1929: The Inside Story of the Greatest Crash in Wall Street History (« Les coulisses du plus grand krach de l’histoire de Wall Street »), de Andrew Ross Sorkin, Allen Lane, 2025.
Près d’un siècle après qu’il s’est produit, le krach de Wall Street de 1929 continue de fasciner. Loin d’en effacer le souvenir, la crise financière de 2008, d’une ampleur comparable, n’a fait que renforcer l’intérêt pour cet événement dramatique. L’effondrement spectaculaire de la bourse de New York les 24, 28 et 29 octobre 1929, passés dans l’histoire économique sous le nom de « jeudi noir », « lundi noir » et « mardi noir », n’était pas le premier épisode de ce type.
Lors de la panique de 1907, les cours avaient chuté jusqu’à la moitié de leur niveau de l’année précédente, contraignant les banques rassemblées à l’initiative du puissant J. P. Morgan à sacrifier quelques-unes d’entre elles pour sauver celles qui pouvaient l’être. Ce ne fut pas non plus le dernier krach du XXe siècle : en 1987, après une dégringolade des cours du même ordre de grandeur, le désastre fut évité grâce à l’injection massive de liquidités dans le système bancaire par la Réserve fédérale des États-Unis (FED). Lire l’article
L’orgasme à tout prix
Empire of Orgasm: Sex, Power, and the Downfall of a Wellness Cult (« L’empire de l’orgasme. Sexe, pouvoir, et la chute d’un culte du bien-être »), de Ellen Huet, MCD, 2025.
Un étrange culte orientalo-érotico-mystique a surgi en Californie – où d’autre ? – à la fin des années 1980 : la célébration de l’orgasme féminin comme moyen d’atteindre « le bonheur, la plénitude sexuelle et la communion avec l’Univers ». La journaliste Ellen Huet, qui retrace l’histoire de ce culte devenu business, commence en décrivant une cérémonie d’initiation à laquelle elle a assisté.
L’impétrante était allongée sur une sorte d’autel, à moitié dévêtue (le bas !), les plantes des pieds jointes et les genoux écartés « comme les ailes d’un papillon », environnée de fumigations et de musique douce. Un homme en noir (vêtu en entier, lui) était penché respectueusement sur « l’origine du monde » de la dame et y pratiquait de longues et savantes manipulations afin de mener celle-ci à « l’extase de la connexion universelle » – bref quelque chose de bien au-dessus du tout venant du septième ciel. Lire l’article
Il n’y a plus de limites
Against the Machine: On the Unmaking of Humanity (« Contre la machine. Sur le détricotage de l’humanité »), de Paul Kingsnorth, Thesis, 2025.
Nous ne sommes que des cobayes dans le laboratoire de Dieu, disait Tennessee Williams. Aujourd’hui Dieu, s’il existe, nous teste comme jamais, avec la stupéfiante intelligence artificielle, la non moins stupéfiante biologie synthétique et d’autres broutilles qui depuis la bombe atomique bouleversent l’horizon de l’humaine condition. Jamais le cliché « on n’arrête pas le progrès » n’a manifesté une telle pertinence – du moins si l’on s’en tient au progrès technologique.
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De quoi nourrir les plus folles aspirations, mais aussi la plus vertigineuse inquiétude. L’écologiste britannique Paul Kingsnorth n’est certes pas le premier à écrire un manifeste « contre la machine », mais il innove en se créant un nouveau label, celui de « radical réactionnaire ». Il a changé son fusil d’épaule. Fini le temps du militantisme mainstream, quand il s’enchaînait à un pont ou narguait les gaz lacrymogènes lors d’un sommet du G8. Lire l’article
Le drame des pieds noirs espagnols
Por si un día volvemos (« Au cas où nous reviendrions un jour »), de Maria Dueñas, Planeta, 2025.
On connaît mal le destin des pieds noirs espagnols, contraints à l’exil après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Le roman de Maria Dueñas, raconté à la première personne, met en lumière un épisode peu connu à travers le personnage de Cecilia Belmonte, une jeune Espagnole en fuite à cause d’un crime involontaire. Elle débarque à Oran dans les années 1920, sous un faux nom, avec pour tout bagage une détermination farouche de survivre.
Soumise à des travaux ardus et ingrats, forte de son audace et de sa ténacité, elle devient une entrepreneuse accomplie. Au fil de ses aventures et de ses épreuves, on rencontre ses amis, ses associés, ses amours éphémères, un mari violent et sa relation tumultueuse avec l’homme de sa vie. Lire l’article
Mais à quoi donc servent les rêves ?
Into the Dream Lab: The New Science of Dreams and Nightmares (« Bienvenue dans le laboratoire des rêves. La nouvelle science des rêves et des cauchemars »), de Michelle Carr, Profile Books, 2025.
Voici plus de 125 ans Sigmund Freud proposait que les rêves représentent l’accomplissement de désirs réprimés. Il ne pouvait savoir ce que les expérimentateurs ont découvert après la Seconde Guerre mondiale. Nos rêves les plus vifs et complexes se produisent pendant une phase du sommeil bien précise, celle pendant laquelle, sous nos paupières fermées, nos yeux oscillent rapidement de droite à gauche, tandis que notre corps est (en règle générale) paralysé à partir du cou (atonie musculaire).
C’est le sommeil paradoxal. En réalité nous rêvons aussi pendant les phases de sommeil lent, mais le plus souvent nous n’en gardons aucun souvenir. Les rêves dont nous nous souvenons nous mettent nous-mêmes sur le devant de la scène, en présence de personnes de notre entourage, vivantes ou mortes, parfois de célébrités. Lire l’article
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