Depuis le début de l’année 2026, Oulu, en Finlande, et Trenčín, en Slovaquie, portent le titre de Capitales européennes de la culture. Deux villes éloignées géographiquement, l’une située dans le grand Nord européen, l’autre en Europe centrale, mais réunies par une ambition : faire de la culture un levier de transformation durable, à l’échelle de leur territoire et de leur région.
Le 05/01/2026 à 15:21 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
05/01/2026 à 15:21
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Le programme des Capitales européennes de la culture, lancé en 1985 à l’initiative de la Communauté européenne, vise à mettre en lumière la diversité culturelle du continent et à soutenir des projets associant création artistique, participation citoyenne et coopération internationale.
Chaque année, deux ou trois villes sont sélectionnées sur la base d’un projet culturel structurant, appelé à s’inscrire dans le temps long. En 2025, le titre était notamment porté par Chemnitz, en Allemagne, et par la ville transfrontalière de Nova Gorica/Gorizia, entre la Slovénie et l’Italie.
Les critères d’évaluation portent notamment sur la contribution du projet culturel et artistique au développement à long terme du territoire, l’engagement européen, la capacité de mise en œuvre, la participation des habitants et de la société civile, ainsi que la solidité budgétaire et la planification.
En Finlande, Oulu, souvent présentée comme la grande ville la plus septentrionale de l’Union européenne, a ouvert son année de Capitale européenne de la culture avec un festival inaugural organisé du 16 au 18 janvier 2026. La programmation d’ouverture, déployée dans l’ensemble du centre-ville, mêle concerts, performances, installations artistiques, sport et culture populaire.
Tout au long de l’année, le projet d’Oulu s’articule autour de la notion de « cultural climate change », un mot d’ordre qui renvoie autant aux enjeux environnementaux qu’à la transformation des manières de produire et de partager la culture. Cette approche irrigue l’ensemble de la programmation, y compris les propositions littéraires, présentées comme des espaces de dialogue entre les disciplines.
Le programme littéraire d’Oulu 2026 s’inscrit dans une démarche explicitement transdisciplinaire, où la littérature est pensée comme un point de départ pour des créations associant plusieurs champs artistiques. L’un des axes structurants repose sur la production de textes contemporains inspirés par les paysages du nord de la Finlande - voies d’eau, forêts, cycles saisonniers marqués, phénomènes lumineux -, mobilisant des auteurs, poètes et penseurs invités à travailler à partir de ce territoire spécifique.
Ces textes sont ensuite intégrés à des projets collaboratifs associant danse contemporaine, arts visuels, installations sonores, performances ou projections, dans une logique de circulation entre les disciplines. La littérature n’est pas seulement présentée sous forme de lectures, mais utilisée comme matière première pour des œuvres hybrides, exposées ou performées dans différents lieux de la ville et de la région partenaires du projet Oulu 2026.
Parallèlement, la ville développe l’Oulu Literature House, un lieu permanent situé en centre-ville, conçu comme un point d’ancrage pour la programmation littéraire tout au long de l’année 2026. La maison de la littérature accueille des rencontres d’auteurs, des lectures publiques, des lectures performées, des expositions thématiques et des projets de médiation autour du livre et de l’écriture, avec une programmation structurée par saisons - hiver-printemps, été, automne.
Le projet est porté en lien étroit avec l’Oulu Writers Association, une association fondée en 2010 qui regroupe des écrivains professionnels de la région. L’organisation assure la gestion de l’Oulu Literature House et coordonne une partie des événements, contribuant à structurer un réseau littéraire actif à l’échelle locale, tout en favorisant la venue d’auteurs finlandais et internationaux.
L’un des temps forts de l’année sera l’édition renforcée du salon du livre d’Oulu (Oulun Kirjamessut), prévue à l’automne 2026, et intégrée officiellement au programme de la Capitale européenne de la culture. Organisé, là-encore, avec le concours de l’Oulu Writers Association, le salon proposera des entretiens avec des auteurs, des discussions thématiques, des lectures publiques et des rencontres professionnelles autour de plusieurs champs éditoriaux : fiction contemporaine, essais, littérature jeunesse, poésie et bande dessinée.
Cette édition entend élargir sa dimension internationale, en accueillant éditeurs, traducteurs, auteurs et collectifs littéraires venus de différents pays européens. Les organisateurs souhaitent également faire du salon un espace de réflexion sur les enjeux actuels du livre et de la traduction, avec des sessions consacrées à l’internationalisation des littératures nordiques, à la diversité linguistique et au rôle des maisons d’édition indépendantes dans les réseaux culturels européens. La liste des intervenants et le calendrier détaillé doivent être communiqués ultérieurement.
En Slovaquie, Trenčín lancera officiellement son année de Capitale européenne de la culture lors d’un week-end d’ouverture prévu du 13 au 15 février 2026. Les organisateurs annoncent une transformation du centre historique rénové en vaste scène culturelle à ciel ouvert, accueillant concerts, performances, installations artistiques et rencontres.
La ville entend associer étroitement la population locale à cette dynamique, en inscrivant les projets culturels dans l’espace public et dans la durée. La littérature y est envisagée comme un outil de dialogue, de réflexion et de transmission, en lien avec les autres formes artistiques.
À Trenčín, la programmation littéraire prend une forme particulière avec, entre autres, l’intégration, pour la première fois dans le cadre de la Capitale européenne de la culture, du festival The Month of Author’s Reading (Mesiac autorského čítania), un événement littéraire d’envergure issu de Brno, considéré comme l’un des plus importants festivals de lectures publiques en Europe centrale.
Ce marathon littéraire se déroulera du 3 au 13 juillet 2026, chaque soir à 18 h au Club Lúč, où deux auteurs seront invités à lire et dialoguer avec le public : un écrivain international et un auteur slovaque ou tchèque. L’édition 2026 est placée sous le thème de la littérature de l’exil, qui aborde des récits marqués par la séparation, la quête d’un chez-soi et la force des mots dans des circonstances difficiles - un angle jugé particulièrement pertinent pour les dynamiques contemporaines de migration et d’identité.
Le festival s’ouvrira le 3 juillet au KKC Hviezda avec un débat sur la liberté d’expression animé par Silvester Lavrík, avec la participation de Verona Šikulová et Juraj Buzalka, et sera accompagné d’une performance musicale de la chanteuse slovaque Skyva.
Parmi les auteurs internationaux attendus, figurent des voix littéraires de Palestine (Adaníja Shiblí), d’Haïti (Guy Régis Jr.), de Chine (Yang Lian, Yan Geling), de Turquie (Meral Şimşek), du Myanmar (Ma Thida), d’Iran (Fatemeh Ekhtesari), du Bangladesh (Ahmedur Chowdhury) et d’Ouzbékistan (Hamid Ismailov). (Trenčín 2026) Chaque soir, ces auteurs partageront l’affiche avec des écrivains locaux ou de la région, comme Jana Micenková, Dominika Sakmárová, Ivana Gibová, Vanda Rozenbergová, Michal Tallo, Radka Denemarková ou Tomáš Forró, dans des interventions modérées et interprétées en slovaque pour favoriser l’accessibilité du public.
Certains rendez-vous seront aussi enrichis par des performances musicales, mêlant littérature et expression artistique en direct.
Ce festival littéraire s’inscrit dans le Trenčín Literary Festival plus large, qui vise à donner une visibilité internationale à la ville et à promouvoir la littérature comme un espace de dialogue et de rencontre au cœur de la culture européenne.
Après 2026, le programme se poursuivra avec Liepāja, en Lettonie, et Évora, au Portugal, désignées Capitales européennes de la culture pour l’année 2027.
Pour 2028, la France sera représentée par Bourges, désignée Capitale européenne de la culture face à des villes comme Montpellier, Rouen ou Clermont-Ferrand. La ville du Cher a défendu un projet fondé sur l’idée d’une capitale culturelle à taille humaine, s’appuyant notamment sur son histoire - Bourges abrite la première Maison de la culture en France - et sur un projet de Cité européenne des artistes et des auteurs. Bourges partagera le titre en 2028 avec České Budějovice (République tchèque) et Skopje (Macédoine du Nord).
Dans le passé, Paris (1989), Avignon (1999), Lille (2004) et Marseille (2013) ont déjà été désignées Capitales européennes de la culture en France.
Crédits photo : Oulu en Finlande, Domaine public
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
1 Commentaire
Edco
05/01/2026 à 18:00
"Lors de ces massacres, les féringiens font toujours beaucoup d’efforts pour tenter de cacher la présence de fœtus, connaissant l’impact que cela peut avoir sur l’opinion publique. | Sea Shepherd France" https://seashepherd.fr/actualites/sea-shepherd-france-publie-les-images-choquantes-de-bebes-dauphins-massacres-aux-iles-feroe
.....moi ça me choque......que ds ce pays , la Finlande.....on puisse encore massacrer des dauphins ds les îles.....
La culture ne peut pas s ' opposer à la nature !!!!! Ce n ' est qu' un humble triste avis.... .