Dès les premières pages, Ghosts of Gotham installe une atmosphère lourde d’ombre et de mystère : Gotham City, ses ruelles, ses lumières vacillantes, ses secrets qui jamais ne dorment. Le duo Tom Taylor / Mikel Janin choisit de ressusciter ce qui semblait enterré dans le passé des Wayne pour en faire la matière première d’un récit qui interroge l’identité, la perte et l’héritage.
Le 15/09/2025 à 12:34 par Nicolas Gary
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15/09/2025 à 12:34
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Le tome s’ouvre sur un flash‐forward intrigant : Batman semble confronté à un nouvel antagoniste qui n’est pas seulement un ennemi de l’ombre, mais quelqu’un qui connaît intimement les failles de Bruce Wayne, y compris celles liées à ses parents et à la nuit tragique de Crime Alley.
Tom Taylor ne se contente pas de dérouler une enquête classique ; il mêle présent et passé. Le lecteur alterne entre ce qui se jouait aux tout débuts de Bruce (Thomas Wayne, ses choix, ses regrets…), et les conséquences imprévues de ce passé sur Bruce adulte. Ce contraste fonctionne comme un miroir : le héros qui combat la criminalité à Gotham hérite non seulement d’un nom et d’une fortune, mais aussi de dettes morales et d’ombres familiales.
Bruce Wayne/Batman, sous la plume de Taylor, apparaît ici plus vulnérable qu’à l’accoutumée, non pas dans un sens physique, mais psychologique. Il doute, il se questionne sur ce qu’il doit refuser — notamment sur une offre dangereuse de médecine permettant de ralentir son vieillissement — et sur ce que cela signifierait de trahir ses principes.
Thomas Wayne, quant à lui, n’est pas réduit au simple rôle de parent martyr ou de figure lointaine ; Taylor l’inscrit dans une époque antérieure, avec ses propres erreurs, ses propres ambitions, parfois même ses propres zones d’ombre. Ce traitement nuance l’héritage dont souffre Bruce.
Sur le plan visuel, Mikel Janin brille. Son Gotham a les reliefs d’une ville qui porte ses cicatrices, et ses jeux de lumière et d’ombre ne sont pas décoratifs, mais essentiels. Les séquences de nuit, les rues mouillées, les reflets, tout cela participe à cette impression d’être constamment surveillé, hanté.

Le découpage est fluide, les transitions entre passé et présent ne désorientent pas, ce qui est un atout dans une construction narrative qui aurait pu devenir confuse. Le travail de colorisation renforce l’effet, alternant teintes sombres, parfois froides, et moments plus éclatés, lorsque le drame ou la révélation l’exigent.
Ce premier volume n’est pas exempt de réserves. Certains gadget narratifs — retours en arrière, promesses de révélations — peuvent apparaître comme des réécritures hasardeuses du mythos Batman, ce qui ne plaît pas à tous les puristes.
Par ailleurs, l’abondance d’éléments introduits — plusieurs intrigues secondaires, nouveaux personnages, implications morales complexes — risque de donner l’impression que le lecteur en a pour son argent, mais aussi de le perdre dans les ramifications futures, si le soin de la cohérence n’est pas maintenu.
Mais au-delà de ces bémols, ce qui se dessine est une promesse de renouveau pour Detective Comics. Ghosts of Gotham installe une nouvelle ère, non pas en jetant tout ce qui existait, mais en revenant aux fondements — la famille, la culpabilité, le choix — pour en tirer du neuf. C’est à la fois un hommage et une exploration.
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Verdict ? Eh bien… Ghosts of Gotham tome 1 est un excellent départ pour une série ambitieuse. Tom Taylor impose un ton grave sans tomber dans le morbide, et Mikel Janin dessine une Gotham qui respire l’histoire, la noirceur, et l’espoir mêlés.
Il reste à voir comment les promesses du récit — sur l’héritage, sur les choix moraux, sur le passé des Wayne — seront tenues. Si la suite garde son cap, c’est un candidat sérieux au rang de classiques modernes de Batman.
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Paru le 27/06/2025
176 pages
Urban Comics Editions
20,50 €
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2 Commentaires
Kuroki Tomoko
16/09/2025 à 02:43
"Ce premier volume n’est pas exempt de réserves. Certains gadget narratifs — retours en arrière, promesses de révélations — peuvent apparaître comme des réécritures hasardeuses du mythos Batman, ce qui ne plaît pas à tous les puristes."
LOL, c'est vraiment pas le pire "retcon" qu'on a vécut ; "Asema" et "Scarlett Scott" ça va encore et en plus on a des "Crisis" ("Dark Crisis on Infinite Earths" pour le dernier) sans arrêt avec son lot de soft-reboot et pour la version éditoriale on est en plein "DC All In".
on déjà eu "Fear the Reaper" avec un schéma similaire.
Kuroki Tomoko
16/09/2025 à 10:20
je parlais de "Batman : Year Two - Fear the Reaper" qui est aussi excellent (mais ne semble plus être en continuité / ce qui est arrivé tellement souvent chez DC Comics / je pleure toujours les décennies d'errement avec "Donna Troy" (ou "Hawkman" ou l'effacement de "Fury / Lyta" Hall")).