TÉMOIGNAGE – OnlyFans ou le Bois de Boulogne. Ce sont là mes dernières options. Je suis éditrice. Voici mon histoire. Elle est authentique.
Le 07/11/2025 à 15:58 par Victoire
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07/11/2025 à 15:58
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Je crois qu’on appelle ça la chute libre. Pas la métaphorique, non. La vraie. Celle où tu regardes le solde de ton compte avec cette répulsion qu’inspire un cadavre ayant trop longtemps fait trempette. Et tu te dis que, finalement, mourir ensevelie sous les factures d’imprimeur serait une fin assez poétique pour une éditrice. Un côté momie, bandelette, toussa…
– Maman, tu veux pas arrêter les dîners “créativité no limit” et faire un vrai repas, pour une fois ? a lâché ma grande, la fourchette désabusée en main. Grillée par ma propre descendance, entrée dans l’ère du soupçon — et non, je ne publie pas Nathalie Sarraute.
Alors voilà. J’ai maintenant deux options : ouvrir un compte OnlyFans ou installer ma tente au Bois de Boulogne avec un panneau : « Éditrice cherche miracle ou investisseur pour éviter une reconversion professionnelle radicale. » En même temps… le Bois a certains avantages : en indépendante, tu fixes toi-même ton tarif horaire. Un peu le Prix unique du livre, version péripatéticienne.
Dans l’édition, tu donnes tout — ton énergie, tes week-ends, et ce qu’il reste d’optimisme — et on te remercie de ton “dévouement“ en capital symbolique : prestige, dépression et deux cents vues sur LinkedIn.
Parce qu’en France, le livre, c’est sacré. On ne dit pas « industrie », on dit « temple ». Et dans ce temple, les femmes comme moi sont les prêtresses bénévoles d’une religion moribonde. D’ailleurs, on ne dit pas “livre” prosaïquement, mais “liiiiivre”, avec un ascenseur phonique du « i » entre hystérie et vénération : écoutez bien, la prochaine fois. Faites attention… c’est remarquable.
Je m’appelle Victoire, la trentaine avancée, deux enfants, un chat snob, et des rêves éditoriaux depuis des mois en soins palliatifs. J’ai fondé ma maison par « amour de la littérature » — une expression à bannir dans un cadre professionnel, tant elle sert de piège à passionnés. Je voulais changer le monde. J’ai surtout changé de banque — trois fois. J’y ai laissé mes économies, ma santé mentale et ma naïveté d’éditrice idéaliste. Pour devenir millionnaire dans l’édition, il faut commencer milliardaire.
Et spoiler alert : les livres ne sauvent pas le monde.
Aujourd’hui, ma maison dépend d’un grand groupe. Pas le grand groupe : un de ceux qui rachète tout ce qui bouge (ou flirte avec la mort clinico-économique), puis s’étonne que la littérature sente la naphtaline. Ils appellent ça « synergie éditoriale » comme d’autres murmurent « je t’aime » en mode avion. On te lâche un « Vu », avec condescendance. Et comme d’autres, je suis broyée par leurs process — processus, c'est plus français, mais trop de syllabes —, des démissions, portes claquées, des gens dont on dépend et qui ne vous connaissent même pas.
Dans cette chaîne alimentaire, je suis quelque part entre la boule d’excréments que promène le bousier et la farine animale pour future vache folle.
Mais dans le groupe, ils nous désignent comme « éditeur partenaire ». Explications : on te tutoie ou te ghoste d’une semaine à l’autre : tu passes de merveilleuse à négligeable d’un coup de tableur Excel. Et un matin, les virements qu’ils doivent assurer sont rejetés. Les jours s’empilent au gré des impayés, entre hontes à répétitions et relances de prestataires exaspérés.
Je les comprends : certains attendent depuis plus de neuf mois le règlement de leur facture. Les auteurs, eux, n’osent plus demander où en sont leurs à-valoir, ou veulent récupérer leurs droits. Et moi, je jongle avec un mail réclamant les chiffres de ventes, un autre demandant un virement d’urgence, des manuscrits à lire, des relevés bancaires… des enfants en roue libre et un ex-mari chroniquement instable.
Je fais semblant d’y croire, parce que si je lâche, tout s’écroule derrière. Je suis presque seule dans une horde de bureaucrates qui ne savent même pas où ils vont tant le modèle économique va mal.
Souvent, je me demande si je ne suis pas juste née au mauvais moment. J’aurais voulu être éditrice dans les années 80 : on fumait dans les bureaux, la cuite de la veille passait avec une coupe de champagne le lendemain et le marché du livre respirait la joie de vivre.
Aujourd’hui, il serait plutôt sous perfusion, avec assistance respiratoire. Normal, quand on étouffe le lectorat sous des tonnes — littéralement — de papier imprimé avec des textes morts-nés…
Alors, je me laisse tenter : une webcam, un pseudo suggestif… Parce qu’au moins, sur OnlyFans, on sait combien rapporte un abonnement. Dans l’édition, la passion est gratuite et l’humiliation cadeau.
OnlyFanes… ou quand t’as plus un radis. À ce niveau de calembour, je dois être en burn-out.
Poursuivre avec l'épisode 2 : “Partez. Barrez-vous. Sauvez vos livres” : comment l’édition agonise...
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
Par Victoire
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L'association Lire et Faire Lire, avec ses milliers de bénévoles engagés, œuvre pour la transmission du plaisir de la lecture et de la découverte des textes, des images. Elle est évidemment encouragée, dans sa mission, par des auteurs et autrices, qui mettent leur notoriété au service de cette cause. Francois-Henri Désérable, qui récemment rejoint ce comité de soutien, évoque une initiative « salutaire ».
10/12/2025, 08:00
PORTRAIT – Dans les bureaux de Vivlio, entre deux étagères de liseuses et quatre de bouquins, ActuaLitté a rencontré Loriane Sauvageon. Elle occupe un poste clef dans l'entreprise : customer success manager [responsable de la satisfaction clientèle, NdR]. Et le succès est bien au rendez-vous.
09/12/2025, 15:32
« Je vis à peu près de mon métier, car je pédale sans m’arrêter. » Comme de nombreuses autrices, Amandine Laprun fait face à une réalité implacable : produire, encore et encore, sous peine de n’avoir plus de ressources. Pour cela et bien plus encore, la perspective de la loi Continuité de revenus représente la possibilité d’une respiration. Elle le raconte dans une tribune confiée à ActuaLitté.
09/12/2025, 15:00
Accusé dans une tribune collective d’avoir coorganisé un « procès politique à l’encontre d’Israël et de l’Europe », le colloque « Palestine et Europe », annulé au Collège de France, cristallise un conflit plus large autour de la liberté académique et du rôle des institutions de recherche. Directeur du Centre arabe de recherche et d'études politiques (Carep), directement visé par ce texte, Salam Kawakibi répond ici aux mises en cause visant le colloque, ses intervenants et les liens avec le Doha Institute, et décrit les effets de cette séquence sur le travail des chercheurs.
08/12/2025, 12:54
Invitée au festival BD Colomiers pour présenter Syndrome Italie, l’autrice italienne Elena Mistrello a été expulsée dès son arrivée à l’aéroport de Toulouse, le 21 novembre 2025. Agnès Tricoire, Présidente de l'Observatoire de la liberté de création, a fait parvenir à ActuaLitté un courrier adressé au préfet de la Haute-Garonne, interpellant sur cette situation des plus incongrues.
08/12/2025, 12:46
D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?
08/12/2025, 10:50
Autrice-dessinatrice depuis 2003, reconnue en France et à l’étranger, Élodie Durand a vu en 2025 deux contrats annulés et trois années de travail disparaître, révélant la précarité structurelle des artistes-auteur·ices. Son témoignage rappelle combien le projet de loi sur la continuité de revenus est essentiel pour garantir des conditions de création dignes et durables.
08/12/2025, 10:19
Souleymane Gueye est un libraire qui parle avec son cœur et on le ressent dès les premiers échanges avec lui. Et sa librairie, Plumes du monde, est atypique dans ce paysage, elle sort régulièrement de son espace pour s’associer à des évènements et diversifier ses publics. Et puis c’est un espace qui ne cesse de surprendre, d’évoluer, et qui incarne un dynamisme dans un secteur pas évident en Afrique. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).
08/12/2025, 10:18
Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.
08/12/2025, 06:30
Depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos fin 2021, les commandes en ligne de livres neufs de moins de 35 € sont systématiquement assorties d’un minimum de 3 € de frais de port — un surcoût désormais inscrit dans l’acte d’achat. Deux ans plus tard, cette mesure destinée à « rééquilibrer la concurrence » entre plateformes numériques et librairies physiques apparaît comme une taxe invisible sur la lecture.
08/12/2025, 05:00
La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…
05/12/2025, 15:18
La question de la continuité de revenus pour les artistes-auteurs s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de la politique culturelle. Malgré l’existence d’un statut juridique spécifique, confirmé notamment par les constats du Rapport Racine en 2020 sur la fragilité économique du secteur, les créateurs restent soumis à des rémunérations irrégulières, dépendantes des avances, des droits perçus ou des résidences obtenues.
05/12/2025, 12:13
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68 Commentaires
Actualisant
07/11/2025 à 17:21
Edifiant, prévisible, mais délicieusement écrit !
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:26
Merci !
Je prends édifiant comme un compliment, prévisible comme un risque assumé, et délicieusement écrit comme un baume sur l’ego — le seul luxe encore accessible aux éditrices fatiguées.
Editrice indépendante
07/11/2025 à 17:22
Comme je me retrouve dans votre texte... mais comme je m'y retrouve !
Pour un peu, je douterais de l'avoir écrit en état de transe et l'avoir adressé à ActuaLitté...
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:15
Oh merci… Je crois qu’on aurait pu être nombreuses à l’écrire, en effet. C’est fou comme certaines émotions nous relient sans même qu’on se connaisse. C'est aussi triste d'en arriver là... Courage !
Poil de carotte
07/11/2025 à 17:24
Fanes et radis, j'avoue qu'il m'a fallu quelques secondes avant de percuter...
Mais alors, ce n'est donc pas tranché, le modèle économique ?
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:39
Ah, je vous rassure : les fanes et les radis, moi aussi j’ai hésité avant d’assumer la comparaison. Quant au modèle économique, non, rien n’est tranché — on essaie juste d’éviter que ce soit nous qui finissions en salade.
Stéphanie Le Cam
07/11/2025 à 21:33
Bravo pour cette prise de parole ! Il est grand temps que ce modèle du livre, qui oublie les droits fondamentaux les plus élémentaires de celles et ceux qui le font vivre, soit repensé. Votre voix compte, Madame, et elle résonne très fort chez beaucoup d’autrices et d’auteurs.
Aure
08/11/2025 à 11:45
En effet, nous autres auteurs, traducteurs, illustrateurs faisons vivre tout un écosystème d'éditeurs, libraires, imprimeurs, médiathécaires, alors que nous-même ne vivotons même pas de nos plumes/pinceaux...
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:25
Merci infiniment.
Je crois que nous sommes nombreux à étouffer sous ce modèle qui prétend aimer les livres mais oublie ceux qui les portent. Alors oui, il était temps de dire tout haut ce que beaucoup murmurent depuis trop longtemps.
Votre message me touche profondément — parce qu’au fond, ce qu’on espère tous, c’est que nos voix finissent par se rejoindre, assez fort pour fissurer un système qui a perdu la mémoire du vivant.
Zamasu
08/11/2025 à 03:57
"Et spoiler alert : les livres ne sauvent pas le monde."
😢
Triste Monde
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:45
Oui… triste monde, en effet.
Mais heureusement, les livres sauvent encore ceux qui le lisent, et parfois même ceux qui les font. C’est déjà pas si mal, non ? Je vous raconterai la suite dans le prochain épisode :)
Zamasu
08/11/2025 à 03:58
On est littéralement dans The Dark Multiverse
Guillaume Chérel
08/11/2025 à 07:22
Vous auriez dû écrire ✍️ !
Quel talent. Signé un intello précaire, auteur de "Un bon écrivain est un écrivain mort", qui a commencé la suite : "Un bon écrivain est un écrivain fauché". Je précise que le premier opus a été publié en 2016 chez Mirobole, une maison d'édition qui a mis la clef 🔑 sous la porte malgré notre relatif succès (8000 exemplaires je crois) et qu'il a été édité en poche chez J'ai Lu (mêmes chiffres de vente... je crois me souvenir). Dont la responsable (des chiffres...) m'a récemment dit que je ne vendais plus assez de livres pour publier mon dernier polar (Last Exit to Marseille publié chez Gaussen). Mais j'ai continué à écrire. La suite vient de sortir : "Retour à Marseille ou Whisky Charlie" chez le même éditeur. Bref, courage et continuez... A publier ailleurs, ou à écrire ✍️. Amicalement Guillaume.
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:47
Cher Guillaume,
Ah, Mirobole… quel beau naufrage. On devrait presque en faire une confrérie, avec carte de membre et mot de passe secret. Votre message m’a fait sourire — ce mélange de lucidité, d’humour et de persévérance, c’est tout ce qu’il nous reste quand les chiffres s’en mêlent.
Je vous souhaite surtout de continuer à écrire, quoi qu’en disent les bilans comptables. Et promis, si “Les Survivants de Mirobole” se réunissent un jour, je ramène la première bouteille.
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:48
Je vous lis et je hoche la tête — oui, même combat, même fatigue, même amour têtu du texte. Éditrice, traductrice… deux façons différentes de recoudre le monde avec des mots qui ne paient pas les factures. Et vous avez raison, ce Far West éditorial a quelque chose d’absurde et de fascinant à la fois. Je n’ai pas fini d’en parler, croyez-moi. ! Je prépare l'épisode 2 ! Tant qu’il restera un peu d’encre et quelques insomniaques lucides, on continuera à se répondre.
Aure
08/11/2025 à 15:07
Traductrice, éditrice, correctrice, illustratrice… Au passage, avez-vous remarqué à quel point le degré de précarité et paupérisation d’une profession semble corrélé à sa féminisation?
Je pense fort à nos consœurs enseignantes, journalistes, avocates, et même désormais médecins…
Je m’interroge : parce que nous exerçons des professions engageantes, engagées, nous serions naturellement prêtes à subir toutes formes de déclassements et d’humiliations ?
Encore merci d’avoir osé écrire haut et fort ce que nous sommes si nombreuses et nombreux à déplorer tout bas…
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
12/11/2025 à 16:44
Et oui, c’est fou comme vous avez raison : plus un métier se féminise, plus il se fragilise. Comme si aimer ce qu’on fait devait forcément aller avec la précarité. Il est temps qu’on arrête de trouver ça normal.
Aure
08/11/2025 à 08:48
J’ai cru à une coquille tant le mot « éditrice » pourrait être remplacé par « traductrice »…
Mon quotidien est identique, à la virgule près.
D’un côté le far west no limit du modèle économique éditorial, de l’autre l’incurie des instances censées nous représenter /protéger (scandale Agessa, continuité des revenus etc.)
Merci d’avoir eu le courage de ce témoignage.
Michel Petrovski
08/11/2025 à 09:24
Ah, si tous les utopistes du liiiivre se donnaient la main, cela ferait une belle farandole ! Merci pour l'humour et pour la lueur d'espoir concernant l'alternative petite et grande prostitution. Quid de la suite ? Chaleureuse accolade
mp
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:49
Ah, cette image me plaît tellement — une farandole d’utopistes du livre, fatigués mais encore debout, qui se tiennent la main pour ne pas tomber. C’est exactement ça.
Quant à la suite… je ne sais pas encore, mais je continue. Parce qu’au fond, on ne sait faire que ça : avancer, publier, croire un peu plus fort que c’est encore possible.
Merci pour vos mots, vraiment.
Dallas
08/11/2025 à 09:27
Héhé.
Voilà qui confirme cet adage : on arrive à tout dans l’édition, si l’on en sort…
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:51
Ah, celle-là, je la garde ! Parce qu’elle pique juste où il faut.
C’est vrai : on s’en sort souvent mieux en sortant. Mais quel paradoxe… aimer un milieu au point qu’il vous épuise. Reste à inventer une façon d’y survivre sans s’y dissoudre ! Je m’y emploie, promis.
Baron
08/11/2025 à 10:36
joliment troussé .... sans passer par le Bois de Boulogne
Fanes je vous aime
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:52
Ah, voilà un compliment qui a du panache, et un sens de la formule qui me ravit !
Merci pour ce clin d’œil élégant et un brin canaille, ça fait du bien par les temps qui courent.
Les fanes vous saluent bien bas et vous renvoient tout leur amour chlorophyllé.
Editrice indépendante
08/11/2025 à 12:44
J'ai longuement hésité entre la colère et les sourires que votre texte, chère Victoire (à la pyrrhus, j'imagine donc), a provoqué. Parce que depuis 10 ans bientôt, je me (dé)bats contre l'idée de rejoindre un groupe — non que j'ai été courtisée à l'excès, mais simplement dans l'idée d'une diffusion-distribution plus importante.
Je reste en partenariat avec une structure de taille moyenne-petite et cela me convient très bien.
Pourquoi ne pas faire de même ? Pourquoi ne pas reprendre votre indépendance, quitter ce groupe – dans l'idée que votre texte soit sincère jusqu'au bout ?
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
08/11/2025 à 13:55
Je comprends très bien ce que vous dites, et je vous envie un peu cette indépendance-là.
La maison est encore jeune, fragile, et repartir seule demanderait des moyens que je n’ai pas encore — pas sans tout risquer. Mais l’idée est bien là, de plus en plus même.
En attendant, j’essaie de garder l’esprit libre, même si le cadre l’est moins, et de faire respirer un peu d’indépendance là où je peux. Parce qu’au fond, je ne peux pas laisser mourir la maison. Pas tant qu’il reste des livres à défendre, des lectrices à émouvoir. Et ces questions-là — partir, rester, réinventer — seront justement au cœur des prochains épisodes.
Manuel S.
08/11/2025 à 13:52
Chère "Victoire", hélas défaite, chères toutes (et même tous),
Vous connaissez la seule vraie manière de gagner au Monopoly ?
Faire des tours de plateau sans que quiconque achète une seule propriété et encaisser l'argent de la banque à la case départ. A la fin la seule banqueroute, c'est celle de la banque. Vous pouvez essayer.
Il faut retrouver des voies de représentation, donc/ou de pouvoir, face à ceux qui qui mènent la danse.
En équipe. Il suffit de s'en parler, ensemble.
En attendant, bon courage, n'oubliez pas que vous n'êtes pas seule.
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
09/11/2025 à 21:43
J’aime beaucoup cette image du Monopoly — elle dit tout, avec une justesse un peu cruelle. Oui, il va falloir rejouer autrement, ensemble, sans se laisser acheter case par case.
Et vous avez raison : la seule façon de ne pas perdre, c’est de se reparler, de se rassembler. Et merci pour vos mots. Ca fait du bien de se rappeler qu’on n’est pas tout seuls à tourner sur le plateau.
Fabien
08/11/2025 à 16:56
Merci Victoire pour ce texte qui, malheureusement, fait écho à une situation que connaissent beaucoup d'éditeurs indépendants. C'est tellement navrant de constater que les deux seuls vrais parents d'un livre (l'auteur puis l'éditeur) sont généralement les moins bien lotis. Je suis moi-même auteur et éditeur. En tant qu'auteur, je ne gagne pas d'argent (ce que je gagne en DA, je le dépense en dons de livres en vue d'être chroniqué, en déplacements, etc), en tant qu'éditeur, j'en perds. La maison d'édition, elle, est viable, notamment grâce au dévouement de ses deux associés qui ne se rémunèrent pas (nous avons tous les deux un travail alimentaire à côté) et qui ne comptent ni leur temps ni leurs propres deniers avancés dans les "faux frais" (nous sommes aussi distribués par un "gros", mais non diffusés).
Merci, donc, et bravo pour votre écriture lucide, drôle et percutante.
Force et robustesse à vous.
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
09/11/2025 à 21:45
Merci à vous, vraiment, pour ce témoignage qui résonne fort. On sent entre vos lignes la même fatigue, mais aussi cette obstination magnifique qui nous relie tous : continuer, même quand tout semble absurde. Je connais si bien ce que vous décrivez — ce mélange de passion et de sacrifice, cette maison qu’on maintient à flot à coups de nuits blanches et de foi têtue. Alors merci pour vos mots, et surtout pour votre courage silencieux. Tenez bon. On finira bien par faire entendre que l’amour du livre ne devrait pas se payer d’aussi près de soi.
Nicolas Gary - ActuaLitté
08/11/2025 à 19:33
Petit point d'étape, suite à la profusion de commentaires désagréables (si, si) que nombre de visiteurs ont tenté de publier.
1. Victoire existe bel et bien, ce n'est pas un délire de notre rédaction.
2. Elle publie ce texte – et les suivants – sous pseudonyme, conformément à ce que nous avons convenu avec elle.
3. Les messages jouant aux devinettes avec un groupe, maison et personne lancé au hasard le plus éperdu seront systématiquement refusés.
4. Comme j'ai souvent eu l'occasion de l'écrire : si un article déplait, chacune et chacun reste libre de le dire, tant que cela reste poli et intelligent. Pour l'engeance haineuse, il y a des réseaux sociaux ouverts à votre bile.
5. Merci, merci infiniment aux messages de soutien et d'encouragement, et aux remerciements reçus. Ce projet éditorial change de notre ligne quotidienne d'information. Mais en tant que témoignage romancé, ou docufiction, il nous a paru opportun de lui accorder une place.
Surtout parce qu'on connaît les prochains épisodes – sur une série de 6 prévus et peut-être avec un épilogue....
Aure
08/11/2025 à 20:48
Monsieur Gary, je suis très troublée par cette "mise au point".
Vous parlez désormais, et donc a postériori de la première publication, de "docufiction", de "témoignage romancé" alors que le texte de "Victoire" est pour l'instant publié en tant que "témoignage" (tout court).
Que "Victoire" soit obligée de témoigner sous un nom d'emprunt ne me choque pas, dans un milieu où tout le monde se connaît et où les équilibres sont si fragiles.
Mais, et alors que la souffrance, bien réelle et non romancée, d'autre travailleurs de l'édition s'exprime massivement dans les commentaires depuis 24h, vous nous annoncez à présent qu'il s'agit en réalité d'une sorte de supercherie, ou à tout le moins d'une espèce de jeu éditorial?
J'ai l'impression d'avoir été dupée.
Avez-vous conscience de jouer là avec la souffrance de personnes manifestement au bord du burn-out, voire pire?
Votre site a pourtant eu le courage de documenter ces derniers temps les morts violentes de personnes talentueuses en pleine force de l'âge. Vous êtes un des rares médias (le seul?) à s'intéresser de façon continue à ces sujets.
Alors s'il vous plaît, rassurez-moi et dites-moi que c'est moi qui ai mal compris (et peut-être, comme beaucoup d'entre nous, qui ai besoin de vacances ou d'un congé sabbatique).
Les souffrances et la violence systémique de ce milieu méritent une vraie mise en lumière, sincère et rigoureuse. Attention à ne pas la décrédibiliser svp.
Nicolas Gary - ActuaLitté
08/11/2025 à 22:20
Bonjour Aure
Il y a une incompréhension en effet : il ne s'agit pas d'un texte inventé, mais bien d'un témoignage véritable. Ce que je désigne comme docufiction, c'est la narration employée : vous vous rendez bien compte que la manière de raconter ce que vit cette femme est travaillé.
Alors, pour lui donner quelque chose de plus vivant, mais aussi pour leur rendre plus parlant.
Donc je vous assure, tout est vrai.
Documentaire.
Et raconté comme une histoire.
Fiction.
Docufiction : Téléfilm basé sur la reconstitution d'un évènement réel, mêlant documents d'archives et trame romanesque.
Nous ne mentons pas et ne trahissons personne.
Consoeur
08/11/2025 à 19:36
Mille milliards de mercis pour ce texte.
Docufiction, je viens de lire dans le commentaire de Nicolas Gary, c'est parfait : cela met de l'humain dans l'inhumain qui sous-tend ce récit.
C'est fin, intelligent, drôle et terriblement vrai, malgré l'humour – politesse du désespoir.
Bravo !!!
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
09/11/2025 à 21:44
Merci infiniment, vraiment.
J’avais besoin d’écrire quelque chose qui tienne entre le rire et le vertige, parce qu’on ne peut pas toujours hurler, alors on sourit, un peu de travers.
Si l’humain perce encore sous la fatigue et l’ironie, alors c’est gagné. Votre message me touche beaucoup.
Aurélien Terrassier
09/11/2025 à 20:14
Chère Victoire, autant c'est un choix pas facile que je respecte d'aller sur Onlyfans autant je pense aussi que la possibilité de créer une chaine YouTube littéraire peut aussi être un boulevard et une sorte de rebond pour vous car vous tenez à cœur votre métier d'éditrice. Bon courage en tout cas tenez bon!
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
09/11/2025 à 21:48
Merci pour votre message, vraiment.
Pour YouTube, j’admire celles et ceux qui s’y lancent, mais ce n’est pas trop mon terrain. Je reste une fille de papier, plus à l’aise avec les mots qu’avec la caméra.
Mais votre soutien me touche beaucoup — et qui sait, peut-être qu’un jour, la vie me donnera envie de tenter un autre format, à ma façon.
Andros
09/11/2025 à 21:22
Tout ce qu’écrit Actualitté est vrai ! Cela en gène sûrement plus d’un qui diront le contraire. Libre à eux de ne pas lire 🤪
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
09/11/2025 à 21:42
Ah, si seulement la vérité suffisait à faire bouger les choses !
Mais vous avez raison : qu’ils lisent ou non, le réel, lui, ne se corrige pas à coups de communiqués. Merci à vous ! :)
Andros
10/11/2025 à 10:14
Actualitté par son honnêteté, son intégrité et ses valeurs font bouger les choses, je vous le confirme. Il aide beaucoup de salariés dans les grands groupes qui sont en souffrance. Grace à Actualitté des choses ont bougées. Actualitté peut être fier de ses valeurs et beaucoup l’en remercie.
Andros
10/11/2025 à 10:18
Le Sne a également des responsabilités envers les éditeurs, un mouvement social du groupe Editis sera bientôt proposé pour aller manifester devant le Sne. Tous les grands patrons des groupes d’édition y siègent. Venez nombreux 😜
Marco
10/11/2025 à 08:03
C'est tellement agréable d'être fier de son éditeur. Son premier lecteur. Celui qui défend des valeurs, des idéaux que l'on partage un peu ou beaucoup. S'il est fauché, il n'en est pas moins admirable... et, du coup, souvent plus proche de son auteur ! :-) La passion est en général moins rentable que pragmatisme d'un milliardaire. Tant pis. Et bravo pour ce beau et terriiiiible témoignage.
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
12/11/2025 à 10:10
Merci beaucoup ! Vous avez tout dit. La passion ne remplit pas les comptes, mais elle remplit la vie. Et c’est vrai, elle rapproche aussi, elle rend tout plus humain.
janluc bastos
10/11/2025 à 10:01
je viens de lire avec plaisir votre texte-alerte-coup de gueule-pas baisser les bras-tristesse-au fond
et voudrais connaitre votre maison d'édition pour acheter ce que et qui vous éditez si cela me parle
Victoire (profil confirmé par la rédaction)
12/11/2025 à 10:12
Raconter la vérité en racontant une histoire”, c’est encore plus fort non ? :) Rien ne touche autant que la sincérité passée par le prisme d’un récit. On se retrouve dans les prochains épisodes avec un grand plaisir :)