À l’occasion de sa première édition, la ministre de la Culture Rachida Dati a remis, ce 5 novembre, le Prix du livre pour les bébés à Aurore Petit pour Été pop (La Martinière Jeunesse). L'autrice en a profité pour saluer cette initiative, et faire un appel solennel à la rue de Valois : défendez nos droits pour une sécurité sociale des artistes et face à l'IA, et favorisez le retrait de l'agrément de la SSAA. La ministre a alors saisi l’occasion pour défendre son bilan. « Les combats, je les porte, et je les gagne. »
Le 05/11/2025 à 19:07 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
05/11/2025 à 19:07
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Créé par le ministère de la Culture, le prix récompense un ouvrage destiné aux enfants de moins de trois ans. Il met à l’honneur un livre favorisant l’interaction entre le tout-petit et l’adulte, que ce soit par le texte, l’image, la fabrication ou tout autre élément, et est doté de 4000 €.
Le jury de cette première édition est constitué d'Agnès Bergonzi, responsable du secteur formation du Centre national de la littérature pour la jeunesse, à la Bibliothèque nationale de France ; Soledad Bravi, présidente du jury du Prix du livre pour les bébés, illustratrice et auteure d’ouvrages pour la jeunesse ; Régine Hatchondo, présidente du Centre national du livre ; Patricia Humann, coordonnatrice du pôle « Ecole, petite enfance, jeunesse » de l’Union nationale des associations familiales ; Nicole Lambert, auteure de la série de bande dessinée Les Triplés ; Nicole Notat, vice-présidente de l’association Coup de pouce, partenaire de la réussite à l’école ; Éric Osika, pédiatre, référent d’ouvrages grand public en puériculture (« J’attends un enfant ») ; et Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.
Du beau monde, donc, dans la « salle des prix littéraires » du ministère de la Culture. Rachida Dati, entourée d’enfants joyeux et un brin bavards, a rappelé que « les livres sont aussi faits pour les bébés » - y compris pour ceux qui ne savent pas encore lire, mais à qui la lecture offre déjà curiosité, lien et égalité des chances. Comme les plus jeunes ont cette capacité à faire monter les nerfs aux plus stoïques, et tandis qu’une musique impromptue s’élevait au loin, s'en était trop. La ministre a décidé d’abréger : cap de la page 3 à la page 5, celle de la conclusion.

La présidente du jury a alors pris la parole, arborant un beau Snoopy sous sa veste de costume, pour rappeler que lire à un enfant, c’est lui offrir du temps, donc de l’amour — une magie simple, joyeuse et colorée, à l’image du livre primé, « à la majorité », Été pop d'Aurore Petit.
La lauréate a salué la création de ce prix, reconnaissance des bébés comme premiers lecteurs, remercié Chloé Samain, son éditrice à La Martinière Jeunesse, ou encore évoqué le plaisir simple et jubilatoire d’avoir un livre entre les mains. Puis rapidement, elle a saisi la tribune - en direct du ministère, face à la ministre - pour porter la voix des artistes-auteurs : « On compte sur vous pour soutenir le projet de loi qui vise à garantir une continuité de revenus aux artistes-auteurs et autrices. Nous demandons simplement d’avoir les mêmes droits que les autres travailleurs. »
Elle a également appelé au retrait de l’agrément de la SSAA au profit d’un véritable Conseil de la protection sociale, qui doit s'accompagner d'un rétablissement d’élections professionnelles garantissant la représentation des artistes-auteurs, à la suite, entre autres, de l'appel de 28 organisations professionnelles dans les colonnes de Libération. Enfin, elle a interpellé la ministre sur « l'IA qui pille et l'argent des budgets pour la culture qui fond ».
Rachida Dati remonte sur scène, micro repris et œil qui frise : « La réponse, c’est simple : le budget de la culture 2025 a augmenté. » Sur le papier, la Culture affiche en effet 4,45 milliards €, soit 206 millions de plus qu’en 2024, après les coupes de février. Le ministère le présente même comme « au plus haut niveau de son histoire ». En pratique, un décret publié le 25 avril 2025 a retiré 2,66 milliards € des dépenses de l’État prévues pour l’année. Il a aussi réduit de 3,1 milliards les autorisations d’engagement, soit les promesses de dépenses futures. Le ministère de la Culture fait partie des ministères touchés : plusieurs postes ont été réduits en cours d’année.
Selon une analyse de la CGT Culture, le ministère aurait subi environ 121 millions € d’annulations, alors que le programme Transmission et démocratisation culturelle perdait déjà 47 millions dès la loi de finances initiale. Avec ces coupes d’avril, la plupart des programmes passeraient désormais sous le niveau de 2024.
Aucune pique personnelle d'Aurore Petit dans son discours, mais Rachida Dati y répond quand même : « Des les attaques personnelles ? Sur mes missions, je sais ce que je fais. » Puis la caresse à la culture de rigueur : « Je sais combien la création et les auteurs participent à la cohésion de la société. Dans une société fracturée, toucher la culture, c’est fracturer encore plus. Je veux soutenir les artistes encore plus. Je sais la valeur du livre, des créateurs et des artistes. »
La question de la SSAA est en revanche balayée d'une sentence : « Ce conseil de gestion a été réformé. » Côté IA et droits ? : « J’ai obtenu un volet culture lors du sommet sur l’IA. Juste rémunération, transparence, responsabilités : on avance. Le règlement sur l’IA, on s’en saisit. »
Aucun mot sur le projet de loi, déposé le 31 octobre 2024 au Sénat par la sénatrice Écologiste - Solidarité et Territoires, Monique de Marco, et quelques collègues, qui vise à garantir une continuité de revenus aux artistes-auteurs et autrices, mais un sur le livre d'occasion : « C’est un combat que je porte pour soutenir le secteur du livre, tout en préservant le secteur solidaire. »
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Le ton monte, jusqu'au martial, assumé : « Les combats, je les porte et je les gagne ; quand je ne gagne pas, je le dis. Le budget, je l’ai gagné. » Chapitre « institutions » : « Le CNL remis en cause ? On le préserve. L’État est au rendez-vous. » Et une sortie pleine de philosophie : « Il faut dire les choses ; sinon, c’est la confusion et ça finit mal. » Après le « Dati-show », comme dirait le journaliste de France Culture Frédéric Martel, le cocktail du premier prix du livre pour les bébés.

Crédits photo : ActuaLitté (CC BY-SA 2.0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 20/06/2025
12 pages
Editions de la Martinière
9,90 €
3 Commentaires
Zamasu
06/11/2025 à 00:28
Mot de passe du Louvre : Louvre - Tanguy Pastureau maltraite l'info
https://www.youtube.com/watch?v=FOgg9_oY9ZI
😩
Vincent
06/11/2025 à 01:09
Merci Aurore Petit de cette prise de parole salutaire, mais face à un mur malheureusement, un mur qui ment, un mur qui joue contre les artistes/auteurs.
Hubert Marrant
06/11/2025 à 10:00
Un agenda chargé : Le procès en correctionnelle de Rachida Dati pour corruption et trafic d'influence se déroulera du 16 au 28 septembre 2026
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