Parfois moquée pour ses couvertures pastel et ses intrigues codifiées - tout en étant, paradoxalement, une vraie « école » où nombre de traductrices ont fait leurs armes - Harlequin, maison culte de la romance populaire, se retrouve au cœur d’une contestation inédite. Accusée par des traducteurs de basculer massivement vers la traduction automatique, l’entreprise fait face à une fronde qui dénonce un « plan social invisible » et, plus largement, ce qui est perçu comme la première étape d’une remise en cause profonde - et possiblement durable - du métier. HarperCollins France, groupe auquel appartient Harlequin, défend sa décision.
Le 17/12/2025 à 18:15 par Hocine Bouhadjera
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17/12/2025 à 18:15
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En novembre, parmi des traducteurs et traductrices travaillant « régulièrement avec les éditions Harlequin », plusieurs dizaines d’entre eux reçoivent « les uns après les autres » un appel téléphonique leur annonçant « la fin de leur collaboration avec la maison d’édition ». Et la précision tombe, sans détour : leurs contrats en cours seront les derniers...
Au-delà d’une série de fins de mission, les professionnels, soutenus par une bonne partie des syndicats et associations de traducteurs et d’artistes-auteurs, dénoncent un changement structurel. « Collection par collection, Harlequin abandonne la traduction », affirment-ils : un prestataire externe, l’agence de traduction Fluent Planet, sera désormais chargé de « passer les textes dans un logiciel de “traduction automatique” », puis de recruter des relecteurs et relectrices chargées de post-éditer la sortie machine en français. L’objectif, selon les traducteurs : « Gagner en rentabilité en rognant sur le temps de travail. »
Ils y voient un précédent : « C’est, à notre connaissance, la première fois en France qu’une maison d’édition passe à grande échelle à la “traduction automatique” et à la post-édition, de surcroît en externalisant cette activité. » Et posent une question frontale : « Dès lors, mérite-t-elle encore le nom de “maison d’édition” ? »
À l’ATLF, la colère s’est accompagnée d’un patient travail de collecte. L'association explique que l’affaire est d’abord remontée par une traductrice membre de la Ligue des auteurs professionnels, avant qu’un appel à témoignage ne permette de recueillir les retours de personnes qui traduisent ou ont traduit chez Harlequin. Ce matériau permet d’esquisser une chronologie interne. « Tout le monde nous a indiqué avoir reçu en mai 2024 un mail qui informait d’une baisse d’activité à venir », nous détaille-t-on.
Pauline Jaccon, traductrice depuis huit ans pour la collection Azur de Harlequin, qui a également été contactée fin novembre par la directrice de collection, témoigne auprès d'ActuaLitté : « J’avais commencé avec la maison, parce que j’avais besoin d’un revenu régulier pendant ma thèse. » Elle décrit un fonctionnement très réglé : des textes « assez codifiés », les délais mentionnés, discutés avec l’éditrice, et la possibilité, « si on veut en faire plus, de demander d’en faire plus ».
Sur le fond, le message reçu est net : la collection Azur resterait ouverte, mais à une condition que la traduction soit maintenant prise en charge par l’IA. Les traductrices Azur ont ainsi été invitées à rester en collaboration avec la maison, mais seulement en tant que post-éditrices. Très concrètement : « On reçoit le texte traduit par l’IA et on le révise, et on réécrit ce qu’il faut réécrire. » Avec, derrière, des implications immédiates : « Des délais très très courts », « une rémunération beaucoup plus basse » et « la possibilité que ça ne fonctionne pas sur le long terme ».
Deux traductrices, selon l’ATLF, ont alors pris attache avec le prestataire. « Fluent Planet leur propose d’une part de passer en auto-entreprise, donc de sortir du statut d’artiste-auteur », affirme l'association, et leur aurait indiqué « des tarifs de post-édition de 3 centimes le mot ». Une donnée qui cristallise l’inquiétude : « Au mieux un tiers des tarifs normaux », commente-t-il.
Un point central : chez Harlequin, le modèle reposait sur un rythme soutenu, avec des contrats assez courts et des délais entre un mois et trois mois, pour « des volumes assez importants ». Une mécanique éprouvante, mais structurante pour beaucoup : « C’était assez mal payé - de l'ordre de 10 à 14 euros le feuillet, contre 21 communément -, la contrepartie, c’était qu’on avait tout le temps du travail », résume l'association.
Une traductrice ayant accepté de témoigner à titre anonyme confirme : « Il y avait régulièrement du boulot quand on en demandait », ajoutant que, de son côté, « les délais étaient super flexibles », selon ses disponibilités.
L’ATLF rappelle qu’Harlequin a aussi été, longtemps, une « porte d’entrée du métier » : « Beaucoup de personnes qui maintenant sont très installées ont fait leurs armes chez eux. » Avec une particularité sociologique assumée : « Essentiellement des femmes », côté éditrices comme côté traductrices.
Si le cas personnel de Pauline Jaccon est moins exposé - elle est maîtresse de conférences à temps complet et traduit « à côté » -, elle dit clairement ce qui l’a frappée en parlant avec d’autres : certaines traductrices ont « 20-25 ans » de collaboration, l’une « depuis 30 ans », sans différence de statut, et la même alternative : « Soit faire de la post-édition, soit rien du tout ». Une perspective que « beaucoup des traducteurs et traductrices concernées refusent. »
Ces derniers insistent plus généralement sur la brutalité de la rupture : « Des personnes, parfois collaboratrices de longue date de la maison, perdent brutalement une source de revenus régulière. »
La dénonciation touche le statut même des traducteurs littéraires : « Pour cesser de travailler avec nous, artistes-autrices et auteurs, pas besoin de licenciement ni de préavis, même si la collaboration a été régulière pendant cinq, dix, voire vingt ans. » D’où une formule : « Un plan social invisible. »
Ils se retrouvent sans protections associées à un plan social classique : « Les seuls recours ça pourrait être pour rupture abusive et brutale de relations commerciales », voire, dans certains cas, « une requalification au contrat de travail », analyse l'ATLF.
La traductrice anonyme formule : si ce modèle se généralise, il entraînera « une encore plus grande précarisation du métier », avec un « risque de perte du statut de droit d’auteur », et donc « devoir facturer », avec « moins de garanties, moins de protections ». Et cette phrase qui résume l’ambivalence du moment : « Je pense que c’était inéluctable. Ça ne m’a absolument pas étonnée. » Et d'assurer : « Harlequin s'est toujours très bien comportée avec moi. »
Pauline Jaccon, porte une position plus frontale : « Je suis contre l’utilisation de l’IA dans la traduction en général, encore plus dans la traduction éditoriale. » Elle évoque notamment un déclin des compétences : « En faisant que de la post-révision, il est prouvé que les compétences linguistiques déclinent. » Elle cite aussi le « burnout », la « précarisation », et une « homogénéisation des textes, des langues, des sociolectes, des idiolectes », avec, dit-elle, la reproduction de « biais hégémoniques et oppressifs ».
Elle s'inquiète : « Si Harlequin se lance là-dedans et qu’il n’y a pas de réaction, ça ouvre une porte qui pourrait encourager d’autres maisons d’édition à suivre cette logique très productive. »
Les traducteurs et traductrices rappellent la précarité structurelle de leur métier : « Nous n’avons aucun droit au chômage », et certaines personnes « proches de l’âge de la retraite ne pourront même pas compter sur une pension décente », en raison notamment « du non-appel des cotisations de la part de l’AGESSA », largement couvert par ActuaLitté.
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Enfin, derrière l’économie, l’ATLF formule une inquiétude plus explosive : « Il y aurait une question à creuser, c’est de savoir comment entraîner l’algorithme, parce que s’il s’avère que l’algorithme a été entraîné par des textes déjà publiés chez Harlequin, la boucle de l’IA est bouclée en attirant le travail pour nous remplacer. »
Fondée au Canada, Harlequin est devenue l’un des géants mondiaux de la romance populaire, avec une présence dans de nombreux pays, des centaines de titres publiés chaque année et un modèle historiquement fondé sur la standardisation des collections et la très grande diffusion.
En France, Harlequin s’installe dès la fin des années 1970 et connaît un succès massif dans les années 1980 grâce à la grande distribution : les hypermarchés concentrent alors l’essentiel des ventes, jusqu’à représenter environ 70 % des volumes écoulés. Cette logique de masse a façonné durablement la maison.
Depuis plus d’une décennie, la maison opère en France une transformation profonde de son modèle éditorial, sous l’impulsion de HarperCollins, son groupe de rattachement depuis 2014. Confrontée à l’essoufflement progressif de certaines formules historiques de la romance populaire, la marque a cherché à adapter ses pratiques à l’évolution des usages, des attentes des lectrices et des équilibres économiques du secteur.
Un premier tournant majeur intervient avant l'arrivée du groupe, dès 2008, lorsque Harlequin bascule une part importante de son catalogue vers le numérique. La maison d'édition, en France comme outre-Atlantique, entendait poursuivre en 2014 sa « stratégie avant-gardiste ».
Elle devient alors l’un des premiers acteurs français à industrialiser la romance en ebook, anticipant la montée en puissance de la lecture dématérialisée, notamment sur des segments à forte consommation sérielle. Ce choix permet de maintenir une large diffusion de titres à prix public très bas, caractéristique centrale du modèle Harlequin.
Le rachat par la filiale du groupe News Corp inscrit définitivement Harlequin dans une logique de groupe éditorial international. En France, la marque est intégrée à HarperCollins France, aux côtés d’autres labels et projets, dont les Éditions &H lancées l'année dernière, héritières de la collection &H lancée en 2013.
Cette dernière incarne une stratégie de renouvellement de la romance, tant par les sous-genres explorés (romcom, new adult, dark romance, romantasy, dystopie) que par les formats : numérique, audio, événements communautaires et, plus récemment, podcast avec H&llo Romance.
Cette diversification éditoriale et médiatique répond à un double constat : la montée en puissance de nouvelles générations de lectrices, très présentes sur les réseaux sociaux, et la difficulté croissante de certaines collections historiques à maintenir leurs volumes de vente sur le marché français. C’est dans ce contexte que HarperCollins France assume aujourd’hui des arbitrages économiques plus contraints.
Interrogé par ActuaLitté dans le cadre de la polémique récente, le groupe se veut catégorique :
« AUCUNE collection Harlequin n’a été traduite uniquement par traduction automatique générée par intelligence artificielle. » HarperCollins reconnaît toutefois une réalité de marché : « Les ventes de nos collections Harlequin déclinent sur le marché français depuis ces dernières années. Nous souhaitons continuer à proposer au lectorat autant de publications possibles au prix public actuel qui est très bas, 4,99 € par exemple pour Azur. »
Dans cette optique, des tests sont donc en cours avec Fluent Planet. Selon l’éditeur, celle-ci fait appel à « des traducteurs expérimentés qui s’appuient sur des outils d’intelligence artificielle pour une partie de leur travail ».
Concernant sa collaboration avec Harlequin, Fluent Planet nous indique avoir été sélectionnée par l’éditeur à l’issue d’échanges au cours desquels deux exigences auraient été posées « de manière très claire » : que « la qualité littéraire ne soit en aucun cas altérée » et que « le rôle du traducteur reste central, avec une responsabilité humaine pleine et entière sur le texte final ». L’agence précise que, dans ce cadre, « l’intelligence artificielle est utilisée comme un outil d’assistance, jamais comme un substitut au travail du traducteur », ajoutant que ce dernier « conserve toujours le dernier mot » sur la version publiée.
Issue de la fusion, en septembre 2024, de deux agences du secteur - Abaque SAS et Hancock-Hutton - Fluent Planet se présente comme une entreprise française spécialisée dans les services linguistiques, s’appuyant sur une équipe d’une trentaine de collaborateurs et un réseau de plus de 3000 professionnels indépendants (traducteurs, interprètes, correcteurs et spécialistes linguistiques).
Le groupe indique accompagner aujourd’hui plus de 2000 clients et intervenir aussi bien pour des institutions publiques françaises et internationales - parmi lesquelles la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, le Sénat, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État, des ministères, l’OCDE, Interpol ou encore le Conseil de l’Union européenne - que pour des acteurs privés et des médias. Ses prestations couvrent un large spectre, allant de la traduction et de la localisation à l’interprétation, la transcription, le sous-titrage et la voix-off.
Si la démarche présentée comme un ajustement technique et économique, dans un environnement où la pression sur les coûts s’intensifie, sans renoncer officiellement à l’intervention humaine, rappelons qu'en 2024, la maison mère américaine HarperCollins a conclu un accord de trois ans avec une « grande entreprise technologique » - dont le nom n’a pas été dévoilé - autorisant l’utilisation de ses livres pour l’entraînement d’intelligences artificielles génératives.
Le groupe a défendu une démarche présentée comme encadrée et volontaire, assurant que les auteurs restent libres de refuser. L’éditeur revendique plus généralement un rôle d’innovateur et inscrit cette initiative dans une série d’expérimentations autour de l’IA, après un partenariat avec la start-up spécialiste des voix synthétiques ultra-réalistes, ElevenLabs, pour des livres audio.
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Le débat s’inscrit dans un contexte plus large, où certains acteurs - comme Penguin Random House - choisissent au contraire d’interdire explicitement l’usage de leurs catalogues pour l’entraînement des IA.
Crédits photo : Pexels
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
10 Commentaires
Une autrice
18/12/2025 à 08:54
Donc, on propose aux traducteurs d'effectuer un travail ingrat et fastidieux, parfois même plus chronophage pour eux que de traduire directement, pour 1/3 du prix, sans le statut d'artiste-auteur qui leur permettait de toucher des droits proportionnels quand un ouvrage se vendait suffisamment. On se moque du monde.
Quand à l'affirmation selon laquelle Fluent Planet dispose d'un réseau de traducteurs expérimentés prêts à assumer cette mission suicide, elle me semble douteuse, si on peut en juger par les annonces de recrutement que l'agence a lancé ces derniers jours. La vérité, c'est qu'elle peine sans doute à trouver des gens qualifiés assez désespérés pour accepter.
Une autrice
18/12/2025 à 10:34
Si « le rôle du traducteur reste central, avec une responsabilité humaine pleine et entière sur le texte final », si « l’intelligence artificielle est utilisée comme un outil d’assistance, jamais comme un substitut au travail du traducteur » et si ce dernier « conserve toujours le dernier mot » sur la version publiée, pourquoi alors lui retirer le statut d'auteur et lui imposer le statut d'auto-entrepreneur, qui est celui des simples exécutants ? Ne soyez pas dupe.
Roy Denis - Editions Handinova
18/12/2025 à 10:57
Merci de ce reportage. L'évolution des métiers de la traduction vers ceux de la relecture-correction-adaptation au contexte local et donc de la post-production est un mouvement de fond. Certes une conséquence de l'IA générative (à ne pas confondre avec l'IA, dont les contours sont flous). l'IA générative est celle capable de générer, de produire, nouvelle et différente de l'IA qui existe depuis 25 ans.
Nous observons aussi cette évolution auprès de nos confrères éditeurs internationaux avec lesquels nous échangeons pour des achats-ventes de droits internationaux pour notre maison dédiée au handicap https://handinova.fr .
Ma conviction est que les traducteurs resteront des maillons essentiels de la chaine pour l'adaptation locale et la compréhension des cultures, mais leurs missions vont changer.
Caroline Subra-Itsutsuji
19/12/2025 à 10:11
“mais leurs missions vont changer.”
S’ils le veulent. Leurs missions vont changer s’ils le veulent et le demandent. Le choix de recourir à tel outil ou à telle technologie leur incombe.
Luc sainfort
19/12/2025 à 16:45
Ils peuvent choisir de ne pas s'adapter et donc risquer de devoir changer de métier, ou accepter d'avoir moins de travail. C'est leur choix.
Prado
18/12/2025 à 15:17
C'est très compliqué. Les raisons avancées pour refuser labtraduction automatique sont essentiellement des raisons socio-économiques. Rien ne prouve pour l'instant que la traduction automatique porte préjudice de son seul fait à la qualité littéraire du texte final.
Ayant eu à comparer plusieurs traductions humaines d'un même texte avec sa traduction automatique, j'ai constaté que celle-ci respectait parfois au plus près le texte original que les traductions humaines, surtout dans les tournures de phrases les plus intimes de l'auteur, même en exigeant une intervention humaine massive pour la bonne qualité du texte.
Le problème serait la réduction de la rémunération du travail humain, plutôt que, au contraire, son augmentation importante. Si l'éditeur réalise des profits plus importants, il devrait pouvoir les partager, entre autre, y compris avec les traducteurs.
Victor
19/12/2025 à 10:07
Ah, voici un expert qui a comparé plusieurs versions d'un même texte traduit par DES humains et l'IA... Je suis curieux de savoir qui a payé pour cette expérience hors du commun dont personne n'a entendu parler alors qu'elle prouve la supériorité indéniable de l'algorithme. Cette discrétion est très étonnante : si c'était aussi fabuleux, ce serait généralisé depuis longtemps.
La traduction par IA respecte tellement "au plus près" le texte original qu'elle traduit bêtement les expressions de manière littérale, pour ne donner qu'un exemple. Quant aux "tournures de phrases les plus intimes", quésaco exactement ? Un élément de langage pondu par IA ?
En effet, la traduction humaine est forcément interprétative, c'est pour cette raison qu'il y en a de géniales. Avec l'IA, la qualité est constante, c'est mauvais. Et si ça s'améliore, ce sera au mieux moyen (comme expliqué dans l'article). Mais c'est moins cher.
C'est l'esprit Temu : éthiquement mauvais, humainement dégueulasse, de mauvaise qualité, mais pas cher, donc rentable pour les actionnaires.
Notre expert du jour fait semblant de croire que les profits seront partagés... alors que l'article explique que les traducteurs qui reliraient chez Fluent Planet sont payés "un tiers des tarifs normaux".
Ca fait un moment que plus personne ne croit à la légende du ruissellement.
Rose
19/12/2025 à 11:59
Autant on est navré pour les traducteurs humains, au féminin aussi, autant on ne lit pas du tout Harlequin, c'est un truc que l'on fuit avec des frissons toute sa vie tellement c'est mauvais. Sinon, l'IA avec ses abrutis cupides derrière, on boycotte, aucune utilité, dangereux pour le cerveau et la planète, on aime le vivant.
Carl Banks
20/12/2025 à 18:13
L'ATLF, un syndicat ? Première nouvelle !
Avril
17/01/2026 à 17:44
J'approuve totalement Victor, j'ai essayé de lire un roman Prisma récent, c'est du 'jamais-lu'.
La traduction est clairement générée par l'IA, c'est une "chose", qui ne rappelle aucune langue. Certaines tournures sont d'une telle bizarrerie qu'on les relit 3 fois en maltraitant son cerveau qui perd ses repères, en terra incognita.
Parfois c'est tellement peu traduit qu'on retrouve, à mesure, l'anglais original. D'autres fois, si on n'arrive pas à retraduire dans l'autre sens, le résultat ne veut rien dire du tout.
Les adjectifs sont mal accordés: l'outil ne sait pas si les personnages sont masculins ou féminins, or le lecteur, lui, le sait! même la narratrice accorde ses adjectifs au masculin ou au féminin, au petit bonheur.
L'outil ne sait pas non plus quand on emploie être ou avoir en français, par exemple il traduit "avoir rebondi" par "être rebondi" (!!!), à ce compte les phrases incompréhensibles sont loin d'être une exception. Je n'en finirais plus. D'ailleurs je ne pourrai pas finir, car je ne peux pas lire ce produit qui n'est pas un livre.
Je trouve qu'il y a 3 problèmes, de mon côté qui est celui de la lecture:
1. c'est du vol de vendre cet objet inutile comme un livre, ça n'en est pas un,
2. c'est marquer son grand mépris pour les lecteurs (pas seulement pour les traducteurs!),
3. c'est envoyer un message nauséabond aux jeunes générations: on ne peut jamais tomber trop bas ni trop se moquer des gens.