Le jury du quatrième Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris 2025 a couronné, mardi 14 octobre, Hajar Azell pour son roman Le sens de la fuite publié chez Gallimard et El-Mouhoub Mouhoud pour son essai Le Prénom paru au Seuil. Une mention spéciale a par ailleurs été décernée au Culte des saints musulmans, de Catherine Mayeur-Jaouen, édité chez Gallimard, et le Grand Prix du Jury à Abdelwahab Meddeb, disparu en 2014, pour l’ensemble de son œuvre.
Le 14/10/2025 à 18:44 par Hocine Bouhadjera
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14/10/2025 à 18:44
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Le deuxième roman de Hajar Azell suit Alice, jeune reporter qui parcourt Beyrouth, Le Caire et la Syrie au cœur des révolutions arabes avant de revenir à Paris, où une rencontre la conduit en Algérie sur les traces de ses origines. Le livre explore la fuite, l’exil et la quête d’identité. Diplômée de HEC et de l’École Polytechnique, Hajar Azell est aussi entrepreneure culturelle, directrice du magazine Onorient et enseigne entre la France et le Maroc.
El-Mouhoub Mouhoud, économiste franco-algérien, a de son côté été distingué pour un récit personnel et analytique, qui retrace son parcours depuis un petit village kabyle jusqu’à la banlieue d’Alger, puis son arrivée en France à l’âge de dix ans. À travers cette trajectoire, il interroge la mémoire de l’exil, les héritages familiaux et les identités façonnées par la colonisation.
Catherine Mayeur-Jaouen, professeure d’histoire des mondes arabes et musulmans à Sorbonne-Université, retrace, sur plus de mille ans, la naissance, l’essor et les métamorphoses d’un culte souvent méconnu mais central dans la spiritualité islamique. De l’Antiquité tardive à l’époque contemporaine, elle explore les croyances, pèlerinages et confréries qui ont façonné les sociétés musulmanes du Maroc à l’Indonésie.
À travers ce travail monumental, nourri de sources arabes et persanes, Catherine Mayeur-Jaouen propose une autre histoire de l’islam, celle des dévotions populaires, des saints et des lieux sacrés, confrontés à la modernité, au réformisme et au monde globalisé. Elle est aussi lauréate du prix Guizot de l’Académie française 2025.
Enfin le Grand Prix du Jury a été décerné au regretté Abdelwahab Meddeb, pour l’ensemble de son œuvre, à l’occasion de la parution de ses carnets de voyage Vers l’Orient, publiés aux éditions Stock, ainsi que de son essai L’Islam au croisement des cultures, paru chez Albin Michel.

Créé par la Grande Mosquée de Paris, ce prix littéraire récompense chaque année les auteurs du meilleur roman et du meilleur essai portant sur la civilisation musulmane. Il distingue les œuvres écrites ou traduites en langue française et publiées en France entre le 14 août 2024 et le 14 octobre 2025. Chaque lauréat reçoit une dotation de 3000 euros.
Le jury 2025 réunit des personnalités issues du monde intellectuel, littéraire et éditorial, placées sous la présidence de Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris.
Il est composé de : Djaïli Amadou Amal, écrivaine, Souleymane Bachir Diagne, philosophe et professeur à l’Université Columbia, Lucie Bressy, fondatrice des éditions À vue d’œil, Manuel Carcassonne, directeur général des éditions Stock, Claude Colombini, directrice des éditions sonores Frémeaux & Associés, Amina Damerdji, écrivaine, Jean-Louis Gouraud, journaliste, écrivain et éditeur, Martine Heissat, ancienne responsable du département des cessions de droits étrangers du Seuil, Delphine Jouenne, auteure et conférencière, Pierre Leroy, ancien PDG d’Hachette Livre, Aïcha Mokdahi, présidente de fondation, et Benjamin Stora, historien et professeur émérite des universités.
Lors des trois éditions précédentes, le Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris avait récompensé des voix fortes et variées. Dans la catégorie roman, Xavier Le Clerc avait été distingué pour Un homme sans titre (Gallimard), Abdelkrim Saïfi pour Si j’avais un franc (Anne Carrière) et Nour Malowé pour Le printemps reviendra (Récamier).
Côté essais, Karima Berger avait été primée pour Les gardiennes du secret (Albin Michel), Ahmad Massoud pour Notre liberté (Bouquins) et Dorothée-Myriam Kellou pour Nancy-Kabylie (Grasset). Enfin, le jury avait décerné un Grand prix du jury à Yasmina Khadra pour l’ensemble de son œuvre, ainsi qu’une mention spéciale à Louis Blin pour Victor Hugo et l’islam (Erick Bonnier).
Crédits photo : Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 20/02/2025
217 pages
Editions Gallimard
20,00 €
Paru le 19/09/2025
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Paru le 05/09/2024
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