Le jury du Prix Femina couronne Nathacha Appanah, pour La nuit au cœur, publié chez Gallimard. Créé en 1904 et porté dès l’origine par un jury exclusivement féminin, le Prix Femina est né en réaction à la perception de misogynie entourant le jury du Goncourt.
Le 03/11/2025 à 13:07 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
03/11/2025 à 13:07
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Dans La nuit au cœur, Nathacha Appanah entrelace les récits de trois femmes confrontées à la violence conjugale, dont un tiré de sa propre vie. À travers une écriture à la fois sobre et poignante, elle explore l’impossible vérité du féminicide et la ténacité de celles qui tentent de survivre à l’amour devenu menace. Le roman s’ouvre sur la voix d’une narratrice qui court pour sauver sa vie — la sienne
Journaliste et romancière du Dernier Frère ou encore de Tropique de la violence, lauréats de nombreux prix. Nathacha Appanah poursuit une œuvre sensible et engagée, où la lumière affleure toujours au cœur de la nuit. Elle est toujours en lice, entre autres, pour les prix Goncourt et Médicis.
Dans la catégorie roman étranger, Les éléments de John Boyne (JC Lattès), traduit de l’anglais par Sophie Aslanides, s'est vu décerner le prix.
Dans ce nouveau roman, il tisse quatre destins liés par la culpabilité, la résilience et la quête de rédemption : une mère en fuite sur une île, un jeune prodige du football, une chirurgienne hantée par ses blessures intimes et un père en voyage initiatique avec son fils. Par une écriture sensible et précise, l’auteur du Garçon en pyjama rayé et des Fureurs invisibles du cœur explore la complexité morale de l’âme humaine.
Né en 1971 à Dublin, l'auteur signe ici une œuvre ample, où chaque histoire éclaire les failles et les forces des autres. Pour son dernier roman en date, il avait déjà remporté le Prix du Roman Fnac 2025.
Côté essai, le jury a choisi La part sauvage, de Marc Weitzmann, édité chez Grasset.
Dans ce récit intime, il évoque la mort de Philip Roth, survenue le 22 mai 2018, et l’amitié de vingt ans qui les liait. De Jérusalem à New York, en passant par Paris, il revisite ces années où le monde s’est durci, miné par le populisme et la haine, tandis que son ami écrivain incarnait pour lui un repère moral et intellectuel. La disparition de Roth devient ainsi le symbole d’une époque révolue, celle d’une Amérique des idées, emportée par la brutalité du présent.
Entre essai et témoignage, Marc Weitzmann livre un portrait d’un pays en crise à travers la figure de l’un de ses plus grands auteurs. Journaliste et romancier, il est notamment l’auteur de Chaos, Mariage mixte, Fraternité, Une place dans le monde et Un temps pour haïr.
Le 25 mars 2025, deux nouvelles membres ont rejoint le jury : Isabelle Desesquelles et Oriane Jeancourt Galignani, aux côtés de Nathalie Azoulai, Jeanne Benameur, Evelyne Bloch-Dano, Brigitte Giraud, Paula Jacques, Christine Jordis, Mona Ozouf, Patricia Reznikov, Josyane Savigneau et Julie Wolkenstein.
En avril, Jeanne Benameur a annoncé son départ du jury, précisant qu’il s’agissait d’une décision « intime, éthique, politique et littéraire ». L’autrice a refusé de participer à un prix désormais soutenu par Hachette, maison passée sous le contrôle de Vincent Bolloré. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie d’« attaque silencieuse » contre les librairies indépendantes et la diversité éditoriale, tout en soulignant qu’aucune ingérence directe n’avait influencé les délibérations ou les choix du prix.
Un an auparavant, en juin 2024, Scholastique Mukasonga avait elle aussi quitté le jury, invoquant pour sa part des « raisons personnelles ».
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Le jury prix Femina 2024 avait distingué, dans la catégorie roman français, Le Rêve du jaguar de Miguel Bonnefoy (Rivages), qui l’a emporté par 5 voix contre 4 face à Emma Becker. Pour le roman étranger, le jury a choisi Propre d’Alia Trabucco Zerán (Robert Laffont), traduit de l’espagnol par Anne Plantagenet, élu dès le premier tour avec 4 voix contre 3 pour Marco Lodoli.
Côté essai, la récompense est revenue à Tenir tête de Paul Audi (Stock), désigné dès le premier tour par 6 voix contre 3 pour Maïa Hruska. Enfin, un prix spécial avait été attribué à Colm Tóibín pour l’ensemble de son œuvre.
Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones
Crédits photo : Les trois lauréats réunis au Musée Carnavalet lors de la cérémonie de remise des prix (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)
DOSSIER - Sélections, jurys, lauréats... Les prix de la rentrée littéraire 2025
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 21/08/2025
288 pages
Editions Gallimard
21,00 €
Paru le 20/08/2025
506 pages
Jean-Claude Lattès
23,90 €
Paru le 10/09/2025
374 pages
Grasset & Fasquelle
24,00 €
2 Commentaires
FredEx
03/11/2025 à 13:41
Ça dégage le Goncourt pour les garçons !
Félix
03/11/2025 à 20:23
Bravo!
Voici ce que j'ai écrit ce matin, premier commentaire publié, dans le quotidien "L'Express" de Maurice, mon île natale :
"Couronnement du journalisme d'investigation allié à l'auto-fictionnel, dans le sillage littéraire du jour".
J'espère qu'elle obtiendra également soit le Goncourt ou le Médicis, ou les deux à la fois.
Une fois n'est pas coutume. Et faire d'une pierre.....trois coups?