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Antonin Artaud face au théâtre balinais : naissance du Théâtre de la Cruauté

En 1931, au bois de Vincennes, l’Exposition coloniale internationale fut pour Antonin Artaud une expérience décisive. C’est là, devant les danses balinaises, qu’il découvrit un art total — fait de rythme, de souffle et de présence — qui allait bouleverser sa conception du théâtre et inspirer Le Théâtre et son Double. Par Ilios Chailly.

Le 27/10/2025 à 12:51 par Auteur invité

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27/10/2025 à 12:51

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Cet article, initialement prévu pour le numéro 16 de la revue Écho Antonin Artaud consacré à Artaud et l’Asie, revient sur cette rencontre fondatrice et sur le contexte historique dans lequel elle s’inscrit. 

L'interruption d'Écho Antonin Artaud n’est pas un abandon, assure Ilios Chailly. Elle tient à des circonstances personnelles et au besoin de laisser mûrir des travaux de longue haleine. Deux ouvrages de grande ampleur sont déjà achevés : l’un sur Artaud, la maladie, la psychiatrie et les drogues, l’autre consacré au Théâtre et son Double. D’autres projets suivront, dont une biographie complète et la création envisagée d’une maison d’édition « artaldienne », dédiée à la diffusion d’études et d’écrits rares sur l’auteur du Pèse-nerfs.

Antonin Artaud et la révélation du théâtre balinais

En novembre 2025 devait paraître le numéro 16 de la revue Écho Antonin Artaud, consacré à Antonin Artaud et l’Asie. Ce numéro devait constituer le troisième volume de la troisième année de la revue — une année pensée comme un cycle de six publications explorant les grandes sphères de l’univers Artaldien : Artaud et le cinéma (n°14 / juin 2025), Artaud et le surréalisme (n°15 / septembre 2025), Artaud et l’Asie (n°16 / novembre 2025), Artaud et le théâtre (n°17 / janvier 2026), Artaud et l’ésotérisme (n°18 / mars 2026) et Artaud et l’enfance (n°19 / mai 2026).

Finalement, cette troisième année n’a pas vu le jour. Mais le projet, lui, n’est pas éteint. Comme l’ensemble de la conception éditoriale était bien avancé, les textes existent, le travail demeure, prêt à renaître sous une autre forme. Peut-être, dans quelques années, lorsque les conditions seront plus favorables, cette troisième saison pourra-t-elle enfin paraître.

Conçu à l’origine pour le numéro 16 d’Écho Antonin Artaud, l’article Antonin Artaud et la révélation du théâtre balinais devait, dans sa forme finale, être plus long, plus développé et illustré de nombreux documents. Son adaptation au format du blog offre toutefois un avantage inédit : la possibilité d’y intégrer — comme vous allez le constater en le lisant — un enregistrement sonore authentique du théâtre balinais de l’époque.

Ce document issu des archives de la BnF permet d’entendre ce qu’Artaud lui-même découvrit lors de cette rencontre déterminante : le choc rythmique, la musicalité du geste et du souffle, cette pulsation originelle qui allait orienter toute sa réflexion vers un théâtre à la fois archaïque, total et à venir.

Le présent article n’a pas pour objectif d’approfondir les dimensions théâtrales, philosophiques ou techniques liées à la découverte du théâtre balinais, mais de revenir sur le contexte historique de l’Exposition coloniale de 1931 et sur la rencontre décisive d’Artaud avec ce théâtre. Ces questions seront développées plus en détail dans un ouvrage de 450 pages, aujourd’hui achevé mais encore en attente d’un éditeur à la hauteur du projet, consacré à une analyse approfondie du Théâtre et son Double — fruit de quatorze années de recherche —, dont la présentation publique du contenu aura lieu prochainement.

Artaud à l’Exposition coloniale de Marseille (1922) : la première rencontre avec le théâtre oriental

Avant Bali, avant 1931, avant que ne s’impose la formule du théâtre oriental comme révélation fondatrice, il y eut Marseille — et 1922. D’avril à novembre, la cité phocéenne accueillit sa seconde exposition coloniale, un événement d’envergure financé par la Ville, la Chambre de commerce et le Département des Bouches-du-Rhône. Prévue avant la Grande Guerre, l’exposition n’avait pu voir le jour en raison du conflit ; son organisation ne reprit qu’après 1918. Par décret du 15 avril 1919, M. Adrien Artaud — encore un Artaud —, président de la Chambre de commerce de Marseille, fut nommé principal organisateur de l’événement, en remplacement de M. J. Charles-Roux.

L’objectif de l’exposition était de renforcer les échanges entre la France et ses colonies, tout en faisant découvrir au public ces territoires lointains. Installée sur le même site que celle de 1906, à l’est de la ville, elle s’étendait sur un vaste parc de trente-six hectares, à l’angle des boulevards Rabatau et Michelet, au bout de l’avenue du Prado, entre deux quartiers industriels. Son plan, de composition classique, s’articulait autour d’une grande allée centrale menant à une esplanade dominée par le Grand Palais. Entre pavillons exotiques, spectacles et reconstitutions, l’événement offrait une invitation au voyage, tout en véhiculant les stéréotypes de l’époque sur les peuples colonisés et la grandeur impériale française.

La section de l’Indochine présentait un ensemble architectural spectaculaire : un palais central reproduisant fidèlement le temple d’Angkor Vat, entouré de pavillons isolés inspirés de différents styles d’Extrême-Orient. Portés par le succès de la première apparition des danseuses royales cambodgiennes lors de l’exposition de 1906, les organisateurs de l’édition de 1922 invitèrent à nouveau les danseuses de la cour du roi Sisowath, venues se produire devant le temple reconstitué. C’est là qu’Antonin Artaud, alors âgé de vingt-six ans, découvre pour la première fois un art venu d’ailleurs. Dans une lettre adressée à Génica Athanassiou, le 20 juillet 1922, il évoque sobrement cette visite : « J’ai visité ici l’Exposition coloniale. J’en ai une impression de désolation, et aussi de calme et de fraîcheur. Du soleil, des robes claires. »

Derrière la brièveté de la note d’Artaud se devine une tension typiquement artaldienne : la fascination pour une forme d’expression corporelle sacrée se mêle à la désolation devant le spectacle d’un monde livré à la mise en scène coloniale de ses différences.

L’atmosphère de ce qui était prévu pour l’exposition est fidèlement restituée par Charles Régismanset dans son ouvrage L’Exposition nationale de Marseille 1922 : « On ne saurait concevoir une exposition indo-chinoise sans théâtre, sans danses et sans cortège. Marseille reverra les charmantes danseuses cambodgiennes, leurs costumes somptueux, leurs tiares étincelantes, leurs masques étranges et le lent déploiement de leurs danses sacrées. Elles y ajouteront cette fois des tableaux vivants qui reproduiront les scènes les plus connues du Ramayana. Enfin, la troupe des petits danseurs annamites de la cour de Hué mènera sur la grande esplanade ses évolutions pittoresques, illuminées d’innombrables lanternes, comme une ronde de lucioles dans la nuit étoilée. »

Cette description, empreinte du lyrisme colonial de l’époque, se conclut sur une célébration symbolique : « Ainsi s’affirmeront à nouveau les liens qui unissent la grande métropole provençale et notre grande colonie d’Extrême-Orient. Pour en donner un vivant et fastueux symbole, écrit le rédacteur de la belle notice publiée sous la direction de M. Pierre Gues de, par une belle nuit digne du ciel oriental, au son des gongs et des tam-tams, dans la frénésie des pétards, dans la fantasmagorie étincelante des oriflammes et des parasols, des armes et des oripeaux éclatants, on célébrera, une fois de plus, les noces joyeuses de la Tarasque et du Dragon. »

À LIRE - Muses, suppliciées et ressuscitées : les femmes selon Artaud

Le théâtre balinais à l’exposition coloniale internationale de 1931

Le 6 mai 1931, Paris célèbre avec faste l’ouverture de l’Exposition coloniale internationale, installée au bois de Vincennes, à la Porte Dorée. Conçue pour glorifier la puissance de l’empire français — alors présenté comme « la plus grande France » —, cette exposition se veut à la fois vitrine du progrès et manifeste de domination. À travers ses pavillons monumentaux, elle met en scène non seulement les territoires français d’outre-mer, mais aussi l’ensemble des empires coloniaux européens. Le message est explicite : affirmer la suprématie de la civilisation occidentale et la légitimité de sa prétendue mission civilisatrice.

Sur cent dix hectares, le spectacle est saisissant. De mai à novembre 1931, plus de huit millions de visiteurs arpentent les allées du bois de Vincennes, totalisant près de trente-trois millions d’entrées. Parmi les réalisations les plus emblématiques, la reconstitution du temple d’Angkor — haute de cinquante-cinq mètres et illuminée chaque soir de jeux de lumière spectaculaires — attire des foules émerveillées, témoignant de la force de fascination d’un imaginaire colonial soigneusement construit.

Mais c’est dans le pavillon des Indes néerlandaises, à partir du 11 juillet 1931, qu’a lieu un événement appelé à marquer durablement l’histoire du théâtre moderne : la découverte du théâtre balinais. Les représentations se déroulent sans décor, dans une atmosphère presque rituelle. De lourds rideaux de velours sombre encadrent la scène. Deux orchestres – gongs, clochettes de cuivre, cymbales, tambourins – tissent un espace sonore vibrant, fait de résonances métalliques et de pulsations profondes. Les hommes portent des costumes sobres, tandis que les femmes, drapées de fourreaux verts et violets brodés d’or, déploient une somptueuse gestuelle. Leurs corps semblent animés d’un frémissement continu : bras ondulants, doigts effilés prolongés d’ongles postiches, visages impassibles, tout concourt à produire une tension hypnotique entre rigueur et transes maîtrisées.

De juin à septembre 1931, un groupe d’environ cinquante artistes balinais participa à l’Exposition coloniale, logé au Pavillon néerlandais. Ce pavillon fut conçu comme une véritable pièce maîtresse de l’exposition. Dessiné par les architectes P.A.J. Moojen et W.J.G. Zweedijk, il s’inspirait de divers monuments vernaculaires de l’Indonésie. Son imposante façade de 110 mètres de long couvrait plus de 6 000 m², en s’appuyant sur un style « malais » stylisé (toit très pentu, tours juxtaposées) qui devait évoquer l’Orient indonésien.

Le site était décoré de sculptures de pierre et s’ornait d’un toit monumental culminant à 50 m. Pourtant, l’intérieur adoptait un goût plus moderne : les concepteurs mêlèrent architecture traditionnelle et design Art déco afin de présenter les produits coloniaux dans une ambiance « progressiste ». À l’arrière du pavillon principal, une muraille balinaise reliait le hall principal à un petit bâtiment d’exposition. Cette construction extérieure mettait en scène un candi bentar (porte fendue typiquement balinaise) débouchant sur une cour de temple reconstituée avec ses autels et ses pagodes en miniature. Au centre de cette implantation se trouvait la « place des Indigènes », accessible par une majestueuse porte de Bali en pierre sculptée. C’est précisément sur cette place que furent installés la plupart des spectacles de danses coloniales.

Le 24 juin, une répétition privée des spectacles balinais fut ouverte à la presse, suivie, le lendemain, d’une première représentation réservée à des invités officiels. Placée sous l’égide du roi de Bali et de la Principauté d’Ubud, cette délégation rassemblait environ 45 artistes (en majorité hommes, complétés par une douzaine de danseuses) Dans la nuit du 28 juin, alors que la princesse Juliana des Pays-Bas était en visite à Paris, un incendie ravagea le Pavillon néerlandais.

Bien que les collections aient été en grande partie détruites, le théâtre fut épargné par les flammes, ce qui permit la reprise des représentations dès le 30 juin. Ce sinistre contribua paradoxalement à renforcer l’intérêt du public pour les spectacles balinais, qui connurent un tel succès que le départ de la troupe fut retardé de trois jours, prolongeant le Gala Balinais jusqu’au 7 septembre.

Artaud aurait probablement assisté à une représentation donnée autour du 1er août 1931. Dans cette forme de théâtre, où la musique, le geste et le rythme se fondent en un langage sacré, il pressent la possibilité d’un art total – un théâtre de la pure présence. Quelques jours plus tard, il se retire à Argenton-Château, dans les Deux-Sèvres, pour un séjour de repos et de désintoxication, soutenu financièrement par Denoël.

Le 15 août, encore habité par cette expérience, Artaud écrit à Jean Paulhan une longue lettre contenant le texte intitulé Le Théâtre balinais à l’Exposition coloniale, dont la première partie paraît dans La Nouvelle Revue Française (n° 217, 1er octobre 1931). Rédigée au début du mois d’août, vraisemblablement les 11 et 12, cette lettre deviendra, quelques années plus tard, l’un des textes fondateurs du Théâtre et son Double.

L’intérêt d’Artaud pour l’écriture de ce texte ne surgit pas sans contexte : dès le 8 juillet 1931, Florent Fels, directeur des revues Action et Voilà — auxquelles Artaud avait déjà collaboré et allait de nouveau collaborer — publiait dans Le Journal de la Semaine l’article À l’Exposition coloniale : danses de Bali :

Il est cependant un spectacle de la plus haute valeur esthétique, et d’une inoubliable beauté. Près du palais des Indes Néerlandaises, de cette merveille qui contenait les plus somptueux joyaux d’art de l’exposition, où les vitrines s’étoilaient de l’éclat des ors, des pierres précieuses enchâssés dans les bijoux les plus rares et les plus délicats que des mains subtiles et fines d’asiatiques aient ciselés et portés, prés de cet atroce monceau de cendre, subsiste encore, simple, net, parfait, comme tout ce que l’on construit en Hollande, le théâtre de Bali. C’est là que, chaque soir, danseuses et danseurs de Bali, s’animent au son du Gamelan. (…)

 

Séparée de Java par le détroit qui porte son nom, Bali est traversée par une chaîne de montagne du Nord-Ouest au Sud-Est. C’est là que demeurent les dieux, cependant que les esprits affectionnent plus particulièrement les forêts nombreuses, certaines impénétrables, qui couvrent le sol de cette île abondamment habitée. Le brahmanisme y règne, mais c’est le culte de Siva qui est le plus fréquemment célébré. (…) Même à l’Exposition Coloniale, en ce théâtre de Bali, il semble que l’on soit aux extrêmes de la sensibilité asiatique, aux confins d’une beauté primitive et savante.

 

- Florent Fels, À l’exposition coloniale, Danses de Bali dans VU n° 173 du 8 juillet 1931. 

Le programme du théâtre balinais de l’exposition coloniale de 1931

Le programme artistique proposé se composait d’un ensemble cohérent de danses et de pièces musicales représentatives de la culture balinaise. Il débutait généralement par le Gong, qualifié « d’épilogue musical », qui introduisait l’univers sonore du gamelan, base rythmique essentielle du théâtre balinais. Suivaient la Danse du Gong, ainsi que des numéros emblématiques comme le Legong, danse féminine codifiée aux gestes précis et stylisés, et le Djanger, pièce chorale alternée entre voix masculines et féminines. Des œuvres plus rares telles que Gebiar ou Lasem, issues du théâtre dansé traditionnel, enrichissaient encore la diversité du répertoire.

Certains numéros relevaient d’un registre rituel plus marqué, tel le Chant du Sang Hyang, associé aux états de transe et aux cérémonies religieuses, rarement montrées hors de leur contexte sacré. L’Angkloeng, « intermède musical » joué avec des instruments de bambou, apportait une touche plus légère et contrastée. Le programme pouvait aussi inclure un épisode du Ramayana, illustrant l’ancrage des traditions hindoues dans l’imaginaire balinais. D’autres formes de théâtre, comme le Topeng, où des danseurs masqués incarnent des figures mythiques ou historiques, figuraient également au répertoire, de même que des pièces plus populaires comme le Djojed ou la Musique de Gamboeh.

Le point culminant du spectacle était souvent la représentation de la Rangda, également appelée Tjalong Arang, scène dramatique mettant en jeu la sorcière mythique Rangda dans un combat contre les forces du bien, symbolisées par les figures du Barong. Cette séquence, spectaculaire et empreinte d’une intensité rituelle, laissait une impression durable sur le spectateur.  (Lire l’article de Juliana Coelho de Souza Ladeira, To the Extremes of Asian Sensibility’ Balinese Performances at the 1931, ‘‘Anthropological Journal of European Cultures’’, Vol. 31, 2022).   

Selon le chorégraphe américain L.C. Pronko (1967), le spectacle type comprenait neuf numéros : deux morceaux purement instrumentaux (appelés Gong et Lasem), et sept danses enchaînées, par exemple le Kebyar (une danse à l’orchestre gamelan brillant et très moderne pour l’époque), le Djanger (danse mixte à deux voix), la Legong (danse féminine élégante), la Baris (danse guerrière), le Rakshasa, et le célèbre Barong (danse du lion-démon). In : Cobina Gillitt, A Legacy of Theatricality : Antonin Artauds encounter with balinese Gamelan.

Chacune de ces représentations, d’environ 45 minutes, était accompagnée d’un ensemble de percussions métalliques dirigé par I Dewa Gede Mandra. Cette musique envoûtante fascinait les journalistes du temps, qui y reconnaissaient l’écho mystérieux des forêts tropicales. Il est difficile de dire précisément ce qu’Artaud a vu, mais dans son article Sur le théâtre balinais, il évoque une scène où un père réprimande sa fille, révoltée contre les traditions. La pièce s’ouvre sur l’apparition d’un fantôme, et, dès lors, les personnages se meuvent comme des spectres, pris dans une sorte d’hallucination collective.

Alliant richesse visuelle et chorégraphies sophistiquées, le théâtre balinais fut l’un des temps forts de l’Exposition coloniale de 1931, à la fois vitrine artistique et mise en scène d’un exotisme soigneusement orchestré. Les numéros présentés révélaient les deux facettes de cet art : une dimension spectaculaire, portée par des danses dynamiques et colorées, et une dimension spirituelle, incarnée par des gestes symboliques rigoureusement codifiés. Dans le film documentaire Gamelan de Bali (1931), Armand Denis montrait ainsi que chaque mouvement de danse représentait « un diagramme de conflits spirituels figés ».

La contre exposition des surréalistes

Alors que la presse exalte la gloire impériale de cette exposition coloniale, les surréalistes, eux, dénoncent la supercherie.

En mai, ils diffusent un tract au titre sans équivoque — Ne visitez pas l’Exposition coloniale  — véritable brûlot contre l’exploitation, la domination et le racisme dissimulés sous le vernis du progrès : « L’idée du brigandage colonial (le mot était brillant et à peine assez fort), cette idée, qui date du XIXᵉ siècle, est de celles qui n’ont pas fait leur chemin. On s’est servi de l’argent qu’on avait en trop pour envoyer en Afrique, en Asie, des navires, des pelles, des pioches, grâce auxquels il y a enfin, là-bas, de quoi travailler pour un salaire ; et cet argent, on le représente volontiers comme un don fait aux indigènes. Il est donc naturel, prétend-on, que le travail de ces millions de nouveaux esclaves nous ait donné les monceaux d’or qui sont en réserve dans les caves de la Banque de France. Mais que le travail forcé — ou libre — préside à cet échange monstrueux, que des hommes qu’il est permis de tenir pour moins pervertis que nous, peut-être pour éclairés comme nous ne le sommes plus sur les fins véritables de l’espèce humaine, du savoir, de l’amour et du bonheur humains… »

Quelques mois plus tard, à l’automne 1931, surréalistes et communistes unissent leurs forces pour organiser une contre-exposition, La Vérité sur les colonies, installée sur l’actuelle place du Colonel-Fabien, là même où se trouve aujourd’hui le siège du Parti communiste français.

À LIRE - "Comprendre l'œuvre d'Artaud ne nous rend pas meilleurs mais plus humains"

Répartie sur trois niveaux, l’exposition mêlait documents politiques, photographies, caricatures et objets ethnographiques. Le rez-de-chaussée présentait les réalités du travail forcé et de la répression en Afrique ou en Indochine. Le premier étage, conçu par Aragon, Breton, Éluard, Tzara et Sadoul, proposait une remarquable collection de masques, statuettes et instruments africains, océaniens et américains, affirmant la valeur spirituelle et esthétique des arts des peuples colonisés, jusque-là méprisés par l’Occident. Enfin, la dernière salle, ornée de citations de Marx et de Lénine, exaltait le modèle soviétique, perçu comme une alternative fraternelle entre nations libres.

Malgré une fréquentation très modeste — à peine cinq mille visiteurs, contre plus de huit millions pour l’Exposition coloniale officielle —, et malgré les divisions au sein même du mouvement communiste, la Contre-Exposition de 1931 marqua une étape décisive. Pour la première fois, elle associa avec une telle intensité l’avant-garde artistique et le combat anticolonial, ouvrant la voie à une critique radicale de l’idéologie impériale et du regard occidental sur l'« autre ».

Crédits photo : Domaine public (Ilios Chailly)

 
 
 
 
 
 
 

 

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

2 Commentaires

 

Ilios Chailly

27/10/2025 à 13:37

Mille mercis, une fois encore, à Actualitté pour la publication de cet article. Pour ce qui est de la partie consacrée à la contre-exposition surréaliste, je recommande la lecture de l’excellent travail d’Alain Ruscio, « Communistes et surréalistes contre la grande foire coloniale ».

Edco

28/10/2025 à 11:17

Ouah quel article, bravo , merci.
Ce serait bien d' indiquer en début d ' article , le temps moyen pour le lire ....hihi..
Trêve de plaisanterie, pour les amateurs, je recommande
De Paule Thevenin " Antonin Artaud, ce désespéré" ..
Et surtout " la véritable histoire d Artaud , le momo " de Mordillat et Prieur
Et un peu de poésie.....6 min....🤭
""Tutuguri, Le rite du soleil noir" d’Antonin Artaud, l'extrême lucidité du poète : épisode du podcast L'Instant poésie de Léonie Pernet | France Culture" https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-instant-poesie/tutuguri-le-rite-du-soleil-noir-d-antonin-artaud-l-extreme-lucidite-du-poete-9583560

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L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

03/04/2026, 06:00

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Quais du Polar 2026 : qui domine vraiment le polar aujourd’hui ?

À Lyon se déploie chaque année une programmation d’envergure internationale, reflet apparent de la vitalité du roman noir. Mais que révèle cette sélection lorsqu’elle se confronte aux dynamiques réelles du web littéraire ? En croisant la liste des auteurs invités avec les indicateurs de visibilité, une autre géographie du festival se dessine : moins institutionnelle, plus révélatrice des circulations effectives des œuvres, des hiérarchies d’audience et des mutations profondes du genre.

02/04/2026, 17:30

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De la Mouffe à la Cartoucherie : l’histoire d’un théâtre radical

Dans un rêve survenu dans la nuit du 15 au 16 février 2026, un ancien interprète d’Artaud retourne au Théâtre de l’Épée de Bois, comme rappelé à une filiation souterraine. De la rue Mouffetard aux laboratoires des années 1960-1970, se dessine un théâtre-champ de bataille où l’ombre d’Artaud continue de travailler les corps et les lieux. Par Ilios Chailly.

05/03/2026, 17:22

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Campagne et roman : la nouvelle vague du rural noir qui chamboule la littérature contemporaine

Ils sont irlandais, gallois, néerlandais, espagnols, belges, américains, français. Ils écrivent des polars, des sagas familiales, des romans d'apprentissage, des récits autofictionnels, des fables politiques. Leurs romans se passent dans des hameaux isolés du Cantal, des marécages de Virginie, des collines de Cumbrie, des plateaux du Jura, des forêts du Jura suisse, des montagnes de Corrèze. Ce qu'ils ont en commun, c'est de faire du monde rural le territoire central de leur fiction.

03/03/2026, 19:24

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Éditeurs, agences, organisations... Quels lobbys pour le secteur du livre ?

Lobbies, groupes de pression ou d'influence... Peu importe leur dénomination, ces entités tentent d'influencer le débat public, le vote des lois et la politique de l'État. Le secteur du livre, dont les logiques sont parfois industrielles, n'échappe pas à ce phénomène. Des données publiées par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) permettent de dresser une carte du lobbying en 2024, avec une présence forte des éditeurs et des organismes de gestion collective.

02/03/2026, 16:19

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Amazon, Microsoft, Fnac-Darty... Les lobbys des multinationales à l'assaut du livre

En tant qu'industrie culturelle aux importants revenus, doublée d'une capacité d'influence non négligeable, le secteur du livre et son encadrement suscitent bien des convoitises. Quelques multinationales aux moyens conséquents n'hésitent pas à solliciter les représentants publics, afin d'influer sur les votes ou la politique générale. En 2024, Amazon et Fnac-Darty se sont montrés particulièrement offensifs...

02/03/2026, 16:18

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Lobbys et groupes de pression : une transparence insuffisante ?

Comme d'autres industries et secteurs culturels, le livre n'échappe pas aux pouvoirs de lobbies et groupes d'influence, qui informent les décisions publiques, mais tentent aussi de les orienter à leur profit. Afin d'encadrer ces pratiques et d'éviter des dérives dommageables pour la démocratie, quelques obligations existent, malgré tout très limitées.

02/03/2026, 16:18

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Witold Gombrowicz, l’ennemi radical des identités figées

Dans cet article, Charles Garatynski relit l’œuvre de Witold Gombrowicz comme une entreprise radicale de déstabilisation des identités, des rôles et des formes sociales. De Ferdydurke à Cosmos, l’écrivain polonais apparaît comme un penseur de l’inauthenticité, pour qui la littérature devient un espace de résistance contre les assignations culturelles, nationales et symboliques.  

09/02/2026, 16:33

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Hitler contre Artaud : comprendre une confrontation imaginaire

Entre 1930 et 1932, Antonin Artaud séjourne à plusieurs reprises à Berlin, au moment même où la République de Weimar s’effondre. À partir d’archives, de lettres, de manuscrits et d’une relecture attentive des textes asilaires, Ilios Chailly retrace ces séjours berlinois et interroge l’une des affirmations les plus troublantes d’Artaud : sa rencontre supposée avec Adolf Hitler.

27/01/2026, 13:06

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Heated Rivalry : comment une romance entre hockeyeurs a déclenché une folie mondiale

Il y eut After, Calendar Girl et bien d'autres : un autre phénomène se profile, sur fond de patinoire. Heated Rivalry, romance sportive homosexuelle d'après l'oeuvre de Rachel Reid, connaît un engouement fulgurant depuis son adaptation télévisée – avec un raz de marée sur les livres en bibliothèques et librairies américaines. Parue sans faire de bruit en France dès 2021 (avant de disparaître des rayons), la saga reviendra dans une nouvelle traduction. 

24/01/2026, 10:38

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Laâyoune, en attendant : entre football et Maroc, le Sahara face au réel

“Les sources“. En arabe, cela se dit Laâyoune, aujourd’hui la plus importante ville du Sahara occidental. Riche en nappes phréatiques dans une zone de désert, la ville a toujours représenté un lieu de repos. Et d’approvisionnement. En eau. Donc en vie. Et c’est là que Nicolas Rouillé installe son nouveau livre, Laâyoune, en attendant. Et malgré le silence du désert, de nombreux échos se font entendre. 

14/01/2026, 11:15

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Artaud face au marxisme : la révolution ne se limite pas à l’estomac

Le « momo » Ilios Chailly revient avec un texte ample et nerveux, consacré à Antonin Artaud et à l’idée d’une révolution vivante de l’esprit. Au fil d’une traversée du surréalisme, des ruptures avec Breton et des secousses mexicaines, notre spécialiste déroule une lecture combative, pleine d’éclats. Artaud y apparaît moins comme une figure à célébrer que comme une déchirure qui oblige à sortir des automatismes. Un long format pour qui veut prendre le temps d’une secousse intérieure.

29/12/2025, 13:11

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Ask this book : Amazon met une IA dans vos livres, un étrange assistant qui arrive sur Kindle

On l’a d’abord pris pour une commodité, un de ces petits raffinements qui rendent la lecture numérique plus fluide. Puis la question s’impose : qu’implique, au juste, un chatbot d’IA embarqué dans un livre ? Avec Ask this Book, Amazon dote l’application Kindle iOS d'un compagnon de lecture à qui poser des questions directement – personnages, intrigue, thèmes – et d’obtenir des réponses instantanées. 

15/12/2025, 10:07

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Éditions de Minuit : anatomie d’un mythe discret à l’ère des algorithmes

Que dit le web d’un éditeur lorsqu’on cesse de parler sur lui pour observer ce qui se dit autour de lui ? À l’heure où la critique littéraire se fragmente entre médias prescripteurs, plateformes numériques, blogs spécialisés et réseaux sociaux, l’image d’une maison d’édition ne se construit plus seulement dans ses catalogues ou ses manifestes, mais dans un écosystème discursif diffus, cumulatif, parfois contradictoire. Les Éditions de Minuit, réputées pour leur discrétion autant que pour leur exigence, offrent à cet égard un terrain d’observation singulier.

12/12/2025, 11:40

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Transgression au féminin : de Rim Battal à Mririda N’Aït Attik

Paris. Vendredi, 4 décembre 2025. Rim Battal présente à Montmartre, son roman, Je me regarderai dans les yeux, éditions Bayard. La narratrice, dix-sept ans, dénonce, dès la première phrase, avec des mots crus, le chantage à la virginité. « Cela n’a pas duré plus de cinq minutes, mais, j’eus l’impression de passer une journée entière, les jambes écartées, nues, sur cette table d’examen médical ». Par Mustapha Saha.

10/12/2025, 19:11

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Imaginer des mondes que la science finit par construire : l’incroyable pouvoir des néologismes

D’où viennent les mots qui façonnent notre imaginaire technologique ? Des laboratoires, des auteurs de science-fiction… ou d’un espace trouble entre les deux ? Le mémoire Néologismes, entre fiction et réalité explore précisément cette zone de frottement où se rencontrent écrivains visionnaires et ingénieurs bien réels. Une question traverse ces pages comme un fil rouge : comment les néologismes circulent-ils entre inventions fictives et réelles, jusqu’à parfois se répondre, se nourrir, se transformer ?

08/12/2025, 10:50

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3 € pour lire : mythes et réalités d’une “taxe sur la lecture”, sur fond de crise du livre

Enquête et contre-enquête... La tribune d'Amazon incriminant les frais de port obligatoires détaille un constat alarmiste : depuis l’entrée en vigueur de la loi Darcos, les lecteurs paieraient 3 € à chaque commande inférieure à 35 €, une « taxe sur la lecture », affirme Amazon France qui aurait déjà coûté plus de 100 millions d’euros aux lecteurs. Mais le discours du directeur général mérite d’être nuancé — voire contesté — à plusieurs égards.

08/12/2025, 06:30

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Derrière Les Humanoïdes associés, la mystérieuse galaxie Giger

La dégringolade des Humanoïdes associés et du groupe américain Humanoids a choqué les milieux de la bande dessinée et de la science-fiction. Cependant, ces liquidations successives ne semblent pas remettre en question l’activité éditoriale de la structure, entre un calendrier de nouvelles parutions et le maintien de Métal hurlant en kiosques. La conséquence d’un montage économique et financier basé sur une foisonnante galaxie d’entreprises…

05/12/2025, 15:18

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Henri Fellner : “On a passé toute notre vie dans un écosystème dysfonctionnel, illégal”

Lorsqu’Henri Fellner raconte son premier jour à l’AGESSA, pour préparer sa retraite, il est presque soulagé de « faire les choses dans les règles ». Il vient d’entrer dans le monde professionnel par la grande porte : des collaborations avec Bayard, des dessins publiés dans des journaux sérieux, un environnement éditorial structuré. Bref, le scénario idéal pour un artiste de bonne volonté. Pourtant, la scène qui se déroule ce jour-là est d’une absurdité glaçante.

05/12/2025, 10:38

Autres articles de la rubrique À la loupe

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Réduire la lecture à un plaisir ? C'est avant tout “un instrument de liberté”

À force de vouloir sauver la lecture, on finit parfois par l’enfermer dans deux cases : le divertissement agréable ou l’effort salutaire. Dans une tribune publiée par Libération, l’avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein déplace le débat. Les livres lui ont permis de franchir des frontières sociales, professionnelles et intellectuelles. Le plaisir ouvre l’ouvrage ; l’émancipation commence parfois à la page suivante.

16/07/2026, 15:07

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Renaud Lefebvre (SNE) : “Les opérateurs d'IA sont en infraction permanente”

L'année 2026 n'est pas de tout repos pour l'industrie de l'édition, confrontée à un repli des ventes et à un recul apparent des pratiques de lecture. Parallèlement, la situation budgétaire de l'État entraine une contraction des soutiens publics, tandis que de puissants acteurs technologiques prennent leurs aises, afin de développer des outils d'intelligence artificielle... Renaud Lefebvre, directeur général du Syndicat national de l'édition (SNE), est revenu pour ActuaLitté sur quelques sujets de préoccupation.

16/07/2026, 11:19

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Antiquité : ce que les Anciens avaient compris bien avant Internet et l’IA

Pourquoi l’Antiquité continue-t-elle de nous fasciner ? La question mérite d’être posée car nous savons aujourd’hui que les sociétés antiques étaient loin d’être parfaites. Elles connaissaient les guerres, les inégalités, l’esclavage, les luttes de pouvoir et les violences politiques. Pourtant, plus de deux mille ans après leur disparition, elles continuent d’habiter notre imaginaire collectif. Léa Varachaud publie aux éditions Grancher un essai sur ces rites et ce qu'ils nous apporteraient aujourd'hui encore.

15/07/2026, 15:12

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On a regardé Au fil des années : Prime Video remet l’amour d’été à flot

Prime Video replonge dans les amours d’été avec Au fil des années, adaptation de Tous nos étés, le phénomène de Carley Fortune. Entre deux temporalités, un lac canadien et 10 ans de non-dits, Percy et Sam rejouent la romance de la seconde chance. Fidèle au cœur du roman mais plus libre avec ses personnages secondaires, la série séduit malgré quelques longueurs et des dialogues parfois trop appuyés. Le charme, lui, demeure jusqu’au dernier épisode.

15/07/2026, 11:50

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C’est l’histoire d’une rencontre avec le livre d'Eleonore Frey

Certaines traductions naissent d’une commande, d’autres d’une fidélité obstinée : en s'attelant à Ainsi va Lipp, la traductrice Camille Luscher n’a cessé de vouloir faire entendre en français la voix singulière d’Eleonore Frey. Quatorze années auront été nécessaires pour que ce roman, paru en allemand en 1998, ne sorte en juin 2026 chez La Veilleuse, dans une version particulièrement soignée. À notre invitation, la traductrice revient sur cette longue aventure, sur une écriture qui déplace les mots et les normes, et sur l’insaisissable figure de Lipp.

13/07/2026, 16:13

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Le génie de Baudelaire : entre fatalité tragique et modernité poétique

PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.

13/07/2026, 10:27

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La lecture, une gourmandise : des recettes d'enfants pour donner envie de lire

Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.

10/07/2026, 15:16

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La Mer Salée, une maison d'édition “aujourd’hui détenue par ses lectrices et lecteurs”

Le secteur du livre, en France, connaît un fort repli économique, provoqué par une baisse générale des ventes de livres et une concentration des achats sur un nombre restreint de titres. Les structures indépendantes, librairies ou maisons d'édition, sont particulièrement vulnérables, si bien que de nouvelles organisations émergent. Sandrine et Yannick Roudaut, co-fondateur.es des Éditions La Mer Salée ont ainsi fait le choix de la structure coopérative, bien commun des lecteurs et lectrices. Ils s'en expliquent dans un texte reproduit ci-dessous en intégralité.

10/07/2026, 10:58

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Makassar “unique fautif” ? Pollen refuse le procès trop simple

La crise Makassar ne se résume pas, estime Benoît Vaillant, à la défaillance d’un seul — fut-il diffuseur-distributeur. À la tête de Pollen, il organise actuellement l’arrivée d’une trentaine de structures (principalement de BD), en collaboration avec Vincent Dodivers. Mais le président de Pollen réaffirme surtout le besoin d’une lecture plus collective, face à un modèle qu’ont fragilisé les coûts de stockage.

10/07/2026, 10:14

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OPlibris-Dilicom : une boussole pour la facture électronique

La facture électronique ne changera pas seulement le format des documents comptables. Pour les maisons d’édition indépendantes, elle pose une question plus concrète : où circuleront, demain, les factures, les données clients, les informations fournisseurs, les statuts de paiement et les écritures qui, jusqu’ici, passaient souvent par un outil de gestion, un PDF, un mail et un cabinet comptable ?

09/07/2026, 10:26

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Avec l'iridologie, Coralie Imhoff entend ”porter un autre regard sur votre regard”

Coralie Imhoff a publié aux éditions Quintessence L’iridologie psycho-émotionnelle - Explorer le lien entre terrain, émotions et inconscient à travers l’iris. Elle y présente une lecture de l’iris qui ne se limite pas au terrain physiologique, mais prend aussi en compte les émotions, l’inconscient et certains éléments transgénérationnels. L’ouvrage s’adresse aux thérapeutes comme au grand public, avec une cartographie et des signes observables sans matériel spécifique.

07/07/2026, 11:54

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“Le pilon, si redouté des auteurs, a-t-il un cœur ?”

En juin dernier, François Belley s’inquiétait de ce que les autrices et auteurs modernes entretiennent leur bronzage à grand renfort de selfies : se montrer ou disparaître, cruel avenir. Ou pas. Tout dépend des tempéraments, certainement. L’écrivain pirate marque une pause, pour mieux observer les ravages de l'industrie, sur ses propres ouvrages... Dans la tête du bourreau des livres, ou les états d’âme du pilon.

06/07/2026, 17:28

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Maison des histoires : jouer dans les albums jeunesse

Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.

06/07/2026, 17:19

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Facture électronique : l’édition indépendante ne peut pas laisser filer ses flux

À deux mois de l’obligation de réception des factures électroniques, OPlibris et Dilicom défendent un choix d’organisation : intégrer la réforme aux outils des maisons, plutôt que de les laisser dépendre d’un portail extérieur.

04/07/2026, 10:51

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À Kinshasa, La Maison du Savoir réinvente la librairie francophone

À Kinshasa, La Maison du Savoir s’est imposée en quelques années comme l’un des acteurs majeurs du livre. Fondée par Raïssa Hakim, pharmacienne de formation devenue libraire par conviction, l’enseigne compte aujourd’hui trois points de vente et poursuit son développement avec l’ouverture prochaine d’une quatrième librairie. Loin des réseaux habituels, Raïssa Hakim avance vite et bien dans l’une des plus grandes villes d’Afrique, en portant une image moderne, vivante et ambitieuse de la librairie francophone. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/07/2026, 16:39

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Roxane Blondel, un yoga à hauteur de soi : "Le yoga doit pouvoir s’adapter à chacun"

Avec Le Yoga qui vous ressemble – Des pratiques simples et accessibles pour chaque moment de votre journée, publié aux éditions Grancher, Roxane Blondel défend une pratique souple, concrète et inclusive. Professeure de yoga, créatrice d’outils pédagogiques et ancienne pâtissière, elle propose un ouvrage à consulter selon ses besoins, pour faire du mouvement un véritable soutien au quotidien.

25/06/2026, 16:19

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Quand le cloud fait de l'ombre : qui héberge désormais la mémoire culturelle ?

Où vivent vraiment les livres numériques . La Commission européenne estime, à titre préliminaire, que les services cloud AWS et Azure devraient relever du régime renforcé des « contrôleurs d’accès » du Digital Mrkets Act. Le dossier dépasse la concurrence : qui héberge les catalogues, les archives, les liseuses et les usages de lecture ? Voici une sélection de huit ouvrages qui ramènent le cloud à ses serveurs, ses contrats et ses sorties de secours.

 

25/06/2026, 12:56

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Michaël Ferrier, l’écrivain aux semelles de corail

PORTRAIT - Les carnets de voyage de Michaël Ferrier publiés mensuellement dans La Revue des deux mondes se lisent comme  autrefois lorsqu’on s’attachait à un feuilleton littéraire : par épisodes, par haltes, par reprises, avec ce plaisir particulier de retrouver une voix, un rythme, une manière d’entrer dans le monde. De l’Inde à la Guyane, de Pondichéry à Cayenne, il réactive la revue comme lieu d’apparition progressive de la littérature, celle du récit qui avance par fragments, celle de l’aventure donnée non d’un bloc, mais comme une suite précise et vivante.

25/06/2026, 12:17

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Même marché, mêmes règles : ce que la fast fashion explique au livre

En dénonçant le risque d’une loi fast fashion appliquée d’abord aux entreprises françaises, la Fevad soulève une question que l’édition connaît bien : comment réguler les pratiques des grandes plateformes sans faire peser l’essentiel des contraintes sur les acteurs les plus faciles à contrôler ? Dans le livre aussi, la vitesse de production, la rotation des références et la captation de la visibilité déplacent le risque vers les créateurs et les libraires.

25/06/2026, 11:53

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L'urgence de redéfinir “la notion de projet commercial et culturel en librairie”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Après la fragilisation économique du secteur, cette série interroge la valeur du conseil, la librairie comme lieu de débat et le projet culturel susceptible de donner sens à l’entreprise. Premier épisode : faire de la relation avec le lecteur une force visible.

24/06/2026, 16:22

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Les librairies, “commerces, d'accord, mais de proximité, de confiance et de relation”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? Évelyne Darmanin, auteure de cet article, est sociologue de formation. Elle nous propose une série de trois articles, qui questionnent et interrogent. Alors que les librairies souffrent dans un environnement trop calme, la notion de projet d’entreprise serait plus que jamais nécessaire. Ce premier volet défend une idée simple : la librairie ne se réduit pas à la vente d’un produit dont le prix échappe au libraire. Non, non...

24/06/2026, 16:21

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Librairies : “Il est grand temps de rallumer les consciences”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Le premier texte plaçait le conseil et la relation avec le lecteur au cœur de la valeur du métier. Le deuxième défendait la librairie comme espace de dialogue, de circulation des idées et de débat. Ce dernier volet interroge le projet d’entreprise capable d’articuler activité commerciale, transmission professionnelle, ambition culturelle et exigence démocratique.

24/06/2026, 16:15

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Un livre géant brûlé pour les 60 ans de l’Université de Rouen : le symbole qui dérange

Lors des festivités de la Saint-Jean, à Mont-Saint-Aignan, un grand livre en bois a été brûlé pour célébrer les 60 ans de l’Université de Rouen. ActuaLitté donne la parole à plusieurs universitaires, chercheurs et intellectuels, qui s’interrogent sur la portée symbolique d’un tel geste : peut-on célébrer le savoir en mettant en scène la destruction de l’un de ses symboles les plus forts ?

24/06/2026, 12:28

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Censure à Castres : Catherine Pégard interpellée par le Off Avignon

Avignon Festival & Compagnies, qui accompagne le festival Off Avignon, dénonce la déprogrammation à Castres de Passeport, pièce d’Alexis Michalik, par le maire RN Florian Azéma. L’association y voit une décision politique et idéologique, contraire à la liberté de création et de diffusion, et affirme son soutien à l’auteur comme à ses équipes.

23/06/2026, 17:42

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IA : comment améliorer les catalogues de bibliothèque sans numériser les livres ?

Alors que l’IA et le RAG s’imposent comme des pistes pour renouveler la recherche documentaire en bibliothèque universitaire, leur déploiement se heurte à une réalité matérielle et juridique : accès aux textes, numérisation des fonds, droits d’usage et coûts de traitement. Derrière la promesse de catalogues plus intelligents, la question demeure celle de l’autonomie des bibliothèques face aux grandes plateformes. Par Cédric Limousin.

23/06/2026, 16:16

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La canicule à son clim’axe : quand les climatiseurs volent la vedette

Une climatisation défaillante peut transformer un bureau d’espions en plage artificielle. Elle peut aussi obséder un conducteur, accompagner une solitude californienne, dérégler une tour de béton ou servir de voie d’accès à une prise d’otages. Dans les romans, l’air conditionné a sa mécanique, son humeur et parfois son sens du spectacle.

23/06/2026, 15:51

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IA et littérature : Hervé Le Tellier et Abel Quentin face à la grande dépossession

Face à l’intelligence artificielle générative, Hervé Le Tellier et Abel Quentin ne parlent pas seulement de littérature. L’un, venu des mathématiques et de l’Oulipo, interroge la disparition possible du geste d’écrire, le choc professionnel, psychologique et démocratique que provoquent les machines. L’autre cherche des lieux où préserver l’intelligence humaine, la lenteur, la joie et la confiance. 

20/06/2026, 11:22

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Les Éditions au Pluriel : la maison indépendante qui défend une littérature humaine et engagée

Dans le paysage de l’édition indépendante française et à travers ces différentes collections, les Éditions au Pluriel construisent un catalogue singulier Romans, essais, imaginaire, beaux livres ou récits de voyage. C’est un ensemble cohérent, animé par une même exigence : défendre des textes incarnés, accessibles et profondément humains.

19/06/2026, 17:57

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Le livre d’occasion, l’économie circulaire d’une filière linéaire

Dix années de commerce de seconde main, le Label Emmaus invitait à fêter son anniversaire à l'Académie du Climat, ce 18 juin. Un appel, finalement, pour comprendre ce qu’est le réemploie, qui le porte : « 10 ans d’engagement, d’innovation sociale et de coopération au service d’une économie plus juste et circulaire », explique l’organisme. Avec un volet consacré au livre d’occasion – toujours objet de fantasmes…

19/06/2026, 16:36

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“La cage n’est pas simplement un ensemble de barreaux de fer”

Dans Naissances au zoo, Ashraf Al Ashmawi fait du zoo une métaphore de la condition humaine. Ancien juge, il explore justice, pouvoir et fragilité des êtres, sans réduire ses personnages à des archétypes. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Littérature » pour Naissances au zoo, il répond aux questions d’ActuaLitté.

19/06/2026, 11:05

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Un label pour l’édition indépendante : “Quitte à le faire seul, faisons-le joyeusement”

Alors que Grasset sombre dans l’idéologie, que le mouvement de protestation contre l’instrumentalisation de grandes maisons d’édition au service d’une radicalisation politique et sociale voit le jour, il est grand temps de rendre nos indépendances plus visibles. Je crois en cette urgence, en cette nécessité d’afficher notre fierté (une notion peu mobilisée dans le secteur éditorial) d’être indé. Par Étienne Galliand, éditeur.

19/06/2026, 10:44

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“Accompagner la lecture est une affaire collective” (Association des Bibliothécaires de France)

L'Association des Bibliothécaires de France a ouvert, ce mercredi 17 juin, son 71e congrès à Rennes, au sein du Couvent des Jacobins. L'organisation a choisi un thème fédérateur, l'hospitalité, qui rappelle que les établissements de lecture publique incarnent le premier équipement culturel de proximité, par ailleurs libre d'accès. Un statut qui n'empêche ni les remises en cause ni les réflexions... Le bureau national de l'ABF a abordé, pour ActuaLitté, une variété de sujets à l'occasion d'un entretien.

18/06/2026, 13:11

ActuaLitté

“Des chemins de traverse” pour “donner de la joie” : le pari des éditions Poids Plume

Depuis le début de juin, les éditions Poids Plume ont confié leur diffusion et leur distribution à DG Diffusion. Fondée en 2022 à Morlanne, dans les Pyrénées-Atlantiques, par Gaëlle Perret, la maison indépendante entend renforcer sa présence en librairie. Stockage, suivi des ventes et logistique constituent les principaux leviers de ce passage à une diffusion nationale, sans dissocier développement commercial, illustration et transmission.

18/06/2026, 12:42

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Affaire Samuel Paty : “J'étais susceptible de reconnaître mes étudiants dans tous les jeunes accusés“

Dans Notes d’une enseignante sur le procès de l’assassinat de Samuel Paty publié aux éditions Maurice Nadeau, Eloïse Lièvre propose une approche incarnée et réflexive du procès des huit personnes accusées d’être impliquées dans l’assassinat de Samuel Paty qui s’est tenu à l’hiver 2024. Un livre qui mêle récit personnel, journal du procès, analyse intellectuelle et réflexion morale. Par Olivier Stroh.

17/06/2026, 18:24

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Intelligence artificielle en librairie : le risque de déposséder un métier

Aux Rencontres nationales de la librairie 2026, l’intelligence artificielle s’était invitée dans un double débat : celui de la création, du droit d’auteur et des œuvres, et celui, plus concret, des usages professionnels en librairie. Entre vigilance éthique et outils d’aide au pilotage, l’enjeu consiste à distinguer la menace du remplacement de la promesse d’une assistance pensée au service du métier. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, dépassionne le débat.

17/06/2026, 13:10

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Quand Gaston Bachelard nous aide à comprendre notre obsession pour l’IA

L’intelligence artificielle est généralement présentée comme une révolution technologique. On la décrit comme un ensemble d’algorithmes, de modèles statistiques ou d’infrastructures informatiques. Pourtant, cette définition technique ne suffit pas à expliquer l’intensité des passions qu’elle suscite. Par Bertrand Jouvenot.

17/06/2026, 12:52