Pour la deuxième fois consécutive, les bénévoles de L214 se mobilisent devant un événement littéraire organisé par E.Leclerc. Après la remise du Prix Landerneau des lecteurs, en octobre, l’association de défense des animaux se rend de nouveau devant un prix du groupe : le Prix Landerneau BD, remis ce mardi 25 novembre à 19h, au Carmen, dans le 9e arrondissement de Paris.
Le 25/11/2025 à 12:19 par Hocine Bouhadjera
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25/11/2025 à 12:19
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Les bénévoles et militants de L214 entendent profiter de la présence de personnalités du monde de la bande dessinée « pour rappeler les pratiques qu’ils dénoncent depuis plusieurs années dans les élevages fournisseurs de E.Leclerc ».
Marine Le Tallec, chargée de campagnes pour L214, résume l’enjeu : « En organisant ce prix littéraire, E.Leclerc cherche à nous raconter une belle histoire. Mais derrière cette couverture, la chaîne de supermarchés cautionne aujourd’hui des pratiques d’élevage des cochons extrêmement cruelles, et parfois illégales, comme les mutilations systématiques des porcelets ! »
Comme lors de la précédente mobilisation, les activistes veulent confronter l’image culturelle et festive d’E.Leclerc à ce qu’ils présentent comme la réalité de son approvisionnement. Ils déploieront à nouveau une banderole proclamant « E.Leclerc vous raconte des histoires » et porteront des panneaux dénonçant les conditions d’élevage des cochons. La présence de Michel-Édouard Leclerc, de Catel, présidente du jury, et des dix finalistes du prix confère, selon eux, un écho particulier à cette action.
Les bénévoles distribueront également des tracts pour informer les invités et les passants du contenu de leurs enquêtes dans dix élevages fournissant E.Leclerc. Ils mettent en avant plusieurs pratiques qualifiées de « cruelles » ou « illégales » : mutilations systématiques des porcelets, telles que coupe des queues ou meulage des dents, enfermement des truies en cage, maintien des cochons sur sols en caillebotis, les exposant en permanence aux émanations de lisier, absence de matériaux manipulables, pourtant indispensables au fouissement et à l’exploration.
L’association réclame que l’enseigne adopte le Pig Minimum Standards, un référentiel européen définissant un socle minimal de bien-être pour les porcs d’élevage. Ce protocole interdit notamment les mutilations systématiques, comme la coupe des queues ou le meulage des dents, ainsi que le confinement des truies en cage. Il impose aussi la présence de matériaux manipulables, essentiels au comportement exploratoire des cochons, et des surfaces minimales adaptées à chaque catégorie d’animaux.
L214 souligne que ces critères dépassent souvent la simple conformité à la directive européenne 2008/120/CE, jugée insuffisante au regard des pratiques constatées dans plusieurs élevages. Le PMS comprend neuf exigences, incluant l’abandon du sevrage précoce, de certaines méthodes d’abattage et la mise en place d’un audit indépendant.
L’engagement du Pig Minimum Standards a déjà été adopté par d’autres entreprises du secteur, comme Waffle Factory, Maison Kayser, Big Fernand, Best Western, Pain Quotidien, Pizza Cosy ou encore Boulangerie Marie Blachère.
Cette mobilisation s’inscrit dans le prolongement de l’action citoyenne Tournons le dos, récemment lancée pour inciter les clients à retourner symboliquement les barquettes de viande de cochons en rayon et déclarer leur geste via une application mobile. L’objectif : exercer une pression de terrain sur E.Leclerc. Une pétition sera également proposée aux personnes présentes pour demander à l’enseigne d’abandonner les pratiques d’élevage pointées par les enquêtes. Elle a déjà été signée par 106.277 personnes.
L’association peut par ailleurs compter sur des artistes du monde... de la bande dessinée. L’autrice jeunesse Layla Benabid a ainsi réalisé une bande dessinée spécialement mise à disposition pour l’occasion, distribuée aux invités et aux finalistes. L’œuvre met en lumière les pratiques d’élevage qu’elle souhaite dénoncer, notamment celles présentes dans les structures fournissant E.Leclerc.
Elle explique : « Le monde de la BD doit être un espace propice pour inspirer des valeurs de respect et de considération, y compris envers les autres animaux, si souvent représentés dans nos planches. Il ne doit pas servir de caution à la cruauté. À travers mes dessins, j’ai voulu rendre visible ce qui reste d’ordinaire hors champ : la vie des cochons dans les élevages standards. Soutenir L214 aujourd’hui pour porter ce message est une évidence pour moi. »
L214 cible E.Leclerc en raison de son poids dans la distribution : avec près d’un quart des parts de marché, l’enseigne a, selon l’association, le pouvoir d’infléchir les pratiques d’élevage à grande échelle. Les mesures ponctuelles prises après certaines révélations ne suffisent pas : L214 estime que le changement doit venir de la politique d’approvisionnement du groupe.
Si l’association se concentre aujourd’hui sur la filière porcine, c’est parce que des avancées concrètes sont possibles pour les cochons, dont les conditions d’élevage concernent des millions d’animaux, tout en rappelant que la souffrance animale touche toutes les espèces.
Contactés par ActuaLitté fin octobre, au sujet des éléments soulevés par L214, E.Leclerc n’a pas souhaité apporter de commentaire.
Après la mobilisation devant la cérémonie du Prix Landerneau BD, Marine Le Tallec dresse un bilan positif de l’opération, auprès d’ActuaLitté. « On a pu échanger avec des personnes à l’événement, la présidente du jury (Catel), certains éditeurs, éditrices et des journalistes littéraires présents. Ils ont pris le tract et la BD de Layla Benabid, et promis de relayer notre demande. »
Elle regrette toutefois, comme lors de la première mobilisation organisée au moment du Prix Landerneau des lecteurs 2025, de n’avoir « toujours pas croisé » le PDG du groupe, Michel-Édouard Leclerc. Elle porte désormais l’espoir que cette nouvelle action « donnera de la visibilité à nos demandes. On attend un engagement ferme. » Quant à la suite, Marine Le Tallec se montre claire : « On souhaite ne plus avoir à aller à d’autres remises de Prix Landerneau… »
Ci-dessous, quelques images de la mobilisation d'hier :




Crédits photo : L214
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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