« Il est plus facile d'imaginer une femme tuée qu'une femme qui tue. »
Les hommes tuent. Souvent. De manière parfois réfléchie, presque chirurgicale ; parfois, avec une sauvagerie effrayante. Mais... et les femmes ?
Voici donc quatre affaires. Un mari abattu par un tueur à gages ; un amant fusillé ; un autre, poignardé et démembré ; et une fratrie empoisonnée. Toutes ces histoires ont marqué le Chili du siècle dernier. Les coupables sont, à chaque fois, des femmes, dont le nom a été effacé : Corina Rojas, Rosa Faúndez, Carolina Geel et Teresa Alfaro. Contrairement au discours des médias, contrairement au récit collectif de l’époque, elle n’ont pas tué par passion, par jalousie ou par folie.
Avec ce livre, Alia Trabucco Zerán donne corps et voix à celles qui ont refusé d’être des petites femmes sages, silencieuses et soumises. Ni dociles, ni serviables, elles ont chacune été capable de se montrer cruelle, sanguinaire. Loin de la passivité imposée par les sociétés patriarcales, ici, les femmes s’émancipent et sont, si besoin, aussi violentes que faire ce peut.
Au-delà du simple fait divers, l’autrice mélange enquête criminelle, essai féministe et étude socioculturelle. Ce roman inspecte la société chilienne et la manière dont les femmes sont encore et toujours coincées dans des rôles préétablis, réducteurs et fondamentalement incomplets. Sans excuser ces criminelles, Assassines permet de comprendre comment nous limitons la gente féminine à des rôles de douceur et d’instincts nourriciers — au point de ne pas accepter une femme meurtrière comme une simple criminelle. Après tout, si les hommes ne devraient pas être des caricatures, alors les femmes non plus…
Traduction signée Anne Plantagenet.
Publiée le
18/12/2025 à 10:30
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Paru le 04/09/2025
288 pages
Robert Laffont
20,90 €
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