Il y a peu, ActuaLitté rendait compte du rapport du Sénat alertant sur une « disparition imminente » des langues régionales. La sénatrice de Loire-Atlantique Karine Daniel, co-rapporteure de la mission sénatoriale d’évaluation de la loi Molac (protection et promotion des langues régionales), revient avec nous sur les travaux conduits aux côtés de Max Brisson.
Le 27/10/2025 à 17:52 par Hocine Bouhadjera
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27/10/2025 à 17:52
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Entre manque de cap national, fragilités de l’immersion et financements précaires, elle plaide pour une stratégie d’État, de l’école publique jusqu’aux examens nationaux, afin de former de véritables locuteurs et d’enrayer l’érosion accélérée des usages.
Le rapport pointe le risque de disparition des langues régionales « d’ici une à deux générations » sans sursaut politique. Karine Daniel fixe le cap : bâtir une offre publique réellement structurée, sécuriser l’immersion, stabiliser les conventions entre l’État et les collectivités, normaliser les forfaits scolaires, et former les enseignants — initialement, en continu, tout en mobilisant les « ressources dormantes » déjà compétentes. Elle propose aussi d’ouvrir certaines épreuves du brevet et du baccalauréat en langue régionale, et n’écarte pas, si nécessaire, une évolution du cadre juridique, jusqu’à la révision constitutionnelle.
En filigrane, une exigence simple : sortir du patchwork local pour faire des langues régionales une politique nationale lisible, coordonnée et durable, portée par l’Éducation nationale et assumée par l’État.
ActuaLitté : Avant d’aborder le rapport, pouvez-vous rappeler brièvement votre trajectoire et ce qui vous a conduite à vous investir sur la question des langues régionales ?
Karine Daniel : Les langues régionales font partie de notre patrimoine, de notre culture, elles contribuent à la diversité, la richesse, à la poésie de nos territoires. J’ai grandi en pays Gallo, mes grands-parents le parlaient. Souvent, si l’on comprend la langue régionale, on comprend la signification des lieux-dits, des communes, on lit mieux son environnement proche. Je suis attachée à la préservation et au développement des langues régionales, comme je suis attachée à la protection de la biodiversité. Les langues régionales appartiennent au patrimoine immatériel de notre Nation.
J’ai eu l’occasion d’échanger avec Paul Molac sur ces enjeux et sa loi a représenté un espoir. Dans notre campagne sénatoriale en 2023, avec mon colistier Ronan Dantec, nous nous étions engagés à demander une évaluation de l’application de cette loi, alors que le nombre de locuteurs continue de diminuer. J’ai porté cette demande au sein de la commission culture du Sénat et je l’ai obtenue, c’est une bonne chose avec mon groupe politique (Socialistes). J’ai réalisé cette mission avec mon collègue Max Brisson (Les Républicains).
La mission d’évaluation menée avec Max Brisson a duré plusieurs mois : qu’est-ce qui vous a le plus marqué (un moment, une rencontre, un constat…) ?
Karine Daniel : Ce qui est marquant, c’est la grande diversité des situations entre les langues, les régions. Ce qui est marquant aussi, c’est l’engagement des acteurs associatifs, des offices publics de langues qui portent à bout de bras, la survie des langues régionales. Ils le font avec beaucoup de rigueur et de professionnalisme.
Selon vous, qu’est-ce qui a le plus freiné l’application de la loi Molac - la censure du Conseil constitutionnel, un manque de volonté politique ou un déficit de moyens ? Et sur quoi repose l’alerte de « disparition imminente » évoquée dans le rapport : des données démolinguistiques, des observations de terrain ou une analyse plus politique ?
Karine Daniel : Comme les avancées de la loi Molac restent insuffisantes, cela génère des déceptions, des incompréhensions et parfois des tensions. Aujourd’hui, il est important que le ministère de l’Éducation nationale, les rectorats se saisissent de ce sujet et dans toutes les régions concernées. Cette implication des services de l’État est hétérogène, relève trop souvent des volontés politiques exprimées sur les territoires et de la volonté des fonctionnaires en place. C’est inacceptable.
Cette absence de volonté politique se traduit par la carence d’une véritable offre d’enseignement en langue régionale à l’école publique. Pour de nombreuses langues, le travail réalisé par les écoles privées sous contrat est important et doit être reconnu. Celui-ci doit être conforté et sécurisé par la mise en œuvre et l’application des conventions prévues dans la loi.
Quand vous appelez à une « politique publique nationale » pour les langues régionales, que recouvre concrètement cette notion : une stratégie interministérielle, un plan pluriannuel ou une refonte des dispositifs existants ? Faut-il aller jusqu’à une grande loi d’orientation ?
Karine Daniel : La reconnaissance des langues régionales comme appartenant au patrimoine de la France (Art. 75-1 de la Constitution) implique de pouvoir former des locuteurs complets dans ces langues, condition indispensable à leur sauvegarde. Il s'agit de sécuriser l'enseignement immersif, méthode pédagogique visant au bilinguisme intégral et à former des locuteurs complets en français et en langue régionale.
Une révision de la Constitution pourrait être utile afin de renforcer la reconnaissance des langues régionales dans la loi fondamentale. De manière plus urgente et prioritaire, la stratégie d’augmentation de l’enseignement des langues régionales et en langues régionales doit être portée par l’éducation nationale, et ce, de manière coordonnée et volontariste dans tous les territoires concernés.
Les crédits alloués aux langues régionales ont baissé au niveau national comme régional. Y voyez-vous un désengagement de l’État ? Comment les collectivités peuvent-elles continuer à soutenir les associations et les écoles immersives dans un contexte budgétaire contraint ?
Karine Daniel : Il faut souligner que certaines collectivités restent très engagées dans ce domaine, malgré les fortes contraintes budgétaires qui pèsent sur elles. Citons par exemple la région Bretagne qui co-finance la formation linguistique des futurs enseignants, la Collectivité européenne d’Alsace est très engagée et subventionne des activités périscolaires en alsacien les mercredis, en Corse, les collectivités sont très présentes dans l’acquisition de la langue corse et la Région Nouvelle-Aquitaine, avec les subventions à l’Office public de la langue basque participe à la formation des enseignants.
Pour stabiliser les conditions d’exercice des acteurs engagés, il faut honorer, créer ou renouveler les conventions prévues dans la loi qui engagent les collectivités et l’État. Ces conventions permettent de partager, réajuster des objectifs et d’allouer des moyens. Cette nécessité est renforcée en raison des incertitudes qui pèsent sur le budget des collectivités territoriales. Lorsqu'elles existent, les conventions opérationnelles sont devenues annuelles ces deux dernières années, ce qui diminue la capacité de l'ensemble des acteurs à se projeter sur plusieurs années.
Les acteurs évoquent également une précarité chronique de leurs financements. Comment pérenniser leur action sans les rendre dépendants de subventions aléatoires ?
Karine Daniel : Le financement des réseaux d’enseignement immersif a paradoxalement été fragilisé par la loi Molac du fait de la décision du Conseil constitutionnel qui remet en question cette méthode pédagogique d’enseignement. Certes, la circulaire de décembre 2021 est venue reconnaître la possibilité de recours à l’enseignement immersif, mais en tant que stratégie possible d’apprentissage de l’enseignement bilingue, sans que le ratio français/langue régionale ne soit explicitement mentionné. On constate pour ces réseaux une difficulté à percevoir les forfaits scolaires de la part de certaines communes. Il faut normaliser les processus de calcul et de perception des forfaits. Nous faisons des recommandations en ce sens.
Serait-il souhaitable de créer une structure nationale - un Haut Conseil ou une Délégation interministérielle - pour coordonner la politique des langues régionales ?
Karine Daniel : L’époque n’est pas réellement à la création de telles structures. Néanmoins, Il est souhaitable et nécessaire que le gouvernement garantisse un cadre cohérent et ambitieux, assure le suivi et la coordination et ce, au cœur de son administration centrale et des services, au sein de la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), en lien avec le ministère de la Culture.
Vous proposez que certaines épreuves du brevet ou du baccalauréat puissent être composées en langue régionale. Cette idée a-t-elle déjà trouvé un écho au ministère de l’Éducation nationale ?
Karine Daniel : Absolument, et c’est une question particulièrement sensible pour le diplôme national du brevet depuis plus de vingt-cinq ans. Nous avons interrogé la DGESCO il y a un mois sur ce sujet, dont la réponse obtenue dans un contexte certes particulier – à savoir un gouvernement démissionnaire, implique « de revoir la place des langues régionales dans ce nouveau cadre ». J’espère que le nouveau ministre de l’Éducation nationale, que nous souhaitons rencontrer au plus tôt, tranchera ce point.
Comment mieux former les enseignants et consolider les filières bilingues ou immersives, souvent fragiles selon les académies ?
Karine Daniel : Les enseignants doivent être davantage accompagnés. Cela passe par un soutien aux structures produisant des contenus pédagogiques en langue régionale, ainsi que par la mise en place de cadres de l’Éducation nationale spécialisés en langue régionale dans chaque territoire concerné. C’est le cœur de notre rapport avec les recommandations n° 9 à 18, et nous proposons quatre pistes d’action : tout d’abord identifier les ressources dormantes, c’est-à-dire un professeur qui maîtrise une langue régionale mais ne l’enseigne pas dans les académies concernées ou dans toute la France.
Ensuite, il faut davantage inclure les langues régionales dans la formation initiale des enseignants et ne pas manquer le virage de la réforme en cours qui avance le concours à bac+3, et enfin, soutenir et développer la formation continue, fort du travail remarquable que font les collectivités territoriales et les offices publics des langues régionales.
Vous évoquez une « urgence culturelle et politique ». Comment faire comprendre que la défense des langues régionales n’est pas un repli identitaire, mais une part essentielle du lien social et de la mémoire collective ?
Karine Daniel : Il s’agit de notre responsabilité à toutes et tous d’agir car les langues régionales continuent de pâtir d’une moindre reconnaissance par rapport aux autres langues vivantes. Nous devons changer le regard que nous portons sur celles-ci. La préservation du patrimoine linguistique français, et des langues régionales, requiert une volonté politique forte, des moyens avec la détermination sans faille de nombreux acteurs publics, privés et associatifs, qu’il nous faut soutenir et encourager. Les langues régionales appartiennent au patrimoine immatériel mondial. Soyons en fiers et prenons toutes les mesures nécessaires pour le préserver. Les langues menacées qui perdent des locuteurs doivent globalement être défendues dans le monde.
Apprendre une langue régionale jeune, inscrit un enfant dans un environnement multilingue. C’est un bénéfice individuel et social. Comprendre une langue régionale c’est mieux appréhender toutes les langues du monde, cela ne signifie en rien un repli sur son territoire, mais au contraire une ouverture vers une meilleure appréhension des langues, de manière générale, c’est pour moi une démarche universaliste.
Les jeunes paraissent plus ouverts à la diversité linguistique, mais moins attachés à la transmission familiale. Est-ce une évolution inévitable ?
Karine Daniel : Il faut noter que la transmission familiale est encore forte dans les départements et territoires d’outre-mer, où une réglementation particulière s’y applique en matière de reconnaissance de ces langues et de rôle des collectivités territoriales. En métropole, la transmission familiale, à de rares exceptions près, est désormais marginale. C’est pour cela que nous l’affirmons avec force, l’avenir des langues régionales est désormais à l’école. Je mesure aussi l’impact et l’importance des coopérations, des échanges, des manifestations culturelles et du multilinguisme, qui contribuent à l’utilisation des langues en dehors des familles et de l’école.
En tant que présidente de la Fédération Française des Maisons de l’Europe, voyez- vous un lien entre vitalité linguistique et conscience européenne ? Y a-t-il des modèles étrangers dont la France pourrait s’inspirer ?
Karine Daniel : Absolument, et les langues régionales font partie du patrimoine culturel de l’Europe et leur protection et promotion contribuent à la construction d’une Europe fondée sur la démocratie et la diversité culturelle. Certains pays frontaliers partagent des langues régionales, c’est le cas pour le basque par exemple. La Charte, adoptée en juin 1992, aux côtés de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, témoigne de l’engagement de longue date du Conseil de l’Europe en faveur de la protection des minorités nationales et pour encourager leur emploi dans la vie publique et privée.
Ce dernier a laissé à ses États membres le soin d’établir des distinctions entre les termes « langue régionale » et « langue minoritaire ». La France, signataire de la Charte, ne l’a toujours pas ratifiée, en dépit des promesses de campagne de notre actuel président de la République. En modèle, je pense naturellement à l’Espagne qui admet « comme langues régionales ou minoritaires, les langues reconnues comme officielles dans les statuts de l’Autonomie des Communautés autonomes du Pays basque, de la Catalogne, des Îles Baléares, de la Galice, de Valence et de Navarre » ; également à la Croatie, qui ne fait aucune distinction entre « langues régionales ou minoritaires », et s’engage à protéger les langues « italienne, serbe, hongroise, tchèque, slovaque, ruthène et ukrainienne ».
Au terme de cette mission, quelle serait selon vous la première mesure urgente que l’État devrait prendre ? Et à plus long terme, quel horizon souhaitez-vous pour les langues régionales en France ?
Karine Daniel : Le calendrier annoncé en termes de réforme de la formation des professeurs nous incite à mettre cette priorité à l’agenda. Le renforcement de la formation des enseignants en langues régionales doit être une priorité et la réforme ne doit pas oublier cet aspect. Trop souvent les réformes de l’Éducation nationale ne considèrent pas l’enjeu des langues régionales et peuvent engendrer des reculs dans ce domaine. Tel a été le cas pour la réforme du baccalauréat. Évidemment, une stratégie nationale pour renforcer la coordination et la promotion linguistique doit s’opérer dans les meilleurs délais.
Elle doit permettre de se doter de moyens et renforcer le recrutement des professeurs et enseignants, d’ouvrir les épreuves du baccalauréat en langues régionales, d’assurer le renouvellement et la signature des conventions dans tous les territoires. Les premières recommandations du rapport portent sur des mesures qui pourraient être prises dès janvier 2026 par voie réglementaire (circulaires, conventions). Il reste aussi à la France de ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Les langues régionales sont un trésor, les parler, les faire vivre, les développer est un enjeu important et enthousiasmant.
Karine Daniel sera aux côtés de Paul Molac, député de la 4e circonscription du Morbihan, lundi 3 novembre au matin, au Club de la presse de Bretagne.
Crédits photo : @CH.Blanchard
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
6 Commentaires
Aurélien Terrassier
27/10/2025 à 21:00
Je salue le combat de Karine Daniel en faveur des langues régionales. Ce qui faudrait également c'est que l'Académie française s'ouvre aux langues régionales et laisse de côté son jacobinisme réactionnaire.
PASSANT
28/10/2025 à 09:26
Bonjour...
Tout est destiné à mourir... Les langues régionales ont vécu... Elles ont enrichi la langue francaise... mission accomplie !... Que des gardiens du patrimoine... en conservent la memoire... parfait !... Qu ' on veuille les enseigner aux ecoliers d' ici et de là... " les imbeciles heureux qui sont nes quelque part "... comme le chante l ' irreverencieux Tonton Georges... me paraît inutile... On veut leur faire tout apprendre... à nos chères tetes blondes... Resultat... ils n' apprennent pas grand chose... Que tous nos responsables de leur education... en finissent avec leurs fantasmes... Les langues du passe ne peuvent dire notre monde actuel... Elles ont ete sécrétées... par d ' autres mondes... dont elles exprimaient le suc... Le temps a fait son oeuvre... et la continue...
PASSANT
28/10/2025 à 10:54
Ps... Qu ' on enseigne aux ecoliers collegiens lyceens etudiants... à parler et ecrire le francais correctement... pour commencer...
NAUWELAERS
28/10/2025 à 22:06
Passant,
Content que vous interveniez !
Alors que les élèves doivent impérativement apprendre l'anglais -prédominant dans notre monde actuel -et que le niveau du français (et de la lecture) s'effondre, je trouve aberrant de devoir encore ajouter l'étude de langues régionales dans un contexte pareil...
Cela n'a aucun sens et cela prouve que l'enfer est pavé de bonnes intentions.
Respect pour les langues régionales mais je crains qu'il ne soit tout simplement pas possible d'intégrer leur étude de façon obligatoire, à tout le reste.
Pitié pour les élèves !
Précision importante: il est normal de proposer des options facultatives d'études de langue régionales, tout comme pour le latin (dont est issu le français -le bas-latin plus exactement).
Bref il faut un sens des priorités et Dieu sait si j'ai un esprit littéraire et que je n'aurais pas aimé, sans doute, de devoir suivre des cours de codage informatique...
Mais ici en Belgique, on doit apprendre le français et le néerlandais, puis l'anglais et l'allemand !
Dieu merci, on ne nous a pas enseigné des cours de wallon, notre langue régionale à nous.
Que ceux que cela passionne puissent s'y intéresser, c'est tout, mais pas comme matière obligatoire.
Je ne sache pas que les étudiants en anglais, en Angleterre, doivent apprendre le gallois ?
Un peu de sérieux svp.
CHRISTIAN NAUWELAERS
perkeo
28/10/2025 à 10:43
La perte des langues et parlers régionaux est un problème mondial, pas seulement un problème européen.
Les polémiques sur la question des langues régionales montrent la stupidité de certains idéologues de gauche: ils semblent penser que c'est seulement en délaissant les cultures autochtones qu'on se montre accueillant par rapport aux cultures non autochtones. Comme si favoriser le multiculturalisme impliquait mépriser la culture autochtone.
laurent
23/12/2025 à 11:48
La promotion la la langue basque va de pair avec celle du projet marxiste-léniniste d'indépendance de la région basque. De plus (les français hors pays basque ne peuvent s'en rendre compte) cette promotion accompagne un rejet de la langue et de la culture françaises. Il n'y a que voir comment les panneaux signalétiques en langue française sont systématiquement barbouillés de noir. Le courant indépendantiste est parvenu à ériger chez ses affilés une haine du français et de l'espagnol (langue et habitants).
M. Brisson a pour seule préoccupation de se faire réélire quitte à transiger avec les valeurs françaises démocratiques : qui s'offusque des fêtes réalisées en l'honneur de terroristes qui ont assassiné de sang froid des français, des espagnols et aussi des basques, un des leurs (dont Yoyes assassinée devant son enfant) ? C'est tout cela que recouvre (au frais de l’État français) la promotion de la langue basque et corse.
Effectivement, il existe des enjeux plus vitaux que ce nombrilisme identitaire.