Ce mardi 21 octobre, à partir de 19h, les militants de l’association L214 se sont mobilisés devant la soirée de remise du Prix Landerneau des lecteurs, organisée à Paris par les Espaces culturels E.Leclerc. L’action, qui s'est déroulée devant le restaurant Roxo/Les Bains, dans le 3ᵉ arrondissement, à quelques mètres de la cérémonie littéraire où étaient attendus Michel-Édouard Leclerc, Mazarine Pingeot, ainsi que les finalistes Nathacha Appanah, Marie Charrel, Guillaume Poix et Laurent Mauvignier.
Le 21/10/2025 à 19:00 par Hocine Bouhadjera
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21/10/2025 à 19:00
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L’association, connue pour ses enquêtes sur les pratiques d’élevage intensif, a profité de la visibilité du prix littéraire pour rappeler ce qu’elle dénonce comme une réalité dissimulée derrière les opérations de communication du groupe.
Pour Marine Le Tallec, chargée de campagnes agroalimentaires et porte-parole de L214, le choix du lieu est pleinement symbolique. « Ce prix, c’est une vitrine. Leclerc récolte un bénéfice en termes d’image, il se raconte de belles histoires à travers la culture et les livres. Mais derrière cette façade littéraire, il y a la réalité de l’élevage intensif : les pires pratiques de l’élevage des cochons. »
Depuis mars 2024, L214 a mené dix enquêtes dans des élevages fournisseurs du groupe. Ces investigations ont mis en lumière des conditions de vie d’« une cruauté extrême ». « Nous avons découvert des porcelets mutilés à vif, des truies incapables de bouger et des conditions sanitaires catastrophiques. », décrit la porte-parole. Les militants affirment avoir observé des animaux malades, des cadavres abandonnés dans les bâtiments et des pratiques contraires à la réglementation.
« Certaines exploitations ont fermé après nos révélations, mais E.Leclerc n’a pris aucun engagement ferme. Il reste l’un des plus gros acteurs de la grande distribution, avec près de 25% de parts de marché, et donc l’un des principaux responsables de la souffrance de millions de cochons », précise encore Marine Le Tallec.
La quinzaine de bénévoles et militants mobilisés a déployé une banderole proclamant « E.Leclerc vous raconte des histoires », pour « souligner le décalage entre la belle histoire d’un prix littéraire et la cruauté de l’élevage industriel ». Ils ont par ailleurs distribué des tracts, afin d'informer les passants et les invités de la cérémonie, et des panneaux seront également brandis, reprenant des images issues des enquêtes de l’association.
L’objectif, affirment ces derniers, n’est pas de perturber l’événement, mais de sensibiliser le public littéraire à un autre récit : celui des animaux réduits à des produits. « Nous voulons montrer que derrière le vernis culturel d’E.Leclerc, il y a une réalité bien moins reluisante. C’est une façon de rappeler qu’un engagement éthique doit accompagner la mise en avant de la culture et des valeurs humanistes. »
L’association demande à E.Leclerc de s’engager à respecter le Pig Minimum Standards (PMS), un protocole européen qui fixe un socle minimal de bien-être pour les porcs d’élevage, interdisant notamment les mutilations systématiques et le confinement des truies. « Certaines bêtes ne peuvent même pas se tourner dans leur cage, raconte Marine Le Tallec. D’autres enseignes ont déjà pris cet engagement, mais E.Leclerc s’y refuse. Il n’a pas adopté de politique claire pour mettre fin aux pires pratiques. Ce que nous demandons est pourtant simple : rehausser les standards et s’engager publiquement à sortir des pires systèmes d’élevage. »
Selon la militante, les échanges avec le groupe n’ont pour l’heure rien donné. « Nous privilégions toujours le dialogue, mais Leclerc ne respecte pas ses promesses. Après certaines enquêtes, il a cessé de s’approvisionner dans quelques élevages problématiques, tout en continuant à travailler avec d’autres du même type. Plutôt que de s’engager, l’entreprise tente de minimiser nos alertes, voire de restreindre nos actions, notamment au travers de mises en demeures. Nous refusons d’être bâillonnés. Nous continuerons à informer le public, car il a le droit de savoir. »

L214 profite également de cette action pour inviter le grand public, les auteurs et les lecteurs à se joindre à sa démarche. Une pétition, signée par plus de 100.000 personnes, est disponible sur son site, et l’association encourage les participants à la cérémonie à relayer son appel sur les réseaux sociaux.
« Nous voulons que les lecteurs et les invités de la soirée comprennent qu’il existe, derrière les belles histoires, une réalité de cruauté. Nous leur demandons de relayer notre message, de signer la pétition, de questionner E.Leclerc. Leclerc ne peut pas se draper dans la culture et la littérature tout en fermant les yeux sur la souffrance animale », souligne Marine Le Tallec.
Elle conclut : « Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons à E.Leclerc d’assumer sa responsabilité en matière d’approvisionnement et de s’engager contre les pratiques les plus cruelles. Tourner la page de l’élevage intensif serait le vrai pas vers la cohérence. »
Contactés par ActuaLitté, les Espaces culturels E.Leclerc n'ont, pour le moment, pas commenté.

Crédits photo : ActuaLitté (CC BY-SA 2.0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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