Le jury du Prix Jacques Delors du Livre européen s’est réuni le 25 novembre 2025 au restaurant Ginger, à Paris, sous la présidence de l’écrivain ukrainien Andrei Kourkov. À l’issue de discussions nourries, le jury a décerné le 19ᵉ Prix Jacques Delors du Livre européen à l’écrivain espagnol Javier Cercas pour son ouvrage Le fou de Dieu au bout du monde publié aux Éditions Actes Sud. Le livre est traduit de l’espagnol par Aleksandar Grujicic et Karine Louesdon.
Le 25/11/2025 à 17:40 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
25/11/2025 à 17:40
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« Je suis athée, anticlérical, laïc militant, rationaliste obstiné, impie rigoureux. Et pourtant, me voilà dans un avion pour la Mongolie avec le vieux vicaire du Christ, décidé à l’interroger sur la résurrection de la chair et la vie éternelle. Je veux savoir si ma mère reverra mon père après sa mort, et transmettre la réponse du pape François. C’est ainsi qu’un fou sans Dieu poursuit le fou de Dieu jusqu’au bout du monde. »
Le Vatican a accordé à un écrivain une totale liberté de parole, assure Actes Sud. Ce voyage dans les périphéries, géographiques autant qu’intimes, devient un roman sans fiction où se déploie un questionnement vertigineux sur l’un des grands mystères de l’humanité.
Né en 1962 à Cáceres, Javier Cercas enseigne la littérature à l’université de Gérone. Traduit dans une trentaine de langues, il est l’auteur d’une œuvre publiée chez Actes Sud, des Soldats de Salamine à Terra Alta, en passant par Anatomie d’un instant, Les Lois de la frontière ou Le Monarque des ombres. Depuis juillet 2024, il occupe le siège vacant de Javier Marías à l’Académie royale espagnole. Le Fou de Dieu au bout du monde est paru en septembre dernier.
Composé de 17 journalistes européens, le jury rassemblait : Alain Beuve-Méry (Le Monde, France), Alex Vicente (El Pais, Espagne), Alexia Kefalas (Ta Nea, Grèce), Ana Navarro Pedro (Visao, Portugal), Anaïs Ginori (La Repubblica, Italie), Béatrice Delvaux (Le Soir, Belgique), Charles Jaigu (Le Figaro, France), Christophe Ono-Dit-Biot (Le Point, France), François Clémenceau (La Tribune Dimanche, BFMTV, France), Gauthier Rybinski (France 24, France), Helena Petaisto (MTV, Finlande), Jakob Hanke (Handelsblatt, Allemagne), Joan Condijts (Forbes Belgique et Luxembourg, Belgique), Michaela Wiegel (Frankfurter Allgemeine Zeitung, Allemagne), Pierre Haski (Nouvel Obs, France Inter, France), Stefan de Vries (Euronews, Pays-Bas) et Ylva Nilsson (Expressen, TV4, Suède).
Deux autres titres figuraient dans la sélection finale :
La guerre d’après – La Russie face à l’occident du politologue allemand Carlo Masala (Éditions Grasset) ;
Etty Hillesum. L’histoire de sa vie de la Néerlandaise Judith Koelemeijer (Éditions du Seuil).
La remise officielle du Prix aura lieu au Parlement européen à Bruxelles, le 10 décembre 2025 à 18h, en présence de Sabine Verheyen, Vice-Présidente du Parlement européen, de Roberta Metsola, Présidente du Parlement européen, de Pascal Lamy, Président du Comité de Parrrainage du Prix, ainsi que d’Andrei Kourkov, Président du jury.
Le lauréat recevra une dotation de 10 000 euros.
Javier Cercas succède à L’avenir se joue à Kyiv – Leçons ukrainiennes de Karl Schlögel, publié aux Éditions Gallimard.
Crédits photo : Actes Sud
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 03/09/2025
480 pages
Actes Sud Editions
24,50 €
2 Commentaires
Félix
26/11/2025 à 17:02
Je suis vraiment intrigué de savoir pourquoi un pléthore de journalistes cosmopolites ont choisi ce "roman sans fiction".
Le seul point commun - selon moi - entre tous ces journalistes européens - c'est qu'ils auront été fascinés et dépassés par le but même de ce voyage hors du commun, entre comme l'auteur l'admet lui-même, "un fou sans Dieu" et "le fou de Dieu", deux êtres aux antipodes de croyances, du moins au début du périple.
Par ailleurs, ce qui intrigue également ici, c'est pourquoi les autorités ecclésiastiques du Vatican ont décidé de donner carte blanche à l'écrivain espagnol en particulier, et ce sans aucun interdit.
Coup médiatique ou preuve d'ouverture intellectuelle?
Je pense que la formation littéraire de Javier Cercas a certainement joué en sa faveur, plus la teneur de ses écrits précédents.
N'oublions pas aussi qu'il traite ici l'une des dogmes théologiques les plus sensibles de l'Église catholique, car Jésus a bien affirmé "Je suis le Chemin, la Résurrection et la Vie".
Françoise Nieto
27/11/2025 à 21:44
Excellent choix et félicitations à Javier Cercas. L'athée absolue que je suis a beaucoup aimé cet ouvrage.