En ce mois de janvier consacré au Dry January, temps de pause et de réflexion autour de notre rapport à l’alcool, il n’est pas inutile de rappeler que le vin est aussi une histoire. Une histoire longue de plusieurs millénaires, indissociable des cultures, des croyances et des sociétés de l’Orient.
Vins d’Orient : l’expression surprend, tant l’imaginaire commun associe l’Orient à l’aridité et à l’interdit. On croit volontiers que le vin y aurait disparu sous l’effet des prescriptions religieuses ou qu’il n’y survivrait qu’à l’état de vestige colonial. L’ouvrage Vins d’Orient. 4000 ans d’ivresse, dirigé par François Clément et publié aux éditions dépaysage, entreprend de défaire ces raccourcis.
De la Mésopotamie à l’Andalousie, de l’Égypte pharaonique au monde islamique médiéval, le livre propose un vaste parcours à travers quatre millénaires de pratiques viticoles et de représentations. Le vin y apparaît tour à tour boisson sacrée, breuvage médicinal, objet de plaisir, de soupçon ou d’interdit. Il accompagne banquets royaux et rites funéraires, inspire les poètes, inquiète les juristes, fascine les médecins.
Loin d’opposer mécaniquement tolérance païenne et prohibition monothéiste, les contributions montrent combien le rapport au vin fut complexe et ambivalent. Dans l’islam lui-même, l’interdit cohabite avec la pratique privée, l’imaginaire poétique et la promesse paradisiaque. Le vin traverse ainsi les sociétés orientales comme une ligne de tension entre mesure et excès, ordre et transgression.
Sous la direction de François Clément, historien et arabisant, une équipe de chercheurs restitue un Orient bachique trop souvent occulté. Savant sans être austère, érudit sans perdre le goût du récit, Vins d’Orient rappelle que le vin, partout où il coule, révèle autant les cultures que les contradictions humaines.
Publiée le
13/01/2026 à 18:09
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Paru le 21/11/2025
240 pages
Editions Dépaysage
26,00 €
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