Au milieu des années 2010, Julien Boutreux créé une revue toute noire, carrée, illustrée et sobre à la fois, quelque peu mystérieuse et délibérément confidentielle. Intitulé Chats de Mars, en référence à François Rabelais, le périodique tourangeau diffuse alors des voix plus ou moins nouvelles du champ poétique, avec toutefois une exigence de lisibilité. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.
Le 17/12/2025 à 10:49 par Auteur invité
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17/12/2025 à 10:49
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Dix ans ou presque plus tard, et quelques recueils plus tard, Julien revient avec un mince volume, soit un des fameux « Polders » édités par Claude Vercey et par une autre revue intitulée Décharge. S’offrent à nous, ainsi, une série de vers sans concession, parfois sombres, souvent sensibles et vrais.
ActuaLitté : Tu es apparu sur la « scène poétique » dans les années 2010, avec la défunte revue, toute noire, mais richement illustrée, Chats de Mars. Peux-tu, brièvement, évoquer cette expérience ?
Julien Boutreux : J’ai rapidement eu envie de créer ce qui, dans mon esprit, n’était pas une revue (pas d’édito, pas de rubriques, pas d’actualité ni de critique ; simplement les textes des contributeurs), mais un livret sauvage, une plaquette à l’esthétique épurée pas plus coûteuse qu’un fanzine à l’ancienne (collages et photocopies).
Le service de veille de la Bibliothèque nationale m’a cependant repéré après quelques numéros et m’a sommé de faire enregistrer la bête, sous peine d’amende corsée. Donc, muni d’un ISSN, Chats de Mars (formule que j’ai empruntée à Rabelais) est devenue officiellement une revue, ce qui n’est pas plus mal pour la protection des textes en termes de propriété intellectuelle. Je projetais de sortir neuf numéros, car les chats ont neuf vies.
Finalement il y en a eu dix, plus trois hors-série, soit treize opus, ce qui me semble très bien aussi vu l’aura de ce nombre. C’était une chouette expérience, une quarantaine d’auteurs y sont passés, plus une petite dizaine d’illustrateurs.
Il faudrait mentionner tout le monde, aussi je ne citerai personne. Le format était presque carré, la couverture était noire, estampillée du sceau au chat lové (motif dessiné par mon ami Mikaël Bannier), cinq poètes et un illustrateur étaient invités à chaque numéro, à chacun étant demandé un petit ensemble ayant son unité. Les hors-série étaient des recueils individuels, à la couverture de couleur différente.
Je dois tout de même citer le dernier de ceux-ci : Ô, d’Heptanes Fraxion, dont chaque exemplaire était unique, sa couverture illustrée par Christophe Lalanne d’un ensō à l’acrylique (cercle fait à la main dans l’art zen japonais).
Penses-tu recréer une revue ? Quelle place occupent, selon toi, les revues dans le champ littéraire, et plus particulièrement poétique ?
Julien Boutreux : Je ne pense pas redevenir revuiste. Il y a une tradition ancienne de revues (et de plaquettes, d’ailleurs) en poésie ; elles y ont toujours et partout joué un rôle majeur, je pense, de diffusion, bien sûr, de découverte de nouveaux auteurs, permettant les échanges entre les différents acteurs et créateurs. Même si aujourd’hui les blogs et les sites Web ont en partie pris le relais, ou perpétué cette tradition, qui m’est chère.
D’ailleurs, Chats de Mars est devenue un site web pendant quelque temps après sa mort, un site mort-vivant que j’avais fait moi-même, donc mal fait, où je publiais un unique poème par mois (d’un auteur invité), des entretiens avec des poètes et je ne sais plus trop quoi d’autre (le sommaire de tous les numéros papier – certains encore disponibles).
Le site existerait encore si l’hébergeur ne m’avait pas un beau jour réclamé des sous et menacé de le supprimer si je ne payais pas. C’est ce qui s’est passé, car je ne cède pas au chantage, mais c’est un peu triste. J’ai jusque-là eu la flemme de recommencer ailleurs, mais ce serait pourtant très facile.
Peux-tu nous en dire davantage sur le titre ? Qu’est-ce que les « neurones miroirs » ?
Julien Boutreux : C’est un concept et une réalité neurologiques. En gros, les mêmes neurones s’activent chez celui qui agit et chez celui qui l’observe agir au cours d’une action motrice. Bien sûr, la formule, éminemment poétique, m’a plu.
Dans ce petit ensemble de textes, je voulais convoquer un sujet fantomatique qui s’interroge sur son existence et son essence, adopte une position d’observation sur le monde et la vie, refuse de s’incarner, trouve une réalité dans le constat de l’existence de l’autre et de l’extérieur ; vit par procuration en quelque sorte, d’où le lien avec cette notion scientifique. Mais j’en ai déjà trop dit. La poésie, je crois, doit garder une part, sinon d’hermétisme, du moins de mystère brumeux.
La plupart de tes recueils sont illustrés. Là, il s’agit d’une sorte de silhouette anthropomorphe, réalisée par Christophe Lalanne. Pourquoi ce choix ? Que représente cet étrange personnage ?
Julien Boutreux : En effet, j’aime beaucoup faire cohabiter arts plastiques et poésie, comme dans feu ma revue. Pour Neurones miroirs, il ne s’agit que de la seule couverture. Je me suis naturellement tourné vers Christophe Lalanne, avec qui je collabore de longue date, pour celle-ci.
J’aime beaucoup son travail et je sais qu’il est toujours partant pour ce genre de choses. Je connais pas mal de ses séries, et je me suis dit que celle des Marcheurs conviendrait bien. Notamment l’un de ses marcheurs doubles. Pour l’avancée laborieuse, comme contre le vent, mais aussi inéluctable, « inarrêtable », dans l’existence, qui est une traversée. Le personnage y est une simple silhouette, une ombre, une tâche à peine sortie de l’informe et y retournant. La nature double m’a intéressé car elle évoque le reflet, l’alter ego, l’autre, le miroir, la part d’ombre.
Neurones miroirs semble assez différent des précédents livres, et plus particulièrement de J’entends des voix (éditions du Citron Gare, 2019), ou encore de Cinquante vues du Serpentaire (éditions Z4, 2022). Peux-tu nous en dire davantage ? Ce renouvellement est-il volontaire ?
Julien Boutreux : Oui et non. J’essaie de proposer quelque chose de différent à chaque fois, c’est un fait. C’est comme dans le rock : il y a des groupes qui sortent toujours le même album, et il y a ceux qui évoluent et cherchent à se renouveler, pour le meilleur ou pour le pire. Les deux ont leurs fans. Je préfère pour ma part la seconde catégorie. Et c’est vrai que cet ensemble n’a rien à voir, a priori, avec ceux que tu cites, ne serait-ce que par la quasi-absence d’humour (je le déplore, mais c’est comme ça).
En revanche, je lui vois une vraie filiation de thème et de formes (même dans leur diversité) avec mon précédent livre publié chez Polder, Le Rasoir d’Ockham appliqué au poète. D’ailleurs, certains poèmes, anciens, datent de l’époque de ce premier recueil, plus foutraque et plus abrasif, plus punk. Neurones miroirs est sans doute plus élégant, plus propre, plus léché, et je ne sais pas si c’est un progrès.
Plusieurs références « classiques » nourrissent ton écriture. Tu cites ainsi Michel Leiris, reprends des expressions baudelairiennes, ou mallarméennes. Lis-tu essentiellement les auteurs anciens ?
Julien Boutreux : Leiris n’est pas si ancien… Une allusion à Tristan Tzara aussi, dont je place très haut la partie surréaliste de l’œuvre, souvent mélancolique. Bref, il ne s’agit que de clins d’œil, je ne suis pas un érudit. J’essaie de lire tout le monde, bien sûr, anciens et modernes, classiques et contemporains. Je sais juste que j’ai plus de chances de tomber sur de l’indispensable avec les classiques, le tri ayant déjà été fait.
Dans sa préface, Jean-Marc Proust cite Christophe Tarkos (1963-2004). Reconnais-tu l’influence de ce dernier ?
Julien Boutreux : Oui, évidemment, ou, plus en amont, celle de Gherasim Luca. Même si c’est très loin d’être ma seule influence et qu’elle ne transparaît que dans certains de mes textes (ceux du type, disons, « accumulatif »). Mais bon, les influences sont bien sûr là dès qu’on lit et qu’on prétend écrire, et elles ne sont pas toujours conscientes.
Combien de fois me suis-je aperçu après coup que j’avais été très influencé par telle lecture, tel auteur rencontré à l’adolescence le plus souvent… Par ailleurs, on peut aussi arriver à un résultat approchant le travail de tel ou tel créateur antérieur à soi simplement parce que l’éprouvé du réel et la manière d’en rendre compte ont été similaires. On touche là à l’universalité de l’expérience d’être un humain en ce bas-monde, je suppose. Ce dont la poésie rend compte. C’est l’une de ses propriétés.
On est également frappé par l’alternance de vers libres et de proses. Ce choix est-il là encore délibéré ? Ou la forme s’impose-t-elle à toi de façon « automatique » ?
Julien Boutreux : Je n’ai pas de règle à ce propos, et les textes de ce recueil sont en effet regroupés selon un critère thématique et non formel, ce qui peut être vu comme une faiblesse, que je n’ai pas cherché à gommer. Il s’agit de textes écrits à différentes époques, et l’aspect disparate n’est donc pas le résultat d’un choix ou d’une construction. Mais j’aime bien ce petit côté « miscellanées ». D’autres de mes recueils cependant conservent une unité formelle.
Quelques vers réguliers, très courts, surgissent également de manière subreptice. Penses-tu que les formes classiques sont encore d’actualité, ou qu’elles ont encore un avenir ?
Julien Boutreux : Il y a même un poème en alexandrins... Les formes classiques, évidemment, restent d’actualité (cf. l’excellent travail de Guillaume Decourt, ou celui de Pierre Vinclair). Je les affectionne beaucoup et aimerais composer un recueil de sonnets par exemple. Une forme ancienne pour un contenu nouveau, ce serait génial, la grande classe. Quoique la rime, du moins en fin de vers, passe un peu plus difficilement quand même aujourd’hui.
C’est Jude Stefan qui dit dans un entretien qu’elle avait dans le théâtre romain un effet comique. Ça ne m’étonne pas vraiment. Les comptines rimées amusent les enfants de maternelle, ce n’est donc pas forcément très fin. Mais telle forme composée de tels types de vers et strophes, oui, ça m’intéresse.
Il y a aussi des formes nouvelles, les vers arithmonymes (vers comptant un nombre identique de lettres/signes typographiques) de Lucien Suel par exemple (j’ai eu la chance de l’interviewer, c’est sur YouTube), et repris par d’autres, qui sont comme un écho moderne à la rigueur mathématique des formes anciennes. Il y a une beauté et une noblesse dans ces formes, et une grande vertu créatrice à la contrainte qu’elles représentent, chacun sait cela.
Tu évoques ta vie, une certaine forme d’intimité. Peut-on parler de poésie autobiographique ?
Julien Boutreux : Je ne crois pas, ou seulement partiellement, car ce que je dis est à la fois trop vague et trop universel. Je parle de ressentis, pas d’événements, ou alors très transformés, condensés, ou au contraire dilués, noyés dans autre chose, images, glissement de sens et de signifiants, généralisations. Les événements, d’une façon générale, m’intéressent assez peu pour ce type de travail.
Je préfère en quelque sorte chercher à en extraire l’essence, le noyau, le principe, la leçon, et en rendre compte à ma façon, qui essaie d’être poétique. Mais bien sûr tout cela part de l’intime, comme c’est le cas, je crois, de toute poésie lyrique (le fait d’utiliser un « je » ou un « je » élargi – c’est-à-dire un « nous » –, le fameux « sujet lyrique », renforce cette impression). Sans cela on serait dans autre chose : une histoire, un récit, un jeu formel gratuit (c’est-à-dire sans nécessité), un programme politique, un mode d’emploi ou une notice d’appareil électroménager.
Une forme de drôlerie, de décalage, affleurait dans J’entends des voix. Ici, un certain pessimisme, et une certaine mélancolie, affleure entre les lignes. Pourquoi ? Penses-tu qu’écrire permette de dépasser une forme de tristesse ?
Julien Boutreux : Sans doute. Il y a la catharsis, la sublimation. Bien sûr que l’écriture, la création en général permettent ça. L’art-thérapie existe, la scénothérapie, les ateliers d’écriture thérapeutique. Et tant mieux, mais ils ne sont pas l’essence de l’art ou de la littérature, à qui on ne peut assigner aucune fonction déterminée ou déterminante. Autrement dit, l’effet bénéfique éventuel n’est pas un but en soi. Car si ça l’est, on risque de ne plus être vraiment dans la littérature ou la poésie.
Par exemple, les romans feel good sont-ils vraiment de la littérature ? Je ne le crois pas. L’écriture est l’inverse d’une pilule, d’une recette ou d’un protocole à appliquer. Ça, c’est bon pour les robots, les machines, l’IA. L’écriture, elle donne le vertige. La mélancolie est un fait, quelque chose que maints humains connaissent (tous ?).
Il faut bien rendre compte de la dimension désespérée liée au simple fait d’exister dans la finitude et, peut-être, le non-sens (pour qui n’a pas la foi pour le sauver ou le leurrer), en des temps particulièrement miteux pour l’esprit qui plus est. Le propos de mon opuscule, s’il y en a un, c’est peut-être juste de dire qu’on n’est pas forcément dupes.
On sent aussi une forme de scepticisme face à l’époque, notamment lorsque tu évoques la vanité des écrans, des selfies (dans le poème « chute de l’ange »). La poésie permet-t-elle également de dénoncer, et, là encore, de dépasser une situation négative ?
Julien Boutreux : « Scepticisme », le mot est faible. Tu veux peut-être plutôt parler du poème « la croissance exponentielle du solipsisme » ? Quoique « chute de l’ange » puisse aussi, en effet, être lu comme évoquant ce contexte-là. Toutes les époques, ou presque, ont eu leur lot de difficultés et d’horreurs, leurs raisons de désespérer, mais aujourd’hui il y a quand même des nouveautés.
Cela étant, la poésie n’a pas à servir à quoi que ce soit, à être instrumentalisée, même si évidemment, à titre individuel, elle peut beaucoup, sauver des vies par exemple, comme le Samu, l’amour ou les antibiotiques. Rien ne peut parler plus justement et puissamment qu’une œuvre littéraire, écrite ou orale, qui traverse ou traversera les époques. J’en suis persuadé.
De telles œuvres sont la vie des mythes, c’est-à-dire l’actualisation sans cesse revisitée des grands motifs éternels de l’esprit humain pris dans sa condition tragique – dont on peut aussi rire bien entendu. Si la poésie (la littérature, l’art) est là pour servir une cause, que c’est le dessein de l’auteur, si elle se résume à ça, alors elle est instrumentalisée et n’a en fait plus grand-chose à dire – un discours ou un tract peuvent le dire tout autant.
C’est la limite de la littérature engagée, je crois. Ou alors le seul, l’unique engagement de la poésie, de la littérature, de l’art, c’est de nous rendre/garder vivants contre tout ce qui vise à nous transformer en pantins, en automates, en zombis, en consommateurs, en machines – en monstres, en somme. Donc, si la littérature est de plus en plus laissée de côté, c’est ce que de plus en plus d’humains deviendront. Il n’y aura alors plus qu’à attendre qu’une autre espèce de grands singes, quelque part dans la galaxie, accède au langage et développe une culture. C’est sans doute déjà effectif, Dieu merci !
Par Auteur invité
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Paru le 01/01/2025
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5 Commentaires
Lucien Suel
18/12/2025 à 13:55
Je dis bravo à Julien Boutreux.
Marie
18/12/2025 à 21:37
Moi aussi. En français.
Etienne Ruhaud
19/12/2025 à 11:54
En français?
Etienne Ruhaud
19/12/2025 à 02:51
Merci, Lucien, pour votre lecture.
Toute mon amitié
Etienne Ruhaud
Catherine Andrieu
02/02/2026 à 10:29
C’est ce point précis qui m’a le plus intéressée dans vos propos — et sans doute aussi celui où je me reconnais le plus nettement.
Je vous lis avec un sentiment très vif de justesse, presque de soulagement : celui qu’on éprouve lorsque l’art est replacé là où il ne peut être récupéré ni instrumentalisé, dans son instabilité fondamentale, son inconfort, son absence de promesse. Je vous rejoins entièrement : si l’écriture peut produire des effets — apaisement, déplacement, parfois même une forme de survie — ceux-ci ne sauraient en constituer ni la finalité ni la mesure.
Dès lors qu’on assigne à la littérature une fonction thérapeutique, qu’on attend d’elle qu’elle soigne, qu’elle répare, qu’elle console selon un protocole plus ou moins explicite, on la dénature. On lui retire précisément ce qui la fonde : sa capacité à faire vaciller, à ouvrir un vertige, à refuser toute garantie. L’écriture n’est pas une pilule, dites-vous, et je ne saurais mieux dire. Elle n’est pas non plus une méthode pour mieux vivre. Elle est ce qui expose — sans filet — à la part mélancolique, parfois désespérée, de l’existence.
Et c’est là, me semble-t-il, qu’elle demeure profondément humaine. Elle ne promet rien. Elle ne rassure pas. Elle ne sauve pas. Elle regarde en face la finitude, le possible non-sens, l’époque « miteuse pour l’esprit », et elle refuse d’enrober cela d’un discours consolant. Elle ne cherche pas à faire du bien, elle cherche à être juste.
Votre réserve à l’égard des récits dits feel good me paraît, de ce point de vue, salutaire. Non par mépris, mais parce que la littérature et la poésie ne relèvent pas de l’injonction au mieux-être. Elles ne disent pas « tout ira bien ». Elles disent plutôt : voici ce qui est, et nous ne sommes pas dupes. Elles n’édulcorent pas le réel, elles l’intensifient — parfois jusqu’à l’inconfort.
S’il existe une éthique de l’écriture, elle se tient peut-être là : ne pas mentir sur la condition humaine, ne pas transformer le texte en produit de consolation, ne pas confondre création et prescription. Écrire, c’est accepter de ne pas savoir où l’on va, ni ce que cela fera aux autres — et encore moins prétendre que cela leur fera du bien.
Sur ce point, je vous donne pleinement raison : l’éventuel effet bénéfique est un surcroît, jamais un programme. Le reste appartient à la littérature elle-même, dans ce qu’elle a d’irréductible, d’inassignable, et parfois de douloureusement vivant.