À Amiens, la jeune Association de sauvegarde du patrimoine sépulcral (ASPS) lance un appel aux donateurs pour restaurer la tombe de Joseph‑Porphyre Pinchon (1871‑1953), « père » de Bécassine. Inhumé au cimetière Saint‑Acheul, l’artiste avait été promu officier de la Légion d’honneur en 1950. « Sa vie et son œuvre justifient pleinement que sa sépulture soit sauvée et transmise », insiste Pierre‑Louis Vasselle, pour l’ASPS.
Le 24/10/2025 à 17:59 par Hocine Bouhadjera
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24/10/2025 à 17:59
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Le devis de restauration a été établi à 25.632 € : métallerie‑peinture 10.495 €, pierre de taille 10.223 €, marbrerie‑gravure 4116 €, plaque décorative en lave émaillée 798 €. Aux dernières nouvelles, 8400 € ont été collectés , il reste 17.232 € à réunir.
Le projet a déjà été soutenu par la Ville d’Amiens, Le Souvenir Français, association nationale de mémoire qui entretient les sépultures et lieux des morts pour la France; le Conseil départemental de la Somme, l’association locale Art, Histoire et Patrimoine de Clairoix et plusieurs mécènes privés.
« Dès que nous sécurisons l’enveloppe de pierre de taille – un peu plus de 10.200 € –, nous lançons les travaux. Nous visons un démarrage dès janvier pour une livraison espérée en 2026 », nous précise Pierre‑Louis Vasselle.
Si le dossier a mis du temps à s’ouvrir, c’est d’abord pour des raisons juridiques. « Beaucoup se penchent sur le sujet depuis longtemps, mais la concession est privée et perpétuelle : impossible d’intervenir sans l’accord des ayants droit. Nous avons remonté la généalogie jusqu’aux années 1750 pour retrouver des cousins lointains. Ils n’avaient pas les moyens ni le souhait de financer les travaux, mais nous ont autorisés à agir sur le tombeau », explique‑t‑il. Cette étape franchie, la voie est libre pour une restauration complète, assortie de l’ajout d’une plaque à l’effigie de Bécassine.
Né à Amiens d’une mère originaire de Noyon, Joseph‑Porphyre Pinchon incarne des racines picardes jusque dans son nom de famille. Pierre‑Louis Vasselle, habitant de Noyon, est venu à s’intéresser à la figure amiénoise par la généalogie : « J’ai d’abord suivi cette piste familiale avant de redécouvrir un créateur dont je connaissais mal l’ampleur : Bécassine, bien sûr, mais aussi le peintre, ses œuvres religieuses et des toiles en musée. »
Formé à l’atelier de Fernand Cormon, Joseph‑Porphyre Pinchon s’impose en effet d’abord comme peintre animalier et spécialiste des scènes de vénerie, membre de la Société nationale des beaux-arts dont il deviendra vice-président. La Bretonne Bécassine est née dans La Semaine de Suzette le 2 février 1905, d’abord sur un « trou de page » comblé en urgence par la rédactrice Jacqueline Rivière et dessiné par Pinchon, avant de devenir l’une des héroïnes les plus identifiables de la culture visuelle française.
Entre 1913 et 1939, 25 albums signés Caumery & Pinchon paraissent et atteignent 1,2 million d’exemplaires vendus, un succès d’édition alors exceptionnel. Même la caricature l’a adoptée : le Bébête Show rebaptisait Jean-Marie Le Pen en « Pencassine », ingénue de façade, mordante en coulisses... Parallèlement, Joseph‑Porphyre Pinchon mène une carrière d’illustrateur et de peintre exposé (cartons de tapisserie, œuvres religieuses, musées). Bécassine est entrée dans le domaine public en 2024.
L’ASPS, créée début 2025, a obtenu la reconnaissance d’intérêt général : 66 % du don est déductible de l’impôt. Une demande de labellisation est également en cours auprès de la Fondation du Patrimoine. « Si nous sommes retenus, l’appel sera relayé nationalement et à l’étranger. On voit déjà l’élan : des promesses nous arrivent de tout l’Hexagone, jusqu’à Marseille. »
Au‑delà de la restauration, le projet vise un retentissement culturel et touristique. « Une fois la tombe restaurée, nous voulons créer des parcours mêlant art funéraire et mémoire littéraire : par exemple, relier Saint‑Acheul à La Madeleine, où repose Jules Verne. Amiens possède un patrimoine funéraire remarquable, qui parle aux visiteurs bien au‑delà des spécialistes », avance l’ASPS. L’office de tourisme, des associations locales et la Ville se disent intéressés pour structurer ces circuits. L’ajout d’une plaque à l’image de Bécassine contribuerait à ancrer Pinchon dans l’imaginaire des visiteurs.
La jeune association n’entend pas s’arrêter à Joseph‑Porphyre Pinchon. « Le suivant pourrait être le buste d’un officier de 1870 au cimetière de La Madeleine, aujourd’hui méconnaissable », explique Pierre‑Louis Vasselle.
Ce patient travail prolonge une démarche personnelle : « Depuis cinquante ans, en passionné de généalogie, je parcours les cimetières. J’y relève noms et dates. Depuis ma retraite, il y a cinq ans, je recolle des plaques. J’ai pu intervenir sur vingt à vingt‑cinq sépultures, parfois familiales. Aujourd’hui, l’association permet de donner de l’ampleur à ces gestes. »
Pour l'heure, l’association appelle le public, les entreprises et les institutions à boucler les 17.232 € manquants. « Chaque euro compte : dès que nous atteignons le seuil de la pierre de taille, les travaux démarrent. Nous voulons éviter que la tombe ne disparaisse. Sauver Joseph‑Porphyre Pinchon, c’est sauver une part de notre histoire culturelle », conclut Pierre‑Louis Vasselle.
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Pour soutenir la restauration, vous pouvez contacter l’ASPS (Association de sauvegarde du patrimoine sépulcral) — Pierre-Louis Vasselle au 07 63 74 67 34 ou par courriel à aspsfranceasps@outlook.fr — en précisant l’objet du don : « Monument Pinchon – Cimetière Saint-Acheul (Amiens) ».
Crédits photo : Pierre‑Louis Vasselle (Association de sauvegarde du patrimoine sépulcral )
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
1 Commentaire
Edco
25/10/2025 à 19:43
Ben Manu et Brigitte, allez un p'tit coup de pouce !!!! Maintenant que vous avez vendu " le Touquet"
S'il vous plaît, pour Bécassine.....ma cousine....ce serait cool 🙏🙏🙏🙏🫣🫣