éditions JC Lattès.
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Créé en 2020 et doté de 5000 €, le Prix du Livre Nohée distingue chaque année un roman ou un récit en langue française qui explore les thèmes de la famille et de la transmission, en résonance avec les valeurs défendues par Nohée.
Créée en 2023 dans le prolongement d’une première résidence ouverte en 2013 sous l’enseigne Cogedim Club, Nohée est une marque de résidences services seniors locatives destinée aux seniors autonomes. En 2026, plus de quarante résidences Nohée sont présentes en France.
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Crédits photo : Prix du Livre Nohée
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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