Le quatrième Prix Constantinople, décerné ce mercredi 19 novembre, a salué l'œuvre de l'écrivain italien Roberto Saviano, dont le dernier roman, Giovanni Falcone, est paru en février 2025 dans une traduction de Laura Brignon, aux Éditions Gallimard.
Le 21/11/2025 à 11:19 par Dépêche
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Publié le :
21/11/2025 à 11:19
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Décerné par un jury de neuf membres, le Prix Constantinople couronne chaque année une ou deux personnalités, auteurs d’une œuvre littéraire importante – romans, récits ou essais, écrits en langue française ou traduits – voire d’un seul livre marquant, qui, par ses personnages, ses intrigues et son inspiration (s’agissant d’un roman ou d’un récit), ou par son analyse approfondie des forces en jeu et sa rigueur (dans le cas d’un essai), œuvre à l’apaisement dans un contexte conflictuel.
Il est doté de 10.000 €.
Écrivain et journaliste italien, Roberto Saviano est né à Naples en 1979. Après des études de philosophie, il s’intéresse à la question du crime organisé et réalise de nombreux reportages sur le sujet pour l’hebdomadaire L’Espresso.
Paru en Italie en 2006, son premier livre, Gomorra, consacré à la camorra, l’organisation mafieuse napolitaine, s’est vendu à des millions d’exemplaires dans le monde; il a été traduit dans plus de quarante pays. Il a fait l’objet d’un film réalisé par Matteo Garrone en 2008 (Grand Prix du Festival de Cannes) et d’une série télévisée italienne diffusée pour la première fois en France en 2015.
Depuis la publication de Gomorra, Roberto Saviano a été contraint de s’exiler, menacé de mort par la camorra, et vit sous protection policière. Il est l’auteur d’un autre essai Extra pure (2014) de nouvelles et des romans Piranhas (2016), Baiser féroce (2019) et Le contraire de la mort (2009).
À LIRE - Giovanni Falcone, vie et mort d'un juge face à la mafia, par Roberto Saviano
Son dernier roman, Giovanni Falcone, s'intéresse au juge Falcone, engagé dans la lutte contre la mafia et le trafic de drogue, assassiné le 23 mai 1992 près de Palerme.
Le 23 mai 1992, aux abords de Palerme, plusieurs centaines de kilos d'explosifs faisaient sauter la voiture du célèbre juge Falcone, l'ennemi numéro1 de la mafia sicilienne. Le nouveau roman-enquête de Roberto Saviano reconstitue les étapes qui ont mené à cet assassinat. Tout commence vingt ans plus tôt, lorsqu'un magistrat inconnu rouvre le dossier antimafia. Sous la surveillance d'une escorte grandissante, Giovanni Falcone accumule une infinité de preuves, pleure la mort de collègues tombés avant lui et connaît quelques brèches de bonheur en tant que mari, frère et ami.
- Le résumé de l'éditeur pour Giovanni Falcone
Le jury de la récompense réunit Metin Arditi (Président), Anne Berest, Dominique Bona de l'Académie française, Anne Fulda, Rachel Khan, Haïm Korsia, Jean-Luc Marion de l'Académie française, Jean-René Van der Plaetsen et Jean-François Colosimo.
L'année dernière, le Prix Constantinople avait salué Salman Rushdie, pour son livre Le Couteau (Ed. Gallimard, traduction Gérard Meudal).
Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones
Photographie : Metin Arditi et Roberto Saviano (Prix Constantinople)
Par Dépêche
Contact : depeche@actualitte.com
Paru le 06/02/2025
608 pages
Editions Gallimard
25,00 €
2 Commentaires
Félix
21/11/2025 à 23:07
C'est très courageux, quand on sait que la loi du silence exige justement qu'on n'en parle pas. Comme dans le cas de Salman Rushdie, mais dans un tout autre contexte.
Le plus pertinent dans tout ça, c'est que ça permet de parler du cinéma italien des années de plomb, celui des années 1970.
En effet, à l'époque - plus précisément en 1972 - le Grand Prix du Palme d'Or du Festival de Cannes avait été attribué en ex-aequo à deux très grands réalisateurs italiens pour leurs films d'engagement politique, notamment Elio Petri, proche du Parti Communiste et Francesco Rossi contre le parti alors au pouvoir.
Pour ce dernier, ce fut en 1972 "L'affaire Mattei" sur l'assassinat d'un industriel énergétique italien en 1962, dont le jet privé fut abattu, apparemment soit par la Maffia ou les services secrets français, à cause de ses supposés liens avec le FLN pour des concessions pétrolières.
Le film de Petri lui, en 1971, était intitulé "La classe ouvrière va au paradis" et était notamment un sujet brûlant, puisque le parti communiste italien était l'unique parti marxiste-léninisre au pouvoir, en Europe occidental.
Finalement, je profite de l'occasion pour recommander un livre exceptionnel sur le cinéma italien, celui de Jean Gili, qui fut professeur de médias à l'Université de Nice.
J'espère que ce petit trésor a depuis été mis à jour, comme il se doit.
Nathalie Delmas
23/11/2025 à 08:55
Bravo pour ce prix que je découvre et qui met a l honneur ce qui caractérise une humanité digne de ce nom, je veux bien entendu parler du courage.
Nous savons à quel point il est difficile aujourd'hui d'être un lanceur d'alerte, ou un journaliste d'investigation
, Roberto Saviano s'inscrit dans cette démarche avec beaucoup de panache.Ce coup de projecteur et cette récompense sont amplement méritées ! Merci