Depuis Rétine (P.O.L, 2019), Théo Casciani s’est fait discret. Il revient en ce début d’année 2026 avec un nouveau texte aux accents d’anticipation : le monde, dans l’attente d’une grande secousse, s’enferme dans une virtualité qui a ses propres métamorphoses : drogue, jeux vidéo, monde virtuel intérieur…
Entre réalité, projection de mondes et diverses possibilités identitaires, entre Hervé Guibert et Matrix, la narration nous plonge au cœur des affres orgiaques du quartier des affaires de Londres.
Dans ce flux de consciences, numérique et textuel, les figures passantes le jour, derrière les bureaux vitrés, se passent de main en main des produits. La nuit, ce sont les corps qui dansent, qui roulent à travers les projections et les visions perdues d’un narrateur qui est lui-même l’auteur d’un roman en cours d’écriture dont l’existence va être percutée. La divagation commence alors ; et avec elle ses regrets, le désir revenu, l’amour d’un fils pour son père qu’il pleure.
On sent tout au long du livre que le narrateur est comprimé par ce qui l’entoure ; il est comprimé par ses propres identités et par ses propres peurs : exister est ce qui l’importe au-dessus de tout. Le monde après ça peut disparaître, peut mourir à petit feu. Ça ne fait rien.
Dans ce court récit où la conscience est poussée à des niveaux d’échelle peut-être jamais atteints, Théo Casciani démontre sa grande maîtrise de l’esprit : le fou pris pour fou ; la joie qui n’en est peut-être pas ; la vie qui ne paraît bonne qu’à faire jouir.
Il s’agit d’une des bonnes nouvelles de cette rentrée littéraire 2026.
Publiée le
21/01/2026 à 11:48
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Paru le 08/01/2026
160 pages
P.O.L
18,00 €
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