Du 4 au 8 décembre, la Nuvola de Rome accueillera de nouveau Più libri più liberi, la « Fiera Nazionale della Piccola e Media Editoria » (Foire nationale de la petite et moyenne édition), entièrement consacrée à l’édition indépendante italienne. Cinq jours durant, le bâtiment dessiné par Massimiliano Fuksas, devient un grand salon du livre : 569 éditeurs venus de toute l’Italie, 700 rendez-vous au programme, et des autrices et auteurs du monde entier. L’inauguration officielle est prévue le 4 décembre à 10h30.
Le 17/11/2025 à 16:29 par Hocine Bouhadjera
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17/11/2025 à 16:29
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Più libri più liberi revendique une ouverture large aux publics : lecteurs assidus comme occasionnels. Le billet d’entrée est fixé à 10 euros, avec une « Tariffa Family » permettant au deuxième enfant d’entrer gratuitement. Grâce à la Région Latium, revient aussi le Buono Libro, un bon d’achat de 10 euros pour les élèves des écoles de la région et les moins de 30 ans résidant dans le Latium, à utiliser librement sur les stands des éditeurs présents.
La foire donne ainsi voix à la petite et moyenne édition, un segment particulièrement dynamique : en 2024, ces maisons ont publié 51.915 nouveautés, soit 60,4 % de l’offre éditoriale globale, en légère croissance. On compte 5349 maisons actives (micro, petites et moyennes), un chiffre stable. En librairies physiques, en ligne et en grande distribution, leur part de marché 2024 atteint 46,4 %.
Le thème de cette édition, « Ragioni e sentimenti » (Raisons et sentiments), s’inscrit dans le 250ᵉ anniversaire de la naissance de Jane Austen, et fait explicitement référence au roman qui a ouvert la voie à la narration moderne. L’idée : interroger, à travers les livres, leurs auteurs et surtout leurs lecteurs, si nous sommes encore capables de désirer – donc d’espérer – et pas seulement de désespérer.
Une série d’écrivaines, écrivains, traductrices, journalistes et chercheuses se succéderont pour parler de leur passion pour Austen et de ce qu’elle continue à dire au présent :
– Edoardo Prati se concentrera sur les sentiments,
– Letizia Pezzali sur l’économie,
– Angela Frenda sur la cuisine,
– Gaja Cenciarelli sur la notion de maison,
– Ben Pastor sur Austen et les genres littéraires,
– Susanna Basso et Isabella Pasqualetto sur les choix linguistiques des différentes traductions,
– Giovanni Peresson (Ufficio Studi AIE) sur la présence de Jane Austen sur le marché éditorial italien,
– Lorenzo Gasparrini parlera de Darcy,
– Simone Lenzi interviendra sur la géographie dans les romans d’Austen,
– Annalisa De Simone sur la manière dont Jane Austen aide à « devenir des personnes adaptées au monde »,
– Edoardo Pisani sur ce que l’autrice laisse à celles et ceux qui la lisent.
Ces rencontres seront modérées par la romancière Giovanna Zucca, récemment en librairie avec Il segreto di Miss Austen (Le secret de Miss Austen). Un panel intitulé Tra ragione e sentimento: io sono la lingua che parlo (Entre raison et sentiment : je suis la langue que je parle), organisé avec les départements de linguistique de l’Université de Naples L’Orientale et de l’Université de Bologne, proposera une réflexion sur la langue comme outil de pensée et comme marqueur d’identité.
La Società italiana delle storiche (Société italienne des historiennes) reviendra également en foire avec un rendez-vous intitulé Strategie del desiderio. Ragione e sentimento nelle carte della Serenissima (Stratégies du désir. Raison et sentiment dans les archives de la Sérénissime), avec Tiziana Plebani et Andrea Di Robilant, introduits par Lisa Roscioni.
Au cœur de la Nuvola, l’Auditorium accueillera plusieurs grandes figures de la culture, des médias et du spectacle. Jovanotti ouvrira la série des rencontres, suivi par Zerocalcare, qui viendra présenter son nouveau travail en dialogue avec Marianna Aprile. Alessandro Barbero proposera une réflexion autour des nombreuses versions de la vie de saint François d’Assise, tandis que Marco Travaglio abordera les tensions contemporaines entre guerre, paix et transformations globales.
Stefano Mancuso prendra ensuite la parole, avant une discussion entre Diego Bianchi et Elena Stancanelli sur la manière de raconter le réel, animée par Simona Sala. Enfin, Anna Foa et Francesca Mannocchi échangeront autour de la question des responsabilités dans la guerre en Palestine.
Un rendez-vous intitulé « Libertà di parola / Libertà di stampa » présentera la naissance de Pen Roma, destiné à rejoindre le Pen International et à défendre les écrivains et écrivaines persécutés. Seront présents Burhan Sönmez, président du Pen International, Sandro Veronesi, président du Pen Roma, ainsi que Helena Janeczek, Loredana Lipperini et Roberto Saviano, membres du comité fondateur.
L’Auditorium accueillera également un spectacle de théâtre civil signé Valentina Petrini, accompagné des musiques de Pasquale Filastò, autour de la bande de Gaza comme territoire assiégé. Des rencontres internationales viendront enrichir le programme, notamment un dialogue réunissant Elizabeth Leake, Serena Dandini, Giulia Cavaliere et Chiara Civello autour des liens entre révolution féministe et culture pop.
Les jeunes publics auront aussi leurs rendez-vous, avec la venue de Jeff Kinney, la présence de Pera Toons, une exploration des géants marins de Méditerranée, menée par Alberto Luca Recchi et Pino Strabioli, un échange avec Piero Dorfles, ainsi que la finale du Premio Strega Ragazze e Ragazzi.
Più libri più liberi 2025 mettra également en avant de nombreuses voix internationales, avec une programmation qui accueillera l’Islandais Jón Kalman Stefánsson, la Française Véronique Ovaldé, John Simenon pour un hommage à son père Georges Simenon, l’Américaine Tessa Hulls, lauréate du Prix Pulitzer 2025, ainsi que l’écrivaine américaine Lily King. Seront aussi présents le Canadien Sébastien Dulude, l’artiste allemande Hito Steyerl, le Norvégien Lars Elling, l’Autrichien Tonio Schachinger, la Catalane Eva Baltasar, la Française Rebecca Lighieri, les Espagnoles Virginia Feito et Edurne Portela aux côtés de José Ovejero, le Bosniaque Tijan Sila, Mika Biermann, Bernard Friot et Annette Schreyer.
Le programme accueillera encore le Serbe Dejan Atanacković, le Polonais Wojciech Górecki, Lukas Bärfuss, Benjamin Lacombe pour une nouvelle édition illustrée de Gatsby le Magnifique, Iakovos Anifandakis, le Brésilien Gabriel Abreu, l’Argentine Salomé Esper, Omri Bohem, l’écrivain kurde Burhan Sönmez, la chercheuse Banu Subramaniam, ainsi que Qiao Ye, en visioconférence depuis la Chine.
La Foire accordera une place importante aux enjeux internationaux et aux conflits contemporains, de l’Ukraine au Moyen-Orient, avec des rencontres et des ouvrages consacrés à Gaza, à la Syrie et aux récits de guerre, faisant de Più libri più liberi un espace de réflexion sur la paix et la mémoire. La section « I sentimenti del passato » rendra hommage à de grandes figures comme Pier Paolo Pasolini, pour les cinquante ans de sa disparition, et Andrea Camilleri, célébré à l’occasion de son centenaire, tandis que le format « Scrittori che parlano di scrittori » reviendra avec une série de portraits littéraires croisés, avant un hommage final à Michela Murgia.
La programmation « Ragioni e sentimenti al femminile » proposera par ailleurs de nombreux débats consacrés aux voix féminines, au féminisme, à la violence de genre et à l’histoire culturelle des femmes, avec notamment Ginevra Bompiani, Luciana Castellina, Lella Palladino, Gloria Origgi, Valeria Palumbo, Dacia Maraini, Laura Mariani, Gabriella Zarri, Irene Facheris, Martina Miccichè, Astronza et Elena Stancanelli.
La Foire déploie aussi :
– des rencontres sur la démocratie, le fascisme, la politique, les médias, l’Afrique, la Chine, l’éducation, avec des auteurs comme Federico Finchelstein, Alessandro Di Battista, Giovanni Floris, Nichi Vendola, Pino Arlacchi, Celeste Costantino, Giovanni Melillo, etc. ;
– une riche programmation de non-fiction (littérature, philosophie, histoire, sciences, football, cinéma), où interviendront entre autres Stefano Bartezzaghi, Loredana Lipperini, Marina Montesano, Giuseppe Culicchia, Dacia Maraini, Costantino D’Orazio, Roberto Battiston ;
– une grande section dédiée au roman italien et à ses écrivains (parmi eux : Marco Malvaldi, Vanni Santoni, Edoardo Camurri, Violetta Bellocchio, Giuseppe Civati, Annalisa De Simone, Carola Susani, etc.) ;
– des rencontres pour les jeunes lecteurs, autour de la responsabilité, du sport, d’Elsa Morante, de la musique, du climat, avec des autrices et auteurs comme Luize Pastore, Sara Marconi, Luisa Mattia, Andrea Musso, Susanna Mattiangeli ;
– un espace graphic novel avec Isabella Tiveron, Maicol&Mirco, Michéle Fischels, Irene Marchesini, Carlotta Dicataldo, Gloria Riggio, Kalina Muhova, Mario Lodi et Daniele Novara.
Des événements « extra », mêlant théâtre, performance, pédagogie, mémoire et humour (avec, entre autres, Stefano Pisani de Lercio.it, Christian Raimo, l’Association Severino Cesari), complèteront ce panorama.
Enfin, Più libri più liberi accueillera plusieurs prix nationaux, dont le Premio Strega Ragazze e Ragazzi, dédié à la littérature jeunesse et ado, organisé par la Fondazione Bellonci, Strega Alberti Benevento, le Centre pour le livre, Bologna Children’s Book Fair, avec BPER Banca et le ministère des Affaires étrangères.
La manifestation est promue et organisée par l’Associazione Italiana Editori, avec le soutien du Centro per il libro e la lettura (ministère de la Culture), de la Région Latium, de Rome Capitale, de la Chambre de commerce de Rome et de l’ICE-Agenzia.
Elle bénéficie du soutien de la SIAE, de Poste Italiane et de BPER Banca, et se tient en collaboration avec les Bibliothèques de Rome, ATAC (transports), EUR Spa, Dior, ainsi qu’avec la Rai, Main Media Partner. La présidence de la Foire est assurée par Annamaria Malato, la direction par Fabio Del Giudice, et le programme est conçu par l’écrivaine et éditrice Chiara Valerio.
Crédits photo : La Nuvola (Sergio D’Afflitto, CC BY-SA 4.0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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