La bourse Transverse 2025, portée par l’ADAGP et l’association Freelens, a été décernée lors du Salon Polycopies 2025. Pour cette cinquième édition, les artistes récompensés sont le photographe Guillaume Herbaut et l’auteur de bande dessinée Charles Nogier, distingués pour leur projet Kanun, le sang versé s’effacera par le sang repris, qui sera publié par les éditions Textuel.
Le 19/11/2025 à 18:19 par Hocine Bouhadjera
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19/11/2025 à 18:19
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Créée en 2020, la bourse Transverse vise à encourager le dialogue créatif entre un photographe et un artiste issu d’une autre discipline des arts visuels. Elle soutient la conception d’une œuvre hybride, dont la restitution finale prend la forme d’un livre réalisé avec un éditeur partenaire.
Le duo lauréat reçoit 7000 €, complétés par 5000 € attribués à l’éditeur pour accompagner la publication. Les artistes bénéficient également d’un accompagnement artistique et professionnel assuré par Freelens.
Pour cette édition 2025, le jury était composé de :
Florence Chevallier, photographe
Sara Giuliattini, co-directrice du Salon Polycopies
Sophie Knittel, présidente de Freelens
Melik Ohanian, plasticien
Hélène Salat, responsable de la librairie du Jeu de Paume
Réuni à l’automne, le panel a choisi de distinguer le projet ambitieux porté par Guillaume Herbaut et Charles Nogier.
Le projet Kanun, le sang versé s’effacera par le sang repris s’intéresse à la résurgence de la vendetta en Albanie depuis la chute du communisme en 1991. Dans le nord du pays, certaines familles sont toujours soumises au Kanun, un ancien corpus de lois codifiant notamment la vengeance par le sang. Pour éviter les représailles, les familles d’assassins vivent parfois recluses durant des années, dans une clandestinité imposée.
Guillaume Herbaut, qui travaille sur ce sujet depuis plus de vingt ans, avait longtemps souhaité raconter ces histoires qui l’ont profondément marqué. Sa rencontre avec le dessinateur Charles Nogier a donné naissance à une forme inédite : un roman graphique documentaire, où photographies, dessins et texte dialoguent pour restituer ces destins pris dans un engrenage violent.
Le récit s’articulera autour de deux figures emblématiques :
Eriola, une fillette tenue, selon la logique du Kanun, d’accomplir une vengeance pour laver la mort de son père ;
un parrain local, engagé dans une mission de médiation pour tenter d’apaiser les conflits entre familles.
En mêlant réel et représentation, image documentaire et interprétation graphique, les deux artistes proposent une exploration sensible et immersive de cette réalité méconnue. Leur projet ambitionne de révéler la manière dont des vies entières peuvent être façonnées par un code ancestral, où les frontières entre justice, tradition et violence deviennent floues.
La publication à venir chez Textuel marquera une étape importante pour ce travail au long cours, transformé en une œuvre hybride et engagée.
Crédits photo : À gauche : Guillaume Herbaut © Théo Herbaut / Charles Nogier © Aurélie Combeau
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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