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La poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit” : entretien avec Julien Boutreux

Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

Le 17/12/2025 à 10:49 par Auteur invité

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17/12/2025 à 10:49

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Dix ans ou presque plus tard, et quelques recueils plus tard, Julien revient avec un mince volume, soit un des fameux « Polders » édités par Claude Vercey et par une autre revue intitulée Décharge. S’offrent à nous, ainsi, une série de vers sans concession, parfois sombres, souvent sensibles et vrais.

ActuaLitté : Tu es apparu sur la « scène poétique » dans les années 2010, avec la défunte revue, toute noire, mais richement illustrée, Chats de Mars. Peux-tu, brièvement, évoquer cette expérience ?

Julien Boutreux : J’ai rapidement eu envie de créer ce qui, dans mon esprit, n’était pas une revue (pas d’édito, pas de rubriques, pas d’actualité ni de critique ; simplement les textes des contributeurs), mais un livret sauvage, une plaquette à l’esthétique épurée pas plus coûteuse qu’un fanzine à l’ancienne (collages et photocopies).

Le service de veille de la Bibliothèque nationale m’a cependant repéré après quelques numéros et m’a sommé de faire enregistrer la bête, sous peine d’amende corsée. Donc, muni d’un ISSN, Chats de Mars (formule que j’ai empruntée à Rabelais) est devenue officiellement une revue, ce qui n’est pas plus mal pour la protection des textes en termes de propriété intellectuelle. Je projetais de sortir neuf numéros, car les chats ont neuf vies.

Finalement il y en a eu dix, plus trois hors-série, soit treize opus, ce qui me semble très bien aussi vu l’aura de ce nombre. C’était une chouette expérience, une quarantaine d’auteurs y sont passés, plus une petite dizaine d’illustrateurs.

Il faudrait mentionner tout le monde, aussi je ne citerai personne. Le format était presque carré, la couverture était noire, estampillée du sceau au chat lové (motif dessiné par mon ami Mikaël Bannier), cinq poètes et un illustrateur étaient invités à chaque numéro, à chacun étant demandé un petit ensemble ayant son unité. Les hors-série étaient des recueils individuels, à la couverture de couleur différente.

Je dois tout de même citer le dernier de ceux-ci : Ô, d’Heptanes Fraxion, dont chaque exemplaire était unique, sa couverture illustrée par Christophe Lalanne d’un ensō à l’acrylique (cercle fait à la main dans l’art zen japonais).

Penses-tu recréer une revue ? Quelle place occupent, selon toi, les revues dans le champ littéraire, et plus particulièrement poétique ?

Julien Boutreux : Je ne pense pas redevenir revuiste. Il y a une tradition ancienne de revues (et de plaquettes, d’ailleurs) en poésie ; elles y ont toujours et partout joué un rôle majeur, je pense, de diffusion, bien sûr, de découverte de nouveaux auteurs, permettant les échanges entre les différents acteurs et créateurs. Même si aujourd’hui les blogs et les sites Web ont en partie pris le relais, ou perpétué cette tradition, qui m’est chère.

D’ailleurs, Chats de Mars est devenue un site web pendant quelque temps après sa mort, un site mort-vivant que j’avais fait moi-même, donc mal fait, où je publiais un unique poème par mois (d’un auteur invité), des entretiens avec des poètes et je ne sais plus trop quoi d’autre (le sommaire de tous les numéros papier – certains encore disponibles).

Le site existerait encore si l’hébergeur ne m’avait pas un beau jour réclamé des sous et menacé de le supprimer si je ne payais pas. C’est ce qui s’est passé, car je ne cède pas au chantage, mais c’est un peu triste. J’ai jusque-là eu la flemme de recommencer ailleurs, mais ce serait pourtant très facile.

Peux-tu nous en dire davantage sur le titre ? Qu’est-ce que les « neurones miroirs » ?

Julien Boutreux : C’est un concept et une réalité neurologiques. En gros, les mêmes neurones s’activent chez celui qui agit et chez celui qui l’observe agir au cours d’une action motrice. Bien sûr, la formule, éminemment poétique, m’a plu.

Dans ce petit ensemble de textes, je voulais convoquer un sujet fantomatique qui s’interroge sur son existence et son essence, adopte une position d’observation sur le monde et la vie, refuse de s’incarner, trouve une réalité dans le constat de l’existence de l’autre et de l’extérieur ; vit par procuration en quelque sorte, d’où le lien avec cette notion scientifique. Mais j’en ai déjà trop dit. La poésie, je crois, doit garder une part, sinon d’hermétisme, du moins de mystère brumeux.

La plupart de tes recueils sont illustrés. Là, il s’agit d’une sorte de silhouette anthropomorphe, réalisée par Christophe Lalanne. Pourquoi ce choix ? Que représente cet étrange personnage ?

Julien Boutreux : En effet, j’aime beaucoup faire cohabiter arts plastiques et poésie, comme dans feu ma revue. Pour Neurones miroirs, il ne s’agit que de la seule couverture. Je me suis naturellement tourné vers Christophe Lalanne, avec qui je collabore de longue date, pour celle-ci.

J’aime beaucoup son travail et je sais qu’il est toujours partant pour ce genre de choses. Je connais pas mal de ses séries, et je me suis dit que celle des Marcheurs conviendrait bien. Notamment l’un de ses marcheurs doubles. Pour l’avancée laborieuse, comme contre le vent, mais aussi inéluctable, « inarrêtable », dans l’existence, qui est une traversée. Le personnage y est une simple silhouette, une ombre, une tâche à peine sortie de l’informe et y retournant. La nature double m’a intéressé car elle évoque le reflet, l’alter ego, l’autre, le miroir, la part d’ombre.

Neurones miroirs semble assez différent des précédents livres, et plus particulièrement de J’entends des voix (éditions du Citron Gare, 2019), ou encore de Cinquante vues du Serpentaire (éditions Z4, 2022). Peux-tu nous en dire davantage ? Ce renouvellement est-il volontaire ?

Julien Boutreux : Oui et non. J’essaie de proposer quelque chose de différent à chaque fois, c’est un fait. C’est comme dans le rock : il y a des groupes qui sortent toujours le même album, et il y a ceux qui évoluent et cherchent à se renouveler, pour le meilleur ou pour le pire. Les deux ont leurs fans. Je préfère pour ma part la seconde catégorie. Et c’est vrai que cet ensemble n’a rien à voir, a priori, avec ceux que tu cites, ne serait-ce que par la quasi-absence d’humour (je le déplore, mais c’est comme ça).

En revanche, je lui vois une vraie filiation de thème et de formes (même dans leur diversité) avec mon précédent livre publié chez Polder, Le Rasoir d’Ockham appliqué au poète. D’ailleurs, certains poèmes, anciens, datent de l’époque de ce premier recueil, plus foutraque et plus abrasif, plus punk. Neurones miroirs est sans doute plus élégant, plus propre, plus léché, et je ne sais pas si c’est un progrès. 

Plusieurs références « classiques » nourrissent ton écriture. Tu cites ainsi Michel Leiris, reprends des expressions baudelairiennes, ou mallarméennes. Lis-tu essentiellement les auteurs anciens ?

Julien Boutreux : Leiris n’est pas si ancien… Une allusion à Tristan Tzara aussi, dont je place très haut la partie surréaliste de l’œuvre, souvent mélancolique. Bref, il ne s’agit que de clins d’œil, je ne suis pas un érudit. J’essaie de lire tout le monde, bien sûr, anciens et modernes, classiques et contemporains. Je sais juste que j’ai plus de chances de tomber sur de l’indispensable avec les classiques, le tri ayant déjà été fait.

Dans sa préface, Jean-Marc Proust cite Christophe Tarkos (1963-2004). Reconnais-tu l’influence de ce dernier ?

Julien Boutreux : Oui, évidemment, ou, plus en amont, celle de Gherasim Luca. Même si c’est très loin d’être ma seule influence et qu’elle ne transparaît que dans certains de mes textes (ceux du type, disons, « accumulatif »). Mais bon, les influences sont bien sûr là dès qu’on lit et qu’on prétend écrire, et elles ne sont pas toujours conscientes.

Combien de fois me suis-je aperçu après coup que j’avais été très influencé par telle lecture, tel auteur rencontré à l’adolescence le plus souvent… Par ailleurs, on peut aussi arriver à un résultat approchant le travail de tel ou tel créateur antérieur à soi simplement parce que l’éprouvé du réel et la manière d’en rendre compte ont été similaires. On touche là à l’universalité de l’expérience d’être un humain en ce bas-monde, je suppose. Ce dont la poésie rend compte. C’est l’une de ses propriétés.

On est également frappé par l’alternance de vers libres et de proses. Ce choix est-il là encore délibéré ? Ou la forme s’impose-t-elle à toi de façon « automatique » ?

Julien Boutreux : Je n’ai pas de règle à ce propos, et les textes de ce recueil sont en effet regroupés selon un critère thématique et non formel, ce qui peut être vu comme une faiblesse, que je n’ai pas cherché à gommer. Il s’agit de textes écrits à différentes époques, et l’aspect disparate n’est donc pas le résultat d’un choix ou d’une construction. Mais j’aime bien ce petit côté « miscellanées ». D’autres de mes recueils cependant conservent une unité formelle. 

Quelques vers réguliers, très courts, surgissent également de manière subreptice. Penses-tu que les formes classiques sont encore d’actualité, ou qu’elles ont encore un avenir ?

Julien Boutreux : Il y a même un poème en alexandrins... Les formes classiques, évidemment, restent d’actualité (cf. l’excellent travail de Guillaume Decourt, ou celui de Pierre Vinclair). Je les affectionne beaucoup et aimerais composer un recueil de sonnets par exemple. Une forme ancienne pour un contenu nouveau, ce serait génial, la grande classe. Quoique la rime, du moins en fin de vers, passe un peu plus difficilement quand même aujourd’hui.

C’est Jude Stefan qui dit dans un entretien qu’elle avait dans le théâtre romain un effet comique. Ça ne m’étonne pas vraiment. Les comptines rimées amusent les enfants de maternelle, ce n’est donc pas forcément très fin. Mais telle forme composée de tels types de vers et strophes, oui, ça m’intéresse.

Il y a aussi des formes nouvelles, les vers arithmonymes (vers comptant un nombre identique de lettres/signes typographiques) de Lucien Suel par exemple (j’ai eu la chance de l’interviewer, c’est sur YouTube), et repris par d’autres, qui sont comme un écho moderne à la rigueur mathématique des formes anciennes. Il y a une beauté et une noblesse dans ces formes, et une grande vertu créatrice à la contrainte qu’elles représentent, chacun sait cela. 

Tu évoques ta vie, une certaine forme d’intimité. Peut-on parler de poésie autobiographique ?

Julien Boutreux : Je ne crois pas, ou seulement partiellement, car ce que je dis est à la fois trop vague et trop universel. Je parle de ressentis, pas d’événements, ou alors très transformés, condensés, ou au contraire dilués, noyés dans autre chose, images, glissement de sens et de signifiants, généralisations. Les événements, d’une façon générale, m’intéressent assez peu pour ce type de travail.

Je préfère en quelque sorte chercher à en extraire l’essence, le noyau, le principe, la leçon, et en rendre compte à ma façon, qui essaie d’être poétique. Mais bien sûr tout cela part de l’intime, comme c’est le cas, je crois, de toute poésie lyrique (le fait d’utiliser un « je » ou un « je » élargi – c’est-à-dire un « nous » –, le fameux « sujet lyrique », renforce cette impression). Sans cela on serait dans autre chose : une histoire, un récit, un jeu formel gratuit (c’est-à-dire sans nécessité), un programme politique, un mode d’emploi ou une notice d’appareil électroménager.

Une forme de drôlerie, de décalage, affleurait dans J’entends des voix. Ici, un certain pessimisme, et une certaine mélancolie, affleure entre les lignes. Pourquoi ? Penses-tu qu’écrire permette de dépasser une forme de tristesse ?

Julien Boutreux : Sans doute. Il y a la catharsis, la sublimation. Bien sûr que l’écriture, la création en général permettent ça. L’art-thérapie existe, la scénothérapie, les ateliers d’écriture thérapeutique. Et tant mieux, mais ils ne sont pas l’essence de l’art ou de la littérature, à qui on ne peut assigner aucune fonction déterminée ou déterminante. Autrement dit, l’effet bénéfique éventuel n’est pas un but en soi. Car si ça l’est, on risque de ne plus être vraiment dans la littérature ou la poésie.

Par exemple, les romans feel good sont-ils vraiment de la littérature ? Je ne le crois pas. L’écriture est l’inverse d’une pilule, d’une recette ou d’un protocole à appliquer. Ça, c’est bon pour les robots, les machines, l’IA. L’écriture, elle donne le vertige. La mélancolie est un fait, quelque chose que maints humains connaissent (tous ?).

Il faut bien rendre compte de la dimension désespérée liée au simple fait d’exister dans la finitude et, peut-être, le non-sens (pour qui n’a pas la foi pour le sauver ou le leurrer), en des temps particulièrement miteux pour l’esprit qui plus est. Le propos de mon opuscule, s’il y en a un, c’est peut-être juste de dire qu’on n’est pas forcément dupes.

On sent aussi une forme de scepticisme face à l’époque, notamment lorsque tu évoques la vanité des écrans, des selfies (dans le poème « chute de l’ange »). La poésie permet-t-elle également de dénoncer, et, là encore, de dépasser une situation négative ?

Julien Boutreux : « Scepticisme », le mot est faible. Tu veux peut-être plutôt parler du poème « la croissance exponentielle du solipsisme » ? Quoique « chute de l’ange » puisse aussi, en effet, être lu comme évoquant ce contexte-là. Toutes les époques, ou presque, ont eu leur lot de difficultés et d’horreurs, leurs raisons de désespérer, mais aujourd’hui il y a quand même des nouveautés.

Cela étant, la poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit, à être instrumentalisée, même si évidemment, à titre individuel, elle peut beaucoup, sauver des vies par exemple, comme le Samu, l’amour ou les antibiotiques. Rien ne peut parler plus justement et puissamment qu’une œuvre littéraire, écrite ou orale, qui traverse ou traversera les époques. J’en suis persuadé.

De telles œuvres sont la vie des mythes, c’est-à-dire l’actualisation sans cesse revisitée des grands motifs éternels de l’esprit humain pris dans sa condition tragique – dont on peut aussi rire bien entendu. Si la poésie (la littérature, l’art) est là pour servir une cause, que c’est le dessein de l’auteur, si elle se résume à ça, alors elle est instrumentalisée et n’a en fait plus grand-chose à dire – un discours ou un tract peuvent le dire tout autant.

C’est la limite de la littérature engagée, je crois. Ou alors le seul, l’unique engagement de la poésie, de la littérature, de l’art, c’est de nous rendre/garder vivants contre tout ce qui vise à nous transformer en pantins, en automates, en zombis, en consommateurs, en machines – en monstres, en somme. Donc, si la littérature est de plus en plus laissée de côté, c’est ce que de plus en plus d’humains deviendront. Il n’y aura alors plus qu’à attendre qu’une autre espèce de grands singes, quelque part dans la galaxie, accède au langage et développe une culture. C’est sans doute déjà effectif, Dieu merci !

 
 
 
 
 
 

Par Auteur invité
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5 Commentaires

 

Lucien Suel

18/12/2025 à 13:55

Je dis bravo à Julien Boutreux.

Marie

18/12/2025 à 21:37

Moi aussi. En français.

Etienne Ruhaud

19/12/2025 à 11:54

En français?

Etienne Ruhaud

19/12/2025 à 02:51

Merci, Lucien, pour votre lecture.
Toute mon amitié
Etienne Ruhaud

Catherine Andrieu

02/02/2026 à 10:29

C’est ce point précis qui m’a le plus intéressée dans vos propos — et sans doute aussi celui où je me reconnais le plus nettement.

Je vous lis avec un sentiment très vif de justesse, presque de soulagement : celui qu’on éprouve lorsque l’art est replacé là où il ne peut être récupéré ni instrumentalisé, dans son instabilité fondamentale, son inconfort, son absence de promesse. Je vous rejoins entièrement : si l’écriture peut produire des effets — apaisement, déplacement, parfois même une forme de survie — ceux-ci ne sauraient en constituer ni la finalité ni la mesure.

Dès lors qu’on assigne à la littérature une fonction thérapeutique, qu’on attend d’elle qu’elle soigne, qu’elle répare, qu’elle console selon un protocole plus ou moins explicite, on la dénature. On lui retire précisément ce qui la fonde : sa capacité à faire vaciller, à ouvrir un vertige, à refuser toute garantie. L’écriture n’est pas une pilule, dites-vous, et je ne saurais mieux dire. Elle n’est pas non plus une méthode pour mieux vivre. Elle est ce qui expose — sans filet — à la part mélancolique, parfois désespérée, de l’existence.

Et c’est là, me semble-t-il, qu’elle demeure profondément humaine. Elle ne promet rien. Elle ne rassure pas. Elle ne sauve pas. Elle regarde en face la finitude, le possible non-sens, l’époque « miteuse pour l’esprit », et elle refuse d’enrober cela d’un discours consolant. Elle ne cherche pas à faire du bien, elle cherche à être juste.

Votre réserve à l’égard des récits dits feel good me paraît, de ce point de vue, salutaire. Non par mépris, mais parce que la littérature et la poésie ne relèvent pas de l’injonction au mieux-être. Elles ne disent pas « tout ira bien ». Elles disent plutôt : voici ce qui est, et nous ne sommes pas dupes. Elles n’édulcorent pas le réel, elles l’intensifient — parfois jusqu’à l’inconfort.

S’il existe une éthique de l’écriture, elle se tient peut-être là : ne pas mentir sur la condition humaine, ne pas transformer le texte en produit de consolation, ne pas confondre création et prescription. Écrire, c’est accepter de ne pas savoir où l’on va, ni ce que cela fera aux autres — et encore moins prétendre que cela leur fera du bien.

Sur ce point, je vous donne pleinement raison : l’éventuel effet bénéfique est un surcroît, jamais un programme. Le reste appartient à la littérature elle-même, dans ce qu’elle a d’irréductible, d’inassignable, et parfois de douloureusement vivant.

Neurones miroirs

Julien Boutreux

Paru le 01/01/2025

Gros textes

7,00 €

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Avec Le Yoga qui vous ressemble – Des pratiques simples et accessibles pour chaque moment de votre journée, publié aux éditions Grancher, Roxane Blondel défend une pratique souple, concrète et inclusive. Professeure de yoga, créatrice d’outils pédagogiques et ancienne pâtissière, elle propose un ouvrage à consulter selon ses besoins, pour faire du mouvement un véritable soutien au quotidien.

25/06/2026, 16:19

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IA et littérature : Hervé Le Tellier et Abel Quentin face à la grande dépossession

Face à l’intelligence artificielle générative, Hervé Le Tellier et Abel Quentin ne parlent pas seulement de littérature. L’un, venu des mathématiques et de l’Oulipo, interroge la disparition possible du geste d’écrire, le choc professionnel, psychologique et démocratique que provoquent les machines. L’autre cherche des lieux où préserver l’intelligence humaine, la lenteur, la joie et la confiance. 

20/06/2026, 11:22

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“La cage n’est pas simplement un ensemble de barreaux de fer”

Dans Naissances au zoo, Ashraf Al Ashmawi fait du zoo une métaphore de la condition humaine. Ancien juge, il explore justice, pouvoir et fragilité des êtres, sans réduire ses personnages à des archétypes. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Littérature » pour Naissances au zoo, il répond aux questions d’ActuaLitté.

19/06/2026, 11:05

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“Accompagner la lecture est une affaire collective” (Association des Bibliothécaires de France)

L'Association des Bibliothécaires de France a ouvert, ce mercredi 17 juin, son 71e congrès à Rennes, au sein du Couvent des Jacobins. L'organisation a choisi un thème fédérateur, l'hospitalité, qui rappelle que les établissements de lecture publique incarnent le premier équipement culturel de proximité, par ailleurs libre d'accès. Un statut qui n'empêche ni les remises en cause ni les réflexions... Le bureau national de l'ABF a abordé, pour ActuaLitté, une variété de sujets à l'occasion d'un entretien.

18/06/2026, 13:11

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“Des chemins de traverse” pour “donner de la joie” : le pari des éditions Poids Plume

Depuis le début de juin, les éditions Poids Plume ont confié leur diffusion et leur distribution à DG Diffusion. Fondée en 2022 à Morlanne, dans les Pyrénées-Atlantiques, par Gaëlle Perret, la maison indépendante entend renforcer sa présence en librairie. Stockage, suivi des ventes et logistique constituent les principaux leviers de ce passage à une diffusion nationale, sans dissocier développement commercial, illustration et transmission.

18/06/2026, 12:42

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Affaire Samuel Paty : “J'étais susceptible de reconnaître mes étudiants dans tous les jeunes accusés“

Dans Notes d’une enseignante sur le procès de l’assassinat de Samuel Paty publié aux éditions Maurice Nadeau, Eloïse Lièvre propose une approche incarnée et réflexive du procès des huit personnes accusées d’être impliquées dans l’assassinat de Samuel Paty qui s’est tenu à l’hiver 2024. Un livre qui mêle récit personnel, journal du procès, analyse intellectuelle et réflexion morale. Par Olivier Stroh.

17/06/2026, 18:24

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“Sans surmonter ces griefs historiques, aucun dialogue significatif ne peut s’épanouir”

Dans son essai, Zuhair Tawfiq explore la manière dont les stéréotypes se construisent entre Orient et Occident. À travers cette réflexion, il questionne le rôle de l’écrivain dans la déconstruction des idées reçues et des représentations de l’Autre. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Critique littéraire et artistique » pour Perceiving the World: Mutual Stereotypes Between the Self and the Other, il répond aux questions d’ActuaLitté.

16/06/2026, 10:53

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“Traduire un texte vieux de plusieurs siècles est un véritable défi”

L’œuvre de Nawal Nasrallah navigue sur de multiples aspects : le patrimoine culinaire d’Al-Andalus et du Maghreb, l’histoire matérielle, la traduction savante et les circulations méditerranéennes constituent autant d’atouts. Elle travaille sur l’histoire et la culture de la cuisine arabe à travers les siècles, avec un intérêt particulier pour les textes culinaires médiévaux. Lauréate du Sheikh Zayed Book Award 2026 catégorie Traduction, elle répond à ActuaLitté.

13/06/2026, 07:00

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“La librairie a besoin d'une aide urgente et massive” (Syndicat de la Librairie française)

Un certain sentiment d'urgence dominait les Rencontres nationales de la librairie, à Rennes, ces 7 et 8 juin. La situation économique des commerces indépendants est en effet préoccupante, d'autant plus que les perspectives ne sont pas engageantes et que l'action publique manque de moyens... Alexandra Charroin-Spangenberg, cogérante de la Librairie de Paris (Saint-Étienne) et présidente du Syndicat de la Librairie française, et Guillaume Husson, délégué général de l'organisation, reviennent pour ActuaLitté sur les sujets du moment.

10/06/2026, 14:53

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“La poésie arabe exprime des expériences humaines universelles”

Traducteur d’Adonis, Mahmoud Darwich et Ibn Arabi, Stefan Weidner fait dialoguer depuis Cologne les cultures arabe et européenne. Lauréat 2026 du Sheikh Zayed Book Award pour Der arabische Diwan, anthologie de poésie préislamique ouverte à des voix féminines rarement traduites, il revient sur son œuvre, sa lecture de la poésie arabe et les enjeux du dialogue entre les cultures. Dans cette interview, il répond à ActuaLitté.

10/06/2026, 10:48

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Affaire Grasset : Laure Darcos et Sylvie Robert avancent une “clause de confiance”

Elles forment un tandem sénatorial très actif sur les questions culturelles, et plus particulièrement les sujets relatifs au livre. Laure Darcos, sénatrice de l'Essonne (Les Indépendants - République et Territoires) et Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine (Socialiste, Écologiste et Républicain) et vice-présidente du Sénat, évoquent leur proposition de loi sur le contrat d'édition, la lutte contre la concentration du secteur, et dressent aussi un premier bilan du sort réservé à la culture sous les mandats d'Emmanuel Macron.

09/06/2026, 16:20

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“Rimbaud nous demande justement de repenser ce qu’est la modernité”

Avec son Découvrir Rimbaud aux Éditions sociales, Alix Stéphan relit le poète à travers l’histoire, la révolution et les lignes politiques de son œuvre. De l’opacité des textes aux héritages décoloniaux, du refus du travail aux rapports de domination, elle défend une lecture située de Rimbaud, attentive au contexte sans épuiser le mystère des poèmes. Propos recueillis par Vivian Petit.

09/06/2026, 12:28

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La Goutte créative : une maison indépendante mise sur le livre vivant

Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.

08/06/2026, 17:01

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Richard Sebag et Patrick Aurignac, anciens du grand banditisme, se racontent

Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.

06/06/2026, 13:00

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Faire exister des espaces littéraires alternatifs contre vents et marées

À l’occasion de la 4e édition du festival Read & Shine, ActuaLitté ouvre ses colonnes à Déli, fondatrice d’Overbookées. Elle revient sur la naissance de ce rendez-vous dédié aux littératures et savoirs féministes et antiracistes, sur la nécessité de faire entendre des voix encore marginalisées dans l’édition, et sur les enjeux d’une nouvelle édition placée sous le signe des « Mémoires pour les lendemains ».

09/09/2026, 13:56

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Entre deux rives
: ni robe, ni linceul, mais un deuil blanc

Clinique sauvage, c'est le nom de la chronique que Salim Rzin, psychanalyste et essayiste, ethnoclinicien et praticien en psychosomatique, inaugure pour la rentrée dans nos colonnes. Pour ce premier texte, Tanger devient le point de départ d’une réflexion sur l’exil, la perte et ce « deuil blanc » qui maintient parfois l’adulte sur une rive intérieure qu’il ne parvient plus à rejoindre. Entre psychanalyse, littérature et cinéma, il interroge ce qui demeure vivant en nous lorsque le désir semble s’être retiré.

09/09/2026, 12:48

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Libraires en grève : “Ce n'est pas possible qu'on gagne le Smic encore aujourd'hui”

À 25 ans, quatre années de librairie derrière elle et un salaire toujours au Smic, une jeune libraire venue débrayer ce mardi 8 septembre résume en quelques phrases ce qui pousse une partie de la profession à tenter un exercice encore inhabituel : la grève.

08/09/2026, 18:33

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“Un livre ne devrait pas être condamné à disparaître parce que le suivant est déjà en route”

Combien vaut le temps consacré à un livre ? Dans l’illustration jeunesse comme dans la bande dessinée, la question se pose avec acuité lorsque des rémunérations modestes conduisent à multiplier les projets. Ni procès des petits éditeurs, ni reproche adressé aux artistes : c’est la mécanique économique qui mérite d’être interrogée. Michel Demeulenaere, fondateur des éditions Mijade, partage ici quelques-uns de ses propres questionnements.

08/09/2026, 17:02

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Visite insulaire : les rituels de Victor Hugo à Guernesey

« Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. » Dans une maisonnette en pierre, surveillée par une rose trémière jaune, dans le silence du matin, je pose sur la table une tasse en porcelaine blanche, remplie d’un café noir, et j’ouvre Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo. Je le fais le premier matin, et je ferai ainsi chaque matin de la semaine passée à Guernesey. Suivez la guide...

07/09/2026, 17:25

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Silver Surfer : Parabole, le jour où Moebius redessina un dieu avec Stan Lee

En 1988, une rencontre improbable se produit chez Marvel. Stan Lee reprend le personnage dont il avait façonné la voix vingt ans plus tôt ; face à lui, Moebius, maître de la science-fiction européenne, accepte de se plier aux contraintes du comic book américain. À peine cinquante pages plus tard, Silver Surfer: Parable a transformé le combat entre Galactus et son ancien héraut en réflexion sur la foi, le pouvoir et la liberté.

05/09/2026, 11:50

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Rentrée scolaire : six professeurs convoqués par l'Inspection

Les élèves ont repris le chemin de l’école ce 1er septembre 2026. Pour certains enseignants, la rentrée pourrait tourner court. Expérience autoritaire, lancer d’élèves, fascination fasciste, bacchanale et cours particulier achevé au couteau : les dossiers ont ébranlé les services de l'Inspection. Pour l'Éducation nationale, une question : peut-on vraiment les laisser poursuivre ?

05/09/2026, 06:00

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Lamartine, Nerval, Gautier : les écrivains français amoureux d’Istanbul

Carrefour des civilisations, théâtre où se sont jouées les destinées de l'Orient et de l'Occident, Istanbul a fasciné des générations d'écrivains français qui, du XVIIe au XXe siècle, ont tenté de refléter dans leurs œuvres l'indicible beauté de cette cité millénaire. Par Amel Aït-Hamouda.

04/09/2026, 14:58

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“Lire un livre n’est pas un délit” : un éditeur dénonce la destruction d’un ouvrage

Les Éditions Syllepse et le chercheur et militant internationaliste Joseph Daher dénoncent la saisie puis la destruction d’un exemplaire du Hezbollah. Un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme lors d’une perquisition visant Nicolas Shahshahani, vice-président d’Europalestine, dans le cadre d’une enquête pour « apologie du terrorisme ».

03/09/2026, 17:54

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Une IA explore la mémoire moléculaire des livres anciens

Exclusif - Après avoir identifié protéines, médicaments ou autres résidus sur les documents de Vlad III, Jack London, Casanova et Alessandro Volta, l’équipe de Gleb et Svetlana Zilberstein veut franchir une nouvelle étape. Son « Cabilly Project » associe données biochimiques, archives et intelligence artificielle pour générer des hypothèses historiques. ActuaLitté révèle aussi l’existence de travaux, encore non publiés, sur André Malraux, Stendhal et Marcel Proust.

03/09/2026, 17:07

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Yannick Haenel : comme un air de déjà-lu dans la rentrée littéraire

Exclusif - Un manuscrit de professeur refusé chez Gallimard, le roman d'un ex-professeur publié trois ans plus tard par la maison et de l'un à l'autre ouvrage des scènes, motifs et références parfois voisins. La comparaison de Grand Poisson, de Fabrice Sanchez (Plon, août 2025), avec La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel (Gallimard, août 2026), ne révèle pas de contrefaçon, mais soulève quelques sourcils.

02/09/2026, 17:01

ActuaLitté

Facturation électronique : “Aux petits, la traçabilité ; aux puissants, le brouillard administratif”

La facturation électronique, entrée en vigueur le 1er septembre 2026, promet de simplifier la vie des entreprises. Pour Guilhem Méric, auteur indépendant, elle risque au contraire d’ajouter une contrainte de plus à des créateurs déjà fragilisés par la précarité économique et la concurrence de l’intelligence artificielle générative. Le départ d’un illustrateur avec lequel il travaillait interroge une réforme qui, selon lui, fait peser une part croissante de ses exigences sur les plus petites structures du monde du livre.

02/09/2026, 15:59

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Antonin Artaud : la guerre des archives n’est pas terminée (réponse à Florence de Mèredieu)

Le 7 août 2026, ActuaLitté publiait l’article Comment la souffrance a forgé le jeune Artaud, version abrégée, sans photographies ni appareil de sources, de l'étude d'Ilios Chailly, Une géographie de la souffrance : les cures d’Antonin Artaud, de La Rouguière au Chanet, 1915-1919. Florence de Mèredieu, biographe d’Antonin Artaud, a réagi à cet article dans les commentaires. Quelques échanges ont suivi. Ilios Chailly propose ici une réponse plus développée, pour revenir point par point sur les questions soulevées.

01/09/2026, 17:05

ActuaLitté

De Proust à Perec : comment Shéhérazade a changé la littérature française

Au XXe siècle, les écrivains français n’ont pas seulement lu Les Mille et Une Nuits : ils s’en sont emparés comme d’un modèle d’écriture. De la mémoire proustienne à l’ambition romanesque de Perec, en passant par le merveilleux surréaliste et la figure de Shéhérazade devenue symbole de résistance, ce recueil sans auteur ni fin a profondément travaillé l’imaginaire littéraire. Par Amel Aït-Hamouda.

31/08/2026, 17:44

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La Griffe Noire : “Tout ça ne fait donc pas de vous un libraire indépendant ?”

Après l’avis négatif rendu sur la demande de label Librairie indépendante de référence déposée en 2026 par La Griffe Noire, les soutiens de la librairie interrogent désormais moins son indépendance que le fonctionnement même du dispositif. 

31/08/2026, 14:00

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Freida McFadden : anatomie d'une machine, aux accents bien connus

Voilà des semaines et des mois, des années bientôt qu'elle trône au sommet des meilleures ventes, au point qu'on ne sache plus trop comment s'en dépatouiller... Un peu comme dans ses livres : Freida McFadden connaît la fin avant de commencer. Le retournement vient d’abord et le roman s’organise en fonction. Indices, fausses pistes, silences, informations données trop tôt pour être comprises : tout permet au lecteur de voir après coup ce qu’il n’avait pas vu venir. Mais comment ?

29/08/2026, 10:00

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Neuf mois plus tard : 80 livres à lire avant l’arrivée du bébé

Après neuf mois de silence, Elsa donne enfin de ses nouvelles. Et il s’en est passé, des choses : une grossesse, une année cabossée, des bibliothèques à trier, une pile à lire toujours bien garnie et une tentative très sérieuse de remplacer le doomscrolling par 100 pages quotidiennes. Avec, au passage, trois lectures qu’elle avait laissées dormir beaucoup trop longtemps.
 
 
 

29/08/2026, 09:00

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Six livres créent une application de rencontre pour éviter de finir seuls en rayon

On a longtemps cru qu’un livre abandonné sur une table de librairie souffrait en silence. Erreur. Il regarde les autres partir. Le prix littéraire avec son lecteur pressé, la romance dans un tote bag, le polar sous le bras de quelqu’un qui assure « ne lire que du vrai ». Lui reste là, tranche vers le public, à feindre l’indifférence.

29/08/2026, 08:00

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Après Perec, Queneau et Calvino : l’Oulipo peut-il encore surprendre ?

Le 5 mai 2026, jour de naissance de Karl Marx, Clémentine Mélois a dû mourir pour obtenir le droit de démissionner. À 18h16 exactement, au café L’Arrêt, anciennement L’Espérance, dans le VIIe arrondissement de Paris, l’écrivaine et plasticienne a retrouvé, selon sa propre formule, sa « liberté de manœuvre pour l’éternité ».

28/08/2026, 17:22

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Du marathon au bain glacé : ce que notre culte de la performance dit de nous

Marathons, bains glacés, yoga, sommeil surveillé, alimentation contrôlée : et si nos disciplines du corps avaient pris la place des anciens rituels ? Dans cette « Petite anthropologie du Dépassement », Salim Rzin observe comment la quête de performance, de purification et de maîtrise transforme le corps en refuge, en temple et en territoire moral, jusqu’à faire surgir la figure du « nano-démon », menace intérieure qu’il faudrait maintenir en sommeil.

25/08/2026, 09:09

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Anxiété de la rentrée : pourquoi le retour au travail peut être si difficile

Pourquoi le retour au travail suffit-il parfois à faire ressurgir stress, ruminations et boule au ventre, avant même d’avoir rouvert sa boîte mail ? Après les vacances, le changement de rythme, les contraintes et l’anticipation peuvent réactiver l’anxiété, sans forcément révéler un rejet de son métier. Dans L’Anxiété dédramatisée (Piktos Poche), Mélissa Manacorda propose de comprendre ces mécanismes et livre des pistes concrètes pour reprendre sans laisser l’angoisse occuper toute la place.

25/08/2026, 09:05

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Six romans recalés à l’aéroport pour excédent de bagage... émotionnel

Les compagnies aériennes sont formelles : au-delà de 23 kilos, il faut payer un supplément. La littérature, beaucoup moins regardante, autorise ses personnages à embarquer avec une enfance traumatique, trois générations de non-dits, un père mort, plusieurs amours compliquées et parfois une résurrection complète. Au retour des vacances, il était temps que quelqu’un contrôle tout cela.

22/08/2026, 11:05

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La bienveillance, “complément idéal d’un monde de plus en plus brutal”

Il fallait bien que quelqu’un finisse par manquer de bienveillance envers la bienveillance. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan s’y risque ici, en prenant au sérieux ce que nos précautions, nos bons sentiments et notre vocabulaire soigneusement capitonné disent de notre rapport au conflit. Une humeur volontairement piquante, où la politesse des mots se retrouve priée de s’allonger sur le divan.

22/08/2026, 10:05

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Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

19/08/2026, 18:18

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Journée mondiale du moustique : les insectes réclament des dommages et intérêts à la littérature

Ce 20 août, Journée mondiale du moustique, les insectes ont déposé une plainte collective contre plusieurs siècles de littérature. Motifs : diffamation, séquestration, exploitation et atteinte répétée à la dignité des arthropodes. Cinq livres comparaissent. Les fourmis se constituent partie civile, les papillons demandent réparation et Gregor Samsa exige qu’on cesse enfin de l’appeler cafard. L’audience promet d’être piquante. (ceci est une fiction, hein...)

19/08/2026, 14:46

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Gestion contestée et conflit familial : un été au tribunal pour l'Harmattan

Exclusif - La gestion des Éditions L'Harmattan, dirigées depuis 2010 par Xavier Pryen, est vivement contestée depuis quelques années, tandis qu'un conflit familial se joue en arrière-plan : Denis Pryen, cofondateur du groupe, estime que son neveu a engagé le « démantèlement » de ce dernier. Deux décisions de justice, rendues cet été, se sont révélées favorables au cofondateur de L'Harmattan.

19/08/2026, 09:09

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Babel Indoor : quand les temples deviennent des livres de pierre

Que devient un lieu sacré lorsque la prière s’efface mais que la verticalité demeure ? Psychanalyste et ethno-clinicien, Salim Rzin lit les églises devenues salles d’escalade, hôtels ou espaces de passage comme autant de livres de pierre réécrits par les corps. Dans ce texte, il interroge ces architectures comme des palimpsestes : les usages changent, mais quelque chose de leurs anciens récits continue de s’écrire.

18/08/2026, 18:18

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Sur les traces de Pierre Loti dans l’Istanbul qu’il aimait

Il existe, entre certaines âmes et certains rivages, une affinité qui tient moins du hasard que d'une secrète géographie du cœur. Celle de Pierre Loti avec Istanbul fut de cette nature : une reconnaissance sans raison, un coup de foudre qui précède l'amour ; une vérité intime que l’écrivain passera sa vie à explorer, à célébrer et à défendre, jusqu’à en faire le pivot secret de son œuvre et de son existence. Par Amel Aït-Hamouda.

13/08/2026, 15:45

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Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

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Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

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Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

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Des groupes anti-liberté d’expression identifiés et suivis par le renseignement

Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création contient une drôle de discrétion. Plusieurs « groupements formellement constitués », à l’origine d’actions organisées contre des acteurs culturels, seraient « pour la plupart identifiés par les services de renseignement territorial ». Voilà pour ce que l’État sait. Pour savoir qui ils sont, en revanche, le lecteur repassera : ni noms, ni nombre précis, ni famille politique ou religieuse. Le renseignement est là. L’information, beaucoup moins.

08/08/2026, 13:25

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Livres brûlés, vitrines brisées : librairies et bibliothèques sous pression en France

Entre mars 2025 et mars 2026, le ministère de la Culture a recensé 76 incidents affectant les libertés de création, correspondant à 91 mécanismes d’atteinte. Douze situations sont explicitement rattachées au livre : six pour « livre et lecture publique », six pour les librairies. Acquisitions sous pression, ouvrages détruits, rencontres déprogrammées, vitrines attaquées ou mesures de saisie : le premier bilan annuel montre surtout ce qui demeure difficile à compter. 

08/08/2026, 12:19

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Comment la souffrance a forgé le jeune Antonin Artaud

De 1915 à 1919, Antonin Artaud passe de cliniques en stations thermales, de Marseille à Neuchâtel, dans une tentative presque continue d’apaiser des troubles nerveux qui marqueront durablement son existence. Ilios Chailly reconstitue cette « géographie de la souffrance » à partir d’archives, de sources médicales et de documents parfois inédits, et montre combien ces années de cures, de diagnostics et de traitements ont participé à façonner l’homme, l’artiste et la pensée d’Artaud.

07/08/2026, 16:20

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Lunettes connectées : comment encore rester hors champ ?

En Australie, la commissaire à la vie privée Carly Kind s’interroge sur la nécessité de nouvelles règles face aux lunettes connectées. En France, la CNIL redoute déjà une surveillance mobile et presque invisible. Mais ces mêmes appareils peuvent accroître l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes. De Robbe-Grillet à Samanta Schweblin, les livres posent alors la vraie question : peut-on encore choisir de rester hors champ ?

07/08/2026, 15:51

ActuaLitté

Du papier au numérique, la révolution qui bouleverse le manga japonais

Le Weekly Shonen Jump, berceau de Dragon Ball, One Piece ou Naruto, est tombé à un plus bas historique depuis 1971 : son tirage moyen n’était plus que de 985.000 exemplaires entre avril et juin 2026. C’est la première fois en 55 ans que la revue repasse sous le seuil symbolique du million d’exemplaires. Plus qu’un simple mauvais chiffre, ce recul illustre l’effacement progressif d’un modèle longtemps central au Japon : celui du grand magazine imprimé de prépublication.

07/08/2026, 15:45