La liste des nommé·es aux César 2026 met en avant plusieurs films directement tirés de romans, récits autobiographiques ou témoignages, jusque dans les catégories « reines » (meilleur film) comme dans les prix techniques.
Le 28/01/2026 à 17:14 par Hocine Bouhadjera
117 Partages
Publié le :
28/01/2026 à 17:14
117
Partages
Dans la catégorie Meilleur scénario adapté, l’Académie a retenu trois titres — et chacun renvoie, logiquement, à une œuvre publiée.
L’Attachement, de Carine Tardieu, adapté du roman L’Intimité d’Alice Ferney, publié chez Actes Sud, prolonge les interrogations centrales du texte : la famille recomposée, la filiation, le désir d’enfant et la place de chacun dans des configurations affectives mouvantes. Le film s’appuie sur une distribution composée, entre autres, de Valeria Bruni Tedeschi, Pio Marmaï, Vimala Pons, ou encore Raphaël Quenard.
L’Inconnu de la Grande Arche, de Stéphane Demoustier, est adapté du roman La Grande Arche de Laurence Cossé (Gallimard), qui revient sur l’histoire complexe de la construction du monument emblématique de La Défense, à travers la figure de son architecte et les logiques politiques, administratives et humaines à l’œuvre. Le film réunit notamment Claes Bang, Swann Arlaud, Xavier Dolan et Michel Fau.
Enfin, La Petite Dernière, réalisé par Hafsia Herzi, fait aussi partie des trois nominés. Le long-métrage adapte le récit autobiographique de Fatima Daas, publié en 2020 aux éditions Noir sur Blanc. Il transpose à l’écran une parole intime et fragmentée, centrée sur l’identité, la foi et la sexualité d’une jeune femme issue d’une famille algérienne de banlieue parisienne. Porté par Nadia Melliti, distinguée à Cannes, le film a également été distingué par le « Goncourt du cinéma », le prix Louis-Delluc 2025.
Au-delà des catégories explicitement consacrées au scénario adapté, plusieurs films nommés aux César 2026 dans les catégories d’interprétation puisent également leur matière dans le livre.
Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, réalisé par Ken Scott, s’inscrit ainsi dans le sillage de l’autobiographie de Roland Perez, dont le récit personnel sert de socle au film, porté notamment par Leïla Bekhti. La Chambre de Mariana, mis en scène par Emmanuel Finkiel, adapte un roman de l’écrivain israélien Aharon Appelfeld, tandis que L’Étranger, réalisé par François Ozon, transpose à l’écran le texte fondateur d’Albert Camus, avec Benjamin Voisin dans le rôle principal.
Les catégories techniques font apparaître une autre veine de l’adaptation littéraire, plus tournée vers les littératures de genre. Chien 51, réalisé par Cédric Jimenez et nommé notamment pour ses décors et ses effets visuels, est issu du roman d’anticipation de Laurent Gaudé, dont il transpose l’univers dystopique et les tensions politiques. Dracula, mis en scène par Luc Besson, s’inscrit pour sa part dans la longue lignée des adaptations du classique de Bram Stoker, ici revisité librement, notamment à travers un travail remarqué sur les costumes.
L’Homme qui rétrécit, nouvelle adaptation du roman culte de Richard Matheson, propose sous la direction de Jan Kounen une relecture de science-fiction où l’invention visuelle et les effets spéciaux jouent un rôle central.
Même lorsque les nominations concernent des catégories techniques, la présence d’un livre-source demeure structurante. 13 jours, 13 nuits, réalisé par Martin Bourboulon et nommé au César du meilleur montage, adapte le récit autobiographique de Mohamed Bida, ancrant le film dans une matière documentaire et testimoniale qui dépasse le simple cadre du cinéma, et inscrit l’actualité récente dans une forme de récit collectif.
L’animation confirme elle aussi cette porosité entre littérature et écran. Amélie et la métaphysique des tubes, réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, transpose à l’image le roman éponyme d’Amélie Nothomb, en prolongeant par le dessin et la mise en mouvement l’univers introspectif, sensoriel et fantaisiste de l’autrice.
Avec 110 nominations réparties sur l’ensemble des catégories, les César 2026 dessinent un paysage contrasté du cinéma français de l’année écoulée. En tête, Nouvelle Vague de Richard Linklater s’impose comme le film le plus cité, avec dix nominations, devant L’Attachement, Dossier 137 et L’Inconnu de la Grande Arche, chacun distingué à huit reprises.
La 51e cérémonie des César se tiendra exceptionnellement un jeudi, le 26 février, sur Canal+, rompant avec la tradition du vendredi. Elle sera présidée par Camille Cottin et animée par Benjamin Lavernhe. Un César d’honneur sera également remis à Jim Carrey, invité à célébrer une carrière marquante du cinéma populaire international.
Les principales catégories et leurs nominations sont détaillées ci-dessous :
César du meilleur film
L’Attachement, produit par Fabrice Goldstein, Antoine Rein, réalisé par Carine Tardieu
Dossier 137, produit par Caroline Benjo, Barbara Letellier, Carole Scotta, réalisé par Dominik Moll
Nouvelle Vague, produit par Michèle Pétin, Laurent Pétin, réalisé par Richard Linklater
La Petite Dernière, produit par Julie Billy, Naomi Denamur, réalisé par Hafsia Herzi
Un simple accident, produit par Philippe Martin, réalisé par Jafar Panahi
César de la meilleure réalisation
Carine Tardieu pour L’Attachement
Dominik Moll pour Dossier 137
Stéphane Demoustier pour L’Inconnu de la Grande Arche
Richard Linklater pour Nouvelle Vague
Hafsia Herzi pour La Petite Dernière
César de la meilleure actrice
Leïla Bekhti dans Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan
Valeria Bruni Tedeschi dans L’Attachement
Léa Drucker dans Dossier 137
Isabelle Huppert dans La Femme la plus riche du monde
Mélanie Thierry dans La Chambre de Mariana
César du meilleur acteur
Claes Bang dans L’Inconnu de la Grande Arche
Bastien Bouillon dans Partir un jour
Laurent Lafitte dans La Femme la plus riche du monde
Pio Marmaï dans L’Attachement
Benjamin Voisin dans L’Étranger
César de la meilleure actrice dans un second rôle
Jeanne Balibar dans Nino
Dominique Blanc dans Partir un jour
Marina Foïs dans La Femme la plus riche du monde
Ji-Min Park dans La Petite Dernière
Vimala Pons dans L’Attachement
César du meilleur acteur dans un second rôle
Swann Arlaud dans L’Inconnu de la Grande Arche
Xavier Dolan dans L’Inconnu de la Grande Arche
Michel Fau dans L’Inconnu de la Grande Arche
Pierre Lottin dans L’Étranger
Raphaël Personnaz dans La Femme la plus riche du monde
César du meilleur scénario original
Dominik Moll, Gilles Marchand pour Dossier 137
Pauline Loquès pour Nino
Holly Gent, Vince Palmo pour Nouvelle Vague
Franck Dubosc, Sarah Kaminsky pour Un ours dans le Jura
Jafar Panahi pour Un simple accident
César du meilleur scénario adapté
Carine Tardieu, Raphaële Moussafir, Agnès Feuvre pour L’Attachement
Stéphane Demoustier pour L’Inconnu de la Grande Arche
Hafsia Herzi pour La Petite Dernière
César de la révélation féminine
Manon Clavel dans Kika
Suzanne Lindon dans La Venue de l’avenir
Nadia Melliti dans La Petite Dernière
Camille Rutherford dans Jane Austen a gâché ma vie
Anja Verderosa dans L’Épreuve du feu
César de la révélation masculine
Idir Azougli dans Météors
Sayyid El Alami dans La Pampa
Félix Lefebvre dans L’Épreuve du feu
Guillaume Marbeck dans Nouvelle Vague
Théodore Pellerin dans Nino
César du meilleur film étranger
L’Agent secret, réalisé par Kleber Mendonça Filho
Black Dog, réalisé par Guan Hu
Sirat, réalisé par Oliver Laxe
Une bataille après l’autre, réalisé par Paul Thomas Anderson
Valeur sentimentale, réalisé par Joachim Trier
César du meilleur film documentaire
À bicyclette !, réalisé par Mathias Mlekuz
Le Chant des forêts, réalisé par Vincent Munier
Le Cinquième plan de La Jetée, réalisé par Dominique Cabrera
Personne n’y comprend rien, réalisé par Yannick Kergoat
Put Your Soul on Your Hand and Walk, réalisé par Sepideh Farsi
César du meilleur film d’animation
Amélie et la métaphysique des tubes, réalisé par Maïlys Vallade, Liane-Cho Han
Arco, réalisé par Ugo Bienvenu
La Vie de château, mon enfance à Versailles, réalisé par Clémence Madeleine-Perdrillat, Nathaniel H’Limi
César du meilleur premier film
Arco, réalisé par Ugo Bienvenu
L’Épreuve du feu, réalisé par Aurélien Peyre
Nino, réalisé par Pauline Loquès
La Pampa, réalisé par Antoine Chevrollier
Partir un jour, réalisé par Amélie Bonnin
César de la meilleure photographie
Elin Kirschfink pour L’Attachement
Patrick Ghiringhelli pour Dossier 137
Marine Atlan pour L’Engloutie
Manu Dacosse pour L’Étranger
David Chambille pour Nouvelle Vague
César du meilleur montage
Stan Collet pour 13 jours, 13 nuits
Christel Dewynter pour L’Attachement
Laurent Rouan pour Dossier 137
Catherine Schwartz pour Nouvelle Vague
Géraldine Mangenot pour La Petite Dernière
César du meilleur son
Nicolas Becker, Andrea Ferrera, Damien Lazzerini pour Arco
Romain Cadilhac, Marc Nambard, Olivier Touche, Olivier Goinard pour Le Chant des forêts
François Maurel, Rym Debbarh-Mounir, Nathalie Vidal pour Dossier 137
Jean Minondo, Serge Rouquairol, Christophe Vingtrinier pour Nouvelle Vague
Rémi Chanac, Jeanne Delplanq, Fanny Martin, Niels Barletta pour Partir un jour
César de la meilleure musique originale
Arnaud Toulon pour Arco
Olivier Marguerit pour Dossier 137
Fatima Al Qadiri pour L’Étranger
Alex Beaupain pour La Femme la plus riche du monde
Amine Bouhafa pour La Petite Dernière
César des meilleurs décors
Jean-Philippe Moreaux pour Chien 51
Catherine Cosme pour L’Inconnu de la Grande Arche
Riton Dupire-Clément pour Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan
Katia Wyszkop pour Nouvelle Vague
Marie Cheminial pour La Venue de l’avenir
César des meilleurs costumes
Céline Guignard pour La Condition
Corinne Bruand pour Dracula
Jürgen Doering pour La Femme la plus riche du monde
Pascaline Chavanne pour Nouvelle Vague
Pierre-Yves Gayraud pour La Venue de l’avenir
César des meilleurs effets visuels
Cédric Fayolle pour Chien 51
Rodolphe Chabrier, Benoît de Longlée pour L’Homme qui rétrécit
Lise Fischer pour L’Inconnu de la Grande Arche
Alain Carsoux pour Nouvelle Vague
César du meilleur film de court métrage de fiction
Big Boys Don’t Cry, réalisé par Arnaud Delmarle
Deux personnes échangeant de la salive, réalisé par Alexandre Singh, Natalie Musteata
Mort d’un acteur, réalisé par Ambroise Rateau
Wonderwall, réalisé par Róisín Burns
César du meilleur film de court métrage documentaire
Au bain des dames, réalisé par Margaux Fournier
Car Wash, réalisé par Laïs Decaster
Ni Dieu ni père, réalisé par Paul Kermarec
César du meilleur film de court métrage d’animation
Les Belles cicatrices, réalisé par Jouzeau Raphaël
Dieu est timide, réalisé par Jocelyn Charles
Fille de l’eau, réalisé par Sandra Desmazières
Crédits photo : Gaumont
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 12/02/2025
470 pages
Actes Sud Editions
9,70 €
Commenter cet article